‹ Documents, discours, lettresChapitre 147 sur 268 · Au MARÉCHAL SoULT · texte numérisé non relu

Au MARÉCHAL SoULT

Milan, 19 prairial an XIII <8 juin 1805).

Je vois avec plaisir par votre lettre que votre conduite avec le prince Joseph a été telle qu'elle devait être, car mon sentiment est qu'il n'y a point de princes à l'armée. Il y a des soldats, des officiers, des colonels, des généraux, et le général en chef, qui doit couvrir tout et être au-dessus de tout. Je n'avais point eu les mêmes détails; et, pour la discipline militaire, j'attachais beaucoup d'importance surtout à ce que ce fût vous qui eussiez donné à déjeuner aux officiers réunis après les manœuvres. Les princes aussi ne doivent jamais donner de l'argent aux troupes, sous aucun prétexte, si ce n'est aux corps qu'ils commanderaient directement.

J'ai fait aussi connaître au prince mon mécontentement, et qu'une fois rentré dans la ligne de l'armée il ne pouvait s'en aller sans votre ordre ou sans votre permission expresse. Tout cela, qui a peu d'inconvénients pour le prince Joseph, qui est d'un caractère fait, et âgé, en aurait beaucoup pour de jeunes princes qui voudraient couvrir leur gôut de dissipation et d'ignorance par

J ai donc vu que les journaux avaient donné une fausse direction à l'opinion; mais c'est l'ouvrage de sots amis, qui ne sentent pas qu'il n'y a de beau que ce qui est juste et utile; et il 1 Lacune dans la minute.

I78 BRESCI A 1805

n'est ni juste ni utile qu'un colonel, quelque soit son rang, passe des revues et fasse ce qui ferait un général en chef. . . .

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