‹ Documents historiques inédits tirés des collections manuscrites de la Bibliothèque royale, et des archives ou des bibliothèques des départementsChapitre 8 sur 139 · DE VAUCLUSE · texte numérisé non relu

DE VAUCLUSE

PAR M. DE MASLAmiE,

ÉLÈTB DE X'ÉGOLE DB8 CBARTBS.

Il semble que Tod ah, en général , exagéré les pertes de documents historiques qu'occasionna la révolution dans les archives communales. Beaucoup de villes, Toulouse, par exemple, où les auto-da-fé révolutionnaires, si Ton en croyait l'opinion généralement répandue, auraient tout anéanti, n'ont seulement perdu que quelques chartes et registres municipaux , sans doute extrêmement précieux et regrettables, mais bien moins nombreux qu'on ne le dit communément.

On pourrait croire, à voir le déplorable état où sont réduites les archives d'Orange, que TefTei^escence réactionnaire, si terrible dans cette ville, a fait main basse sur toutes les pièces entachées de souvenirs féodaux; mais la dispersion première de ces documents tient à d'autres causes et remonte plus haut.

Après la paix de Ryswick, en 1696, Louis XIV ayant réuni le pays d'Orange à la France, les archives de la principauté furent portées à Aix. On les transféra ensuite à Grenoble quand le nouveau territoire fut annexé au Dauphiné; enfin à la création des départements, une partie fut déposée à la préfecture d'Avignon, une autre à Grenoble, dans les archives du parlement de Dauphiné, le reste laissé à la ville d'Orange. La portion qu'obtint Orange fut sans doute la moins considérable, car elle est tout entière dans une petite armoire de

T. IV. — l'* PARTIE. C

i8 DOCUMENTS HISTORIQUES INÉDITS,

l'hôtel de ville , oii M. de Gasparin l'a fait recueillir et mettre en sûreté; mais heureusement ces débris d'un corps d'archives autrefois assez riche renferment les titres principaux des privilèges de la ville d'Orange.

Les chartes de franchises les plus anciennes et les plus intéressantes sont conservées dans un petit registre in-4" en parchemin, de i4a feuillets, écrit Tannée i5i4.

En tête du volume sont les rubriques des privilèges, ainsi énoncées : Rubricœ antiquarum libertatum cwitatis Aurasicœ. Les chartes sont en latin ; voici la note de toutes celles que renferme le cartu* laire municipal :

Folio 89, 6 août 1 358,

— 9a, a5 mai i358,

— loi, 1369,

— ii3, 129a (128a?),

Folio 3, charte de Fannée i3i r, 32 v% — i325,

— 82, — i363, (Quelques feuilles manquent à la (in du volume.)

On voit d'après les inventaires du xiv^ siècle, existant encore, que les archives d'Orange étaient disposées autrefois d'une manière assez ingénieuse. Elles étaient réparties dans quatorze armoires, dont les titres, étrangers tout*à*fait à la nomenclature diplomatique, annoncent cependant d'une manière générale la nature des documents et des divisions qu'ils servent à distinguer. Ainsi :

L'armoire Moyse renfermait les lois, les libertés et les privilèges de la communauté.

— Apolloy les discours ou rapports de l'assesseur (second con*

sul), et les conclusions du conseil de ville.

— Tribunal agrariunty les statuts municipaux , dits cappitaulx ,

sur les dommages faits aux propriétés.

— JethrOy les institutions et réceptions aux offices judiciaires

ou municipaux.

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