‹ Documents historiques et statistiques sur les communes du canton d'Auneau, arrondissement de ChartresChapitre 5 sur 36 · AUNEAU · texte numérisé non relu

AUNEAU

« Difficiles ubi densa vias Alneta tegebant, > (WiL. Barro, Ub. VIU, Philipp.)

« Dès aulnois touffus cou^roient les chemins » et en rendoient le parcours difficile.

a Et Bretons et François les chaçoient en » fossez par Aunois et bruières. »

(Froissart, 2 vol, cap. !, 6.)

Auneau^ ancienne baronîe^ vassale da duché de Chartres, porte dans nos chartes les noms latins de: Auneellum, Alnetelîum, Alneolum, Alneellum^ dont notre idiome français a fait ceux de : Auneel, Aulnel, Aulneau et Auneau. Ce nom de lieu, l'un des plus anciens que Ton puisse rencontrer, lui vient des aunes qui couvraient, dans Torigine, remplacement où la commune a pris naissance, et que Ton trouve encore en abondance dans la vallée qui se déroule à ses pieds. Son étymologie est commune, avec les mots suivants qui étaient en usage au Moyen-Age: Alanetum, Alneium, Alnidus (a.\3lmye , Aunoît, lieu où croissent les aulnes); —

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Alneta (aulnaie, auneUe) ; — Annetumpro Alnetum (Anoît, aunaie) lieu planté d'aunes; — cet arbre, lui même, appelé AlntifS, Anetus, était une des principales essences forestières de l'ancienne Gaule, pfopres de leur nature au climat de la région camute.

La commune est située en amphitéâtre au-dessus de la vallée où coule le ruisseau d*Aunay, dans' une position à la fois pittoresque et agréable qu'elle doit principalement aux prairies qui bordent le ruisseau, et aux bois et plantations qui garnissent les coteaux le long de la vallée.

Son territoire est limité au nord par ceux des communes de Levainville et Saint-Symphorien, à Test par ceux d'Orsonville (Seine-et-Oise) et Auuay-sous- Anneau, au sud par ceux d' Aunay et de Roinville , à l'ouest par celui d'Oinville-sous- Auneau.

L'origine d'Anneau, coaune celle de la plupart de nos anciennes localités se perd dans la nuit des siècles; les détails généraux que nous avons donnés dans l'introduction, en ce qui concerne les époques gauloise et romaine , s'appliquent k ^ette commune dont Texistence ne peut remonter avec certitude qu'au Moyen-Age, Son berceau parait avoir été à Samt-Rémy, où s'éleva l'église sur la fontaine sacrée des Druides, primitif baptistère des néophytes chrétiens. Puis ce lieu fut abandonné lorsque l'on bâtit le château d' Anneau pour arrêter les incursions des hordes barbares qui pillaient les terres : les habitants de Saint-Rémi vinrent chercher aide et protection sous les murs du donjon féodal; les habitations se groupèrent auprès et donnèrent naissance à la commune.

Seigneurs d*Auneau,

« Le plus ancien seigneur d' Anneau que l'on connaisse^ dit Doyen (1), est Gaultier^ qui vivoit en 1069. Il quitta sa

(1) mst. de Chartres, tom. U, p* 223.

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terre et se fît religieux dans l'abbaye de Saint-Père de Chartres, Fan 1093.

> Gontier, son fils, seigneur d'Auneau et de Montléard (1). »

Doyen, à qui nous nous plaisons à rendre d'ailleurs pleine • et entière justice et que nous considérons comme le premier historien sérieux du pays chartrain, a commis là une erreur dans laquelle il a entraîné ceux qui Font suivi. Il s'est fondé ^ans doute sur un passage de deux chartes en faveur de Tabbaye de Saint-Père, dans lesquelles nous lisons : « huic dono assensum prœbuerunt Walterim deAlneto, ftlii que GunheriuSy Gamlinus, GuaUerius. » (anlean. 1080) — tt Gunherius de Monte-Letardi , filius videlicet Gualterii de Alueto. « (ante an. 1102) (2). Mais il s'agit ici de Gaultier d'Aunay (3) dont le nom latin est Alnetum, tandis que nous voyons qu' Anneau était désigné sous celui de Aïneolum. Doyen n'a pas réfléchi qu'au XI^ siècle où les noms de famille étaient encore inconnus, on ajoutait aux noms des individus celui du bourg ou du pays qu'ils habitaient : c'est ainsi que nous trouvons « Osmundus de Alneel. » Nous verrons, d'ailleurs que Hugues de Gallardon était, à cette époque, seigneur d'Auneau, puisqu'il y avait fait construire un château, le signe le plus éclatant de la suzeraineté. Hugues nous l'apprend lui-même dans la longue charte (4) que nous rapporterons à l'article du prieuré d' Anneau.

1113-1128. — Nous trouvons ensuite Guy^ premier du

(1) Molitard , anc. commune réunie à celle de Gonie en 183d.

(2) Cart. de Saint-Père, 1. 1. p. 204, 239.

(3) Aunay-sous-Auneau.

(4) Celte charte, concernant les libéralités de Hugues envers le prieuré d'Auneau, n'a pas de dale, mais on la place communément vers 1100, année de l'élection de Robert, abbé de Bonnevai. — Hugues est en outre cité deux fois dans le Gartulaire de Saint-Père , de 1090 à 1100.

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nom, avec Josceliu (1)^ son fils^ comme médiateurs d'un différent qui existait entre les chanoines de Saint-Jean-en- Vallée de Chartres et Richer de Villiers (2) au sujet de la terre et de la mairie de MantarviUe (3) :

c Nos sancti Johannis canonici notum esse volumus tam futuris quam presentibus Richerium de Vilers et Radulfum filium ejus coram Guidone de Alneolo et Goscelino fUio ejus, dimisisse caiumniam quam fadebat de terra apud Armentarvillam et majoratu (4). >

1139. — Joscelin J, fils de Guy, seigneur d'Auneau, paraît comme témoin dans une charte d'Ursion de Meslay (5) concernant un droit de péage qu'il contestait au chapitre de Chartres. On trouve dans cet acte Tun des plus anciens exemples de l'enquête dite par turbe, sur une coutume en litige :

« Huic coDcessioni interfueruat , ex parte Capituli .... Joséelinus de Auneel .... testis. Anno incarnacionis dominice millesimo centesimo tricesimo octavo, anno domini Ludovici, régis Junioris, secundo episcopatus autem domini Gaufridi, Garnotensis episçopi, vigesimo quarto, nono kalendas februarii , iuna vigesima, fana quarta, hora diei tercia (6). »

1146. — Saint-Bernard étant venu, sur la demande de révêque Geoffroy, prêcher la guerre sainte à Chartres, les établissements religieux se ressentirent, selon l'usage, de la pieuse entreprise des chevaliers chartrains. Par un touchant

(1) Appelé dans nos chartes tantôt Goseelinus , tantôt Joscelinus : nous avons adopté cette dernière orthographe pour le nom français.

(2) Hameau de Béville-le-Corate.

(8) Hameau de Sainville.

(4) Chart. de Saint-Jean. — ArcWv. départ. d'Eure-et-Loir.

(5) Ursion de Meslay-Freteval, Tun des plus grands seigneurs du pays Chartrain (1113-1149).

(6) Gart. de N.-D., par MBf. de Lépinois et Merlet, tom. I«r., p.

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souvenir des misères d'Orient^ Thibault, comte de Chartres, voulut que les lépreux de Beaulieu priassent pour son fils Henri qui faisait partie de la croisade. Il leur donna la dîme de ses moulins de CoriMo et de son four du Châtelet. Au nombre des témoins nous trouvons Joscelin d' Anneau :

<c Testes sunt .... Goscelinus de Auneello .... Actum apud GarDOtum, anno ab incarnatione Domini M^* C<> XL^ VI», régnante Ludovico filio Ludovici, eo anno quo ipse, cum multo comitatu-baronum, cnicem assumpsit, Yerosolimam iturus, ad domandam paganorum contumaciam (1). 9

4155. — Joscelin d' Anneau est encore cité dans un diplôme de Louis VII, en faveur de Tabbaye de Saint-Père-les- Chartres :

« Nos autem , recordatione dapiferi et cancellarii , atque Joscelini de Alneolo, in quorum presentia res accordata fuit. . . Actum parisius, anno Domini millesimo centesimoquinquagesimo quinte... (2) »

Circa 1155. — Vers le même temps, Joscelin se reconnut coupable de diverses exactions commises par lui au sujet des corvées appartenant au chapitre de Chartres sur la terre à'Auconville (3) :

« Joscelinus de Âlneolo, Capitulo Sancte-Marie, salutem. Notum sit omnibus tam presentibus quam futuris quod ego Goscelinus, recognoscens culpam meam de angariis, sjve corveis, quas injuste habebam in terra vestra apud Ascumvillam, et inde petens a vobis Teniam et absolutionem , dimitto eas absolute, et condono in perpetttum cum tota posteritate meorum heredum (4.). »

(1) Ârchiv. départ., Grand-Beaulieu.

(2) Cartul. de Saint-Père, p. 648.

(3) Cette terre s'appelait le Mtiid d'Auconville ou des Matiniers. — Le village d'Occonville dépend aujourd'hui du Gué-de-Longroi et d'OinvilIe-sous-Auneau .

(4) Gartul. de Notre-Dame, déjà cité, t. I«r p. 160.

Josçelin était sans doute d'une humeur tracassière^ car npus verrons qu'à la môme époque, il eut un long démêlé avec l'abbé de Bonneval au siget de la dime du prieuré d'Auneatt(i).

Circa an. H68. — Il donna son consentement à une donation faite à l'abbaye des Vaux de Cernay par AcUm de la Ghap#e, avec l'assentiment de ses ûhGuy, JosceJm, Q^ffroy ^tJem:

a . . . . Ega Josiceimtis de Alneolo, scriptis presentibiis umTecsis notificari volo, quod Adam de Capella et Fiorya, uxor ejus, ac Ermengard fîlia eonim, uxor scilicet Hugopis de Stampis , fîliique éorum Yidelicet Aiam, Amarricus et Hemericus , Deo ac monachis Sancte-Marie de Sarnaio, ia perpetuam elemosiuam, totam terram suam de Proveirleu, ad grangiam construendam, dederuot, concède et ego Jo^elinus de Almcio hano elemosinam, de çuju3 feo4o est, cum fUiis mm Quidom, Joscdmo, Gaufrido, Manne, Et ut eam predicti monacbi incoacus$e teueant, sigilli mei ^uctpritate coqfirrao,... (2) >

1178. — Le dernier acte qui fasse mention de Joscelm I, est une donation concernant les religieux des Moulineaux^ et qui fut confirmée par Jean de Salisbury, évêque de Chartres :

(( Johannes divina dignatioue et meritis sancti Thome Gai^uotensis eccksie minister humilis omnibus ad quos littere iste pervenerint salutem in Domino. Qui vins reiigiosis conferuntur auctontate poutifîcali dehent coniirmari, ut sic pravomm ^edundatur inquiéta cupiditas : qui paci religiosorum invidentes eorum quietem non verentur fatigare. Hujus ergo rationis intuitu ego J(ohannes) Garnotensis ecclesie minister humilis gratam liabens et approbans donationem quam nobilis vir Joscelinus de Alneolo fecit fratribus de Grandi- Monte qui sunt in Molinello, de concessione uxoris sue et liberorum

(1) Voir plus loin Tarticle concernant ce prieuré.

(2) Cart. des Vaux-de-Gernay, par MM. Mejrlet et Moutié , 1. 1 , p 48

suorum, sicttt in scripto ejus continetur, autentico presenti scripto dignum duxi committer«i et sigilli nostri munimioe coimauDire. Statuens quod si quis huic pagine ausu temerario contraire presumserit, indignationem omnipotentis Die se noverit iucursurum. Datum Carnoti aonQ grs^tie W 0^ LXXYIU<» V» kal. s^ptembris. per manum Hugouis capellani çt cs^aceliarii nostri (I). »

Ce Josceiin^ possédait dans le cloître Notre-Dame de Chartres plusieurs maisons qui furent acquises par Gilon, archidiacre de Blois et données par ce dernier à régh'se de Notre-Dame :

<c III Idus janMarii (11 janvier) obat, pie ejt dulcis memorie, Gilo, hujus ecçlf sie Blçsensium archidiaconus .... qui démos quasdam m clau^trp Beate-Ms^rie sitjis, quan domini» Jç^çHnu^ de Almdo posside})at, pnopriia $nmptibu^ aoquisivit et in dominium ecclesie transtulit.... (%%

1184. — Guy II, — fllJi aîné de Joscelin I, lui succéda dans ses vastes domaines. Il est qualifié seigneur de la ville d' Anneau « Quido dominus oppidi » dans une charte concernant la donation faite à V église de Saint-Nicolas d'Auneau^ d'une hostise avec ses dépendances située à Etampes (3). Au nombre des témoins sont mentionnés joscelin, frère de Guy, et Tècle sa mère (4) :

Vers 119S. — • Nous voyons Joscelin d'Auneau, peut-être le Irère de Giiy , donner aux lépreux de Beaulieu sa censîve de Saint-Martin-au-Val, dite Galichet, pour son anniversaire à perpétuité :

« Notum sit omnibus cum futuris quam presentibu^ quod ego Goscelinus de Aln$olo , pro anima me^ et pro animabus meorum

(I) Rec. des Ghart. du prieuré des Moulineaux , par Aug. Moutié. {%) Cart. de Notre-Dame de Chartres, déjà cité, t. Ul, p. 18.

(3) Nous donnons la teneur de cette charte à Tarlicle du prieuré d'Auneau.

(4) Une autre charte de 1207, rapportée plus loin, nous fait connal* tre les noms de sa femme et de ses enfants,

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~ 40 ~ antecessorum , dono capitulo ecclesie dé Bello-Lococensum meum de Valle Sancti-Martini, qui vulgô appellatur census de Garescet, et ita committo temporalia pro eternis» ut anniversarium meum fiât in eadem ecclesia singulis annis. Yillicus autem Bretiniaci faciet pro predicto censu in illo die. Qui inde requiretur et submonebitur ante tercio die aut quarto anoiversario meo appropinquante. Hujus rei autem testes suut : frater Gaufridus, Garnerius Morcherinus^ Guillelmus de Danunviîla, Guillelmus de Vesins et Radulphus frater ejus, Rembertus Gholeth (1). »

1195. — Guy, seigneur d'Auneau, confirme les donations faites par son père, Joscelin, au prieuré des Moulineaux membre dépendant du prieuré de Notre-Dame (2). Elles comprenaient quatre muids de froment (3) et deux d'avoine à prendre sur la dîme d'Auneau, les menues dîmes du château; — deux muids de froment et deux d'avoine à Voise; — quarante sous à prendre sur le péage d'Ablis pour acheter du vin à l'usage des religieux ; — et deux hommes, au choix desdits religieux, l'un à Auneau, l'autre à Voise,

(1) Cart. de Beaulieu*, p. 34.

(2) Plusieurs maisons de l'ordre de Grandmont, fondé vers Tan 1076, furent établies dans Tancien diocèse de Chartres , oii elles commencèrent par jouir d'une grande prospérité , et trouvèrent une grande faveur auprès de l'évêque Jean de Salisbury, le disciple bien-aimé de Thomas Becket, archevêque de Gantorbéry. De ce nombre fut celle du prieuré Notre-Dame de Louye-lès-Dourdan , arrondissement de Rambouillet (Seine-et-Oise).

(3) Dans l'énuméralion des anciens revenus et biens du prieuré de Louye, en 1696, nous trouvons :

« Sur les dixmés d'Auneau, quatre muids de froment, le premier pris, et deux muids d'avoyne et quarante sols parisis sur le cens de la Saint-Rémy.

» Sur le molin d*Auneau, un muid de modurange aux festes de Noël pour la dixme du poisson de Vestang Neuf; et fut ladite donation faite aux frères de Louye. » — Recueil de chartes et pièces relatives au prieuré Notre-Dame des Moulineaux, membre dépendant du prieuré Notre-Dame de Louye. Aug. Moutié, 1846.

tempts de toute coutume , pour recueillir lesdits revenus. DUS voyons que ces quarante sous furent échangés par Guy Anneau contre pareille somme à prendre sur le cens Anneau. Cette confirmation et cet échange furent consenspar Ysabelle, femme de Guy, par Tesceline, sa mère et ar ses frères Geoffroy, Jean, Guillaume et Thibault. Au ombre des témoins figure André de la Chapelle d'Aunain-

i Saluberrimum quidem est homini et omnino perutile de his que I presentiarum juste et rationabiliter possidet amicos sibi facere paueres xpi (christi), ea videlicet spe remunerationis, ut cura ipse ifecerit, recipiant eum in etema tabernacula. Hujus rei considera- Doe ego Guido dominus Alneoli notum facio presentibus et Mûris Bod Josceîinus pater meus dédit in elemosinam pro anima^sua et irentum suorum, concedente uxore sua et filiis suis , fratribus de fandi-Monte qui sunt in Molinello, quatuor raodios frumenti et lïos avene in décima de Alneolo , de primo frumento quod inde ibebitur, antequam ipse dominus Âlneoli quicquam ibi accipiat, et Knutas décimas ejusdem castelli reddet synodum, singulis annis, de eosibus qui sunt ad festum Sancti-Remigii. Dédit etiam eisdem latnbus duos modios frumenti et duos avene ad- Uoisiam in una lasura, tali pacto quod si pretextata annona de masura non poterie tiligi, dominus de Uoisia semper quod deerit de proprio horreo suo npplebit. In pedagio quoque de Aïduis dédit eisdem fratribus quairaginta solides ad vinum emendum de primis nummis qui in eo nmentur, sive ad firmam sive ad commandam pedagium detur. Et pna predicti fratres nullius possessionis procuratione claustrum suum cxire sinuntur, ad prefatos redditus colligendos et ad cetera negotia tua peragenda, dédit ei^ duos homines immunes ab omni consuetuiioe, unum ad Alneolum et unum ad Uoisiam , quos in eisdem castellis predicti fratres ad libitum suum eligent, et quotiens eis fibuerit mutabunt eos , et alios quos voluerint ibidem accipîent. Ego lero tara sacram patris mei donationem pro me et pro heredibus IBeis sigilli mei munimine confîrmo. Sic tamen quod spontanea vohtotate predictorum fratrum commuta vi eis predictos juadraginta solidos ne capient eos amplius in pedagio Abluiarum. Sed pro illis

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capient singulis annis quadraginta solidos in censu Alneoli qui redditur ad festum sancti Remigii. Haec commutatio et conBrmatio facta est concedentibus Ysabelh uxoremea, et Thescelina matre mea ,

et fratribus meis Gaufrido, Johanne^ GuillelmOy Theobaldo,

Hujus rei sunt testes . . . Andréas de Vnenivilla . . . Actura anno verbi incarnati M^ C® nonagesimo quinto (1). »

Ces donations furent confirmées par Guy, devant Regnaultj évêque de Chartres :

K R [ aginaldus ] Dei gratia Carnotensis episcopus universis présentes Utteras inspecturis salutem in Domino. Notum facimus universis quod in nostra presentia constitulus Guido dominus Auneoli, recognovit quod Jocellinus pater suus , quondam dominus Auneoli , dederat et coucesserat in puram et perpetuam elemosinam fratribus de MoUnellis Grandimontensis ordinis in décima sua de Auneolo quatuor modios frumenti de primo frumento quod inde habebilur , et duos modios avene et etiam minutas décimas ejusdem castelli , et nos ad petitiopem predicti Guidonis, de consilio et assensu decani et capituli nostri Carnotensis, et de assensu et voluntate presbiteri de Auneolo^ predictam elemosinam et donationem sicut superius est expressum , laudavimus et concessimus predictis fratribus in perpetuum possidendum. Datum anno Domini M^ C^ nonagesimo quinto (2). »

Suivant un passage du Cartulaire des Vaux-de-Cemay, Guy parait avoir été en même temps seigneur d'Aunay :

f Rente de grains et argent à Aunay-les-Aulneau.

» L'abbaye des Vaux-de-Cernay possède deux muids de bled de rente sur la granche, dixmes etchampars qui furent Philippe-le-Moyhier, chevalier, diSsiskAunay-en-BeausseyQt cent sols tournois sur la terre d'AuInay, qui fut à messire Guy d'Auneel, chevalier, sire dudit lieii (3). »

(1) Recueil de chart. du prieuré des MouVmcaux, déjà cité.

(2) Recueil de chart. du prieuré des MouUneaux. — Au dos est écrit : « M. de la disme d'Ameau, videlicet de iiij, modiis frumenti et duobus avçne et minutis decimis. *

(3) Cart. déjà cité, t. II, p. 120.

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1201. — Miloïi, clerc du doyen d'Aimeau, figure comme témoin dans une charte de Menier, chevalier, concernant ladime de Geliainvilie engagée à Guy, chanoine de Chartres.

€ Testes sunt . , . Milo , clericus decani de Alneodo . . . Actum Carnoti , in domo Henrici archidiaconi , anno Domini }&9 GG^ primo, mense "Auguste (1). »

Au redoublement d'aumônes et de fondations qui caractérisa les dernières années du XII* siècle, on put reconnaître le sentiment d'exaltation religieuse, avant coureur d'une croisade. Les chevaliers gémissaient des malheurs de Jérusalem , et les prêtres voyaient avec horreur Thérésie yaudoise et albigeoise se propager dans le royaume. La guerre sainte, provoquée par le pape Innocent III, futprêchéepar Foulques, curé de Neuilly, au milieu d'un tournoi donné par le comte de Champagne ; presque toute la jeune noblesse française qui assistait à cette fête prit \a, croix (1199). Une autre réunion, tenue à Chartres, vers les fête$ de la Pentecôte, en 1202, en l'honneur de Blanche, fiUe du, roi de Navarre et épouse du comte de Champagne, fut encore l'occasion d'uu appel auquel les seigneurs chartrains répondirent. Avec le comte Louis , on vit s'enrôler sous la sainte bannière de hauts et puissants seigneurs au nombre desquels nous trouvons Valeran d'Auneâu, et ses frères (2).

1202. — Guy, confirme aux religieux du prieuré d' Anneau le droit de coutume sur les marchands d'Auneau (3).

Ce seigneur eut de fréquents rapports avec les religieux de l'abbaye des Vaux-de-Cernay , auxquels il fit diverses donations. En 1207, il échangea avec eux trois morceaux de terre situés auprès du chemin de Chartres, contre une mai-

{!) Cartul. de Notre-Dame. t. II, p. 10.

(2) Doyen, Hist. de Chartres, t. 1er, p. J59.

(3) Cette charte est rapportée à Fariicle da prieuré d 'Anneau.

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son et ses dépendances qu'il possédait à Longorme (1). Ge^ échange fut consenti par Thècle, mère de Guy ; Jean, Geoffroy, Thibaut et Guillaume, ses frères ; Isabelle sa femme > et leurs filles Adélaïde , Alix et Marguerite :

1207. — « Ego Guido, dominus AîneoH, universis paginam presentem inspecturis notum esse yoIo , quod ego commutavi cum monachis Vallium Sarnaii, tria frusta terre, que sita erant inter terras eorundem monachorum, juxta viam Carnotensem, pro mansura una et octo frustis terre , que ipsi habebant apud Longam-

Ulmum , Hanc commutationem concessit et voluit Thescelina,

mater mea; et fratres mei Johannes, Gaufridus, Theobaldus et Willelmus ; uxor quoque mea hahel Domine , filie que mee Adelaidis , Aaliza et Margarita ..... Quod , ut in posterum robur obtineat perpeluum, litteris traditum, cirographo interposito, impressione sigilli mei conGrmavi (2). >

1207. — Jean I, seigneur d' Anneau, frère de Guy II, tt Dominus Johannes de Alneolo, j» figure comme médiateur dans un différent qui eut lieu entre un homme de sa milice et le prieur d' Anneau (3).

1212. — Geoffroy d'Auneau, chanoine de Notre-Dame de Chartres, frère de Guy II, qui précède, achète d'Etienne maire de Champseru, moyennant trente cinq livres de monnaie chartraine, payées comptant, tout ce que ledit maire possède dans les nuiiries de Champgarnier et de Loinville (4), savoir : jus mittendi in granicis missium excussores,

(1) Hameau delà commune d'Âblis, canton sud de Dourdan, arrondissement de Rambouillet (Seine et-Oise).

i2) Cart. des Vaux-de-Cernay, par MM. Merlet et Moutié, t. 1er, p. 159. — Sceau équestre , dont il ne reste plus que des fragments et qui pendait à des lacs de soie verte et rouge. Nous donnerons plus loin, p. 11, les armoiries des seigneurs d'Auneau.

(3) Cette charte est rapportée à l'article du prieuré d'Auneau.

(i) Hameaux de la commune de Champseru.

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mciacum, fabiacum, ordeacum, investiones , submonitiones hominum, bonagia et districta.... Cette vente est consentie par Eremburge, femme d'Etienne, Mathieu son fils, Guillaume de Poresac, Nicolas et Etienne de Brac, Habert de Noa. Geoffroy fait donation à Téglise de Chartres de tout ce qu'il vient d'acheter, à la condition que les chanoines prébendiers des mairies susdites, seront tenus de payer chaque année une somme de cinquante sous, dont l'emploi dépendra de la volonté du donateur ou qu'il pourra percevoir à son profit, sa vie durant, s'il le juge convenable. Datum anno gracie M^ CC° XI», même Mardi (1). »

Les ancêtres de Geoffroy d' Anneau avaient fait de grandes largesses aux lépreux de Beaulieu, près Chartres, comme il nous l'apprend lui-même dans une charte dont nous donnons la teneur. Cet acte concerne une dîme à Bréligny dont les lépreux lui laissèrent la jouissance, sa vie durant, à charge de leur donner, chaque année, en remplacement de cette dîme, dix setiers de blé et autant d'avoine, mesure de Chartres :

« Gaufridus de Alneolo omnibus présentes litteras inspecturis salutem. No vent universifas vestra quod cum fratres domus leprosoram de Belle Loco quondam decimam in territorio Britiniaci , pie anliquorum patrum largitione a retroactis temporibus titulo elemosine sunt adepti , ut eam liberalius et commodius majori que tranquillitate possint in futurum habere , michi decimam illam de communi assensu, vita comité concesserunt pacifiée possidendam , ea tamen condilione quod pro eadera décima decem sextarios annone et totidera avene ad mensuram Carnotensem eis annuatim persolvam, et ipsum bladum ad eorum domum faciam meis expensis et meis

(1) Cart. de Noire-Dame, par MM. de Lépinois et Merlet ; t. lï, p. 64. — Celte pièce est accompagnée de deux lettres testimoDiales , délivrées au mois d'avril 1212,5 Geoffroy d'Auneau, en foi de son acquisition, parîïicolas, abbé de Saint-Jean-en-Vallée , etGoslein, abbé de Saint-Cheron.

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propriis Tebiculis asportari. Post decessum enim raeum predicta décima ad nominatos fratres libère et sine contradione aliqua rêverteretur (4). »

1235. — Jean I , seigneur d' Anneau, fil avec les religieux de l'abbaye des Vaux-de-Cernay et Renault de Houx, chevalier, un échange de maisons' dont Tune était située à Voise. A cet acte donnèrent leur consentement, Guillaume et Thibault, chevaliers, frères de Jean, Jacqueline sa femme et leurs enfants, Jean, premier né, Joscelin, chevalier (2) :

« Universis presentem paginam inspecturis, Johannes de Alneolo, miles , salutem in Domino : Noverit universitas testra quod ego Johannes commutavi cum monachis Vallium Sarnaii et Raginaldo de Hous, milite, quandam domum, que quondam fuerat Herberti Popin, apud Voisiam sitam, cum porprisia sua métis taxata, pro domo quam prius eisdem vendideram, que quondam

fuerat Gaufridi Grispini Istam vero commutacionem concesse-

runt fratres mei Guillelmus et Theobaldus, milites, nec non et filiimei Johannes primogenitus, assensu et voluntate Jacqueline, uxoris sue, et Jocelinus, miles, et Guillelmus de Varennes, et

Matildis, uxor sua Quod ut ratum et firmum perseveret, ego

et Johannes , primogenitus meus , ad petitionem Jocelini , ûlii mei , et Guillelmi de Varennes , generi mei , et Matildis uxoris sue , présentes litteras sigillorum nostrorum munimine dedimus roboratas. Actum anno Domini M^ CG» XXX» quinto, mense julio (3). »

Des deux sceaux dont cette charte était munie, il ne reste plus que le second, celui du fils de Jean d' Anneau. Il est rond et de cire brune, pendant sur queue de parchemin, à un écu bandé de six pièces. Légende : f s. Johannis de voisiA. > Il est bon de remarquer ce titre de Voise que prend le fils du seigneur d' Anneau. Jean paraît, au reste ,

(1) Cart. de Beaulieu, pag. 90.

(2) Cette charte est rapportée à l'article da prieuré d'Àuneau.

(3) Cart. desVaux-de-Çernay, t. l«f,p. 332.

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avoir conservé ce titre même après la mort de son père. Il fut Ton des principaux bienfaiteurs de la léproserie du Grand-Beaulieu et de Tabbaye de Josaphat, et jusqu'en 1250 notis le voyous souvent figurer sous le nom de Jean de Voise dans les chartriers de ces deux établissements. Les armoiries du sceau que nous venons de décrire, sont les mêmes que nous retrouvons sur des fragments de sceaux des' seigneurs d' Anneau , et aussi sur les écussons des seigneurs de la Roche-Guyon qui possédèrent Anneau dès le quatorzième siècle, et entre autres le célèbre Bureau la Rivière. Glémeûce, dame d' Anneau, approuva rechange fait par 9eân et sa famille :

1235. — « Ego Clemencia, domina deAlneoîOy notum facio omnibus présentes litteras inspecturis quod commutacionem quam fecit monachis Vallium Sarnaii et Raginaldo de Hous, militi, Johannés de Alneolo, miles, assensu et voluntale fratrum suorum Guillelmi et Theobaldi , militum , et filiorum suorum Johannis primogeniti et Jocelini , railitum, et Guillelmi de Varennes generi sui, et Maltidis uxoris sue, de quadam domo apud Voisiam sita, cum porprisia sua , que quondam fuit Herberti Popin, pro domo quam prius eisdem vendiderat dictus Johannes de Alneolo, que fuit Gaufridi

Crispini , volui , laudavi et concessi Guido , vero filius meus,

hec pmnia voluit et concessit, et promisit, fide prestita, quod quam citolaisitus fiierit de terra sua, dabit litteras suas patentes monachis et Raginoldo militi , de concessione dicte domuâ et garantisia a se et heredibus suis contra omnes... Actum anno Domini M*» CGo XXX^ V», mense jalio (1). »

1249. — Nous trouvons encore Guy, chevalier, seigneur d' Anneau, au nombre des bienfaiteurs du prieuré d'Anneau (2).

En 1254, il consent à ce que le prieur et les religieux

(1) Cart. des Vaux-de-Cernay, p. 334.

(2) Voir l'article du prieuré d'Auneau.

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d'Auneau afferment les grosses et menues dîmes dépendant de ce prieuré (1).

1257. — Ce même Guy, du consentement de sa femme Leticia, de Guy son fils, et de Philippa, sa fille, concède au prieuré des Moulineaux sa dîme de Morainville :

« Universis présentes litteras inspecturis. Guido , dominus Alneoli, miles, salutem in Domino. Notum facio universis quod Ego, de assensu et voluntate Leticie uxoris raee , Guidonis filii mei et Philippe filie raee, donavi et concessi in puram et perpetuara elemosinam, fratribus domus de Molinellîs Grandimontis ordinis, amore Dei et divine pietatis intuitu , totam decimam quam ego faabeo apud Morimallem , qualemcumque et in quibuscumque existentem ab ipsis ft'atribus et successoribus eorum qui pro temporibus eruut , ex nunc pacifice et quiète et libère tenendara , babendam et possidendam in perpetuum , pro salute ac remedio anime matris mee defuncte. Promitto . . . Datum anao Doraini millesimo ducentesimo quinquagesimo septimo (2). »

Le nécrologe de l'église cathédrale de Chartres mentionne, vers cette époque, Fanniversaire dQ Guillaume d' Anneau, Tun de ses chanoines :

> Anniversarium Guillelmi de Alneolo , canonici ; ad quod ha-

bemus super matitunas i soUdos. •

En 1250, ce Guillaume fut l'un des exécuteurs* testamentaires de maître Constantin, chancelier de ladite église : \

€ Anno Domini millesimo ducentesimo quinquagesimo , obiit magister Constantinus , hujus sanctaB ecclesiae cancellarius . . . Qua dragnitas libras turonenses capitulum habuit et recepit ab exequtoribus testamenti dicti cancellarii . . . Guillelmo de Alneto.

(1) Voir l'arlicle du prieuré d'Auneau.

(2) Au dos est écrit : « Décima de Mûlinellis — M. de la disme de Morenval. » — Recueil des chartes du prieuré des Moulineaux. — A. Moulié, 1846.

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Nous trouvons encore dans Tobit de Henri de Cannes^ chanoine de Notre-Dame, la mention d'une dîme située à Giroudet paroisse d'Ecrosnes, qui avait été achetée par Gilon d'Âuneau et sa femme: « decimam que empta fuid apud Giraudetum a Gilone de Alneolo et uxore sua. »

Thibault d'Auneau, écuyer, frère de Guy, avait donné, en janvier 1259, deux muids de blé de rente à l'abbaye de FËau, en considération de la réception de sa sœur Isabelle parmi les religieuses de l'abbaye. Guy, comme seigneur dominant du fief, confirma cette donation :

1259. — < Universis présentes litteras inspecturis, Guido dominus de Alneolo , miles , salutem iD Domioo. Noveritis quod in Dostra presentia constitutus Theobaldus de Alneolo, armiger, asserens religiosas muJieres abbatissam et conventum Beate-Marie de de Aqua Camotensis d^ocesis récépissé, amore Dei et pietatis intuitu, in sororem et monialem monasterii de Aqua Isabellam sororem dicti Tbeobaldi. Nolens tamen, ut drcebat, dictura monasterium in hoc gravatum esse, dédit, contulit et concessit in elemosinam, amore Dei et pietatis intuitu ob remedium anime sue et animarum antecessonim suorum et ad anniversarium matris sue in dicto monasteris singulis annis celebrandum, diclis abbatisse et conventui duos modios bladi , annui redditus ad mensuram caraotcnsem et valorem bladi de Loesno percipiendos ex nunc in perpetuum quolibet anno in festo sancti Andrée ab eisdem abbatissa et conventu vel eorum mandato in granchia dicti Tbeobaldi sita apud Breligny, de fructibus ad dictam granchiam provenientibus de terris quas ratione hereditatis sue habebat dictus Theobaldus et tenebat a me in feodum sitas apud Breiigniacum . . , Datum anno domini millésime ducentesimo quinquagesimo nono, mense januario (1). »

Au mois de février de la même année , Thibault d' Anneau, frère de Guy, confirma devant l'official de Chartres, cette donation qui fut approuvé par sa femme Marguerite.

(1) Cart. de rAbbaye-de-l'Eau , p. 114.

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Et comme cette terre de Breligny relevait en arrière-fief de Jean de Ghâtillon^ comte de Blois^ il fallut aussi son agrément qu'il donna par une charte datée du neuf février de ladite année 1259.

Thibault d' Anneau étant mort, la terre de Bretigny, changea de maître et tomba entre les mains de Jean de Denizy, chevalier qui fit d*abord difûculté de reconnaître cette rente. On mit cette affaire en arbitrage, après quoi intervint en 1279 la sentence ci-après :

« A Tous ceulx qui ces présentes lettres verront et oiront Messire Guillaume de Chastelleraut, Prieur de Sainte-Radegonde de Poitiers, et Martin Le Boringue,Baillif d'Alençonet dé Chartres, Salut. Comme contenz fust meuz et discords entre messire Jehan de Denisy, chevalier, d'une part, et Tabbesse et le couvent de Tabbaye de Nostre-Dame-de-l'Eau de lez Chartres, d'aultre part, par la reison de deux muids de blé de rente que les devant dictes nonnains avoient, si comme elles disoient, de rente chascun an en la granche du devant dict Jehan, assix à Bretigny, laquelle fust jadis feu Thibault d'Auneel , et disoit ainsy frère Deniau procurateur aux devant dictes nonnains, au nom d'elles et pour elles que, feu Thibault d'Auneel, escuyer, avoit donné et otroyé, pour l'amour de Dieu et pour le salut de son âme et pour l'anniversaire de sa mère faire en lad. abbaye chascun an et célébrer, deux muids de bled de rente à touz jours, chascune année, à la feste Saint-André l'apostre, à la mesure de Chartres et à la value du bled de Loeing, à prendre et avoir des devant dictes nonnains ouleur commendement, chascun an, à la granche de Bretigny, à lad. feste St-André l'apostre, des fruicts de ses terres assizes au lieu devant dict venans à icelle granche. Et disoit le devant dict procurateur des devant dictes nonnains, au nom d'elles, que le devant dict Jehan estoit tenu à rendre les devant dicts deux muids de bled pour chacune année, sy comme il est hoir du devant dict Thibault et pour ce qu'il tient la granche devant dicte, et les deux parts des devant dictes terres. Et le devant dict

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Jehan barredit encontre et disoit qu'il n'estoit tenu à payer ne mie sa ferme pour ce qu'il ne tenoit pas toutes les devant dictes terres. En la parûn se mirent en mise le devant dict procurateur es nom des devant dictes nonnains^ et led. Jehan sur nous hault et bas à tenir l'ordonnance que nous en ferions par la foy de leur corps et à peine de vingt livres de tournois qui se desdiroit dud. tenir, et les vingt livres perdus pour ce ne demeurent mie que led. ne fusttenu. £t voult led. Jehan que nous baillifs ou celui qui sera pour lors baillif de Chartres, le pouist contraindre à garder nostre dict. Et comme le devant dict Jehan recogneust pardevant nous qu'il estoit hoir dud. Thibault du tout en tout, et qu'il tenoit la granche et les deux parts des devant dictes terres, Nous oyes les raisons d'une part et d'aultre diligemment et toutte ordonnance de droict garder en touttes choses. Nous, par le conseil de bonnes gens, disons nostre dict et nostre arbitre, les devant dicts Jehan et le procurateur présent. Nous disons, prononçons par nostre dict et par nostre ordonnance que le devant dict Jehan est tenu de rendre tous les devant dictz deux muids pour chascune année à l'abbesse et aux nonnains dessus dicts. Et le devant dict Jehan par nostre dict et par nostre ordonnance condamnons à rendre pour chascune année, sy comme il est dit ey dessus, aux nonnains dessus dictes tous les deux muids de bled, à la misne et à la valleur dessus dicte. En tesmoing de cette chose nous avons scellé ces lettres de nos sceaux. Ce fiist faict à Paris l'an de l'Incarnation de nostre Seigneur mil deux cens soixante et dix neuf, le vendredy après la feste Saint-MarUn d'esté.

» Scellé sur double queue en cire verte (4). »

(1) Cart. de PAbbaye-de-l'Eau , p. 117. — La charte originale sur parchemin existe aussi aux archives d'Eure-et-Loir, mais les sceli et les lacs ont disparu.

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1266. — Guy, seigneur d'Auneau, chevalier, et Lelice, sa femme , du consentement de Guy, son fils et de sa femme Aveline, firent aux religieux de Fabbaye des Vaux-de-Cernay , une donation entre vifs , comprenant la moitié de tout le champart qu'ils avaient à Boisgasson (1), tenus en fief de Crispin de Rochefort, dix sous et plus de rente annuelle, trois setiers de blé à la moisson, et les corvées de chevaux que devaient fournir ceux qui étaient tenus de payer le champart :

c Uoiversis présentes litteras inspecturis, Guido, dominus Alneoli, miles, et Leticia, uxor ejus, Guido^, miles , fUius dicti Guidonis, et Avelina, uxor ejus, salutem in domino : Noveritis quod ego Guido, dominus Alneoli, predictus et Leticia, uxor mea, donavimus et donationis nomine concessimus, donatio facta inter vivos , viris religiosis abbati et conventui Vallinm Sarnaii, in puram et perpetuam elemosinam, ob remedium animarum nostrarum^ medietatem tocius campipartis quam habemus et possidemus, sitam apud quemdam locum qui dicitur Boscus-Gachonis , in parrochia sancti Remigii de Âlnedo , in feodo Crispini de Ruppeforti , quondam militis , et decem solidos vel amplius annui redditus , in festo sancti Remigii, solvendos, cum tribus sextariis mestive circa dictum festum habendis et percipiendis annuatim , et angarias sive jugera singulonim equorum solvendas , singulis annis , mense marcio , ab omnibus illis qui dictam campipartem solvere tenentur , quos tamea equos habere contigerit ; quam quidem campipartem , cum onmibus premississuperiusannotatisque ad dictam campipartem, de jure sive de consuetudine pertinent , acquisivimus constante matrimonio inter

nos; promittentes , etc In cujus'rei testimonium et muni-

inem, predictis religiosis présentes litteras sigillorum nostrorum impressionibus dedimus sigillatas. Datum anno Domini millesimo ducentesimo sexagesimo quinto, mense januario (2). >

(1) Hameaa d'Auaeau.

(2J Cart. des Vaux-de-Çernay, t. 1er, p. 617.

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1272. — Jean de Denisy, chevalier (1), approuve la vente faite à Tabbaye des Vaux-de-Ceraay par Jean dePommeret, de deux arpents de bois, et de trois quatiers de tere sittués à Pouilleux (2) :

1272. — « Universis présentes litteras inspecturis , ego Johannes de Dynisiaco , miles , eternam in Domino salutem : Novennt universi quod ego venditionem quam fecit Johannes de Pomereto , armiger, religiosis vins abbati et conventui de Vallibus Sarnaii, de quinquaglnta duobus arpentis nemoris et tribus quarteriis et tertio de uno quarterîo , sitis in loco qui appellatur Follosium , de feodo meo in primo loco moventibus volo , laudo , approbo et concedo. Volo insuper et concedo quod dicti religiosi dictum nemus de voluntate et assensu Ysabellis, uxoris mee harissime, teneant et in perpetuum possideant quantum ad me pertinet et heredes ac successores meos, in manu mortua, absque coactione aliqua vendendi vel extra manum suam ponendi , libère , pacifiée et quiète , retento tamen pênes me et salvo usuario meo venandi ad magnas bestias et salva justicia mea in nemore supra dicto. Promittens , etc In cujus rei memoriam et téstimonium , de voluntate et assensu predicte Ysabellis , quia sigillum proprium non habebat , présentes litteras sigîUo meo proprio roboravi. Datum anno Domini MoCCoLXX» secundo , mense octobri (3). »

1274. — Guy, troisième du nom, seigneur d' Anneau, ratifie le testament de Guy, son père, qui donne aux frères des Moulineaux; à la charge de lui dire perpétuellement un anniversaire dans leur égUse, vingt sous chartrains de rente sur les cens d' Anneau :

€ Universis présentes b'tteras inspecturis. Ego Guido dominus de AlneoîOj miles, salutem in Domino. Noveritis quod bone memorie

(1) Cet individu doit être le même que Jebau de Deaisy . mentionné plus loin en 1279.

(i) Bois du Petit-Fouilleux , dans la commune de Gelle-les-Bordes, canton de Dourdan (Seine-et-Qise).

(3) Cart. des Vaux-de-Ccrnay , t. I*' p. 694.

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Guido ^uondam dominus Alneoli , miks , pater meus , dédit et legavit in testamento suo seu in ultima voluntate sua , religiosis vins Gorreetori et fratribus (de Molinellis ordinis Grandimontensis viginti solidos carnotenses annui redditus percipiendos super census suos Alneoli , qui debentur in festo sancti Remigii annuatim pro anniversario dicti patris mei in ecclesia de Molinellis annis singulis imposterum faciendo. Quam donacîonem dicti patris mei sic factam laudo , volo , approbo et coniirmo. Et dictes viginti solidos annui redditus de dictis censibus annis singulis in dicto festo me fîdeliter redditurum promitto. Et ad boc obligo me et heredes meos et dictes census. In cujus rei testimonium et> munimen présentes litteras dedi dictis Gorreetori et fratribus sigillo meo sîgillatas. Datum anno Domini M«CC<»LXX«»<» quarto, mense februario (1). »

1279. -- « Jehan de Denisy, chevalier, fit un accord avec les religieuses de TAbbaye-de-rEau près de Chartres, pour deus mmds de blé de rante que lesdites nonains disoient avoir chacim an en la granche du devant dit Jehan assise à Bretigwy laquele fu jadis feu Thiebaut d'Auneel, escuier (2). »

Nous venons de voir que Guy, avait confirmé les donations faites par son père à l'abbaye des Vaux-de-Cernay; cependant il eût à ce sujet avec les religieux une contestation qui se termina par la transaction suivante :

1302. — A tous ceulx qui verront et orront ces lettres, nous, Guillaume, dit abbé des Vaulx-de-Samay, et tout le couvent d'icelluy lieu, et nous Guy, chevalier, sires de Aneel, faisons assavoir que comme contends ou débat feust meuz ou s'actendit à mouvoir entre nous diz religieux, d'une part, et nous, Guy d'Auneel, d'autre part, pour la raison de la moitié d'un champart et de rentes en deniers.

(1) Rec. de Chart. da prieuré des Moulineaux. — A. Moutié, 1846.

(2) Nous avons dit, p. 49, que ee Thibaut d'Auneau, frère de Guy, seigneur d'Auneau, avait donné ces deux muids de rente à l'abbaye de TEau.

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en grain, en corvées et en aultres choses, assises au Bois- Gaston, en la paroisse de Saint-Remy-les-Auneel , lesquels champars et lesquelles rentes nous, dix religieux, disions et afifermions que monsieur Guy, jadis seigneur d'Auneel, et madame Letice, sa femme, dame de Montigny, nous avoient donné en pure aumosne et pour prier pour eulx en nostre église après le décès de celluy qui plus vivroit, toutes les choses deseus dictes ; et disions encores que le père et la mère monsieur Guy, à présent seigneur d'Auneel, avoient le dit don confirmé et octroie. Et nous Guy, sires d'Auneel, disions encontre que ledit don n'avoit oncques esté fait en la manière que lesdits religieux disoient; et se il estoit trouvé par aucune aventure que ledit don eust esté fait, si comme- lesdits religieux disoient, si disions nous que il estoit de nulle value pour ce que monseigneur Guy, nostre eau (1), leur avoit donné après la mort de nostre eaule (2) et à la vie de madame Lelice, marastre nostre père; laquelle n'y povoit riens donner es choses dessus dictes comme elle n'y eust riens. Et parce que ou temps que lesd. religieux disoient que le don leur avoit esté fait, nostre père et notre mère vivoient, et estoient en communaulté ovecques nostre eau et ovecques d'Auneel, eau de monseigneur Guy, à présent seigneur d'Auneel, et madame Letice sa femme, dame de Montigny , nous avoient donné en pure aumosne (3) et pour prier pour eulx en nostre église après le décès de celui qui plus vivroit, toutes les choses dessus dictes; et disions encore que le père et la mère monsieur Guy, à présent seigneur d'Auneel , avoient ledit don conformé et octroie. Et nous Guy, seigneur d'Auneel, disions encontre que ledit don n'avoit oncques esté fait en la manière que lesdits religieux disoient; et se il étoit trouvé par aucune aventure que ledit don eust esté fait, si comme lesdits religieux disoient, si disions nous que il estoit de nulle value pour ce que mon-

(1) Aïeal. (21 Aïeule.

(3) Voir ci-dessus la cbarte de 1266, p. 52.

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seigneur Guy, nostre eau, leur avoit donué après la mort de nostre eaule et à la vie de madame Letice , marastre nostre père; laquelle n'y povoit riens donner es choses dessus dictes comme elle n'y eust riens. Et parceque au temps que lesdits religieux disoient que le don leur avoit esté fait, nostre père et nostre mèrevivoient. etestoient en communaulté ovecques nostre eau et ovecques madame Letice, sa femme, marrastre nostre père, lequel nostre père et nostre mère audit don ne s'octroièrent oncques; et par ceste raison et par plusieurs autres, nous disons que ledit don ne valoit riens. A la parfin, nous, diz abbé et couvent des Vaulx-de-Sarnay, et nous, Guy sire d'Auneel, de tous les débaz dessus diz, pour le bien de paix et par le conseil de noz amis , avons accordé et pacifié ensemble en la manière qui s'ensuit : C'est assavoir que nous , diz religieux, avons quictié et délaissié du tout en tout audit monseigneur Guy, seigneur d'Auneel, et à ses hoirs, pardurablement, ledit champarl et toutes les rentes dessusdictes , en transportant audit seigneur d'Auneel, et en ses hoirs tout le droit, la propriété et l'action que nous avions ou pouvions avoir audict cjiampart et esdites rentes par quelqi;ie raison que ce feust, sans jamais riens réclamer. Et nous, Guy, sires d'Auneel, pour le bien de paix et pournostre travail racheter , et pour ce que nous ne voulons pas que les prières de nostre eau, de nostre père et de nostre mère et de noz devanciers feussent délaissées en l'église des Vaulx, donnâmes et avons donné ausdiz abbé et couvent cent solz tournois de rente , à prendre cjt recevoir, chacun an, pardurablement, en nostre meson d'Auneel, aux huitiennesdela sainct Martin d'iver (1); lesquels cents solz

(1) £n 1322, le jeudi dans les fériés de PÂques (15 avril), Guy, seigneur d'Auneau reconnaît devoir à l'abbaye vingt livres tournois pour quatre années d'arrérages.

En 1886, le mercredi après Penthecouste (22 mai), reconnaissance analogue de trente livres tournois pour six années d'arrérages.

tournois de rente nous promectons à rendre et à paier au terme devant dit auxdiz religieux ou à leur commandement apportant lettres de quittance sans aultre procuration demander, soubz douze deniers de peine à rendre chacune sep maine, aussi bien comme le principal ovecques tous coutz, desperz et dommages, que lesdits religieux auroient et soustendroient par deffault de paiement dessusdit. Et en tesmoing de toutes les choses dessusdictes, nous, diz religieux, et nous, Guy, sires d'Auneel, chevalier, avons mis nos sceaulx pendons en ces présentes lettres. Et nous, Marguerite ^ dame d'Auneel, fen^me dudit monseigneur Guy, le don dessusdit fait ausdiz religieux, nous approuvons et octroyons, et promectons, etc. ... En tesmoing de ceste chose et à plus grant fermeté avoir, nous avons mis en ces présentes lettres, ovecques les sceaulx dessusdiz, notre propre scel. Ce fut fait Tan de grâce mil trois cens et deux, ou mois d'aoust (1). »

Guy, seigneur d' Anneau, est encore cité dans une charte de 1320 (2).

1365. — La châtellenie d' Anneau passa ensuite à Jean Bureau, sire de la Rivière, gentilhomme de Bourgogne, qui avait épousé Jlfar^wm^e, dame d' Anneau et de Rochefort, fille de Guy, seigneur d'Auneau et de Marguerite de Pontchevron, dont il eut plusieurs enfants : Charles, et Jacques, qui lui succédèrent; Prorette, première dame d'honneur de la reine, mariée à Guy, seigneur de la Rocheguyon, morte avant Tan 1475, et Jeanne de la Rivierre, dame d'une grande beauté, mariée dès Tàge de dix ans, vers Tan 1392, à Jacques de Chastillon, seigneur de Dampierre, etc. (3)

(1) Cet acte fut vidimé, avec les deux reconnaissances de 1322 et 1336, en février 1391 et en janvier 1472.

(2) Cart. des Vaux-de-Ccmay, t. II, p. 16.

(3) Voir le prieuré d'Auneau.

M. de Léplnois^ dans son histoire de Chartres, fait ainsi mention de ce seigneur :

€ Messire Bureau de la Rivière, chambellan et principal conseiller de Charles V, moitié de robe , moitié d'épée , qui entretenait des relations avec Chartres, à cause de sa seigneurie d'Ameau, fonda (1375-1378) la chapeUenie des chevaliers dans l'église Notre-Dame (1). >

<c Charles V, qui aimoit tendrement le sire de la Rivierre, dit Horéri, vouloit que les autres l'aimassent aussi; ainsi il ne lui d(Mina jamais que des commissions agréables, qui pouYoient le faire aimer. Ce prince, voulant donner une dernière marque de confiance à son conseiller intime, et pensant à ce qui se feroit après sa mort, ordonna, en 1380, qu'après son décès. Bureau resteroit dans sa charge de premier chambellan, qu'il ne seroit rien délibéré dans le conseil sans lui, et que les deniers, revenans bons de la dépense du gouvernement du royaume et de l'éducation de ses enfans, seroient remis entre les mains de ce serviteur fidèle^ entre les bras duquel ce sage et bien-aimé maître rendit son esprit. Le roi Charles VI, le conserva dans sa charge de premier chambellan, ^ malgré les menées de Waleran de Luxembourg, le choisit, en 1388, pour un de ses prind»paux ministres d'état, i

1392. — Cette année vit finir la haute fortune du sire de la Rivière. Dans la nuit du 13 au 14 juin, Pierre de Craon, ce grand seigneur breton, si affectionné au chapitre de Chartres, s'étant embusqué au coin de la rue Culture- Sainte-Catherine à Paris, se jeta avec ses gens sur le connétable de Clisson qui revenait de l'hôtel de Saint-Pol et le cribla de blessures; puis, croyant l'avoir tué, il monta précipitamment à cheval et se dirigea sur Chartres bride, abattue. Arrivé le lendemain vers les huit heures du matin,

(1) Tit. da chap. de Chartres , p. S07, venp.

but un coup et se renouvela de chevaux chez un chanoine qui avait été son clerc et prit ensuite la route du Maine.

Cependant le sire de Graon poursuivi et traqué par les ordres du Roi, finit par trouver un refuge à la cour du duc de Bretagne, et Charles VI, exaspéré delà connivence de ce prince avec le coupable, se disposait à marcher contre lui à la tête d'une puissante armée. Le 16 juillet, le Roi, accompagné des ducs d'Orléans et de Bourbon, < s'en » vint tout ébattant à Anveau (Auneau), une bonne vUle et » tm très-beau chatel, lequel pour lors etoit et se rmdoit au » seigneur de la Rivière, voire héritage de par sa femme. Et ^ furent là trois jours et se rafreschirent. Au quatrième » jour le Roi et ces seigneurs se départirent, et ce jour » chevauchèrent et vinrent à Chartres, dont le frère de » Montagu étoit évêque. Le Roi fut logé au palais de » révêque, et le due d'Orléans et le duc de Bourbon. Le » second jour après qu'ils furent là venus, vint le duc de » Berry et le comte de la Marche en sa compagnie. Encore » étoit à venir le duc de Bourgogne; mais il s'ordonnoit » pour mettre au chemin et vint le quatrième jour (il • arriva le 25, d'après le compte municipal); dont le Roi » eut grande joie. Gens d'armes venpient de toutes parts. » Quand le Roi eut séjourné en la cité de Chartres environ » sept jours, il s'en départit et prit le chemin du Mans. » Onconnoitle triste résultat de cette chevauchée; le Roi, saisi de frayeur à la vue d'un homme en haillons qui, sortant d'un fourré de la forêt du Mans, se précipita sur la bride de son cheval en criant trahison, tomba dans un accès de folie furieuse. Le 15 août, repassa par Chartres le duc de Bavière, frère de la Reine; le 20, arriva le sire Bureau de la Rivière, congédié par les oncles du roi, qui le détestaient; enfin le malheureux monarque vint s'agenouiller, le 24, dans le sanctuaire de Notre-Dame, au milieu des pleurs des habitants (1).

(1) ' Chroniqws de Froissarty vol. III , p. 156.

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ff La disgrâce complète du sire de la Rivière^ suivit de près la maladie da Roi. Il se réfugia dans son château d' Anneau qui était une très-belle forteresse; on lui conseillait de fuir plus avant dans le pays, mais il refusa en disant : « ici et autre part suis-je en la volomté dé Dieu, je me sens pur et net. > Le sire le Barrois des Barres, un movlt doux et gentil chevalier , fut chargé par les ducs de Berry et de Bourgogne d'aller arrêter la Rivière à Anneau; il remplit cette commission avec douleur et courtoisie. Peu de temps après, on conduisit le prisonnier en la tonr du Louvre où était déjà renfermé son ami, le sire le Bègue de Vilaines, un très-grand chevalier et vaillant homme en armes du pays de Beduce. La Rivière demeura six mois en prison (1). > Il aurait eu la tête tranchée, tant la malice de ses ennemis était grande, si le roi, revenu en^santé^ n'eut défendu la vie de son ministre. Charles VI lui fit même restituer les biens que les princes avaient confisqués : mais pour les apaiser, la Rivière eut ordre de se retirer sar ses terres où il mourut le 46 août 1400.

Quelque temps avant son décès il s'occupa du < retrait lignager de la tour et chastelde Voise. ■ Cet acte, daté du !•' février 1399, est ajpsi conçu :

< A tous ceux qui ces présentes lettres verront et auront Guillaume de Cignonville, chevalier, conseiller chambellan du Roy notre sii'e et son bailly de Chartres, salut. Comme n'a gueres, Messire Guillaume Prunelle, chevalier, seigneur de Gazeran et de Arville-en-Chartrain , et madame Phelipe de Mascheri, sa femme aient vendu et transporte a toujours mes, à Estienne Loresse, escuier, pour luy, pour ses hoirs successeurs aiant causes de luy, la tour, chastel et bassecour de Voise, avec toutes leurs appartenances et deppendances quelconques, sans rien en retenir ne excepter^ et plusieurs autres héritaiges contenus ez lettres de vendition

(1) Compte municipal de 1392.

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sur ce faites sous le scel de cette mesme chastellenie, parmi lesquelles ces présentes sont annexées et générallement tous les héritaiges quelconques que ledit messire Guillaume Prunelle et laditte dame Phelipe, sa femme, à cause d'elle, avoient et pouroient avoir audit lieu de Voise et autres villes et terrouers contenus ez dittes lettres , pour le pris et somme contenus en icelles, chargés tous iceux tiéritaiges de soixante livres tournois de rente cliascun an envers ledit escuier, et il soit ainsy que la Greigneur partie desdits héritaiges^ si comme len dit soient tenu en fié de noble et puissant seigneur, messire Bureau de la Rivière, chevalier, sire d'Auneely lequel sire d'Auneel pour raison de son droit féodal et comme hault seigneur chastellain en iceulx héritaige contenus en laditte vendition tenus de luy au fié coiçme dit est , et tenus iceulx héritaiges par devers luy en faisant de son fié son domaine et les autres héritaiges contenus en icelle vendition tenus en fié des autres seigneurs declairés ez dittes lettres de vendition, ait voulu avoir et retenir par manière de retrait comme cousin et parent de lignaige à cause de madame Margueritte d^Auneel, sa femme, de laditte madame Phelipe de Maschery, femme dudit messire Guillaume Prunelle, comme dit est, par et en paiant par ledit sire d'Auneel audit Etienne Loresse icelle somme contenue en icelles lettres de vendition des héritaiges des susdits que ledit Estienne Loresse en avoit, et a pour ce paie audit messire Guillaume Prunelle et à laditte madame Phelipe, sa femme, avec les frais et coustements raisonnables que ledit Estienne avoit eu et soutenu pour en icelles pouroit estre dit ou opposé. En tesmoing desquelles choses nous avons fait sceller ces présentes lettres des sceaulx de laditte chastellenie de Chartres. Ce fut fait et donné le dimanche premier jour du mois de février. Tan de grâce mil trois cens quatre-vingts et dix-neuf (1).^ »

(1) Copie coll. à,rorig. en parchemin étant au trésor du château de Rochefort, le 4 février 1743 — Arch. d'Eure-et-Loir.

Les historiens et biofi^raphes^ notamment Moréri, prétentendent que Bureau de la Rivière fut inhumé à Saint-Denis^ aux pieds du roi Charles V, son maître, qui Pavait ainsi ordonné; mais un passage des mémoires de Guillaume Laisné semble infirmer cette croyance accréditée depuis des siècles. Bureau et sa femme reçurent la sépulture dans l'église du prieuré de Saint-Nicolas d'Auneau, et leur tombeau subsistait encore > plus d'un demi siècle après leur mort :

€ Mercurii, 21 februarii U69 (U70) — Visitatio prioratus sancti Nicholai de Alnello^ a monasterio Bonevallensi dependentis, qua liquet sepulturam defunctorum BureUi de la Rivière et Marguerite d'Aunel esse multam damnatam propter cooperturâm. »

Nous lisons d'ailleurs dans le compte des recettes et dépenses ,de la châtellenie d'Auneau rapporté ci-après : « en l'église de Saint-Nicolas, ou gisent ieeiluy seigneur et sa

Jacques de la Rivière devint seigneur d'Âuneau après la mort de son père ; mais il fut pris par les Bourguignons qui le firent mourir en prison (U13).

<c Charles, sire de la Rivierre, comte de Dammartin, seigneur d'Auneau, Rochefort, Cesi, Montdoubleau, etc. filleul du roi Charles Y^ tint constamment le parti de Charles Dauphin, lequel ayant succédé à la couronne, lui donna en 1428, en recoimaissance de ses services, la charge de grandmaître et général réformateur des eaux et forêts de France ; mais il n'en fit pas les fonctions, étant mort l'année suivante, sans postérité de Blanche de Trie, fille unique de Charles, comte de Dammartin et de Jeanne d'Amboise, dame deNesleet de Mondoubleau; ni ù* Isabelle, fille de Guy, seigneur de la Trémouille, et de Marie dame de Sully. — La postérité de cette maison subsistait encore en 1709, en la personne de Henri-François, comte de la Rivière, lieutenant du roi en Bourgogne (1). »

(1) Dict. de Moréri.

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ff La chastellmie d'Âunel, comme le chastel^ le marché avec la justice, fiefs, vassaux et arrières-vassaux, est semblablement sous le ressort de la dicte conté; et en îcelle chastellenie y a une personne establie soubs le tabellion de la Tour de Chartres, quy passe lettres par toute la terre et appartenances d'iceUe; y a aussi un sergent pour faire tous exploicts ,. sans appeler la justice du .lieu, et fait tous cris et publications de mandements royaulx, criées d^héritages, et les assizes de Chartres peuvent relever, leurs appellations comme dessus, et n'est point de nécessité se présenter le jour précédent, comme les autres du ressort; et est le deffault, en cas d'appel, dé 60 sols d'amende (1). >

1416. — Voici le compte des recettes, et dépenses de la châtellenîe d'Auneau à cet époque (2).

« C'est le compte des receptes et mises de la revenue de la terre et appartenances à'Àuneel, faitz par Gervaise Godin, receveur audict lieu , pour noble et puissante dame Madame de la Rivière et d'Auneel, commençant ce présent compte à Noël mil UIIc et quinze inclus et finissant à Noël mil 1111® et seize exclus.

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