PARIS, CHEZ M™ CARIÉ DE LA CHARIE, ÉDITEUR
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<x ES TUBDRS, disoit Ariiaud dans son plaidoyer «contre les Jésuites; ces tueurs ont poignardé ce Henri III : nul ne le révoque en doute; et ont déjà « menacé le roi régnant (Henri \S\pareuxjà meura tri d'aide y de conseil et de désir brûlant. »
« Il nous est permis , s'écrie-^t-il plus loin , de par^ « 1er contre ces mauvais échansonsy qui ont versé au ^peuple le breuvage de rébellion , et l'ont nourri d'un a pain très dangereux j en aigrissant la paie de « France du levain espagnol. »
Puis, s'échauffant par degrés jusqu'à Tinspiration poétique , il invoque l'ombre du dernier des Valois, et lui adresse cette vive apostrophe :
« Henri III, mon grand prince..,., assiste-moi en ce cette cause, et me représentant continueUemem <c devant les yeux ta chemise toute sanglante, donne- « moi la force et la vigueur de faire sentir à tous tes <K sujets la douleur, la haine , Tindignation qu'ils doi- <c vçnt porter à ces Jésuites, qui, par leurs confescc sions sanglantes, par leurs sermons enragés, ont « causé toutes les misères que ton pauvre peuple a « endurées, et la fin de ta propre vie. »
Or voici un échantillon de cette force et de celte vigueur que fait naître en lui l'aspect de la chemise sanglante de Henri III :
a Quelle langue , quelle voix pourroit suffire pour « exprimer les conjurations plus horribles que les « bacchanales , plus dangereuses que celle de Cati-
« lina^ qui ont été tenues dans leur collège^ rue Sainte fn Jacques f et dans leur église y rue Sainte Antoine ? « Où est-ce que les ennemis de la France ont fait « leurs assemblées , sinon dâin^s les Jésuites? Où est-ce ce que Louchard , Ameline, etc., et semblables renomm mes voleurs ont bâti leurs conjurations y sinon
aDi.NS LES IlÉSUFTES? OÙ CSt-CC? quî fit?....^ qui
(c sont cet3x?...« qui causa?.... qui est-ce?.... etc.^ etc., « ce sont toujours les Jésuites c'est dans les Je-
a SUITES. » , -
Ayant donc lu, étudié, et profondément médité cet immortel (i) plaidoyer (c'est ainsi qu!ils Tappel-» lent), les auteurs des Corrqdes rendus n'avoieût garde de négliger d'aussi précieui^ matériaux. Aussi^ esjt-^ par les Jésuites ligueurs que commencé la série de leurs accusations.
«Les Jésuites ne peuvent pas nier,. disent-ils, a d'avoir eu part: aux fureurs de la Ligue; mais ils «K s'excusent sur ce qu'ils ne furent pas tes seuls ! Mais
(i) Voici ce que pensbit un nm^i^ttat cooitemporain , 'ennemi des Jésuites, de ce plaidoyer immortel, dont l'autorité est sans cesse invoquée par les magistrats accusateurs des Jésuites :
«Mo Arnaud, dit M. de FEtôile, fit son plaidoyer contre les « Jésuites : il fut violent en toute* ses parties , depuis .le commencement « jusqu'à la fin. Il entra aux preuves de tout cela sur les mémoires « qu'on lui apoit baiUés, qui sont mémoires d^cufocats, qui ne sont pas « toujours bien eêrtains. Que si, à son plaidoyer, il eût apport;é plus de « modération et moins de passion, il «ùt été trouvé çieillenr de ceux mêmes « qui rC aiment peu Us Jésuites. » Suivant le même historien , Arnaud dit dans sa réplique «qu'il falloit se défaire de tous les Jésuites, « chasser les uns et pendre les autres. » L'avocat auroit continué sur le même ton, si M. le premier président ne lui eùl imposé silence (f}*
(*) Journal de Henri IF, t. a , p. Ss , S3. Of oo premier pr^ideDt étoit Achille de Harlay, dont on a dit, dans le temps (Foy, Dii^eix), que »a harang:ue à Hevi IV pour empécheir le rappel de la socie'té n*étoit elle-même cpi^une invective pleine de conviées. On petit juger d^aprèt cela da plaidoyer qui exciloit son antmadTertion.
m la Société des Jésuites fut la seule dans laquelle ikie <r se trouva pas un seul cœurfrançois. Les Jésuites f u- « rent ennemis du roi par principe et par obéissance « à leur monarque(\e général de la Compagnie) ligué a avec l'Espagne ( i ).
(c Peignons-nous , d'après cela, cette Société, mé- « ditant sa première invasion en France : le feu de la ce I^igoe étant allumé par les soins des Jésuites et par ce leurs menées, ils régnèrent dans cet affreux déec sordre {%). Ils répètent sans cesse qu'on doit jeter c( un Yoile sur ces temps malheureux; ils ont beau èc faire , les séducteurs ne doivent point être confonde dus avec ceux qui furent séduits; ils ivétoient point ce ligueurs par confàgron, ils l'étoient pox principe ; flc ils l'étoient tous. Ils. n'ont point été entraînés par (c les tempêtes civiles : ils en étoient les ëoles. Les (t Jésuites sont les auteurs^ les promoteurs^ les arcs- « BOUTJLNTS de la Ligué (3).
ic Henri lY, ce prince, les délices de son peuple, <c héritier légitime du trône des François, y étant « monté, malgré les efforts de la Société <^ pensa piucc sieurs fois périr victime de. son ressentiment (4). <c C'est ainsi que \ Histoire de la Ligue noi:^ fournit ce unpremier exemple du danger pour pn royaume^ «c d'avoir, dans son. sein , des membres d'une Société ftqui ne balancfi jamais entre les. intérêts de cette « même Société et ceux de l'État qu'ils habitent (5).
(i) Compte rendu à Toulouse par M« Riquet , p. i aa . (3) Compte rendu par M> Ripert de Montclar devant le parlement d'Aix, p. 45*
(3) Ibiàf note Lxvir.
(4) Compte rendu à Rouen par M« Charles, p. ia8.
(5) Compte rendu par M« Ripert , p. no.
^( Chez les nations étrangères, les JésuitesÛDON Pic( GENAT et Mathieu Lorrain étoient les courriers de (c la ligue; et dans le royaume, les Jésuites Commolet ce etBoiTTET enétoient les trompettes. Le Jésuite Odon ce PiGENAT présida aux assemblées des Seize , comme <c V atteste un curé. Un procès-verbal prouve que les (c factieux tenoient leurs séances dans la maison procc fesse des Jésuites (i). Ces assemblées séditieuses^ se ce tiennent aussi, en 1 689 , au collège des Jésuites ; a et Ton y donne des rendez-vous à l'ambassadeur « d'un prince étranger.
. ce II est arrêté, dans le conseil que les Seize tenoient ce au collège des Jésuites de la capitale , de laisser a plutôt mourir de faim les neuf dixièmes de ses ha- « bitants , que de la rendre au roi Henri lY .
ce On surprend près de Lyon , et oo^envoie auroi, ce une lettre que le Jésuite Mathieu fit écrire et signer, « le a novembre i Sg 1 , dans le collège des Jésuites, ce en cette capitale, et dont ce Jésuite étoit porteur; ce lettre par laquelle les gens tenant les seize quartiers <c de Paris donnoient, non seulement la ville, mais* <K tout le royaume à un souverain étranger.
ce Les Jésuites prêtoient alors aux rebelles contre <c Henri IV, du vin, des bleds, des avoines, sous le (( gage des bagues de la couronne , desquelles ils face rent trouvés saisis, le lendemain de l'entrée du roi « en cette capitale (2), »
Les auteurs des Comptes rendus ont parlé ; l'avocat des Jésuites ligueurs va leur répondre.
(i) Invités de faire connoitre le nom de ce curé, et d'indiquer où se irouToit ceprocès-verbal, les auteurs des Comptes remius ne répondirent
point.
(a) y oyez les divers Comptes rendus déjà cités. ,
DES
JÉSUITES LIGUEURSc).
iSt les Jésuites, étoient les âmes de la ligue , les auteurs, les arcS'biiuèans , les Ecles de la Ligue, on les trouvera dans les assemblées, de la Ligue^ aux processions de la Ligue; ils auront souscrit les lettres, les délibérations du conseil de la. Ligue, les remontrances faites par les ligueurs, les requêtes présentées au roi d'Espagne , au duc de Mayenne^ ils disposeront des principaux emplois; leur crédit paroitra surtout dans la distribution des grâces; ils fourniront le plus grand nombre de prédicateurs , et ils choisiront les plus déterminés, les plus fanatiques; ils composeront la plupart des libelles publiés contre le souverain ; ils approuveront ceux qu'ils n'auront pas composés; ils seront les hommes de confiance du duc de Mayenne, les plénipotentiaires du roi d'Espagne, les agents du duc de Savoie; ils suggéreront les décisions de la Sorbonne; ils di<;tetont les arrêts des parlements;, ils: seront à la tête des opérations, ils se chargeront toujours des plus délicates; ils seront médiateurs dans les traités projetés ou conclus avec les dif- . férents partis opposés ou favorables à la Ligue; les ligueurs eux-mêmes les combleront d'éloges; les royalistes attribueront aux Jésuites les entreprises des rebelles, leurs succès, leurs attentats; les rebelles, à leur tour, las de voir couler le sang de leurs concitoyens, réduits à dévorer leurs propres enfants, les rebelles imputeront à la Société les horreurs dont ils sont les com-
(i) Cet cciit est dePabbé Dasès, mort à Naples en 1766.
plices et les victimes; ils rendront les Jésuites responsables des maux que le peuple a éprouvés, des maux qu'il soufiPre, des maux qu'il craint; en un mot, nous trouverons des Jésuites partout, excepté dans le parti du roi. ' Consultons, même avec des yeux prévenus, les monuments que l'histoire nous a conservés : ouvrons les archives de la nation, les registres des parlements, ceux de la Sorbonne et de l'Université; faisons tous nos efforts pour trouver les Jésuites coupables. Que les'plus légères présomptions se transforment en preuves; que tous les témoignages équivoques soient dccisîfe contre «ux ; que tes conjecturés les phis' futiles, les soupçons les phis frivoles deviennent des arguments de conviction ; ne nous interdisons que l'imposture qui révolte, que les àophismes qui font pitié , que les calomnies qui font horreur. Il faut démentir tous les témoignages de l'histoire, ou c'est une nécessité de convenir qu'il y a eu des ligueurs dans toutes les classes de la société, dans tous les covps de l'Etat, dans les parlements, dans les universités, dans là SorbonnS, dans le clergé séculier, dans presque toutes les corporations religieuses, puisque, à la fameuse pro* cession de la Ligue, on vit marcher en ordre de bataille, dans les rues de Paris, les' Franciscains, les Chartreux , les Feuillants, les Cordeliers, les religieux de Sainte- Geneviève, les Jacobins, les Capucins, etc. Or, ce point historique étant bien avéré, il n'est pas possible d'établir que, si la Ligue a des crimes à se reprocher^ les Jésuites en sont les seuls coupables: il faut se borner à dire qu'ils ont été plus coupables que tous les autres corps. Si, sur ce point, l'histoire se refuse encore aux vœux deè Jansénistes et des magistrats, c'est à l'histoire qu'il faut s'en prendre, à moins qu'on n'aime mieux faire un crime aux Jésuites de ne s'être pas rendus aussi criminels qu'on voudroit qu'ils le fussent, et de n'avoir pas ménagé rhonneur des magistrats philosophes, comme ils auroient dû le faire, en commettant, au temps de la Lignes les excès
qui devcHent servir de prétexjte à leur proscription, dans le siècle des Comptes rendus.
Comme nous ne youdriopa rien dissimuler, nous serons obligés^ diov cet examen, d'embrasser .différente: objets, qui n'ont rien de commun que le terme auquel ils tendent, c'est^.'-dire la diffamation et l'extermination de la Société. Les accusations se répè tent à rinfini» maiselles, ne changent point de forme et de caractère.: les preuves, et lès témoins sont toujours les mêmes; on reproduit sans cesse les mêmes autorités. Les dépositions se renour velient sans acquérir un nojuveau degré de force. Nous, produirons les accusations ; nous apprécierons les preuves et ferons eonnoitre les témoins; Les auteurs des Comptes rendus n'ont pal^ craint de se ptésenter, à la fois, comme, témoins, juges et parties : nous mettrons sous les yeux, du lecteur, ce. que ces témoins déposent» ce que ces juges prononcent, ce que ces parties allèguent; nous ferona eonnoitre la sincérité des témoins, la droiture des juges, la probité des parties. Aux témpins-qui n'ont pu rien voir, nous opposerons des témoins qui ont tout vu; aux juges passionnés qui prononcent sans connoissance de cause, nous opposerons des juges éclairés qui prononçfj:}^ d'après leurs propres lumières; aux parties qui n'écoutent que les* préjugés, i|ou& opposerons des raisons solides et palpables ; k des conjectures don 1 1' incohérence démontre la fausseté, nous. opposerons des faits publics et parfaitement liés; aux soupçons nous opposerons des preuves... Ce champ est vaste, npus entreprenons de le^parcourir: si i^ousmU^us engageons quelquefois dans à,e& sentiers obliques, ce ne sera point pour égarer le lecteur, mais pour confondre l'ijpju^^ice qui a frayé ces routes, tortueu,ses> pour la démasquer, pour la forcer dans ses derniers retranchements. Nous ne nous flattons point de la subjuguer, nous n'y aspirons point : il nous suffit de la faire eonnoitre, et de couvrir de confusion ceux qui ont tout sacrifié à cette infernale divinité. Le sort des Je-
suites exterminés est plus digne d'envie que de pitié. Du moins leur malheur, si c'en est un, ne passera point une génération-: l'opprobre de leurs persécuteurs durera autant que la monarchie, et lui survivra peut-être (i).
Entrons en matière, et prescrivons-nous une route fixe, qui mette le lecteur en état de nous suivre sans contention d'esprit, et sans crainte de nous perdre de vue. Nous préférons les raisons aux raisonnements; nous consentons qu'on regarde comme mal déduites toutes les conséquences qui ne tiendront pas immédiatement à un principe incontestable. Les Jésuites sont détruits (2) : ils emporteroient nos malédictions s'ils avoient mérité de Tétre; ils emportent nos regrets, et ils en sent dignes. C'est ce qui doit résulter de la discussion dans laquelle nous allons entrer, et que nous partagerons en plusieurs articles, pour éviter plus sûrement les redites et l'obscurité.
Dans la première partie, nous rapporterons scrupuleusement ce que l'histoire nou^ a transmis pour ou contre les Jésuites, qui ont pris ou pu prendre part à la Ligue.
Puis, nous ferons connoltre plus particulièrement, et parôf^dre alphabétique, chacun des Jésuites dont l'histoire'Fait une mention expresse.
Dans la seconde, nous examinerons, d'abord, si la Société , ou quelqu'un de ses membres, a eu quelque part à Tattentat de Barrière contre Henri lY.
Ensuite nous discuterons tout ce qui a rapport au régicide de Jean Châtel , à Tarrèt de bannissement porté en conséquence contre la Société, et à la pyramide éle-^ vée pour éterniser son ignominie.
Maie de voHs opinantur hommes Jedmali; moverer si de me Marins, siLaKus sapiens, si Cale, si Scipienes duo isià toque-
nt) Parole prophétique. (JYoU de V Editeur,^ (3) Cet écrit est de 1765 ; et le dernier arrêt du Parlement de Paris contre les Jésuites avoit été rendu le 6 août 176a*
renlar; nu>verer, si hoc jndicio /ttcerent quod nunc mûrbo faciufU{\).
ARTICLE PREMIE^i^.
Des Jésuites ligueurs en général.
Une réflexion qui nous a dëconcertës plusieurs fois, dans le cours de nos recherches, mais que riinpartialité dont nous fiiisons profession ne nous permet point de supprimer, cette seule réflexion, développée en peu de mots, fera tout le fond de cet article.
Lorsque nous arons cru, sur la parole des magistrats,' que les Jésuites, et les Jésuites seuls, avoient été les AMES de la Ligue, nous avons supposé, comme une conséquence nécessaire, que la Ligue n'avoit point eu de partisans dans les provinces et dans les villes où il n'y avoit point alors de Jésuites ; ou que, si la Ligue existoit sans Jésuites, c'étoit un corps sans âme, dont l'autorité royale n'avoit eu rien à redouter. Par une suite du même principe, nous avions dû croire, et nous croyons en effet, que toutes les villes où il y avoit des Jésuites au temps de la Ligue avoient été ligueuses. En effet, n'eût-' ce point été se contredire visiblement, que de supposer que les villes où résidoient \e& âmes de la Ligue pussent être anti-ligueuses, c' est-a-dire fidèles au souverain? Quelle a été notre surprise, en voyant que des conclusions aussi naturelles ^ont presque toujours démenties par des faits incontestables !
M. le président Hénault assure, d'après tous les historiens, que, pour trouver l'origine de la Ligue, il faut remonter jusqu'au concile de Trente, où le premiier projet en fut conçu. Ce CQncile ne commença qu'en 1545,
et dura environ dix^huit ans. Je trouve, dans VHisicire de France, que le premier établissement des Jésuites dans
(i) Seoec, deremediisfort»
le royaume est de Faiinée 155€. Qu'on compare ees deux époques y et qu'on tâche d^expliquer comment les Jesuites, qui n'existoient point encore lorsque le concile fut assemblé, qui ne faisoient que de naitre lorsqu'il finit, ont pu être les auteurs de la Ligue qui existoit ayant eux.
Je sais que cette fameuse conspiration, qui s'étoit fortifiée sourdement, n'éclata qu'en 1570^ Examinons si lest Jésuites, qui n'aviûent pu eh être les auteur» avant, d'exister eux-mèittes,enittrent du moins le&arçs-ictUanij^ lorsqu'elle eut acquis assez de forces pour se rendre redoutable au trène;ret si, ne faisant eux-mêmes que de naître, ils en portèrent l'esprit dans nos p90Ttnees,'où' elle fit des progprès si rapides.
Quelles étoiènt les principales villes: qui tcnoient pour la Ligue? Il faut compter d'abord « tontes celles où il y avoitun parlemieut^ » puisque tous les parlements, niHf* en excepter uA seul, furent lig^neurêy comme nous le ferons voir plus tard! Il y avoit donc un parlement ligueur dans les capitales.de la Provence, de la Bretagne, du DaUphiné : or^ les Jésuites' n?ont été reçus à- Aix qu'en 1621, à Renikes qu'en 1603, à Grenoble qu'eil 16&2? IL n'est pas aisé, ce ine. semble, de se p^sùadep que les Jésuites fussent les âtass dé la Ligue , dans ks villes oâi ils ne furcini connus que long*temps après là Ligue. Je pourrois ajouter la capitale de la Bourgogivej où les Jésuites, ne furent appelés qu^ein 1681, c'es^-dirè long- temps après que la Ligue éûx éclaté. ^
Quelle» étoieniles^principalésivilléft qui tenoient pour laLigiie? L'histoire et les registres du parlement nous en oxit conservé les r noms ^ Paris , Qrléans , Reims , Sens ) Liatigres^ Blois, Pontoise, CLJ^ns, Amiens, Auxerre} Aûtun, Maçon, Sois6Dns,.PoitierS) Eourges,* Alençon» Le Itlans, Clermont, Myeiix', Lisieux, le Hâvre-de-Grâce, Calais, Beauvais, Laon, Noyon, Ang^r», Meaux, Péronne, Senlis, Toul, Cambrai, Chartres, Riom, Rennes,
LIGUEURS. ta
Nantes, Rouen, Caen, Dijon, Toulouse, Montpellier, Narbonne, Aix, rArles, Marseille, Digne, Grenoble, Vienne, Troyes, etc«, ete.
Nous avons homme cinquante villes; nous n'aYOn& nommé que celles qui se distinguèrent le plus par leur révolte, et, de celles4à, il en est pluâ de la moitié qui n'avoie&t point de Jésuites, et quelques unes qui n'en ont jamais eu.
La Provence se révolta contre s<m roi; Me se soumit volontairement au duo'd0 Savoie : ce double attentat fut surtout Touvrage du parlement d'Âix , dontles tribunaux de laprovince suivirent l'exemple. Aix, Arles, MarseiHe, se mirent à la tl&te de la. rébellion : ces trois villes n'eu* rent des Jésuite» qu^environ un demi^tècle après. Digne fit en petit ce que la .capitale faiaoit en grand ; il n'y' a jamais eu de Jésuites à Digne. Nous conjurons M^RipcDt de nous faire comprendre comment les Jésuites ont été le»Éclej de la> Ligue en Provence, cinquante ans avantde mettre le pied en Provence.
La Bretagne , tout entière , se déclara pour la Ligue : Rennes et Nantes donnèrent l'exemplel On sait qu'il n'y eut de Jésuites à Rennes qu'en 1408; ih ne furent appelés à Nantes qu'en 1 663^ c'est-à«dire un siècleaprës.la Ligue.
Le Dauphiné prit part à la révolte , qui devin t presque générale : les villes de Grenoble et de Vienne furent lit gueuses. Il n'y eut de Jésuites à Grenoble qu'en t653; ils ne s'établirent à Vienne qu'en 1606.
Le duché de Bourgogne fut des premiers à embrasser la- Ligue et le dernier a ra1>aildonner r Dijon , Mâcon , Auxerre , Autun , furent constamment rebelles. Les Jé* suites n'ont eud'établissementàDijon quW 1581; ils ont été appelés à Mâcon en 1 645 , à Auxerre en 1 62^ à Autuii en 1618.
La Picardie étant du ressort du parlement de Paris\ devoit être, et fut en effet plus ligueuse que la plupart des autres provinces : Amiens, Abbeville» ^oyon»
Laon, Péronne, Soissons, Montdidie)r , se portèrent aux plus monstrueux excès contre leur souyerain. Cependant aucune de ces villes ne connoissoit encore les Jésuites y qui ne furent introduits à Amiens qu'en 1607. Il n'y eut jamais de Jésuites à Abbeville. Soissons, de- Tenue si célèbre par Tépiscopat defeuM.deFitz-James, ennemi mortel des Jésuites et du clergé de France , Soissons , que tous les historiens appellent le elcaqne de la Ligue ^ n'a connu les Jésuites que par le mandement de son dernier évéque, qui s'étoit chargé de les difiamer.
La Champagne , pour obéir au parlement de Paris y faisoit la guerre au souvorain. Troyes, Rheims, Sens, Langresy sont les principales Tilles de la Champagne; Troyes en est la ciapitale et n'a jamais eu de Jésuites ; ils ne furent appelés à Rheims qu'en 1606 , à Sens en 1622 , à Langres en 1630; il n'y aToit, en un mot, aucun Jésuite dans cette proyince. La Ligue n'aToit donc ni orv/boutants f ni boute-feux y ni EoUs dans la Champagne y et cependant la Champagne fut ligueuse.
La Normandie fut fidèle au parlement de Rouen , c'està-dire rebelle au souTerain. Ces deux propositions ont presque toujours été synonymes. Caen, Bayeux, Lisieux, Alençon, tinrent constamment le parti de la Ligue : il n'y eut des Jésuites a Caen que lorsque la Ligue eut été subjuguée, c'esuà-dire eu 1608; ils ne furent admis à Alençon qu'en 1620; Bàyeux et Lisieux ne leur donnèrent jamais d'établissement.
Mais ce détail deviendroit ennuyeux, si nous le poussions aussi loin qu'il peut aller; nous le terminerons en nommant les Tilles ligueuses qui étaient sous le canon du Parlement de Paris. Orléans, Lyon , Chartres^ Heaux » Blois, Seplis, BeauTais, Le Mans, Angers, Riom, Poi« tiers, Bourges, etc., étoient les principales : il n'y a eu des Jésuites a Orléans qu'en 1617, à Blois en 1622, à Poitiers en 1606; toutes les autres Tilles ne les ont connus qu'après l'extinction de la Ligue, et plusieurs ne leur
UGUEURS. n
donnèrent jamais d'ël;{J)lissenient , telles que Chartres , Le Mans , Angers , Riom , etc.
Dans le Languedoc , Montpellier et Narbonne se distinguèrent par leur obéissance aux arrêts du parlement de Toulouse : il n'y eut des Jésuites à Montpellier que cinquante ans après la Ligue; il n'y en eut jamais a Narbonne.
Si le lecteur étonné nous accusoit d'avoir exagéré le crime de la plupart des villes que nous venons de nommer, et auxquelles nous pourrions en ajouter quatre fois autant , sa surprise cessera en lisant le chapitre suivant. Nous nous bornerons^ remarquer ici que le monarque , irrité de leur révolte , punit les coupables en les dégradant. «Les villes de Paris , Orléans , Chartres , Le Mans, « Amiens , Abbeville, etc. , ont, par trop grande ingrate titude y pris les armes contre nous , » disoit Henri III dans son édit du mois de février 1589:; « elles ont voulu, '^ par leur déloyauté , nous âter la vie en récompense de « tous nos biepfaits. Et comme lesdites villes sont^^/reW/ « en leur déhyavUê^félome et rébellion, nous les déclarons «t rebelles y et convaincues de lèze-migesté au premier • «chef 9 et comme telles ^ déchues de tous états i privi- « léges y dons ^ octrois y etc. »
Le monarque ajoute des lois pénales contre ceux qui ne renoncent point à la Ligue ; il confisque les biens de tous ceux qui habitent volontairement dans quelques-unes .des villesqu'il dégrade, et, enoutre, il les déclare ^ignobl^Sy intestableSy roturiers y vilains , etc. » Les Jésuites seuls étoient ligueurs, dit-on y et c*est précisément dans les villes, où il n'y avoit point de Jésuites, que les ligueurs furent ^jr- Irémes enleur félonie. L'édit qui déclare roturiers, ignobles et vilains, tous les habitans deChartres, d'Amiens, d'Orléans d'Abbevilie, du Mans, etc., ne frappe sur aucun Jésuite; tous les Picards furent déclarés vilain, parcequ'ils étoient ligueurs; et les Jésuites «qui étoient /«b/> ligueurs, » coniicrvèrent leur noblesse, parce qu'ils n'étoient point
Picard».. «Novs Terrons qu'il y aroit des magistrats dans toutes ces villes, et qu'ils aimèrentimeux être vilains que sujets fidèles. Un autre phénomène I Dans les villes qui furent extrêmes en leur délcyatUé, il n^ avoit point 4e Jésuites : « Ce sont cependant , dit-on encore , les Jésuites qui ont introduit Tusage uUramcfUain d'assassiner les rois. » Comment donc se fait-il qu'il n'y avoit point de Jésuites dans les villes qui avment pris les armes^ et qui Youloient éier lavie^n roi Henri III, en récompense de ses bienfaits ? Et s'il n'y avoit point de Jésuites dans ces villesinfidèlesy et quiméritèi«ntde subir une si honteuse dégradation , comment se fait*-il que Ton proscrive juri^ dîquement les Jésuites, deux siècles après > parce qu'ib furent itf a// ligueurs au temps de Tédit, parce qu'ils fu^ rent les Éclesde la Ligue?... Que le. lecteur équitable n'oublie point que, «prêter «ne oreille facile au calom- « niat^ir, c'est partager son crime iet sa honte : » iVItm sclum^Ulereus estypjU/alsumdeêJidprcfsrtf seJeâisquicùc amrem criminAus pràbet (i).
Aux villes extrêmes en leur ièleyajùéj nous pourrions opposer celles dont les habitants furent extrêmes en leur fidélisé au souverain , quoiqu'elles eussent des Jésuites pour directeurs. Nevers se distingua par son attachement au roi ; on fit des efforts multipliés, mais toujours inutiles, pour l'entraîner dans la révolte ; les ligueurs tftohoient de s*y ménager des intelligences qui pussent leur en ouvrir les portes ; ils envoyoient des émissaires ; mais Us ne les adressoient point aux Jésuites, et lés Jésuites avoient un collège à Nevers!......
Je pourrois ici faire une dissertation dans les fonines : mais auroit-elle des lecteurs ? Parler en faveur des Jésuites et faire preuve de quelque érudition sur ce point, c'est insulter au goût dominant^ c'est braver l'autorité, les magistrats, et les sifflets de la lK>nne compagnie ; c'est
(i) Isidor. de Summo bon., Ut. 3.
exciter Tindignatioù ou Tennur. Ce que nous venons de dire ne suffit-il donc pas^ et n*eat*il donc pas assez décisif en faveur des' Jésurtes ? Comment ont-ils pu être les auteurs de la Ligue, lesEcUs de laLigue, si la Ligue existoit avant eux, si elle existoit sans eux ? Nous laissonts au lecteur le soin de déduire les conséquences; et ilous continuerons à copier servilement tout ce que Fluis^kyire nousâ transmis, pour ou contre ces anciens Jésuites, à qui les magistrats jnBodernesimputeiit les horreurs de ta Ligue.
Henri III cbérissoit les Jésuites ;âl se plaisoit à les entendre , et quelquefois même il suivoit leurs conseils. Ce monarque, k qui Thistotre reproche avec raison tant defoiblesse, montroit cependant de la fermeté lorsqu'on abusoit avec trop d'excès de sa trop grande indulgence. Le parleinent, dont la coutume est de ne plus ménager ses rois, dès qu'il a pu pajrvenir à s'en.faire^ craindre , fit des remontraneôs très déplacées k Henri III; et usant en oeue cii^constanee de son stratagème ordinaire , il menaça le monarque de eesser le service , si ses remontrances étoi^at.sans effet ; cetui-ci, ne pouvant plu^ cbn- ^nirson indignation, répondit aux députés: «Faites «;ce que vous voudrez; mais je vois bien que vous mar- « cbandez à vous fairejeterenunsacdans la rivière (i).» a Ce même monarque né lûug>em davee les Jésmtts; « et leur commerce le rendoit si dêwlieust qu'il ne vou- « lut point qu'on jouât la comédie en carême , ainsi que « la reine s'en plaignoit au cardinal de Bourbon (â). » Cette prédilection d'Henri III pour les Jésuites, prouvet-elle que les Jésuites seuls étoient ses plus mortels ennemis; qu'ils l'étoient par principe, par système, par état? La menace A^ faire jeter les magistrats dans la rivière, prouve-t-elle que les magistrats étoient les plus
(i) Journal d'Henri III, t. a, p. i3.
(a) Ibid., t. 3, p. 1^.
fidèles , les moins ligueurs , les plus dignes de la toii" fiance de leur souverain ? Nous proposons la question : c'est aux personnes sensées à la résoudre.
Nous ne devons point passer sous silence deux traits rapportés par différents écrivains à la charge des Jésuites : ik sont postérieurs à Fassassinat d'Henri III ; et ne trouvent ici leur place que parce que les acteurs n'en sont pas personnellement connus. On lit, dans k iisceurs ère/ et véritaHe de Pierre Comejo, « que, pendant le siège « de Paris , quelques Jésuites se tinrent en sentineÛe •0 sur les remparts pour prévenir toute surprise. Leur « criminelle vigilance fit échouer le projet d'escalader « les murs, et empêcha Henri lY de se rendre maître de « Paris. Ayant entendu du bruit , ils en firent eux- « mêmes pour appeler du secours, et les échelles furent c renv-ersées« » Cette anecdote se trouve aussi dans le journal de V Etoile; on la lit mieux circonstanciée, dans la iriève Histoire des Guerres civiles avenues^en Flandre,
Nous passerions condamnation sur ce fait, ai Tautorilé de M. de Thou n'y mectoit.un obstacle invincible. Lors* que cet historien magistrat laisse échapper un mol en faveur de la Société ^ son témoignage est au-dessus d^ toute exception. Je me contente donc d'avertir ceux qui seroient tentés de s'en rapportera l'historien des Guerres civiles avenues en Flandre, que ce qu'il dit des Jésuites en sentinelle et des échelles renversées est absolument /aux; c'est M. de Thou qui l'assure positivement, et qui ajoute « que l'entreprise d'Henri lY ne manqua que « parce que les échelles se trouvèrent trop courtes (i). »
(i) DeTbou, t. 5, liy. 99, p. 8a. On peut aussi consulter la traduction françoise dont yoici le texte : « Comme la perte de Lagnj sembloit intéresser rhonneur de toute la nation françoise , le roi , également animé de colère et de honte , -voulut a-voir sa reranche , et prit enfin là résolu^ tion de se rendre maître de Paris , de gré ou de force. Dans cette vue , il jssembla, deux jours après , toutes ses troupes dans la plaine de Bondy,
On fait encore un crime aux Jésuites d'avoir foui]^ aux ligueurs, des munitions de bouche, en échange des joyaux de la couronne, qui leur furent remis par le duc de Nemours. Cette imputation se détruit d'elle-même : M. de Thou ne se souvient plus qu'on avoit fait la visite chez tous les religieux pour voir s'il a voient du superflu; il oublie que les Jésuites ayant eu V impudence de demander à être exceptés de la loi commune , ils en furent vivement réprijtnandés par les chefs de la Ligue et par le Prévôt des marchands ; il oublie qu'on enleva j
des maisons religieuses les provisions, même nécessaires, pour la subsistance des moines ligueurs ; il oublie que les chartreux ne se réservèrent rien ; que les cordeliers passèrent quinze jours sans voir de pain,,,. Comment croire après cela que, pour ouvrir les greniers des Jésuites, il fallut recourir aux joyaux de la couronne , ou qu'il restôit encore aux Jésuites de quoi acheter ces meubles précieux ( i ) ? s
M. Dupuy remarque judicieusement qué ce fait nVst rapporté que par deux écrivains trop suspects pour en être crus. Ce sont M. de Thou et le ministre Dumoulin , « qui ne doivent pas être regardés comme de forts bons « garants d'un fait si considérable. » « M. de Thou , dit « fort bien M. Dupuy, est suspect paru qu'il iétoil en tout « déclaré t ennemi des Jésuites, » Dumoulin n'est pas plus digne de foi , parce qu'il n'a cherché, dans tout ce qu'il
ao-dessous de la forêt de Livry, d'où , sur le soir, il en déiachâ une partie pour aller attaquer le faubourg Saint-Greriaain , parce que la Tille éloit plus foible de ce côte'-là j nuàs V entreprise manqua, parce que les échelles qu'où y avoit destinées se trouvèrent trop courtes, lin Espagnol, nomme' Pierre Cornejo, qui a fait une relation du siège de Paris, écrivain d! ailleurs peu exact, attribue aux Jésuites la conser- Tation de cette yille en cette occasion. » DeTbou, t. 7, liy. 99, p. 663, édition de Basle , 174^*
(i) Voyez ci-après l'article Ttrius, dans le chapitre intitulé : m De* Jésuites auteurs en particulier, »
^ éç]ril;> qti*? aie ▼cngpr cl.çs J^.5Mitç? qwi Vî^VQieni rudement trçiué.... (i)
Cq qu'il y a de yr^i, c'est que, pour prévenir rentière (lilapidatio^i des meubles de la couronr^e , ou ei) mit quelques uns eii dépôt chez les Jésuites. Celte confiance fait honneur à leur probité* H est constant, de l'aveu ipéipe (de C^yet (2) , que les Jésuites rendirent fidèlement , non aux chefs de la Ligue , mais au roi ^ tout ce qu'on leur avoit confié pendant la famine. Il ne fallut pourcels^ qu'un ordre du conseil, qui leur fut intimié par Lugoly, lieutenant de Prévôt^S). Les joyaux qui ne furent pas mis en dépôt chez les Jésuites , passèrent en d'autres 'mains et furent vendus publiquement à Anyers (4). Cesrt ainsi qu'on vend aujourd'hui les l)ibliot^èques des Jél^uites dans les royaumes voisins : les ma- |;.istrs)its qui ont mis le scellé sur toutes les portes ^t qui pnt exigé des Jésuites qu'ils jurassent de ne rien empoi*ter de ce qui leur appartenoit légitime];n,ent , les Qiagis*
trats dont 1^ désintéressen[ieat Mais jetons un voile
sur toutes ces horreurs, c^t laissons ignorer aux François qu'on vend à Naples les livres du collège de Louii^le-Grand (&).
(0 Vojrc» Sat. M^ip*, t. a, p. 1 16. j De Thou, t. 5, liv. 1 1 5, p.. 05 1 ) Dumoulin, p. 7 de la préface du livre des Eaux de Siloé\ elCè
(a) Chron. not^nn, t. i,liv. 6, p. 4oo«
(3) Sat, Ménip,, t. 3, p. 1 16.
(4*) Hitt, des Pays-Bas, par Erhmamteïde Jlfeteren, lîv. 16, p. 55^.
(5) On a porté reffronteriejusqu'à demander aux Jésuites napolitains s'ils vonloient acheter les livrés Yolés aux soi-disant de Paris : on m*a écrit en particulier pour m*offrir d^aclieter, pour mon compte, la Bible Polyglotte du collège de Louis-le-Grand, à laquelle on a fait passer la mer, etc. Tout se saura, tout sb dira*
LibuEURS. n
ARTICLE n.
Dés Jéiii^ei lig«étir§ éà t>irtfbdH<!r (i).
À.UGER (Edouard) y Jésuite , prédicateur et confesseur d'Henri III. En cette dernière qualité, « ilaToitbien tate « le pouls du roi et jaugé profondément sa conscience, a Aussi, assuroit-il publiquement et en particulier que la « France nWoit de long-temps eu prince plus religieux, « plus débonnaire (2). »
Il pouvoit se tromper ; mais on ne reconnoit point là le langage d'un jérsacità^i); Henri III n'éloit point pour ce Jésuite, comme pour les ligueurs, un lyrati, un chien de reù Le P. Auger avoit déjà mérité d'être chassé de Lyon,parce que, dans h fort de la Ligue, il s'étoit avisé de prier pour le roi dans ses sermons. Il fut enfin chassé de la cour et du royaume, « parce qu'au lieu d inspirer au roi « les sentiments d'une véritable piété, il le tourna du a c6té de la bigoterie. Catherine de Médicis obligea les « supérieurs de ce père à le faire sortir du royaume. « Il est mort à Côme , au duché de Milan (4). « Voilà donc un Jésuite, confesseur du roi, obligé de sortir du royaume , non parce qu'il étoit ligueur, Catherine de Médicis le lui auroit pardonné volontiers ; mais parce quUl tt tournoit le monarque du coté de la bigoterie. » L'histoire nous apprend que, dans la bouche de Cathe^ rine de Médicis , bigoterie signifioit ce que fimalisme signifie aujourd'hui dans la bouche des magistrats philosophes. Cette princesse trouvoit de. la superstition à interdire la comédie en carême ; et elle ne pardo^inoit
(i) On reknaS^qnera que Taiiteiir en présente Iti liste pa^ tstàt^ t\ifti9Cbétiqne. {INoie dé PEdàenr.)
(a) Hist, des derniers troubles, etc., p. 1 3.
(3) Épithète Urée dii l^laicloyer d^ Arnaud, et employée, à l^égard des Jésuites, par les auteurs des Comptés rendus. ÇIYàte dé V Éditeur.)
(4) Journées éPSenn III , t. a, p. 89.
point au roi d'être assez dêvotieux, pour préférer la compagnie des Jésuites à celle des actrices.
Bellarmin, Jésuite, vint à Paris au temps, de la Ligue, et se trouva dans cette capitale lorsqu'elle fut assiégée par fleuri lY. Les Parisiens, réduits aux plus affreuses extrémités, demandoient hautement la paix ou du pain. La Sorbonné « ayoit promis TEnfer » à quiconque proposeroit de parler de paix avec Henri IV ; 1^ parlement « ayoit promis la potence » à tout citoyen assez hardi pour vouloir « aller en Enfer » en résistant aux décrets de la Sorbonné et aux arrêts de la cour. Cependant le désordre croissoit ; le peuple , semblable a une nier agitée, étoit sur le point de franchir toutes les barrières qu'on essayoit d'opposer à sa fureur. « Les chefs « ligueurs, prévoyant bien qu'enfin quelque bourrasque . «populaire les confondroit, s'ils ne prévenoient, s'as- « semblèrent avec les principaux de la ville; et nonobstant o la décision de Sorbonné et V arrêt du, parlement , fut résolu « que l'évêque de Paris et l'archevêque de Lyon iroient « trouver le roi , pour adviser aux moyens de pacifica- « tion; ceux-ci, devant que de partir, voulurent avoir « congé du légat pour n'être excommuniés du pape. « Avant que l'octroyer, le légat fit une consultation avec « Bellarmin et Tyrius, comprise en ces articles : à savoir «r si les Parisiens enconroient excommunication en se ren- « dantà un prince hérétique; si les députés s'acheminant « vers un tel prince pour le convertir ou pour améliorer «i la condition de l'Eglise catholique, étoient comprins « en PexcommunicaMlon, Ces docteurs répondirent a tous « les articles, non (i)- «>
Les autres historiens ajoutent que si on consulta ces deux Jésuites , ce fut « malgré le duc de Nemours , le « chevalier d'Aumale, le duc de Montpensier et les autres « cjbefs de la Ligue qui n'attendoient pas d'eux une dé-
(i) Hiât* des derniers troubles, etc., p. ^3 ^ Ifùt, génér., p. aSa.
« cisibn conforme à leurs vues. » Henri IV montra aux députés une leUre que Mendo^a , ambassadeur d'Espagne, écrivoit à son maître, pour se plaindre dès deux Jésuites qui avoient autorisé cette députation (i).
Ces deux traits sont bien décisifs en faveur des Jésuites qui existoient au temps de la Ligue. Tyrius étoit recteur du collège y Bellarmin étoit venu d'Italie : et les chefs de la Ligue a ne veulent point qu'on les consulte; » et l'ambassadeur d'Espagne « se plaint qu'on les ait consultés » La lettre de Mendoza ne suffisoit-elle pas
pour faire dire à Henri lY que les Jésuites étoient moins ligueurs que les autres (2)?
CoMMOLET (Jacques), a Jésuite et grand ligueur, prêa choit comipe un furieux contre le roi , et il faisoit « presque la grimace d'un possédé. Il condamna en « chaire le meurtre des Guises (3). »
Voila tout ce que l'on lit a la charge de Commolet, dans un seul auteur contemporain et qui fait profession de haïr les vipères de Jésuites. Arnaud étoit beaucoup mieux instruit, si nous nous en rapportons aux auteurs des Comptes rendus, qui répèlent sans pudeur les calomnies de ce forcené. Il nous assure donc, et les magistrats modernes affirment après lui que, le jour de Noël 1793^, Commolet s'écria en chaire : « Il nous faut un Aod; fûtci il moine ou soldât, il nous faut un Aod. » Mais, ces
(i) Inyitis duce Nemoursio, équité Aumalio, duce Monpenserio et aliis.... Consuluerunt Tyrium et Bellarmiaum, patres Socîetatis Jcsu, an excommunicari debeant qui in extremâ necessitate constituti , urbem magistratui yel princîpi non catholico tradiderinl. Cum responsumesset non debere excommunicarî, cardinalem Gondium et arcbîe> piscopum Lugdunensem in castra ad regem miserunt.... Rex ostendit legatis litteras a Mendoza legato, ad regem Hispaniaâ datas, in quibus ^conqueritur tbeologos (Tyrium et Bellarminum), in admittenda ba« legatione fuisse prxpositos. {Mercurii Galtc-Belgici, t. i, p. 170, 174*)
(a) Voyez ci-après Farticle Ttrius/
(3) Journal de Henri II f, t. 3, p. 83.
blasphèmes , ne se. trouyent que dan$ le plaidoyer d'Arnaud. Cinq cents volumes écrits et imprimés dans le te(nps péme ou immédiatement apr^s ^ cinq cent^ yplumes que j'ai feuilletés avec l£^ plus grande attei^tion ^ et dai^s lesguj^s j'ai lu les horreurs sorties de la bouche ^les Lincestre , des Pelletier, des Boucher, des Pigenat, etc- (i), ne disent pas un m^t de Vexécrable apostrophe de Commolet. Mais pourquoi auroit-on fait grâce à un Jésuite? Ce n^est pas là un ides privilèges dont on ait coutume de faire jouir la Société. Que les magistrats anti-Jésuites nous apprennent donc , dans quel historien, dans quel monument, dans quelle source, Arnauç^ a puisé une anecdote que personne ne savcà avant l^i, et quç les auteurs cl^ ÇcmpUs réfutas n'ont pu apprendre qut (U lîu\
Mais ce n'est pas tout '■ ce même Arnaud a calomnié le^ Jésuite Çopmolet, çn lui imputant des boxeurs dont Boucher, docteur de Sorbonne, étoit seul coupable. Ecoutons yn mas^istrat contemporain : « C'^st nu^l 4 ^ Prtpos^ dit M. de l'Etoile, que M. Antoine Arn.au<^,,^ « dans le fameux plaidoyer qu'il fît contre la Société , « charge le Jçs.uite Cominolet d'avoûç dit en chaire que, a, par ççs mx>ts : Eripe me y Dcminey de lato, ut non, infi^-^, j^.fffiT (i), » David , par un esprit prophétique, avoit en-, «. tendu parler contre Ic^rnaison de Boarhon; car il est certain. «que cette allusion si profane est du docteur Boucher, « qui la prêcha dans l'église de Notre-Dame, en 1593(2). »
(i)LiDce8tre, curédeSaint-Geryais; Pelletier, cure de Saint-Jacqnes^ la-Boucherie \ Boucher, cure de Saint-Benoit et docteur de Sorbonne \ PIgenat (François), curé de Saint-Nicolas-des-Champs^ C'est ce Pigcnat cju£ les auteurs des Comptes rendus essayèrent de confondre arec OJon Pigçnat son frèrç. Jésuite, afin de mettre toutes les foreurs du premier «ur le compte de celui-ci. Voye?, |^lus bas, Farticle àlOdon Pigekat.
(Note de V Editais,)
(2) Journal d'Henri IF, t. i , p. 44; ^5 Chron. noycnn., t. u , \Àx. \ ,
LiGi]Êt)Kg. sr
y^ti iuis hutnttië poiit MiM. lès ailteui^s des CcmpUs rendus. Ce n'est pas moi qui dit, qù'Ariidiid est un ctit- ^ lomniateur, et que cela est cettain ; c'est un témoin oculaire ; c'est tin magistrat; c'est uû ennemi des Jésuites q<ui Ta dit avant moi,. M vjvoit dans ces temp^ grossiers où l'équité éloit comptée parmi les vertus ; il n'avoît pas été élevé dans les principes de là nouvelle ptiilosôplue ; un reste de cette probité gauloise, dforit on ne se déifaîsoi t pas alors aussi aisément et d'aussi bonne heutè qu'on lo fiïit aujourd'hui y lui affàchoit deS àteux dont il ne prévoyoit pas qu'on dût faire usage, deux siècles après lui, en faveui» deS Jésuites qu'il détestbit (i).
Les inagistrats veulent-ils quelque chose de plus positS* en sa faveur? qu'ils apprennent de Ûupteix, ôortseilfA' du roi et historiographe de Sa Majesté , que l'arrêt du parlement qui bannit les Jésuites» parut très déplacé dans un temps où « aucutiS de là Compaghie set^voieïlt « très dignefmeût et très fidèlement le toi, ^t^entrauXfeû « le pète Commolet (a^. » Que les magistrats sàcliénf dîè plus que , pour engager HfeûH ÏV à euipécher l'excîcu' tion de Tatrètdti parlement de Paris contre Tes Jésuites, le pape Clément VIK rappeloit an monarque lei b^ offices que lui avoit rendus le 1*. Commoljet en patttctilier (î) ; que ïèi magistrats sachent de plus que ife Jésuite Coi^nmolet « fut choisi pour it^availYer à fa convèrâfibn de a la duchesse de Bar, sœur d'Henri IV; » et qti'ihsar^Hcfit enfin qu'uh Jésuite à qui Henri IV d^ontie cette sîrtgulièref marqne rfe confiance, un Jësuîte qui' amt faif tant de bons offices a TSenrî IV, n'aNroît'pas dû êtrercapalïïe'dé' errer contme un possédé : « Il nous faut un* Aîod; fùt-iV « moine* oti soldat , iï nous faiit un A:od'; » ou , ce q\iî
(i) Mezerai, dans sa grande Histoire, t. 3, p. io35 , justifie aussi Commolet.
(a) D uuleix , Histoire de Henri-le- Granày p . ! g t .
(3) Leftre du cardinal d*Ossat à Henri IV (i6 février iSgSf).
est la même chose , « il nous faut un assassin qui pot» « gnarde Henri lY. o
CoTTONi Jésuite y n'étoit point animé de Tesprit de la Ligue ; c'est une justice que lui rendent ses ennemis. Dans un de ses sermons, « il réfuta si modestement les « opinions de ceux de la religion (les Protestants)., que chacun en étoit étonné. Les Calvinistes sont nos adversaires , disoit-il , quant à la religion , et non pas autrement (i). «
« Cotton étoit, au reste, dit le président de Gramond, Torateur le plus éloquent de son siècle, le religieux le pins désintéressé , le plus modeste ; il conaerva toute sa vertu au milieu de la contagion de la pour ; c'étoii un lis entre les épines; il étoit très savant., et sa science ne le cédoit qu'à sa sainteté fâ). ' . «Ce qui navra plus vive^çnt le cœur aux Calvinistes, dit Dupleix , fut de voir le P. Cotton retenu auprès de Sa Majesté , pour être son prédicateur ox*dinaire , son confesseur et directeur de conscience. Ceux qui l'ont connu particulièrement (comme j'ai fait) peuvent porter témoignage que c'éu)it un parfait religieux, et autant passionné /7(^ttr le service du roi et de F Etat , qu'ua bon et fidèle sujet le peut être. Aussi, Sa Majesté, qui étoit autant habile qu'homme de son royaume pour juger de l'humeur et da mérite des persormeÉ, le chérissoit grandement pour ses louables qualités ,. et le faisoit « souvent appeler pour s'entretenir avec lui. »
Est-il possible de ne pas voir, dans toute la conduitede Henri IV, que ce grand roi , qui étoit autant habile sans douté qu'Arnaud et Pasquier/>^ary»^^r de t humeur et du mérite des Jésuites, les aimoit véritablement ; et son affection constante pour eux ne prouve-t-elle point évidemment qu'il savoit que les Jésuites n'avoient pas été
(i) Journal de Henri IV, t. 3 , p. i oo et ^^^ .
(3) HiM,* Galtia, auclore Gramondo Prœside, etc., p. 676. ^
ligueurs y ou qu* Us Tavoient été moins ^qœ les autfes. N'est-il pas au moins comique de voir> en 1764 , les Lé-* gpulon, les Charles, les Riper t, les. Blanc, les Chalvet les Cantalauze, les Cottin,les Salelles, les Petitcuenoi(i) et tels autres personnages dont on ne retient pas même les noms, se croire aujourd'hui plus habiles qu'ifenri lY pour juger de Xhumeur et da mérite des Jésuites , et se liguer pour donner un démenti aux téinoins oculaires de Faffection qu*il leur portoit? Et quels témoins? Un prince du sang, le cardinal de Bourbon; un chancelier de France, Huraiilt de Chiverny ; un 'ministre d'Etat, Yilleroy; un ambassadeur d'Henri lY, le duc de Neyers; deux hiistoriograph^ de Fratiçe, Matthieu et Dupleix,et cinq cents témoins de tous les partis et de toutes les reli*gions ; des présidents et même des avocats^qui attestent unanimement u qu'Henri lY étoit un grand homme;» que pe]rs0nne .<» > ne connoiî^oit mieux, les hommes qu'Henri lY; » et ^que personne « ne /ut plus affectionné .aux Jésuites du' Henri lY. » Cea déclamateurs.modernes et passionnées font, plus encore : ils donnent un démenti formel à> Henri lY lui-même ; ils le font passer pour une âme double et pour un imbécile; ils le mettent en contradiction avec lui-même ; et grâce aux CçmpM rendus et aux arrêts des parlements, Henri lY,.ce monarque aimable, qui ne fit que consulter son cœur. en comblant les Jésuite^ . de bienfaits , et qui leur di^oit avec sa franchise Ordinaire : a A.imez'-moi , car je vous AIME (a); » Henri lY est évoqué de «on tombeau, cent; soixante et dix an&après sa mort, pour faire aux Jésuites, à qui il légua son cœur par testament, des reprochesqu'il n'avoit jamais faits qu'aux magitrats ligueurs , et pour
(i) Ces noms sont ceux des auteurs des Comptes rendus contre les Jésuites, dans les divers parlements de France. (Note de V Editeur.)
(2) Panég.deHenrilV, par Pierre Matthieu, liistoriographe de c« prince, i6i3, p. ^16, 417.
leur dire sofenDeHement ées grossièrelés révoltantes qm'il a'avoit jamais dîtes à personne (i).
CvoiiTiBR f Jésuite , se distingua par ses prédiications * mais il ne prêcha point ea fareur de la Ligne» Il parloîl biea et d'une manière fort naturelle^ ce qui lai procura, le suffrage du peuple, et plus encore , la liberté apostolique de renontrer aux grands et aux petits leur devoir.. Henri IV voulut Ventendre ; il rencouragea même et te mmereia de sa correction , en le priant- néanmoinsjjle neplus lui en faire en public.
GuEAETy Jésuite, impliqué dans Tattentat de Jeati>: Châtel(2). ^
GuiGHARD, Jésmie. Nous discuterons tout ce ipi» nrpport à l'arrêt portée contre lui, et aux chefs d'acoUsa^ tion qui en furent les prétextes, en paplant du crime de- Jean Châtel (3).
HaIss (Alexandre) , Jésuite , étoit accusé d'aroir dit à^ ses compagnons, lorsque le roi fut assassiné ^ « Surgêy, mJ^tUet, agitur de religioiu (4); aussi d'avoir tenu plu^ <* «leurs propos séditieux quUl confessa e» partie; miris << tt fit preuve que çWoit été avant la conversion du rcri , («- comme aussi fut absous des autres,^»/? (kpreinf€s{5). » C'est nn phénomène qu ' un Jésui te absous,^ a(^ flfe^n?a«« A Cdttî dk>nt nous parlons , fut banni par arrêt du pariew ment, le lOjanvier 1695. Il l'avoit été trois jours auparsh vWnt par k fameux édit d'Henri IV. Il trouva lé secret « de se faire bannir, le 10, après avoir été banni le 7. » Les auteurs des Cçmplés rendu/ le nomment a peine;
iT ■ . - - : • I - - ■ ' ■ '
(i) Ceci fait allusion à certaios passages des Comptes rendus , ^ai sercrttt exainio^s et diêtnbU plus tsrré. dans ces Documenta.
(JYoUdsPEditei^r.)
(i) Voyez la seconde partie. {Note de V Editeur.)
(iyVoytz ibid.
(4) « LcTex-vous, mon frère ^ il s'agil de la reKgfon. »
{^y Journal éHenril y, t. a, p. 167 j Méaioù-es de la Lignr, t. 6,
rhistioixe n'en dû que ce que nous yesonsde U'amcrîre: nous n'avQns vieu à y ajouter.
HiTT^iEv (Claude) , Jésuite et courrier de la Li^e. « CXki lui donnoit ee titre, dit le journal de YEtoik, parce % qid'il a écrit c^ qiû se passoit au Rome et en France au % ai\|et de b Lig^e (i). » Cest donc un courrier qui ne sortçiit pot|»t de son cabinet ; il a m^e pu écrire tout ce qui se passoit à Bome et en France, au tei^ps de \m Ligue, $ana âlre ligueur; il y a m^e tout lieu de croire qu'il ne Véu>it pas : je n'en donne que deux raisons que le l/QCtevMT a{>prëc»era.
Oi^ Ul daos les Mémcires de Nevers (tome 1, page ^7) uoa leure de Claude Matthieu, du 11 février 15S3. Ce J/éa^ite déclare en propres ternies « qu'on ne peut pae, t eo Gpas9Jience, attenter à la ¥ie du roi, et que le pape « Grégoire XIII a condamné ceux qui osoient penser ou ^ çoseigner le contraire (2). n. Ce a'esl point là le langage d'un assassin des rois, ni d'un docteur de S09* bon^e> ni d'u^ magistrat ligueur. Voilà cependant tout ce que Thistoire noua apprend de Claude Matthieu,
X», seconde raison qui justifie pleinement Claude IM^althieu, e'e^t qu'on a été obKgé èi le calonvier gros* sièri^m^nt, et qu'on en est \enu jusqu'à Varradser du tpipj^eau , plusieurs aïonées. aprèa sa mort, pour lui ftiiBe faire un voyage en Espagne, en qualité de courrier de la Ligue.. Arnaud 1 riBUVot^TVi^ Arnaud , dans son plaidoyer pQvr VT^^iv^a^sité,, prélevd que Cbude Matthieu, Jéi- S4^ite, fijit çjlï^çbr^é de porter au roid'£s{iagnc| la lettre qwe lf|s, $k^?:e, ^eriyi^evit à ce monarque, le 20 septembre lo,9'l X Q V. q^i: étoit signée ^ par ua président et trois con* seillers au parlement €|t^ pa:r trois docteui» de TUniver* site. » Vi? A^n^^d ^yqh ^ Qqmwe ceux qui Iç oopieint , le
" .î f ■ ..' I .l'Ut; 'M .tn'7rt ' t'i .*i ' u j j *'.. >> j ■ un >■ «■ w i«»« n ■■>■■>>■
(i) Jimrnald'IIetu'liy, t, 3, p» 44 i»
(a) Ihid,
privilège inné d'ayancer juridiquement les calomniesp les plus avérées , d'imaginer ^s anecdotes les plus absurdes , et de les attester aux Chambres y sans se mettre en peine de citer ses garants. Il a àenti combien il étoit important de persuader que , lorsque les Seize avoient besoin d'un homme de confiance, il le prenoÂent chez les Jésuites. Un Jésuite , ambassadeur de la Ligue , chargéd'une négociation délicate parle conseil de la Ligue, en* voyé en Espagne pour soutenir les intérêts de la Ligue! ... Cette perspective ; étoit délicieuse pour Arnaud ; elle avoit séduit Pasquier qui, de son autorité privée, a métamorphosé en Jésuite celui qui porta la lettre des Seize au roi d'Espagne; et qui, pour écarter tous les soupçons , a déclaré que ce Jésuite n'étoit autre que Claude Matthieu , à qui ce voyage valut le titre de courrier de la Ligue.
Pasquîar prouve démonstrativement que ce fut Claude Matthieu , Jésuite , qui fut député en Espagne par les Seize. « Car, dit ce célèbre jurisconsulte > le porteur est « qualifié de révére^id père dans sa lettre de créance; or « les Mendiants ne s'appellent pères dins frères ; donc « Claude Matthieu n'étoit point Mendiant, donc il étoit « Jésuite , donc il fut envoyé en Espagne , donc il étoit « le courrier de la Ligue. » Tel est le syllogisme /^^^a/ de Pasquier, qui a suffi pour subjuguer Arnaud, et toi\sles auteurs des Comptes rendus.
Un avocat au grand conseil, dans une Histoire de France dédiée à la reine Marie de Médicis, a osé contredire Arnaud et Pasquier : « Le Matthieu , qui porta la lettre « des Seize au roi d'Espagne, n'étoitpas Jésuite comme M on ose Tavancei ; c'étoit , dit ce magistrat contempo- « rain, un. moine mendiant et espagnol (i). »
Ce témoignage n'est pas équivoque, et suffit pour confondre Arnau^ et ceux qui osent le citer. Dans les
(i) Rodolphi Boterài Advocati, etc., t. i , p. 69.
remarques sur la satire Ménippée(tome 2, page 411)^ onayoue ingénuement a que ce père Matthieu a toùa jours passé pour Jésuite; » mais, ajoute-t-on, « c'est a apparemmeut sur une tradition fondée sur le plai- « doyer d'Arnaud et sur V Histoire des Jésvdus d'Hospia nien. » C'est sur ces deux graves autorités que les auteurs des Comptes rendus s'appuient dans leurs impu*jtations; et, s'ils en trouvent encore l'occasion, ils répéteront, sans se déconcerter, que le porteur de la lettre au roi d'Espagne éloit un Jésuite ; mais ils se garderont bien de dire que la leltre elle-même étoit signée par des magistrats.
Dans la lettre de créance auprès du roi d'Espagne , le porteur de la lettre s'appelle Aquarius; et la Sorbonne lé qualifie expressément dé moine espagnol. Il n'y avoit que l'auteur d'un Compte rendu (t) qui pût, en 1594, ignorer ou contredire un témoignage aussi décisif.
Pierre Barny répondit au plaidoyer d' Arnaud, et démontra invinciblement que ni Claude Matthieu , ni au«cun autre de. la Société, ne fut porteur de la lettre des Seize au roi d'Espagne. Ses preuves sont demeurées sans réplique. Mainsbourg affirme positivement que celui qui fut envoyé en Espagne n'étoit point Jésuite.
Si toutes ces raisons ne balancent point, l'autorité d'Arnaud et de Pasquier, j'en ajouterai encore une qui pourra peut-être faire impression sur les esprits simples. Le père Claude Matthieu , Jésuite , ne fut point envoyéen Espagne en 1591 , parce qu'il étoit mort en 1587:'j'en ai les preuves en main; mais il me sufKt de renvoyer à V Histoire ecclésiastique de M. de Fleury (t. 36, p. 335, édition de Paris, in-12, 1742). On y lira « que celui qui fut envoyé en Espagne étoit différent du Jésuite Claude Matthieu qui étoit mort. » Il faut donc dire, ou que Claude Matthieu ne fut point envoyé en Espagne , ou qu'il n'é-
(i) C'est Arnaud que Tauteur désigne ici.* ÇlYote de VEditeur.)
toit pas Jésuite , ou quHl fit le voyage qttittqlies àHkiéeé a|Nrès sa mort. Je demande pardon ans auteurs des Cmnptes rendus, qui ont oublié « que le pré^îdeiil Jeamniii fat TéritaUemeiit le courrier de laLigué, et ne fut jaittais Jésuite. »
Piger Ar (Odoo) , Jésuite prédicateut. On a déjà vu que les auteurs des CcmpUs rendus avoieni voulu te confondre avec le docteur Pigemat, son frère; or, tous les historiens du temps ont parlé de ce dernier ; et , à Toccasion de l'autre, on trouve, une seule fois, dans les niémoires de la Ligue, les paroles suivantes î OdomPioemat, Jésuite , ligueur comme son frère , mais mcins hardi ei moins furieux que lui{î)%
On. ne trouve nulle part qu*OdoB Pigenal ait prêché; on ne trouve que dans des libelles postérieurs et ridicu* lement calomnieux , qu'il ait présidé le conseil des H-gueurs. Les auteurs des Compies rendus, oubliant tott'jours qu'il y avoit quinte présidents au parlement qui prenoient séance dans l'Assemblée des Quarante (2) , n'ont pas craint, en 1763, de faire rire le public, en avançant que frère Pigenat étoit le président d'une assemblée* où sîégeoient ces quinze jHrésidents, pluaiears avocate^néraux et des conseillers k proportion.
Dans les remarques sur la satire Ménippée, on: avoue qu'on ne sait d'Odon Pigenat que ce qu'un prétendu Jésuite dit à Pasquitt dans le catéchisme de Pa»^ quier (3). Je n'ai pu trouver, dans aucun écrivain tant soit peu digne de foi, le moindre vestige des imputations qu'on accumule sur cet infortuné Jésuite ; son nom ne se trouve pointsur la liste des individus qui euresttorcfre
(i) Journal é^ Henri IP', t. i, p. 45a.
(a) Vulgairement connue sous le nom d^ Assemblée des Seize, quelle ayoit pris des seize quartiers de Paris, dont sk% membres se partageoient la surveillance et la direction. {J^ote dcV Editeur.)
(3) Lir. 3, ch. ao.
UGLfELRS. 55
àe sortir de Paris ; il n'existe nulle part aucun monu*
ment, aucune trace de son prétendu fanatisme ; on voit
iniquement y dans Ilicheome(i)^ a que ce Jésuite
« se trouva quelquefois aux assemblées des Seize , à la
« sollicitation dn^résideulBrisafmf pour tâcher de mcdafêr
tf la fureur de cet eséaratle tribùnal\ n Le malheur de ce
Jésuite est d'avoir eu un frère docteur et curé, qui
donna dans les excès les plus déplorables , et d'avoir
trouvé , un siècle et demi après sa mort ^ des magistrat
possédés dé cette résolution,^< d'oublier le doc teur^iou
àe ne se souvenir de ses égarements que pour les mettre
sur le compte du Jésuite.
PosssviN (Antoine) , Jésuite y fut envoyé par le pape Clément YIII au duc de Nevers, ambassadeur d'Henri IV. Il n'oublia rien pour porter le pape à recevoir la réeon*^ ciliation du roi avec le Saint-Siège^ ce qui ne plot pas aux Espagnols qui firent donner ordre à Possevin de sontir de la ville. M. de Nevers , dans le discours de $oti suvbas^ade à Rome, insinue que le P. Possevin ayant eu * qrdre. du pape de lui dire que Sa Sainteté ne vouloit pas etitendre parler d'Henri lY^ il ne faveU point faU, ce q»i fut caiine que ce Père fat contraint de sortir de Rome la niWil(»).
Cest ce qur'on lit dans le Journal de rÉtoile :- Dupleix nature que « le P. Possevin , ayant défendu la cause dn iL roi dicvanl Sa Sainteté, avoit été bonm d« Rome (3). » «Le P. Possevin, Jésuite, s enfuit de Rome, dit un « aiàlre bistorietti du temps, p>ur avoir tenu quelques «I propos de réconciliation du roi avec le Saint-Siège (4). » Les conseils qu'ik donna te* rendirent odieux aux Ëspa-*
(i) De ifl Vérité défendiie, ch. 56.
(a) Journal d'Henri IV, t. i, p. 4^41 449*
(3) Le duc d« Neyers entra dans Home le r9 novembre i593. (Dupleix , Histoire de Henri'ie- Grande p. i a i .)
(4) Julien Pelemt clc , t. 4> Hv* i4> F* 7'-*^*
gifols^ qui se plaignirent vivement de ce Jésuite, dit le
Mercure du temps (i).
Voilà donc y à Rome même et sous les yeux du <&/pûie (a) , un Jésuite qui désobéit au pape pour servir Henri IV, un Jésuite qui , malgré V unité de senlimetU, se fit chasser parce qu'il ne pensoit point comme les Espagnols; un Jésuite, en un mot, qui aima mieux encourir rindignation du pape, que favoriser les desseins des ligueurs. « Le P. Possevin fut contraint de sortir de Rome « pour éviter la colère du pape, dit M. de FEtoile. Ce trait seul couvre de confusion les auteurs des Comptes rendus et ceux qui pensent légalement. Le P. Possevin ne fut jamais ni puni ni blâmé par ses supérieurs^ françois ou ultramontains, pour n'avoir pas été aussi fanatique, aussi rebelle que les dominicains de Paris, la Sorbonne ou le parlement. Un Jésuite, né en Italie, eut le courage d'être françois à Rome , lorsque les moines , les dominicains, les curés, les dbcteurs et les magistrats, nés en France^ étoient Espagnols à Paris. Un Jésuite aima mieux s'expatrier, que paroitre ligueur;, et des centaines de religieux , de docteurs, de magistrats , aimèrent mieux être
vilains que s'expatrier pour aller auprès de leur roi
Que les auteurs des Comptes rendus expliquent ce phénomène, qu'ils le ciltent pour prouver » que le même « espfit règne uniformément dans tous les membres de « la Société, 9 qu'ils en concluent « que tous les Jésuites « étoient ligueurs. ». . ;
R0111LLET (Bernard), Jésuite, prédicateur, plus ccnquu sous le nom de P. Bernard, ne prêcha jamais à Paris. On lui reproche d'avoir dit à Bourges, dans l'un de ses sermons , « que le pape Sixte V s'entendoit avec les héré- *« tiques. Rouillet se rendit ensuite dans la capitale.
(i) Mereurii GaUo-Belgici , t. a , lib. 7, p. 92. Consultez encore les Lettres du cardinal d'Ossat, t. i, p. 47^ (pt) Le général des Jésuites.
UGUEURS. m
« d'où iUoTtit, sumnt L'Ëtoile, aussitôt qu'Henri IV en « fat le maître. » La plupart des historiens prétendent au contraire « qn'il fut chassé de Paris ^ ayant Fëpoque Il de sa réduction ^ parce qu'il n'étoit pas assez Uguewr^ i» Li» auteurs des Comptes rendus semblent adopter cette darnière opinion, ce qui prouve qu'elle est la seule ▼raie ; et cependant revenant à leur absurdité fayorite, iU concluent que le P. Bernard étoit ligueur, « parce que VuniformiU étoit entière dans la Société, et que la Ligue éità sùi/i auvre chérie.
On seroit tenté de croire que le Jésuite RemUet et le lésai te Bernard sont deux personnages différents, au soin que prennent les magistrats et les libellistes de lès distinguer toujours Tan de l'autre. Cette mauvaise foi |nrduve la disette des Jésuites ligueurs : l'histoire en nomme si peu , que^ pour y suppléer, il faut multiplier lés noms, et faire du ^evlBtrnard RouiiUt ^ iésaitsày deux ligueurs sous les noms de Bcuillet et de Bemtfrd.
ToLBt (François), Jésuite espagnol etcardinid. «Il « aimoit la justice et l'équité , dit raU>é Ladvocat ; il trait vaiHa efficacement à la réconciliation du roi Henri IV « avec la cour de Rome. »
« Le cardinal Tolet, Jésuite, négocioit à Home*; dit le « président Hénault ; et quoique espagnol, il seiVit utia lement Henri IV. » . , «.
IKais écoutons les écrivains du temps. Qu'on mè permette de citer un texjte latin, que je ne saurois traduire sans l'afFoiblir, et qui se trouve dans une f^ie ^HewrilVy dédiée à Nicolas Brulart, chancelier de France et confident de ce monarque : « Cardinalis. Toletus, eximia « doctrina, et mente Chris tiana illustrior quam galen « rubrica , immemor odii patrii , potestatis hispanae , umortalium rixai^m irreverens, dicto styloque fac- « tionem convulnerat , disciplina stemit invidiam ; « pater ( scilicet summus-pontifex) motus" gravitate et
tt doctrina dicentis Toleti, pœnitentem filium oscu- «latur(i). » " '^
Je ne sais si je dois en croire à mes yeux ; « tous les « Jésuites étoient ligueurs f^» le roi d'Espagne étoit Le chef de la Ligue, le pape étoit dans les intérêts de l'Espagne ; et c'est un Jésuite , un Espagnol, un cardinal qui porte le dernier coup à la lÀ^uejfuctionem convulnereU. « On ne t< doit pas en être surpris, dit Davila ; le cardinal Tolel « étoit né en Espagne , mais il avoit le cœur françois/ » Benche spagnuolo dinascità, noncUmeno.,. era incUnato favc* revcle aile cose del re di/rancia (2).
. Un. écrivain plus moderne , et qui ne parle qu'après M. de Thou , rapporte du cardinal Tolet Fanecdote suivante i. à Après que le pape eut résolu l'absolution du <( roi, il envoya quérir Tolet; il lui dit que la nuit il « avoit eu quelque révélation qui Tempéchoit d^accorder « au roi ce qu'il souhaitoit; à quoi ce cardinal répondit: « Saint-Père, il faut que cette inspiration vienne du *<t diable; car si elle venoit de Dieu , elle auroit précédé « l'absolution (3). »
Voici en quels termes le cardinal d'Ossat annonce à M. de Villeroi la mort du cardinal Tolet. « M. le cardinal
(1) Guillemi Sossi de vita Hcnrici Magni, etc., lib. 2 , p. 81. Voici la traduction de ce passage : « Le cardinal Tolet, moins illustre encore (r par la pourpre dont il étoit rerétu , que par sa science profonde et ses rertf tus chrétiennes , oubliant les haines nationales , bravant la puissance « de l'Espace et ses implacables ressentiments , porte. le coup jportel « à la Ligue^ tant par ses écrits que par sts paroles \ fait taire Tenyie « par la puissance de sa doctrine j tellement qu'entraîné par la grayité ff et la force de ses conseils, le souverain pontife donne le baiser de paix « à son fils pénitent (*). » {Note de t Editeur.)
(2)/>aw/a, lib. i5, p. 970, . i .
i^) Eloges des Hommes sai^ants , tirés de l'Histoire de M. de Thou, par Antoine Teissicr, etc., t. 4, p. 245.
(*) Henri IV.
« Toletdécéda samedi, 1 4 de ce mois (de septembre 1 696); « en quoi l'Eglise a perdu une très grande lumière, le « pape son principal conseiller, et le roi et la France un
«personnage très affectionné Tout le long de sa
« maladie, il a été en grande dévotion, conformément à « tout le reste de sa vie...*.. Je vous mettrai ici en con- « sidération, s'il ne seroit pas bon que le roi lui fit faire « un service en la principale église de' la ville où il se « trouvera, ou à Notr«-Dame de Paris, ou en toutes deux.
« J'ai opinion que cela lui accroitroit son bon nom
« pour la gratitude. Si n'étoit que je désire que Sa Ma- « jesté seule en ait la louange , je lui en eusse fait faire « un en Téglise de Saint-Louis (>)• » «
Le cardinal d'Ossat nous apprend encore qu'Henri lY écrivit au pape, aux cardinaux ses neveux, et au seigneur Jean-François Aldobrandin , a sur la mort de M. le cardinal ToUet. » Les lettres du monarque sont du 14 octobre; « et le 17 du même mois fut fait, par commandea ment du roi, dans la grande église de Rouen, le service a du cardinal Tolet , auquel Sa Majesté assista et com- « manda davantage qu'on eût à lui en faire par toutes « les villes de son royaume. L'occasion de cet honneur « étoit l'avis que M. D'Evreux av<oit donné à Sa Majesté <c du grand devoir que lui avoit rendu ledit cardinal à « Rome (2). w
Si l'on veut connoitre {nus particulièrement quel eçt c% grand devoir Qpi%\^ cardinal Tolet avoit rendu àHenrilY,
(1) Lettre du cardinal d'Ossat, %, 2, lettre 80.
{pi) Journal d^flenri IV, t. a, p. 3i5. Consultez une brochure toute récente, qui a pour titre : Témoignages remarquables, tic. , p. 24i Consultez encore , si vous voulez bien connoHre frère Tolet , Flores CardinaUuni} M. Simon, Hist. critique duNouv, Test,, cb. 4ij M. Leclerc, BihUoih, akoisie,t, 17» p. 328, ^pig^Biblioth, kispanica, t. 2; Casaubon , Epist ad Front. Duc, Kerkepi. prœcog. log. tract. 2, cap* 5;Perronianay Scaligerana , etc.
40 DES JEStJÎTES
le Cardinal d'O'ssat Va nous ^apprenÀ^e Dâiis sa lett^ à M. de Villeroi (de Rome iSdSy. a Je ire dois et ne puis ^ taire, dit ce cardinal ati ministre , les boni offièess tt qu'auprès du pape et ailleurs, a faits au roi et à laFrancb « M. le cardinal Tolet. Tellement qu'il se peut dire ateii; « vérité, qu'après Dieu, ledit seigneur cartHnal a plus faà... « que tous les autres hommes ensemble. Et est chose éme^ « veillable, que, du milieuMe TEspagne.... Di^u ait sùjt- « cité un personnage pour conseiller, procurer, sollicitet, « acheminer, avancer et parfaire ce que les Espagnols àb- « horrent le plus. »
Tous les historiens tiennent le même langage : les ambassadeurs, les ministres, Henri Vf Ini-toéme, olit dit, ont écrit que c'est surtout au cardinal Tolet que la France étoit rédeyable de la réconciliation du tnonar^ne avec le Saydt-Siége, et par conséquent de Textinctioïi de la Ligue. Tous les écrivains de toutes les nations se réunissent pour faire l*éloge des vertus chrétiennes et dc^ talents politiques dû cardinal Tolet. « C'étoit , dit Bk>ê- « calini , un personnage d'une vie exemplaire, et très « versé dans la connoissance des livrer saints ; lès grands « n'osoient se trouver à ses sermons, parce qu'il précboit «FEvangile avec cett^ sainte liberté, qui ne respecte «point le vice dans les hommes puissants. Il n'y ènt « personne dans son siècle qui fit tant d'honnetir à s<yn « ministre. Personaggio di esemplar vita e ttisquisitissime « lettere sacre ^ quelle che alF elà sua, piu di qualsivo&tia « akro concionatore con la viva voce ne pulpilifece summo « honore alla parola di Dio. » Si nous voulions transcrire ici tous les éloges que l'Italie, la Fraiïce, l'Espagne même, iMtt prodigués à ce cardinal, un volume ne suffiroit pas ; nous en avons assez dit. Nous conjurons le Jeeteur de ne pas oublier que le Jésuite Tolet étoit un personnage très affectionné au roi et à la France; ^u^il avoit rendu un grand devoir à Henri IV; qu'il fit pins pour cç monarque' que tous les autres hommes ensemble;
qi^'il viut k bpii.t àp parfdir.e ce que les Espagnols ejt 1^ hig^& aih4>rroiettl U plus; qu'il porla le dermer^ccttp,k 1^ Lij§fue; et que ce fut par giviti tude qu'Henri lY écrivit des lettres de condoléance au pape et aux cardinaux , sur la mort de cet illustre personnage, et qu'il voulut qu'on lui fît un service solennel k Paris , à Rouen, etpar toutes Us villes de scn royaume >
Mous avons vu ^ dans Possevin , un Jésuite italien qui aima mieux subir l'exil et encourir l'indignation de son ^souverain , que de rég^r sa conscience sur lès décisions de la Sorbonne, et sa conduite sur les arrêts des parlements. Nous voyons y dans Tolbt^ un Jésuite espagnol qui ne croit pas devoir se prêter aux vues politiquesd'un monarque dont il est né sujet, qui n'entre point dans les préventions que les ligueurs avoient fait naître et qu'ils foçientoient à l,a cour de Rome. Un Espagnol, un Jésuite, un cardinal, Tolet, en un mot, qu'un triple lien attachoit au Saint-Siège , eut le courage d'être François çt de le paroitre. Comme Espagnol, Tolet vit l'injj^stice d'une ligue dont l'ambition éioit le motif, dont 1^ religion ne fut jamais que le prétexte ; comme Jésuite, il n'avoit d'autre intérêt que celui de la vérité , qu'il n'avoit jamais reconnue dans les décrets solennels de r Université, ou dan«> les arrêts multipliés des parlementç; comme cardinal, il se crut obligé en copscience 4e détromper le souverain Pontife , dont on avoit surpris la droittire. Tolet, Espagnol, Jésuite et cardinal, étoit un des plus profonds théologiens de son siècle : doit-on être surpris qu'il ne crût point , comme les docleurs de Sorbonne; que la conversion d'Henri lY étoit impossible au Tout-Puissant?
Tolet, Jésuite , connoissoit à fond l'institut, et il n'y trouva point qu'il dût être W^mqmv par principe ; Tolet, cardinal, devoit toul;au Saint-Siège, à qui il avoit fait vœu d'objéissance et prêté sernlent de fidélité: il en respecta les droits, parce qu'ils sont sacrés ; il ne les confondit point
avec les préjugés du pape , parce qu'il ëtoit un très savant théologien, et non pas undocteur deSorbonne; parceque, suivant l'expression dû célèbre dominicain Soto , Tolet étoit un prodige d'esprit et non pas un bel esprit ; Tolet , Espagnol , savoit qu'on doit tout sacrifier à la patrie, excepté la religion ; il étoit bon Jésuite, c'est-à-dire zélé catholique, c'est-à-dire excellent citoyen. Il n'ejcamina point si un prince élevé dans la religion protestante , c'est*à-dire dans la secte la plus acharnée contre la Société de Jésus , seroit contraire ou favorable à cette même Société : il oublia qu'on revient difficilement des préventions qu'on a sucées avec le lait; il oublia que la nécessité d'exterminer les Jésuites étoit un dogme fondamental dans le symbole des calvinistes ; il oublia que la Société devoit tout au roi d^Espagne , qu'elle avoit tout à craindre du roi de France ; il oublia , en un mot , qu'il étoit Je* suite, ou, pour parler plus sensément, il ne comprit jamais, comme nos magistrats modernes, « qu'un Jé" « suite fût par état un mauvais citoyen, le vil esclave « d'un impérieux despote, le serf du vicaire de Jésus- « Christ (i).,. » Il n'y avoit encore ni philosophie ni Comptes rendus,
Tolet , Jésuite , espagnol et cardinal, rendit un grand devoir etfitplus que tous les aatres*hommes ensemble en faveur d'un monarque cent fois proscrit par ses parlements. Henri IV, qui savoit si bien distinguer ses amis de ses flatteurs , qui apprécioit, avec un discernement si exquis, le mérite qu'il vouloit honorer, les services qu'il vouloit récompenser, Henri IV ordonna que, ^ar toutes les villes de son royaume, on fît au Jésuite Tolet des honneurs qu'aucun de nos rois ne fut jamais tenté de décerner à un dominicain , à un docteur de Sorbonne, à un procureur général , àiun substitut, à un sous-doyen ,' à un de
(i) Il n'est pas bcsqin de dire que celte phrase est extraite des Comptes rendus. {Note de V Editeur.)
Messieurs (i). Henri IV honora de sa présence le service, c'est-à-dire les obsèques de ceTolet, Jésuite, espagnol et cardinal, qui Tavoit servi utilement et efficacement contre la Ligue» c'est-à-dire contre les dominicains, contre
l'Université, et surtout coTitre hs parlements
Mais le croiroit-on, et Henri IV Tavoît-il prévu? C'est ce même cardinal Tôle tj ce personnage si affectionné au roi et à la France y ce fléau des ligueurs , que des plébéiens conjurés viennent de métamorphoser en régicide^ en sei- 4Ù'sant{2), en^^r^Tolet ; c'est ce cardinal Tolet, dont nous avons vu flétrir la mémoire par ces mêmes parlements qui assistèrent, il y a plus d'un siècle et demi, à ses obsèques ; nous avons vu des Ripert, des Salelles , des Goullon, des Rederer, desFevret, des Bureau, des Blanc, des Petitcuenot, des Cottin, etc., insulter impunément au ^^V^ Tolet, et s'évertuer, dans leur frénésie, pour avilir ou pour rendre odieux un nom qu'ils n'éloient pas dignes de prononcer. Que le lecteur, chrétien ou mâhoméian , François ou Caffre, se souvienne qu'Henri IV et la nation dont il fit les délices, appeloient le cardinal Tolet, Vami de la France. Qu'on dépouille donc ce Jésuite de tout ce qui le distinguoit dans un siècle où le mérite n'étoit pas rare ; qu'on oublie que le Pape saint Pie V lui avoi t donné toute sa confiance; que Grégoire XIII ne connoissoit point de théologien plus éclairé; que Clément VIII crut honorer la pourpre en obligeant^^^ Tolet à l'accepter; que les magistrats françois^déchirent aujourd'hui cette même pourpre ; qu'ils ne laissent kjrère Tolet que le sac de Jésuite , mais qu'ils se souviennent du moins que ce frère Tolet, ce soi-disant ^ étoit un personnage très affectionné au roi Henri IV et à la France ; que ce persormage
(i) On fiait que c^étoit là une qualification par laquelle on désignoit assez fréquemment les membres du parlement {Note de V Editeur,)
(a) Soi-disant Jésuite. Nous avons donne Fexplication de ce mot« (Ployez le Rédacteur p^éridi^ue, p. 9.) (JYote de l'Editeur.)
4i DES JESUITBS
reiulil un grand ihvoir au roi , et d« bon$ offices à la France ; que le« magistrats se souviennent, en un mot , que^^^^ Tolet porta le dernier ccap à l9.lÀs\iey/actionem cçnvulnerai, et qu'après avoir flétri» à leur manière, un nersonnage qui, après DieUf fit plus pour Henri ÏVqœ tous ces autres Aûmmes ensembk, ils nous prouvent que tous les Jésuites étoient les ennemis d'Henri IV» et que frère Tolet» qui contribua à exterminer les ligueurs» malgré les magistrats» a dû être exterminé lui-même par les magistrats » parce qu'il étoit ligueur. Cela prouve qu'il n'est rien de plus dangereux qu'un ingrat qu'on a comblé de bienfaits : les magistrats ont compris qu'il leur en coùteroit trop d'être reconnoissants » ilis ont pris le parti d'exterminer leurs bienfaiteurs : Ee productus est/uror, ut perioulosissima res sit bénéficia in illoJi magna conferre;namquiapulan$lurp^n(fH reddere, ncn volunt esse cm. reddant ( i ).
J'oubliois d'avertir que la Société uliranunUaine et réficide[%) n' improuva jamais l'affection du cardinal Tolet pour la France et pour Henri lY. La Société» toute com* posée de Castillans^ ne condamna jamais l'aversion dct ce Castillan pour la Ligue ; la Société a toujours regardé et regarde encore ce savant» ce pieux théologien» comme un de ses principaux ornements. Que les auteurs des CompUP^ renéas concilient tout ce que nous venons de dire avec leurs ajsertionSy et surtout avec le paradoxe absurde de V ani/crmiié de sentiment , qu'ils font semblant devoir dans tous les membres de la Société.
Tybius» Jésuite» recteur du collège de Paris» pendant le siège de cette capitale» « pria qu'on exemptât la maison « des Jésuites de la vtôite et recherche de vivres; » mais
»i I ■ ' ■■ I Xll ■ I I II ■ ■!■ I I II I I
(i) « Leur fureur en est yenue à ce point, que le plus grand péril où « Ton puisse s'engager, est de leur rendre de grands seryices ; car, « comme ils sentent qu'il y a de la honte à ne pas être reconnoissants, « ils TOttdroient anéantir ceux à qui ils doiyent de la reoonnoissanoe. » (5e/iec, ejprrt. 48.) (NoU de l'Editeur,)
(a) La Compagnie de Jésus. {Note de P Editeur*)
bi9U)rîea« diétailkntcç fait ; iicmsQoi^ en lei^ç^^u jéi^if, 4q m. de UÉtailey coniorme k celui qi^'on trouve ^iflfiê les mémoires de la Ligue ;
«Lte saimedi 26 juia lâ90, le rei^teiur des Jésuites, ap-- « pelé TïRiuSy fut chea^ le légat f accon^pagué du P, JKçJj- 4f larmin , pour le &ijippUe;r. ^i^'il ^^i plût e^en^piç^ ^ V maison de la visite qu'on deroit faîre^ pour ^voir s'ils « sivQiçnt du bled. Le prévôt d^ marchai^ds , q\ii était K présent y lui dit : M • 1^ recteur, vptre prière n'est ni « civile, ni cbrétiemie ; pourquoi seriez-vous ei^çtmpt d^ « cette vii^ite ? Votre vie est-ell^ de pl^us grand prix que a b pôtre? Cette réponse repdit honteux le recteur (9)«v
Si tout c^ln proi^VQ que mtmsieur k rscl^ur des Jésuite/» étoît peu ebarit^bl^y ne prouve-^t-il ps^s- aussi qu'il étpi| encore moins ligue^ur ? Reconnoit-on , dans la requête de frère "{frius, un grand zèle pour la Ligue? L'apostrophe du prévôt des marchands, c'est-à«dire d*un des. . chefs de la Ligue , cette apostrophe, faite publiquement au recteur des Jésuite^, suppose-t-elle, permet-elle de supposer unegrapde intelligence^ entre ^le^/iî^iir le prévôt et monsieur le recteur? Henri IV assiégeoit Paris; la far mine avoit réduit les assiégés à se dévorer les uns les autres ; la reddition de la capitale entralnoit la ruine 4e ^ Ligue; il falloit empêcher la garnison de mourir de faim ; les Jésuites seuls étoieut ligueur^ : ils étoieiit le$ âmes, les ÊoUs dt la Ligues et les Jésuites refusentde eon*» tribuer à l'entretien des troupes parlementaires qui défendoient le Capitole delà Ligue! Les cordeliers, les Feuillants, les dominicains, les chartreux, les capucine, pay oient de leurs personnes et donnoient leur ^ngpour. la Ligue, et les Jésuites nevovloient pasmémequ'il leur
(i) Julien PeleuSy etc., t. 4) liv. la, p. 87.
en coûtât quelques munitions débouche ! Et ils aimoient mieux ouvrir les portes de Paris à Henri lY, que leurs greniers aux moines , aux docteurs, aux magistrats, aux Espagnols , qui combattoient contre Henri IV ! Et les Jésuites étoient les Eoles de la Ligue, et les dominicains étoient tUtachés aux maximes du royaume (i). Judex damnalur, dit Sënèque, cum nocens absolvUur (a).
« Lé samedi 4 août 1590^ le légat consulta Tyrius, rec- « teur du collège des Jésuites, pour savoir si les Pari- « siens affamés encouroient l'excommunication en se ren- « dant à Henri lY : il répondit que non (3). »
La question ne pouvoit être plus claire , ni la réponse moins équivoque. Que les moines , les curés et les doc-* teurs comparent la décision du Jésuite avec le décret de la Sorbonne (4); que les auteurs des Comptes rendus la
(i) Arrêt da parlemeot de Toulouse 4u 91 juillet 1764*
(3) «L'absolution du coupable est la condamnation du juge, n
(3) Journal èC Henri IV, t. i , p. 75 ; Sot. Mén., t. i , p. 44^.
(4) Le premier de ces décrets est à la date du 7 janvier iSSq. LeToiciy tel que le rapporte les historiens du temps, et- tel fpi'il est inscrit sur les registres de PuniTerâite :
9 Les prévôts des marchands ^ écheyins , consuls de Talme ville de « Paris , par instruments et actes publics signés de leur greffier, et. « munis du sceau public de la ville, demandèrent à la sacrée faculté de (c théologie , si le peuple du royaume de France peut être délié du « serment de fidélité et obéissance prêté à Henri III. Si , en assurée <c conscience , le même peuple ne peut pas être Mtmà contre les couseilsi a pleins de toute méchanceté et efforts dudit roi.
<c Sur lesquels articles , la mûre , soigneuse et libre déclaration de « tous les mai très qui se sont assemblés jusqu^au nombre de soixante- « dix , ayant été ouïe , entendues aussi plusieurs et diverses raisons *i mises en avant par paroles très disertes, non seulement des Ecritures <c sacrées y mais aussi des sanctions canoniques et décrets des papes , a « été conclu par M. le doyen de la même faculté , personne ne contre- « disant, et ce, par mode de conseil, pour délivrer les consciences dudit «peuple....
« Premièrement , que le peuple est délié du serment de fidélité, prêté « au susdit roi Henri. En après, que le même peuple peut , licitement
comparent avec les arrêts deà parlements que Ton trouve rapportés dans toutes nos histoires; et que les uns et les autres en concluent, s'ils Tosent^ que les Jésuites seuls étoient ligueurs par principe. La Sorbonne avoJt décidé, à Funaniraité des voix, qu'on ne pouvoit prier pour Henri IV sans encourir Texcommunication ; et les Jésuites décident que ceux qui se rendoient à Henri lY, n'encouroient point Texeommunication. Le supérieur des Jésuites , c'est-à-dire celui qui représentoit la Société, celui qui étoit chargé spécialement de maintenir dans ses inférieurs cette uniformité de doctrine qui constitue l'essence de Tinstitut, le supérieur des Jésuites est d'avis qu'on peut se rendre à Henri IV, sans violer aucune loi. Ce n'est point dans une consultation secrète : le supérieur des Jésuites sait que les chefs de la Ligué craignent sa décision; qu'ils ne la lui pardonneront point, 5i elle n'est pas conforme à leurs vues; le supérieur des Jésuites sait que la sacrée, sainte école de Sorbonne à' prononcé d'un commun accord que le bon dominicain qui avait assassiné Henri IH n'avoit point péché ; le su^*. péûeur des Jésuites sait qye la fille atnée de nos rois, l'Université, a décidé qu'il n'étoit pas permis, en conscience , de parler de paix avec le Béarnois , ou même de s'exprimer avec ambiguïté sur le compte de cet hérétique ; le supérieur des Jésuites sait que le parlement de
« et en assurée conscience, être armé et uni, contre les conseils pleins <r de toute méchanceté et effprts dudit roi et de ses adhérents., quels f( quUls soient. »
« Le décret de la Sorbonne , dit Pabbé Fleury {Hisi, ecclés. , t. 36 , p. 313*) , fut comme le signal de la révolte générale qui se fit dans Paris, et qui s'étendit peu à peu dans la plupart des villes du royaume. »
Nous croyons inutile de rapporter en détail les autres décrets, de cette même faculté, rendus contre Henri IV après la mort de Henri III, Il nous suffira sans doute d'affirmer que tout ce qu'en dit ici l'auteur en est l'analyse fidèle, et les preuves en seroient faciles à donner.
{Note de V Editeur.)
49 DES JESI^ITES
P^iri^, Qt )f3 pdrLem^atdeToulQHs^» et le par|eQle^t d'Aû, e^hd parlenxent de {louep, etc., ont défendu d'içntreteipir ajiiCMoe cprrespoudance avec Henri IV et ses adhérents^ sous peine. d*étre pendu ; le supérieur des Jésuites sait tpnjt cela^ et, s' élevant au-dessus de tout cela, i) décide saxji^ ambiguïté, que ces décrets, ces décisions, ces arrêts^ sap( le fruit du délire et du fanatisme ; il décide , çqus lef . yeux de la Sorbonne , sous les yeux du parlement, f$i| m/ême temps que la Sorbpnnç, en même temps que le parlement, ii décide que ceux que la Sorbonpe déclare exçofnmunlés n,e sont point excommuniés ; que peux quj» le parlement condamne au dernier supplice ne sont pas.
coupables!
En vérité, je ne sais ce qu*ou doit admirer davantage;, ou la hardiesse 4es auteurs des CompU4 rendus, qui qsenjt mettre les Jésuites à la tête de la Ligue, ou la bonhomie 4ef Jésuites qui se reconnoissent plus coupable^ qu'il» i^sont. En lisant leurs tardives apologies (i), en leur voyant rejeter, sur Finjure des temps, la conduite de ceu^ de le^rs pères que les magistrats impliquent dans la ré^ volte des. ligueurs, j'avois cru qu'ils n'avoient rien.de mieux À dire; mais, en remontant aux sources, je me suis convaincu que c'étoit pour ne pas donner un démenli /firmel au parlement, qu'Henri JY, aU lieu de dire » que
(i) Ceci a rapport à plusieurs apologies très foibles , qui parurent à cette même époque , apologies faites plutôt selon le zèle que selon la science'^ et qui ne saffisoient point pour donner une idée exacte des graves questions élerée^ alors à Foccasion des Jésuites. Nous n'avons p<is besoia de dire que nous les ayons rejetées de notre collection (^.
(^Note de P Editeur,)
(*) Le Rédacteur Vmdique, déjà publié, et qui traite, avec tant de force et de sapé> rioriie', plasienrs autres p«ints des accusations elerées contre les Jésuites, et notamment Tarticle de tyranmcide^ ^st peu satisfaisant sur celai de la Ligue ^ nous l^avons remarque', et nous nous sommes engages, en mâme temps, à prodaice dea écrits où c^ poipt important seroit plus approfondi. Il nous semble que nous avons tenu parole.
« les Jésuites n'avoient point été ligueurs^ » se contenta <l'affirmer » qu'ils Tavoient été moins que les autres. »
Seroit-il absurde de penser que la conduite de$ Jésuites au temps de laLigue, celle de Possevin et de Tolet à Rome, celle deTyrius et' de Bellarmin à Paris , fit naître ou fortifia du moins cette haine que les dominicains^ les docteurs et) les magistrats firent éclater alors contre la Société; cette haine 9 qui est devenue depuis comme le patrimoine d'une partie de Tordre de Saint-Dominique; cette haine étouffée , mais jamais éteinte, dans une certaine classe de magistrats ; cette haine au moins assoupie pendant un siècle dans les docteurs, et réveillée de nouveau par les émissaires du parlement; cette haine, que le calvinisme écrasé laissa comme en dépôt au jansénisme naissant ; cette" haine, dont les jansénistes triomphants ont fait une vertu théologale, qu'ils ont soi^fflée d'abord aux femmes, puis aux idiots, ensuite à quelques moines, et enfin aux magistrats? Que le lecteur tâche de résoudre ce problème , suivant ses lumières et «a conscience ; il a les pièces du procès sous les yeux : elles ne sont ni controuvées, ni falsifiées, ni suspectes.
Yarade , Jésuite. Nous discuterons ce qui le regarde «n parlant de l'attentat de Barrière.