Au DIRECTOIRE EXÉCUTIF
Quartier général, Passariano, 4 vendémiaire an VI (25 septembre 1 797). ... Je vous prie, Citoyens Directeurs, de me remplacer et de m 'accorder ma démission. Aucune puissance sur la terre ne
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sera capable de me faire servir après cette marque horrible de
l'ingratitude du Gouvernement, à laquelle j'étais bien loin de
m'attendre.
Ma santé, considérablement altérée, demande impérieusement
du repos et de la tranquillité.
La situation de mon âme a aussi besoin de se retremper dans
la masse des citoyens. Depuis trop longtemps un grand pouvoir
est confié dans mes mains. Je m'en suis servi, dans toutes
circonstances, pour le bien de la patrie ; tant pis pour ceux qui
ne croient point à la vertu et pourraient avoir suspecté la
mienne! Ma récompense est dans ma conscience et dans
l'opinion de la postérité.
Je puis, aujourd'hui que la patrie est tranquille et à l'abri des
dangers qui l'ont menacée, quitter sans inconvénient le poste
où je suis placé.
Croyez que, s'il y avait un moment de péril, je serai au premier
rang pour défendre la liberté et la Constitution de l'an III.