‹ Documents, discours, lettresChapitre 5 sur 268 · SERVE · texte numérisé non relu

SERVE

4.AFESCH * Serve, près Saint -Vallier en Dauphiné, le 8 février 1 791 . Je suis dans la cabane d'un pauvre d'où je me plais à t'écrire après m 'être longtemps entretenu avec ces braves gens ... Il est quatre heures du soir, le temps est frais quoique doux; je me suis amusé à marcher; la neige ne tombe pas, mais n'est pas loin ... J'ai trouvé partout les paysans très fermes sur leurs étriers. Surtout en Dauphiné: ils sont tous disposés à périr pour le maintien de la Constitution. J'ai vu à Valence un peuple résolu, des soldats patriotes et des officiers aristocrates; exception cependant, puisque le président du club est un capitaine nommé Du Corbeau. C'est un capitaine du régiment de Forez en résidence à Valence. Les femmes sont partout royalistes. Ce n'est pas étonnant. La liberté est une femme plus jolie qu'elles qui les éclipse. Tous les curés du Dauphiné ont prêté le serment civique ; l'on se moque des cris des évêques.

Il ne faut pas tant plaindre notre Département; je connais les personnes qui composent celui de Valence ; elles ne valent pas les nôtres.

Le club est ici composé de 200 personnes; quand ils tiennent leurs sessions publiques, ils s'assemblent dans une église. Les femmes y vont alors.

Ce qu'on appelle la bonne société est aux trois quarts aristocrate c'est-à-dire qu'ils se couvrent du masque des partisans de la constitution anglaise.

Il est vrai que Peretti a menacé Mirabeau d'un coup de couteau ; cela ne fait pas honneur à la nation. Il faudrait que la Société patriotique fît présent d'un habillement complet corse à Mirabeau, c'est-à-dire d'une barrette, veste, culotte et caleçon, cartouchière, stylet, pistolet et fusil ; cela ferait un bon effet . . .

AUXONNE 1791 l3

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