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EXTRAITS DE CHARTES ET AUTRES DOCUMENTS ORIGINAUX CONCERNANT LES JEUX DE PERSONNAGES 9 MYSTÈRES , ETC., EXÉCUTIFS DANS LA VILLE DE BÉTHUNE ET AUTRES LIEUX DE LA FLANDRE PENDANT LE XV® ET LE XVI* SIÈCLE.
(GomiDUQiqués par M. Bs Lafovs, baron de Mellicoq, correspondant du comité, à Douvrin '.)
Les opulentes et luxueuses villes de Flandre n'étaient pas les seules qui 9 au moyen âge, avaient des confréries, des joutes, des tournois. Béthune, à cet égard, s'était montrée leur digne rivale. Pour s'en convaincre il suffît de compulser ses précieuses annales.
C'était, surtout, le prince de jeunesse qui avait droit à ses faveurs, et envers lequel elle se montrait toujours d'une généi*t>sité inépuisable.
' Ges extraits, classés dans Tordre chro- d'ailleurs fort en Togue aujourd'hui, et se
nologique, et où sont insérés textuelle- rattache directement aux savantes et soi-
ment les passages essentiels des documents gueuses recherches de M. Ch. Magnin,
originaux, nous paraissent avoir Tavan- sur les origines et les progrès du théâtre
tage de réunir beaucoup de faits dans un moderne,
court espace. Le sujet de ces extraits est J.^J. C.-F.
TEXTE DES DOCUMENTS. 3a r
Chaque année 9 Fai^enlier remémore les riches cadeaux, les quasnes de vin, qui étaient offerts à ce prince , soit à son retour d'Arras, où il avait assisté aux joyeuselés du gras dimanche ^ ; soit lorsqu'il célébrait sa fêle, à laquelle venaient prendre part le roi des sots, les princes d'amour, de jeunesse, des tars-saiges, de Saint-Jacques et le duc du Lacq de Lille; ceux d'Amour ', du Puy, du Glay, de Malespai^e, de Jeunesse^, des Faims, des Lours, des Soudans, de l'Estrille, de Tournai, d'Arras, de Saint-Omer 4, de la Bassée, d'Aire, de Saint-Pol * (à Béthune même, les princes de Saucrois, de Lanière , des Lours, des Gaians de Saint-Py, de l'Estrile, de Plaisance, de Folie, de Saint-Jacques); les abbés de Liesse d'Arras^, des mariés de Péronne, des faims de la Bassée, des Pau-prouffitans ou de Mal-espargne 7, de Sens-Légier ^, de Saint-Bétremieu , des sots de Saint-Vaast^, de rousse-amule de Béthune; des innocens de Lillers : sans oublier Mardy, lieutenant volant de la ville de Lille , Boin-Ëspoir et son compaignon MouUequinier d'Arras, le capitaine Pignon et les carbonuiers de Douai , le capitaine des piedz-desaulx (deschaus?) de Péronoe, et, enfin, le roi des hiraulx de Calais.
A tous ces joyeux confrères force vin de courtoisie était offert.
' A Arras, l'abbé de Liesse levait la baonière et prenaU la croche de l'abbaye de lÀessetéf pour présider aux jeux , esbattemens et joyeusetez du cras dimencbe.
' Ailleurs : Espoir d'Amour.
' £d i5iiy on offrait à ce dernier huit quesnes de vin, alors qu'escorté de cinquante joyeux compagnons à cheval, il se rendait au princhaige à Tournai.
^ En i5i6, on donna au messager du prince de Jeunesse, de Saint-Omer, une chaîne d'argent aui: armes de la ville, qu'avait fournie l'orfèvre romain Roze.
(Fol. VI" xviii v<».)
' La princesse de FoUe-emprinse de Lillers.
• Au xvi* siècle (i5o4), xxv* viii» m'' lui étaient allouées pour subvenir aux dé-
penses occasionnées par les voyages que lui, ceux de sa bande et des autres prin* cjpautés, avaient faits à Douai et à Cam* brai. Lorsque les principautés de Douai, Cambrai, Lille, Béthune, Saint-Pol, se rendaient à Arras, ces frais s'élevaient à XLVin'm»vi*. (Arch. crArras , fol. xliii v"xuui rc et V®.)
' Qui sont les porteurs au sac, '
* Ailleurs: Saint-Légier; i535. Le jour Saint-Légier, six cannes de vin à sire Andrieu Pâmer, abbé dudit jour, assisté de plusieurs notables chanoines et vicaires de. Saint-Bétremieu.
* En parlant de ces deux derniers abbés, on ajoute : Qui sont ceux de Saint-^Bétremieu et de Saint -Waast de Béthune.
Le prince de jeunesse revenait-il du princhaige de Lille, aussitôt les Gayant, les fourniers, les Genius , Larrière, les Lours ', les conlpaignons de Beuvry, de Dovrin, le prince de Larrîère de Waudricourt, d'aller en grande pompe à sa rencontre.
D'ordinaire, sa cotte d'armes, de taffetas et de talicb bleus, était ornée de franges de saiette. Telle était celle qu'en i5i6 avait confectionnée Bertin de Habarcq, couturier.
Sur l'étendard garni de bougran rouge, Nibolas de Bennes avait représenté l'imaige d'un princbe à cbeval, les armes du roy très-catbôlique et de la ville. Ces dernières , il les avait peintes aussi sur la cotte d'armes.
Le jour de la fête de jeunesse*, on suspendait à l'entrée de la halle un drap rouge de xxi aunes, sur lequel on remarquait cinq écus de drap blanc aux armes de la ville.
Les registres mentionnent les crampons, les clous d'buis, ainsi que les annelets de léton à ce nécessaires.
L'estrade que Fdn y érigeait était destinée à recevoir les tables du princhaige.
Au refus du prince, celui de Larrière se voyait forcé de le remplacer, puisqu'en i5oo, ce dernier se rendait à Arras ^, « escorté de vingt compaignons à cheval, tous habiliez de robbes blanches et aultres habillemens de parure. »
En iDog, cette joyeuse société allait célébrer à Douai le jour de nouvel an.
Dès les premières années du xv^ siècle y les jeux de personnaiges vinrent encore accroître la pompe des réjouissances par lesquelles les villes s'associaient aux joies et aux succès de la puissante maison de Bourgogne.
En i4a3, Targeiltier porte en compte les vi lots de vin oflferts à
' Qui sont les bouchers. dres, cinq escuelles, une xii*de irinchoîrSy
* iSSg. Délivré au prince trois escra- six tailloin et sept louches de pot^ sont
mêlés de xvi*; une xii* de doubles trin- nii" iii*.
choiri, de xn'; deux doidiles louches, de ' A la fête de l'àbl^é de Liesse.
xu*; délivré au prince, le jour des Cen-
XEXTE PES POCUMENÏS. 3a3
maisire Baude de Laustais % messire Haoul Pilier, chanoine de Saint- Bëtremieu, Henry d*Obbes$encq , Aubelin Hacquebart, et pluiseurs autres joueurs de personnaiges, qui avaient remporté en la ville un notable pris d'argent , que on avoit donné à Wavrin ^ à juer de personnages, le xv^ jour de juin.
En 1439 y maistre Âj^thoine Haneron, estudiant en TUniversité de Louvain , recevait trois lots de vin y en faveur de ce que nagaires, pour Tamour et honneur de Béthune, dont il est, ail avoit visité et fait visiter par pluisseurs notables clercs estudians ausdites escoUes, certains jeu de personnages, que les coropaignons jueursde pluisseurs bonnes Tilles avoient joué audit lieu de Béthune, à l'instance de gaignier les pris. »
C'était surtout lors des entrées du^ souverain que les villes cherchaient.à se surpasser les unes les autres.
A celle du comte de Charolais à Béthune (i456), toutes les façades des maisons, depuis la porte du Caroier jusqu'aux Frères mineurs, étaient couvertes de riches tentures ^ qu'avaient ornées de lacs Augnès le brouderesse et Marie , femme de Jehan le Wedeur.
Pour récréer le prince et sa cour, les vicaires de Saint-Barthélemi , les habitans du marché et du rivage avaient représenté durant plusieurs jours , les mystères"^ qu'ils avaient été chercher à (^lambrai, à Arras et ailleurs.
La même année, la naissance de la fille du comte était solenni&ée par ceux des rues de Notre-Dame, de Saint -Vaast , de Saint-Pry, du rivage, du marché et les vicaires qui, à l'envi les uns des autres, «faisoient jus, allumées et belle compaignie, alors que les clercs de Saint-
' £a 1 4S8, Baude de Laustais, canoine pies villages de la Flandre accordaient de
de Saint-Bétresmen et tabeilion apostolique, riches prix aux joueurs de personnages
recevait xii* de messieurs, pour avoir jugés les plus habiles, translatté de latin en franchois certaines ^ £n i485, on achetoit deux pavillons,
«^scriptures et mémoires touchant madame dont Tung estoit tout nueuf, contenant
la comtesse de Namur, dame de ladite ville, iceulx deux pavillons 111' xxu aunes d«
«t mesdames sœurs, contre Jehan Bor- canevach, au prix de dix deniers l'aune, daine. ^ * Pluisseurs jus.
■ Wavrin, près Lille. Ainsi, les sim-
3a4 DOCUMENTS HISTORIQUES INÉDITS.
Barthélemi , placés sur un hourd , où la plus belle femme de la ville
faisoit le personnage d'accouchée , cantoient canchons '. »
Trois ans après (a août 1459), le chevaucheur du duc de Bourgogne venait annoncer à la cité la naissance du fils du Dauphin , pour lors retiré à Geneppes en Brabant.
Sûrs de se rendre agréables à leur très redoubté seigneur, les officiers municipaux, non contens de se montrer magnifiques envers le chevaucheur, auquel ils offraient une riddre de xxvi', ordonnaient que «jus de rétoricque ^ » eussent lieu sur des hourds.
Toujours généreux , ils allouaient « à ceux de l'église Saint-Bétremieu XVI» , pour le plus belle compaignie; xx* pour avoir jué de rétorique et fait alumée; — xxxii» à ceux du marché;» — pareille somme à ceux des rues du Carnier et du rivage^ ; — xvi» à Tassart de Bellesaises de la rue du Carnier, « pour le meilleur dittée ; » — xxxvi* à ceux de la rue de Saint-Pry, tandis qu'ils gratifiaient de la même somme les joueurs de la rue Notre-Dame, qui avaient fait «rie plus belle alumée,» ainsi que belle compaignie, et avaient jué jeux de personnaiges.
Aux frères de Saint-Franchois qui, par seigne, avaient joué aucunes raistères, en passant et repassant la pourchession , ils accordaient