‹ Documents, discours, lettresChapitre 15 sur 268 · A Joseph Buonaparte · texte numérisé non relu

A Joseph Buonaparte

Paris, 24 messidor an III <24 juillet 1795). ... Le luxe, le plaisir et les arts reprennent ici d'une manière étonnante. Hier, on a donné Phèdre à l'Opéra, au profit d'une ancienne actrice; la foule était immense depuis deux heures après-midi, quoique les prix fussent triplés. Les voitures, les élégants reparaissent, ou plutôt ils ne se souviennent plus que comme d'un long songe qu'ils aient jamais cessé de briller. Les bibliothèques, les cours d'histoire, de chimie, de botanique, d'astronomie, etc. se succèdent . . . Tout est entassé dans ce pays pour distraire et rendre la vie agréable. L'on s'arrache à ses réflexions; et quel moyen de voir en noir dans cette application de l'esprit et ce tourbillon si actif? Les femmes sont partout, aux spectacles, aux promenades, aux bibliothèques. Dans le cabinet du savant, vous voyez de très jolies personnes. Ici seulement, de tous les lieux de la terre, elles méritent de tenir le gouvernail; aussi les hommes en

sont-ils fous, ne pensent-ils qu'à elles, et ne vivent-ils que par et pour elles.

Une femme a besoin de six mois de Paris pour connaître ce qui lui est dû, et quel est son empire.

15. Rapport du général Buonaparte sur la journée du 13 vendémiaire

Présumé du 15 vendémiaire an IV (7 octobre 1795) ... A quatre heures, les colonnes des rebelles débouchèrent par toutes les rues pour se former. Il eût dû profiter de cet instant si critique, même pour les troupes les mieux aguerries, pour les foudroyer ; mais le sang qui devait couler était français ; mais il fallait laisser ces malheureux, couverts déjà du crime de la révolte, se souiller encore de celui de fratricide: aux révoltés devait appartenir l'honneur des premiers coups. A quatre heures trois quarts, les rebelles, se trouvant formés, commencèrent l'attaque de tous les côtés; ils furent partout mis en déroute. Le sang français coula; le crime comme la honte de cette terrible journée tomba sur les sectionnaires . . .

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