LETTRE DE COLBERT A M. DE TIRROK
Saint-Gernuùn-en^Laie y le lo août 1670.
Par les lettres que j'ai receues de M. le comte d'Estrées, de Belle-Isie, il doit estre à présent à Rochefort. H faut travailler à le remettre en mer avec la diligence que je vous ay tant recommandée par toutes mes lettres. Je vous conjure de vous y appliquer nuict et jour et de n'y perdre pas un moment de temps. Pressés aussy mon fils d'en prendre soin et faites«luy bien connoistre qu'en ces occasions la diligence d'un seul pendant trois ou quatre jours est quelquefois d'une très-grande considération et peut espargner de très-grandes pertes aux sujets du roy.
Ce seroit un grand mal si vos matelots pour les esquipages du Rochefort et du Bra\fe n'estoient point encore arrivés : j'espère que vous y aurés bien pourveu.
Je verray le projet de règlement que vous m'avés envoyé , et vous en manderay mon sentiment.
Je verray vostre mémoire sur la coste de Guinée.
Je vous feray sçavoir les instructions du roy sur les chai'ges vacantes; il faut laisser quelque temps.
Je n'ay rien à dire sur le curement du havre de la Rochelle,. et sUr M : il faut voir ce qu'il sçait faire.
Pour mon fils, ses mémoires sont trop superficiels, et il est impossible quil devienne jamais habile homme, s'il est content de ce qu'il fail. Je vous prie de tenir la main qu'il approfondisse, pénètre et s'applique davantage à connoistre les matières. Yoyés la lettre que je luy
escris ^ et je vous prie de tenir la main à ce qu'ils e^^écuteut
l'un et l'autre ce que je désire. V j'
Je vous avois escrit que je ne désirois point qu'il receut de visites des corps ny des villes. Je vous prie de l'empescher à l'advenir.
En cas qu'il fust encore à la Rochelle, ce que je ne puis croire, faites-le retourner promptement à Rochefort.
Je suis tout à vous. . é.-, . .*. • •, Signe : Colbert.