‹ Documents inédits pour servir à l'histoire du christianisme en orient [XVIe-XIXe siècle];Chapitre 45 sur 113 · Le Roi, a son Ambassadeur · texte numérisé non relu

Le Roi, a son Ambassadeur

20 Novembre 1624.

(BibL nat, Mss. fr.]i6ij6, /. 47^).

Sommaire : La recommandation d/ts Capucins ne doit pas préjudicier aux Franciscains.

Je vous ai cy-devant fait quelques dépêches pour favoriser rétablissement des Pères Capucins en Levant. Mais comme je n'ai pas entendu que cela préjudiciât en aucune^orte aux religieux Observantins et CorJeliers qui y sont établis de long temps, j'ai., parce-

( 1 ) Sur le P. Pacifique, voir notre Introdaction n. 1 2 et t. 1 . des Documents^ p. 368, 376.

(2) Un peu auparavant, dans une letti^e datée de Rome, 26 juillet 1624, et écrîte au nom de la S. Congrégation, le Cai*dinal Bandini recommandait non moins instamment au môme ambassadeur les PP. Gapuoins, que la S. Congi*égat. voulait envoyer à Constantinople (BibL nat. Mss. fr. 16158 £. 52).

la. à vous dire., que vous ayez à les maintenir [Observantins et Cordeliers] en la possession des Chapellenies d'Alep, Alexandrie, Sejde, Smyrne et en tous autres lieux où ils sont (établis (1).

( 1 ) La lettre suivante montre bien les difficaltés que rencontraient Capucins, Jésuites, Carmes, quand ils entreprenaient d'établir une mission & Alep. Aussi donnons nous cette lettre, bien qu'elle ait été déjà publiée dans le t. V, p. 356, des Recherches historiques et critiques sur la Compagnie de Jésus en France, (lu temps du P. Coton, par le P. J.-M. Prat, S. J.

16. Lettre du comte de Brèves, ancien ambassadeur de France à Censtantinople, au P. Coton. — Paris, 6 nov. 1615 (Archives de la Compagnie de Jésus).

« J'ai reçu votre lettre avec celle que le P. Richedme m'écrit... Or, je vous dirai sur Tune et Tautre mon avis : quant à la proposition que le consul d'Alep fait à ceux de votre compagnie d aller résider au dit Alep, en conformité de ceux qui sont en Constantinople, que j*j trouve des obstacles. Alep est une ville habitée de Maures, de Turcs ot de Juifs ; et à cause de la grande quantité de marchandises qui viennent de Perse et qui arrivent au dit Alep, il j a bon nombre de marchands Français, Italiens, Anglais et Flamands qui j réaident. Quant aux Anglais et Flamands, vous savez qu^ils sont ennemis de notre religion, et en particulier de votre Société et Compagnie ; et partant comme ils les verront arriver par delà, ils ne manqueront pas de leur dresser des embûches, et de les faire connaître plutôt pour des espions que pour des ecclésiastiques.

Il 7 a d'autres parts d'ordinaire un ou deux religieux de l'Ordre de S* François, qui sont envoyés du gardien qui réside en Jérusalem, avec bon nombre d^autres religieux qui sont aussi envoyés de trois ans en trois ans pour servir l'Eglise où est le Saint Sépulcre, celle de Bethléem et celle aussi où est le Saint Sépulcre de la B** Vierge Marie. Les dits religieux qui demeurent en Alep sont envoyés non seulement pour servir aux besoins des chrétiens là résidants, mais encore pour les exhorter à secourir de leurs aumônes les dits Saints Lieux de Jérusalem.

Si vos Pères y vont, ils seront ennuyés des dits religieux de S^ François» qui croiront qu'ils ne sont allés par delà que pour leur ravir les aumônes qui leur sont faites ordinairement ; et pour cette cause, ils seront pour se joindre avec les dits Anglais et Flamands pour faire chasser ceux de votre compagnie, qui, vivant en Alep, n'auront pas le moyen d'y profiter comme ils font en Constantinople, attendu qu^il y a peu de chrétiens de notre créance ; et partant, un collège ne sera pas grandement utile là.

Quant au Consul de notre Nation, il se nomme Marinery. Il est à présent à Marseille assez embrouillé, et je ne crois pas qu'il soit pour retourner en oes lieux-là. Il est vrai qu^il y a un vice-Consul, lequel, ayant Tintention bonne, pourrait faii*e autant que lui.

Voilà pour ce regard ce que je prévois de cette affaire. »

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