‹ Documents historiques, critiques, apologétiques, concernant la Compagnie de JésusChapitre 50 sur 69 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

PARIS

CIJEZ M" CARIÉ DE LA CHARIE, ÉDITEUB,

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Dans cette seconde partie de son examen, l'auteur achèvera de démontrer l'audace de Timposture^ puis ensuite il en fera voir la maladresse, tellement palpable, qu'on peut à peine comprendre que ce qui a été si méchamment conçu, ait été si négligemment et si grossièrement exécuté. Jamais il n'y eut une application plus frappante de cette parole de l'Éa^iture : IniquUas mentita est sibL

Après s'être bien convaincu de la fausseté de cet Édit, on cherche à s'expliquefr quels sont les motifs qui ont pu engager à le fabriquer : ils ne se présenr tent pas d'abord ; et la première pensée qui vient k l'esprit est que jamais crime de faux n'a été plus inutilement commis, «c Quand il seroiM^rai, dit un apologiste, qu'Henri IV eût banni les Jésuites en i 595 , il ne l'est pas moins qu'il les a rappelés en 1 6o3, et que ce second Edit révoque et annule le premier, qu'il en fiasse mention ou non. Quel usage peut*on donc faire contre les Jésuites d'une pièce qui doit être censée non avenue, puisque le prince même qui en est l'auteur Ta révoquée ? »

a Mais en relisant avec attention les arrêts de plusieurs parlements, et principalement celui de Paris, %^ 1

du 6 août 1 76a y j'ai pris d'autres idées , et^ si je ne me trompe , j'ai rencontré les "^aies raisons qui ont porté à inventer et à adopter cette chimère. On prétend, dans ces arrêts, que les Jésuites n'ont été rétablis en i6o3, que « sous des clauses irritantes(i),i> clauses que le général Aquaviva n'a, dit-on, jamais voulu accepter, et que la Société a constamment violées. Cela posé, l'Edit de 1 6o3 n'a plus lieu ; celui de iSgS revit, et n'a même jamais été annulé, puisque les conditions, sons lesquelles on l'annuloit, n'ont point été remplies; Parrêt de 176a n'est donc que « déclaratoire et exécutoire » de l'Edit de iSgS: c'est l'aotoritiî royale qui dissout et détruit aujourd'hui le corps de la Société (a). »

(f) On appelle ainsi, en terme de jurisprudence , une condition tellement essentielle à la validité d'un acte, que l'acte seroit nul si elfis ^ «l'étoit pas Templie.

(3) Quelques personnes ont pensé que cette dissertation , çoncemaat PEdit de Henri IV, étoit trop longue ; que les preuves qui démon troient la fanssetéde cJftdit étoient surabondantes^ et qu'il eût été à propos d'en supprimer une partie. Nous ne pouvons être de leur avis : il n'est point de pièce dont on ait abusé avec plus d'auoace, pour accréditer les plus atroces des accusations élevées contre les Jésuites, parce qu'en e£tet il n'étoit rien qui fût de nature à produire plus d'impression sur les esprits icuorants et prévenus, qu'un acte aussi solennel de la puissance royale , émané surtout d'un prince dont la mémoire est chère se tous les François. Dernièrement encore , il a été cité devant des tribunaux , comme authentique, par un avocat célèbre (*); et cette citation a produit son- effet accoutumé. Cest donc ici spécialement qu'il étoit impor*tant d'épuiser la matière, et de telle sorte, qu'à l'avenir les adversaires des Jésuites eussent honte même de prononcer le nom de cet Edit.

■ (*) M.Dnp 41 %méi daBi le procê* de la famille de U Chalouis comre le rédaclear ■de VEioiU.

DE

LA VÉRITÉ

ou DE LA SUPPOSITION

DE

Il nous reste à prouver maintenant, 6<^ que le prétendu Edit ^'Henri IV a été inconnu* au Pape, qui devoity prendre le plus vif intérêt; 7° inconnu aux Jésuites, qu'il proscrivoit et qui durent l'exécuter; S^ inconnu à la reine de France, épouse 4'Henri IV; 90 inconnu, enfin, à Henri IV lui-même.

Puis, passant à l'examen dé TEdit en lui-même, nous prouverons qu'il est matériellement faux ; qu'en même temps qu'il est en contradiction avec tous les monuments historiques , il choque tous les caractères de la législation ; qu'il est irrégulier dans sa forme, contradictoire dans son fond, mal scellé, faussement daté , ridiculement conçu.

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