‹ Documents, discours, lettresChapitre 7 sur 268 · COMMISSAIRE DES GUERRES A AUXONNE · texte numérisé non relu

COMMISSAIRE DES GUERRES A AUXONNE

Valence, 27 juillet 1791.

Monsieur,

I ranquille sur le sort de mon pays et la gloire de mon ami, je n'ai plus de sollicitude que pour la mère patrie : c'est à en conférer avec vous que je vais employer les moments qui me restent de la journée; s'endormir la cervelle pleine des grandes choses publiques et le cœur ému des personnes que l'on estime et que l'on a un regret sincère d'avoir quittées, c'est une volupté que les grands épicuriens seuls connaissaient. Aura-t-on guerre? ... se demande-t-on depuis plusieurs mois. J'ai toujours été pour la négative. Jugez mes raisons. L'Europe est partagée par des souverains qui commandent à des hommes et par des souverains qui commandent à des bœufs ou à des chevaux.

Les premiers comprennent parfaitement la Révolution. Ils en sont épouvantés, ils feraient volontiers des sacrifices pécuniaires pour l'anéantir, mais ils n'oseront jamais lever le masque de peur que le feu ne prenne pas chez eux . . . Voilà l'histoire de l'Angleterre, la Hollande, etc. Quant aux souverains qui commandent à des chevaux, ils ne peuvent saisir l'ensemble de la Constitution, ils la méprisent. Ils croient que ce chaos d'idées incohérentes entraînera la ruine de l'Empire français ... A leur dire, vous croiriez que nos braves patriotes vont s 'entr 'égorger, de leur sang purifier la terre des crimes commis contre les Rois et ensuite

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plier la tête plus bas que jamais sous le despote mitre, sous le fakir cloîtré et surtout sous le brigand à parchemins. Ceux-ci ne feront donc aucun mouvement. Ils attendent le moment de la guerre civile, qui selon eux et leurs plats ministres, est infaillible.

Ce pays est plein de zèle et de feu . . . Dans une assemblée composée de vingt-deux sociétés des trois départements, l'on fit il y a quinze jours la pétition que le Roi fût jugé. Mes respects à Mme Renaud et à M. et Mme Goy. J'ai porté un toast aux patriotes d'Auxonne lors du banquet du 14. Ce régiment-ci est très sûr: les soldats, sergents et la moitié des officiers. Il y a deux places vacantes de capitaine. Respect et amitié. V. S.

Buonaparte.

Le sang méridional qui coule dans mes veines va avec la rapidité du Rhône. Pardonnez donc si vous prenez de la peine à lire mon griffonnage.

7. Mémoire justificatif du bataillon des volontaires sur l'émeute du mois d'avril 1792 <préambule>

Les méchants ont un cœur pour nourrir les mauvais sentiments, un esprit pour mal penser, une langue pour mal parler et des bras pour mal agir: ils ont souvent plus de vigueur dans les facultés intellectuelles et plus de force dans les nerfs que le juste ; mais celui-ci a pour lui le sentiment du bien qui lui trace une invariable ligne de conduite et donne à son tact et à toutes ses facultés une extension bienfaisante qui déconcerte les trames les plus adroitement tissues, les calomnies les plus probables et les plus savamment accréditées. C'est parce qu'ils étaient pleins de ces vérités, Messieurs, que les officiers du bataillon national volontaire d'Ajaccio et

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Tallano ont négligé de vous exposer les événements qui se sont passés depuis huit jours, mais aujourd'hui, quoique animés par la même confiance, ils croient devoir à vous et à eux le récit simple et concis des avanies de toute espèce qu'ils ont essuyées, des assassinats les plus atroces qui ont été commis par suite d'un complot prémédité de longue main par les malintentionnés. Vous y verrez la conduite qu'ils ont tenue; vous louerez leur modération; vos cœurs s'ouvriront à des sentiments de pitié, et le cri de la justice vous inspirera de punir les conspirateurs en sauvant la patrie . . .

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