‹ Documents et pièces authentiques laissésChapitre 34 sur 144 · PROCLAMATION · texte numérisé non relu

PROCLAMATION

DES autorités provisoires de VENISE.

Venise, 22 mars 1848.

Citoyens,

La victoire est à nous, et le sang n'a pas coulé. Le gouvernement autrichien civil et militaire est déchu. Gloire à notre

> Vers deux heures, le commandant de la garde civique, Mengaldo s*était rendu au nom de la municipalité chez le gouverneur pour lui demander de calmer les Inquiétudes des Vénitiens, en remettant toutes les forces militaires entre les mains de la garde civique. Le comte Palffy, tout en refusant, le chargea d'inviter la commission municipale à venir s'expliquer avec lui. Chemin faisant, Mengaldo ayant appris par Benvenutl la prise de l'arsenal, cette grande nouvelle changea l'aspect des choses. La commission municipale se rendit aussitôt auprès du comte PaUfy, qui ignorait réellement ou faisait semblant d'ignorer ce qui s'était passé. « Ses premières paroles, dit L. Pincherle, furent dures et hautaines. Aux énergiques réponses d'Avesanitiui lui dit: Que le temps des remontrances était passée il repiqua que dans ce cas on allait avoir à s'arranger avec les autorités militaires ; mais son attitude changea complètement lorsque, aj'ant fait appeler, outre le comte Zichy, l'amiral Martini, pour se consulter avec eux, un des assistants lui demanda s'il ignorait que Martini était prisonnier de Manin, et celui-ci maitre de Varsenal. Dès ce moment les affaires s'arrangèrent, et bientôt après la capitulation fut rédigée. Pendant qu'on la discutait, on entendit un grand bruit sur la phice, bien que l'appartement donnât sur le jardin ; Palffy ayant envoyé un employé savoir ce que c'était, celui-ci revint et dit d'un air dédaigneux : « C'est Manin qui est monté sur une table et qui proclame la République. >

brave garde civique. Vos compatriotes soussignés ont conclu une convention solennelle.

Un gouvernement provisoire sera installé ; en attendant, et à cause des nécessités du moment, les soussignés contractants se sont emparés temporairement du gouvernement ; la convention est publiée dans un supplément de notre gazette.

Vive Venise ! Vive l'Italie !

Giovanni Corrbr. — Luigi Mighiel. — Dataîgo Mbdin. — PiETBO Fabris. — Giov. Francesgo Avesani. — Angelo Mengaldo. — Leone Pikcherle.

MAMN AUX VÉNITIENS »•

VE5ISE, 33 mars, 8 h. du soir.

Vénitiens !

Je sais que vous m'aimez ; et au nom de cet amour, je vous demande de vous conduire, dans la manifestation légitime de votre joie, avec la dignité qui convient aux bommes dignes d*étre libres.

Votre ami, Manin.

I Manin, qui était sorti de chez lui le matin, souffrant d'une douloureuse affection chronique, y était rentré à cinq heures (après la proclamation de la République) ne pouTant littéralement plus se tenir debout. C'est de son lit qu'il dicta cette célèbre lettre,* premier écrit depuis 50 aas (dit un contemporain), qui fut afflché dans Venise m ayant en tète le lion de Saint-Marc ! » Elle était destinée à calmer Teffervesœnte do peuple surpris et irrité de ne pas voir les noms de Blanin et Tommaseo dant la commission gouvernementale. Sur une démarche de la garde nationale, les membres de cette commission donnèrent leur démission à trois heures et demie du matin. (Voir Som^enirs de Degli-Aniony.)

no PREMIERE ÉPOQUE.

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