HPOSEPH DOMINIQUE EMMANUEL LE MOYNE DE LONGUEUIL
Es plus connu sous le om de l’hon. colonel de Longueuil, naquit
= au manoir de Soulanges (Canada) le 2 Avril 1738.
Il était fils de Paul Joseph Le Moyne, chevalier de Longueuil, 7] dernier gouverneur des Trois-Rivières, et de Marie de Joybert
‘1 de Soulanges.()
À l'âge de 12 ans, il entra au service et s'y distingua dans plusieurs circonstances, En 1759, lors de la cession du Canada,
il était parvenu au grade de capitaine-aide-major des troupes du détachement de la marine, Il continua sa carrière militaire sous le gouvernement anglais et prit part, en 1775, à l'héroïque défense du Fort St-Jean, où il fut fait prisonnier et emmené aux Etats-Unis.
En 1777, il fut nommé inspecteur général de la milice, et, en janvier 1796, colonel du régiment des Royaux-Canadiens, Appelé par le roi au conseil législatif et exécutif de la province du Canada, sous l'administration de lord Dorchester, il dût
(1) Elle était fille de Pierre Jacques Joybert de Soulanges, capitaine dans les troupes de la marine, et de Marie Anne Bécard de Granville, Le chef de cette famille au Canada était Pierre de Joybert, seigneur de Marsan et de Soulanges, commandant pour le roi en Acadie. Il épousa à Québec en 1672‘ Françoise Chartier de Lotbinière, et laissa deux enfants, Louise Elisabeth, qui épousa F:.lippe de Rigaud, marquis de Vaudreuil et Pierre Sacques,
É nommé plus haut, C'est ce dernier qui obtint en 1702, conjointement avec
4 son beau-frère, le marquis de Vaudreuil, la concession de cette langue de terre située entre le St-Laurent et l'Ottawa, et qui forme aujourd'hui les seigneuries de Vaudreuil et de Soulanges.
naturellement y représenter les intérêts du vaste district de Montréal, et en particulier ceux du district de la partie ouest qu’il connaissait mieux. On le sait, il était seigneur de Soulanges, de la Nouvelle-Longueuil et de la Pointe-à-l’Orignal. Le troisième baron de Longueuil ayant été tué en 1755 et n'ayant laissé de son mariage avec Melle d'Eschambault qu'une fille qui épousa plus tard le capitaine Grant, le colonel de Longueuil prit le titre de baron et le porta jusqu’au moment des délibérations de Paris le £4 janvier 1774. Il basait ses prétentions sur le fait qu'il était le seul descendant mâle du deuxième baron, Charles Le Moyne de Longueuil, son grandpère; mais les jurisconsultes décidèrent que le titre devait descendre à la fille du troisième baron, Mme Grant. qu
En 1770, M. de Longueuil se maria à Montréal avec Mme de Bonne, dont le premier mari, M. le chevalier de Bonne de Lesdiguères, officier distingué, a rait été tué en 1759 au siège de Québec. ®)
Il n’y eut aucun enfant de ce mariage. M. de Longueuil mourut à Montréal, le 19 janvier 1807. Avec lui s'éteignit en Canada la dernière branche mâle des de Longueuil.
(1) Il parait que le titre de baron de Longueuil, relevé par les descendants de M. Grant, a été reconnu par la reine.
(@) Il était neveu du marquis de la Jonquière. Mme de Bonne n'avait eu de son premier mariage qu'un fils, l'hon. P. A. de Bonne qui fut juge à Québec et l'un des membres les plus distingués de la chambre d'assemblée-
(3) On voudra bien, je l'espère, me permettre d'ajouter ici une note qui se rapporte à ma famille : ei le nom des Le Moyne est une gloire pour notre pays, il doit l'être aussi pour les tamilles qui s’y rattachent par les liens de la parenté, La famille de Longueuil a été continuée du côté des femmes sans parler de Mme Grant, dans la personne de Marie Geneviève Le Moyne de Longueuil, sœur du colonel. Elle naquit à Montréal, le 21 sept: 1735 et épousa le 19 février 1752, à Québec, le chevalier Louis Liénard Villemonde de Beaujeu, chevalier de St-Louis, commandar.t,une compagnie des troupes de la marine, et plus tard commandant à Michilisiakinac, etc, Elle mourut à Montréal en 1802. Trois garçons sont issus de son mariage:
Jacques-Philippe de Beaujeu son second fils, continua la lignée de cette famille au Canada. Il épousa Catherine Chaussegros de Léry et mourut en 1832, laissant à son tour un fils, l'hon. Georges René Saveuse, comte de Beaujeu, seigneur de Foulanges et de ia Nouvelle-Longueuii.
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Je n'ai donné que des dates, les principales seulement, car je n'ai pas la prétention d'écrire une vie, encore bien moins de faire un éloge. Je suis encore trop inexpérimenté pour une pareille entrepcise. Mais, dans les documents que je publie, le lecteur trouvera les éléments de la biographie et de l'éloge de M. de Longueuil; l'historien pourra même y découvrir des renseignements qui ne se rencontrent pas ailleurs.
C'est le double sentiment qui a inspiré ce modeste travail : puisse-t-il être accueilli favorablement du public.