LETTRE DE GARWET A PERSON
Mon très cher monsieur , nous devons dans pei^b joiirs nous rapprocher de Londres ; mais n^us n'ayons pn nous procurer une maison , et nous ne pouvons en trouver de convenable de long-temps. Nous serons obligés de louer quelque maison particulière , et de vivre plus retirés jusqu'à ce que Porage soit apaisé ^ car on fait les recherches les plus sévëres ; et s^lon hôtesse n'est pas entièrement ruinée , elle sera plus heureuse que la plupart de ses voisins. Les mesures sont plus rigoureuses que sous le règne d^Êlisabeth. Toutes les six semaines une nouvelle cour est instituée^ des jurés sont nommés pour rechercher, dénoncer, découvrir les propriétés des catholiques , et ensuite les estimer, avec pouvoir, dans plusieurs endroits , d'enlever tout ce qu'ils trouvent (contra ordinem juris), et d'obliger les propriétaires apparents , s'ils sont protestants , à prouver que ces objets leur appartiennent réellement, et non aux réfractaires , avec lesquels ils ont des relations. Partout les- commissaires sont les plus ardents étales plus bas des puritains , que le roi renieroit pour tout autre service.. Les prisonniers de Wisbich meurent presque de faim ; ils sont très resserrés , et ne peuvent recevoir aucun secours de l'extérieur. Le roi fl^Uoue un marc par semaine pour chacun; mais le geôlier veut y faire son bénéfice , et il ne leur donne de vivres que trois fois par semaine. Si quelque réfractaire rachète 0S biens , on s'informe avec soin si c'est avec son argent , et dans le cas contraire , on les saisit encore. Enfin , si ces mesures se prolongent^ chacun d'eux sera obligé de racheter son propre lit tous les six mois ; et je connois ici , et j^en pourrois fournir d'autres exemples , un lit qui a été racheté deux fois cette année. Les juges protestent ouvertement que le roi veut maintenant du sîing, et qu'il en a déjà versé , dans le Yorkshire; que jusqu'à présent il a caressé les papistes , mais que maintenant il va les frapper. Les catholiques n'ont donné aucun sujet à un pareil traitement. Il est certain que deux d'entre eux ont été exécutés dans le nord ; et comme cette exécution a été faite de sang-froid, c'est-à-dire long-temps après leur condamnation , elle annonce un dessein lyien ^créjlé ivi ^^
rigueurs auxquelles nous devons nous attendra. Ainsi-, on ne peut es^ pérer que le pape Paul Y puisse rien faire : et tout ce qu'on rapporte à Rome de Tindûlgence ayec laquelle on tiuite les eathnliques est entië^ rement faux. Je suis certain toutefois que la plus saine -partie des cath<^ques supportera ses souffrances avec patience; nuôs qiie 1er procédés barbares des officiers subalternes a^entratnent^pas quelques individus à des actions désespérées , c'est ce dont je ne puis répondre , et ce que la sagesse du roi doit prévoir.
. JTai reçu dé Field , en Irlande , une lettre qui m'apprend qu'ion y a publié uneaprodamaldon très sévère contre tous les eedésiatftiques , et un ordre absolu d^aller à l'Eglise : on a en même temps protesté solennellement que* le roi n'avoit jamais promis ni entendu accorder de tolérance.
4 octobre i6o5.