A L'IMPÉRATRICE JOSÉPHINE Compiègne, le 21 avril
Mon amie, je reçois ta lettre du 19 avril1; elle est d'un mauvais style. Je suis toujours le même; mes pareils ne changent jamais. Je ne sais ce qu'Eugène a pu te dire. Je ne t ai pas écrit, parce que tu ne l'as pas fait, et que j'ai désiré tout ce qui peut t'être agréable. Je vois avec plaisir que tu ailles à la Malmaison, et que tu sois contente ; mais, je le serai de recevoir de tes nouvelles, et de te donner les miennes. Je n'en dis pas davantage jusqu'à ce que tu aies comparé cette lettre à la tienne ; et, après cela, je te laisse juger qui est meilleur et plus ami de toi ou de moi. Adieu, mon amie, porte-toi bien, et sois juste pour toi et pour moi.
1 Début de la lettre de l'impératrice Joséphine du 19 avril 1810: Sire, je reçois par mon fils l'assurance que Votre Majesté consent à mon retour à la Malmaison, et qu'Elle veut bien m'accorder les avances que je lui ai demandées pour rendre habitable le château de Navarre. Cette double faveur, Sire, dissipe en grande partie les inquiétudes et même les craintes que le long silence de Votre Majesté m'avait inspirées . . .