Au GÉNÉRAL Sa VAR Y, DUC DE ROVIGO
MINISTRE DE LA POLICE GÉNÉRALE Paris, 3 mars 1813.
Je reçois votre lettre; j'avoue que je n'ai pu qu'être extrêmement étonné de la pièce d'hier, l'Intrigante. Je ne parle pas des platitudes et des inepties qui échappent à l'auteur à chaque instant; cela est du ressort du parterre. Mais je devais attendre du ministre de la police qu'on n'y maltraiterait pas la cour d'une manière aussi plate et aussi bête. On dit l'auteur bien intentionné; mais c'est le cas de répéter qu'il vaut mieux de méchants ennemis que de sots amis. Jamais, dans aucun pays, on n'a laissé ainsi avilir la cour. Cette pièce aurait été funeste à l'opinion, si elle n'était pas si maladroite et si dépourvue de talent. Ce qui me surprend surtout, c'est que c'est un homme