Archives nationales, registre AF'II
104 ANDRÉ CHKNIER.
tuellement à Montigny, sera arrêté et traduit dans l'une des maisons d'arrêt de F'aris pour y rester détenu jusqu'à nouvel ordre; qu'il sera fait vérification de ses papiers; ceux qui seront trouvés suspects seront apportés au comité; les autres seront mis sous les scellés; charge le comité révolutionnaire de la section de Rondy de mettre le lirésent à exécution et l'autorise de requérir à cet effet telle autorité civile et militaire, à la charge d'en rendre compte au comité.
« Signé : Dubarran, Louis (d. B.-R.), Jagot, Vadiek, Lavicomterie, Élie la Coste. »
Ce mandat fut exécuté. Sur le registre du comité, la colonne intitulée : Compte rendu de l'exécution, porte cette mention : « Exécuté le 5 messidor. — Incarcéré à la maison d'arrêt Lazare, — Rapporté au procès-verbal. »
Les deux frères étaient ainsi réunis à André Gliénier; comme lui ils furent portés sur les listes rédigées à Saint-Lazare. Dans la prison, Suvée fit le portrait de Trudaine l'aîné. Dans les premiers jours de Thermidor, on dit que le plus jeune des Trudaine écrivit une lettre à David, dans laquelle il le sollicitait pour son frère. Entre les deux frères, c'était une lutte des plus tendres et des plus héroïques sentiments. Le 8 thermidor, quand ils montèrent sur les gradins de Fouquier-Tinville, ce fut cette fois l'aîné qui se leva, et qui, par une défense pathétique, bientôt interrompue par les juges, chercha à sauver son frère d'une condamnation capitale. Tous deux furent condamnés à mort et furent exécutés le jour même, 8 thermidor. André Chénier les avait devancés de vingtquatre heures.