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ORDRE DU JOUR

DU GÉIfiRAL DURANDO, COMMANDANT EN CHEF DU CORPS d'oPÈRATIOH

PONTIFICAL (troupes régtUières et irrégulières).

BoLOGRB, 24 man. '

Soldats et Milices,

Choisi par la confiance du grand Pontife pour le commandement de ses troupes, je suis fier d'être votre général. Les conditions actuelles de l'Europe et de l'Italie sont graves et solennelles; dans un avenir prochain nous pouvons être appelés à accomplir de grands devoirs par la voix de la patrie et de Pie IX, son saint régénérateur.

Tous^ j'en fais serment, nous nous montrerons dignes de tous deux, dignes d'être les défenseurs des droits les plus sacrés des nations et de l'humanité.

Pie IX vous envoie la bénédiction du Tout-Puissant : il espère que chacun de nous saura remplir son devoir de citoyen et de soldat italien, etc., etc.

Le général Durando,

Comniandant le corps d'opération pontifical.

EXTRAIT DE LA GAZETTE OFFICIELLE DE VENISE

(24 Mars.)

Le 23 courant, le consul de la République française, accompagné de tous les citoyens français résidant à Venise, s'est rendu à la résidence du gouvernement provisoire de la République vénète ; il a exprimé en termes touchants ses sentiments de sympathie pour notre nouvelle République et nous a assuré qu'il avait donné immédiatement communication de sa démarche à son gouvernement. Il espère recevoir sous peu de jours l'autorisation de la reconnaître officiellement.

Le Consul américain est également venu à cette résidence pour exprimer ses sentiments d'estime et d'amitié pour la République vénète et dire que son gouvernement reconnaîtra le nôtre aussi promptement que le permet la distance.

Le président Manin, en remerciant les deux consuls au nom de la République, leur a dit que la nation italienne avait été jusqu'à présent mal jugée par TEurope, qu'elle était mûre pour les institutions les plus libres et qu'il se sentait heureux de penser que les Vénitiens en avaient donné dans ces derniers jours une preuve éclatante.

LE CONSUL GÉNÉRAL DAWKINS A LORD PALMERSTON

Venise, 35 mare 1848.

Depuis que j'ai écrit à Votre Seigneurie, le 22 du courant, toutes DOS communications avec Trieste ont été interdites par les autorités provisoires ; elles out interdit aux steamers, qui depuis lors sont partis d'ici pour Trieste, de prendre des lettres ou des passagers ; et comme on ne peut savoir combien de temps durera cet état de choses, je me décide à envoyer aujourd'hui par terre un messager à l'ambassade de Sa Majesté à Vienne.

Nous sommes encore sans nouvelles de Milan. On dit que le général qui commandait à Padoue a capitulé, et que Padoue s*est jointe à la République vénitienne ; mais, quoique nous soyons trè&-rapprochés, il est à peine possible de savoir la vérité, et je nç puis garantir l'exactitude de ces nouvelles, car le gouvernement provisoire est naturellement intéressé à répandre des nouvelles favorables à sa cause.

Une partie du régiment allemand (Kinsky) dont j'ai déjà parlé à Votre Seigneurie, refuse encore de déposer ses armes et reste enfermé dans ses casernes. Les officiers et les soldats disent qu'ils ne veulent pas reconnaître le traité signé par le général Zicfay.

La garde civique est armée au nombre de sept mille honunes et elle augmente d'heure en heure. Elle a été passée en revue aujourd'hui sur la place Saint-Marc ; et le corps entier, en y ajoutant les troupes italiennes dernièrement au service de l'Autriche, monte à onze mille hommes.

Les nouvelles de la reddition de Padoue sont confirmées ; ou m'assure que le général commandant a capitulé, avec la permission de retirer les troupes, qui sont au nombre de six à sept mille hommes, avec leurs armes, mais en laissant dans les mains de la République tous les canons, les munitions, etc. Les pays situés entre la Brenta et Flsonzo, Rovigo et le district de Polesina, se sont aussi déclarés pour la République.

Le gouvernement provisoire de Venise se trouve en possession de trente mille mousquets, les forts et l'arsenal en ordre ; l'argent des différentes caisses s'élève à trente-six millions de livres autrichiennes, ou environ un million deux cent mille livres sterling.

Clinton Dawkins.

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