Lisez riedi au lieu de viedi
il a pensé pouvoir fournir comme preuve la lettre de la comtesse d'Albany, qu'André, dit-il, reçut plus dCun mois avant son départ de Londres. Cette lettre est en effet datée, dans la notice^ du 5 mai 1791. Mais comment M. de Chénier ne s'est-il pas aperçu qu'il commettait là une inadvertance? La moindre attention lui aurait fait voir que cette lettre doit être datée de 1790; il suffit pour s'en convaincre de lire les premières lignes. « J'ai eu soin (écrit la comtesse) de remettre votre lettre au bon général Paoli, qui a plus l'air d'un bonhomme que d'un héros, cependant on le regarde comme tel à Paris ; il a fait son salamalec à l'assemblée législative, où son discours a été applaudi, le pouvoir exécutif l'a bien traité aussi ; pour le véritable exécutif qui est M. de Lafayette, il l'a fêté parce que dans ce moment tout ce qui a eu l'air de connaître la liberté ou de se sacrifier pour elle doit être distingué par lui ; etc. » Or, c'est le 8 avril 1790 que le général Paoli fut présenté à Louis XVI par le marquis de Lafayette, et ce fut dans la séance du soir du 22 avril 1 790 qu'il fut admis à la barre de l'Assemblée, à la tête des députés de File de Corse, envoyés par la municipalité de Bastia. Au commencement du mois de juillet de cette même année 1790 il quittait Paris et débarquait le 17 à Bastia. La date de la lettre de la comtesse d'Albany doit donc subir une correction nécessaire ; et la date du retour d'André, manquant de ce point d'appui, reste livrée à la seule appréciation des lecteurs. Nous penserons jusqu'à preuve du contraire (puisqu'ici il ne s'agit
que d'une question de fait] que ce fut dans le courant de Tannée 1790 qu'il revint définitivement à Paris. VAvis aux Français est daté de Passy, le 24 août 1790; et dans le procès-verbal de l'interrogatoire que lui fit subir Gennot, au moment de son arrestation, nous relevons une réponse qui mérite l'attention : « A lui demandé quel son ses moyent de subsisté. — A lui répondu que depuis quatre vingt dix qu'il vie que de que lui fait son père. » Il est certain qu'André n'était pas allé en Angleterre pour son plaisir, et que, si depuis 1790 il ne touchait plus d'appointements, c'est que depuis 1790 il n'occupait plus son poste auprès de l'ambassadeur.
Quoi qu'il en soit André fut heureux de recouvrer son indépendance et de reprendre ses paisibles études dont allaient bientôt le distraire les graves événements qui se préparaient.
Nous ne croyons nullement qu'il ait eu même l'idée de se présenter aux élections de 1791. Mais, à ce sujet, M. de Chénier commet d'étranges confusions. Il se fit inscrire^ dit-il, comme électeur et éligible sur la section de la Fontaine de Montmorency. Cette phrase et la note qui l'accompagne sont grosses d'erreurs. Si l'éditeur s'était donné la peine de lire les sept articles, dont se compose la section II du premier chapitre du titre III de la Constitution de 1791, il aurait vu la différence capitale qui existait entre un citoyen actif et un électeur. Étaient citoyens actifs tous^ les citoyens français, âgés de vingt-cinq ans, domiciliés dans la ville ou le canton et payant une con-
26 ANDRÉ GHÉNIER.
tribution égale à trois journées de travail. Pour être électeur il fallait, outre des conditions de cens beaucoup plus élevées, être nommé et désigné comme tel par les citoyens actifs réunis en assemblées primaires. En fait, André Chénier ne fut pas nommé électeur ; et c'est Marie-Joseph qui le fut, ce dont l'éditeur aurait pu s'assurer en ouvrant ÏAlmanach royal de 1792 (p. 411), où, en effet, « Joseph-Marie Chénier, homme de lettres, vingt-sept ans, rue de Cléry, n° 73, » figure au nombre des onze électeurs de la section de la Fontaine-Montmorency. Nous avions dit cela déjà en 1872, dans l'introduction des Œuvres en prose. Nous avions aussi rectifié une erreur, dans laquelle retombe M. de Chénier, en relevant dans les Procès-verbaux de V assemblée électorale du département de PariSy conservés aux archives, le nombre de voix qu'obtint, aux élections des députés de Paris, non pas André Chénier, mais Chénier électeur^ c'est-à-dire Marie-Joseph. Nous avions, en outre, donné l'explication de la lettre de Marie-Joseph, que son neveu ne veut décidément pas comprendre, lettre dans laquelle l'auteur de Charles IX laisse entendre que, si ses tragédies avaient été impartiales ou insignifiantes^ il aurait pu se glisser parmi les députés de Paris, à qui les électeurs ne demandaient selon lui que des preuves de nullité. Fautil donc revenir toujours sur les mêmes faits, reproduire à satiété les mêmes explications?
Nous ne suivrons pas André Chénier dans ses débuts au Journal de Paris; nous nous contenterons de renvoyer le lecteur à l'introduction des
Œuvres en prose. Je passe la lettre curieuse adressée à François de Pange. Quant aux réflexions do Téditeur qui lui font suite, nous en reparlerons plus loin dans Texamen des œuvres. Nous glisserons aussi sur la discussion publique qui s'éleva entre Marie-Joseph et André. Toutes les circonstances en sont connues; et nous ne blâmerons point M. G. de Chénier de ne pas s'être étendu sur ce sujet qui devait lui être pénible. Il eût mieux fait de rester sur la môme réserve et de garder de Conrart le silence prudent à propos de la fête célébrée, le 15 avril 1792, en l'honneur des Suisses révoltés et amnistiés du régiment de Chàteauvieux.
Dans une longue note (p. lxxv)* il entreprend la justification de Marie-Joseph. S'il se fût contenté d'attribuer les actes de Chénier à un enthousiasme juvénile et irréfléchi, à un optimisme généreux et aveugle, nous n'aurions rien trouvé à redire; mais, au lieu de cela, il cherche à dénaturer des faits, qui sont pourtant bien connus et qu'il nous force à remettre sous les yeux du lecteur. Tout le monde sait que ce fut Marie-Joseph qui fut un des promoteurs de la fête, et que, dans sa pensée, cette fête était célébrée en l'honneur, non pas de la liberté, mais des soldats de Châteauvieux. Voici en effet la pétition qui fut adressée le
1 . Dans cette note, M. G. de Chénier colore son style de curieux anachronismes. Il appelle CoUot d'Herbois et Robespierre ces sanguinaires représentants. J'observerai à M. de Chénier qu'au 1& avril 1792^ CoUot d'Herbois et Robespierre n'avaient pas encore versé une seule goutte de sang, et qu'ils n'étaient pas représentants. Robespierre seul avait fait partie de la Constituante.
24 mars au conseil général de la commune de Paris* :
« Monsieur le Maire, Messieurs,
a Dans quelques jours, nous posséderons au milieu de nous nos frères, les soldats de Ghâteauvieux. Leurs fers sont tombés à la voix de PAssemblée nationale ; leurs persécuteurs sont échappés au glaive de la loi, mais non pas à l'ignominie. Bientôt ces soldats généreux reverront le Champ-de-Mars, où leur résistance au despotisme a préparé le règne de la loi; bientôt ils embrasseront leurs frères d'armes, ces braves gardes françaises, dont ils ont partagé la désobéissance héroïque.
« Une bienfaisance fraternelle et des honneurs éminehts acquitteront, envers les soldats de Ghâteauvieux, la dette que la patrie a contractée. Ainsi les efforts du civisme seront à jamais encouragés. Cette fête touchante sera partout l'effroi des tyrans, l'espoir et la consolation des patriotes; ainsi, nous prouverons à l'Europe que le peuple n'est pas ingrat comme les despotes, e qu'une nation devenue libre sait récompenser les soutiens de sa liberté comme elle sait frapper les conspirateurs jusques sur les marches du trône.
a De nombreux citoyens nous ont chargés auprès de vous d'une mission que nous remplissons avec confiance et avec joie. Ils vous invitent, par notre voix, à être témoins de cette fête, que le civisme et les beaux-arts vont rendre imposante et mémorable. Que les magistrats du peuple consacrent, par leur présence, le triomphe des martyrs de la cause du peuple ; ils ont conservé dans les fers cette liberté intérieure et morale que tous les rois ne peuvent ravir. La patrie a gravé sur leur chaîne le serment de vivre libre ou de mourir, comme elle l'a gravé sur les épées et sur les piques nationales, comme elle l'a
1 . Elle forme la pièce justificative u? x des Œuvres en prose, éd. 1872.
gravé dans vos cœurs, dans les nôtres et dans ceux de tous les vrais Français.
Marie-Joseph Guénier, Théroignb, David,
HlON, ETC. »
La municipalité dans une délibération du même jour* arrêta qu'elle se rendrait à cette invitation et que la pétition serait imprimée et envoyée aux quarante-huit sections. Sans doute, le parti constitutionnel, qui se sentait Impuissant à empêcher cette fête, obtint qu'elle fût officiellement dédiée à la Liberté; mais personne ne s'y trompa, la victoire resta aux Jacobins, et dans la description du cortège les Révolutions de Paris^ dans le numéro 145, purent dire: «Derrière le char un coursier à longues oreilles, monté par un plaisant, riridiculement costumé, figurait la sottise, qui, n'ayant pu réussira faire manquer cette fête, venait du moins pour lui chercher des défauts, afin d'en faire part aux libellistes Dupont et Gauthier, Durosoy et A. Chénier, Parisau et Roucher. » Si M. de Chénier avait mieux lu les journaux de cette époque, il n'aurait point dit, en parlant du cortège, que Pon n'y admettait point la procession triomphale des condamnés; il aurait vu que les Suisses de Châteauvieux marchaient devant le char de la Liberté précédés de jeunes filles vêtues de blanc, qui portaient les chaînes des galériens suspendues à des trophées. Marie-Joseph^ dit-il j prit la fête dans son
1. Voy. les Œuvres en prose, éd. 1812; cet., arrêté forme U pièce justiûcaxivc! a* w,
30 ANDRE GHENIER.
acception officielle^ et il entendit bienfaireun hymne à la liberté politique et non à la liberté de vils condamnés graciés; il voulut, par des strophes adressées à V égalité et dans lesquelles il n'y a trait à aucune allusion possible aux misérables préconisés par Collot d'HerboiSj établir que l'on salu^iit les principes de la liberté et non l'ignoble triomphe des voleurs flétris. 11 est dommage que M. de Chénier n'ait pas cité ces strophes ; c'eût été pour lui une belle occasion de démontrer qu'elles ne contenaient aucune allusion possii}le au triomphe des Suisses amnistiés et de nous expliquer le sens de ces vers, par lesquels elles débutent :
Uinnocence est de retour, Elle triomphe à son tour; Liberté, dans ce beau jour, Viens remplir mon âme.
Mais M. de Chénier a une inanière toute particulière de lire et de comprendre les textes, ceux qu'il cite aussi bien que ceux qu'il ne cite pas ; et puisque nous en sommes sur le désaccord qui avait éclaté dès le commencement de 1792 entre Marie-Joseph et André, nous saisirons cette occasion de dire à ce sujet notre pensée tout entière. La famille, mue par un sentiment respectable, s'efforce d'atténuer le désaccord et surtout d'en déguiser les témoignages. Inutile soin! Quand des hommes ont été mêlés à des discordes civiles, quand ils y ont volontairement joué un rôle, quand, appartenant à des partis opposés, ils se sont trouvés face à face et ont sacrifié leurs sentiments fraternels à ce que chacun d'eux croyait
être la vérité, ils appartiennent à l'histoire qui illustre ses annales de cette image saignante dos dissensions de la patrie. Aujourd'hui d'ailleurs on peut tout dire sans cesser d'élre calme et impartial. Marie-Joseph s'est laissé entraîner à bien des fautes par légèreté et par vanité ; mais il a traversé la révolution sans avoir versé une goutte de sang ou commis une mauvaise action. S'il eût pu racheter de sa vie celle de son frère, je tiens pour certain qu'il l'eût fait avec un stoïque héroïsme. Il n'en reste pas moins vrai que Marie-Joseph et André restèrent profondément divisés; qu'on parvint à faire cesser entre eux une polémique regrettable, mais non pas à éteindre en eux tout germe d'irritation ou de jalousie. Le nouvel éditeur vient précisément de produire un témoignage éclatant de cette sourde désaffection qui sépara les deux frères, avec la surprenante conviction d'avoir mis au jour un témoignage contraire. On ne peut imaginer de méprise plus naïve, à moins qu'elle n'ait été calculée, ce que je me refuse à croire. Tout le monde connaît, pour les avoir lues dans les précédentes éditions, les deux strophes adressées à Marie-Joseph*. Dans son étude sur Chénier, en 1844, M. Charles Labitte avait dit que ces deux strophes n'étaient que le début d'une pièce plus longue et
1. De Latouche avait fait disparaître de ces deux strophes toute intention ironique, au moyen de quelques corrections faites avec beaucoup d*art. Tout ce qui est à la troisième personne avait été mis à la seconde. Le troisième vers commençait par ; Yd remplir, etc., et le vers 5 avait été refait ainsi ;
Te comblent de leurs biens, au talent mérités.
que «la fin de Tode tournait à l'ironie, à une ironie blessante. » Aujourd'hui nous avons la pièce entière et M. 6. de Chénier a beau accumuler trois pages de notes, torturer le texte et accuser M. Labitte d'irréflexion et de légèreté, il faut bien cependant se rendre à l'évidence, convenir que M. Labitte avait été fort bien informé et que toute l'irréflexion est du côté de M. de Chénier. Voici cette ode telle que nous la donne la nouvelle édition:
Mon frère, que jamais la tristesse importune
Ne trouble ses prospérités I Qu'il remplisse à, la fois la scène et la tribune :
Que les grandeurs et la fortune Le comblent de leurs biens quMl a tant souhaités I
Que les muses, les arts, toujours d'un nouveau lustre
Embellissent tous ses travaux ; Et que, cédant à peine à, son vingtième lustre,
De son tombeau la pierre illustre S'élève radieuse entre tous les tombeaux I
Mais
Infortune, honnêtes douleurs, Souffrance, des vertus superbe et chaste fille.
Salut. Mes frères, mafamille.
Sont tous les opprimés, ceux qui versent des pleurs;
Ceux que livre à la hache un féroce caprice ;
Ceux qui brûlent un noble encens Aux pieds de la vertu que l'on traîne au supplice,
Et bravent le sceptre du vice.
Ses caresses, ses dons, ses regards menaçants ;
Ceux qui, devant le crime, idole ensanglantée, N'ont jamais fléchi les genoux,
Et soudain, à sa vue impie et détestée,
Sentent leur poitrine agitée, Et s'enflammer leur front d'un généreux courroux.
On ne devinerait jamais, et on ne le croirait pas si ce n'était imprimé, comment l'éditeur explique le passage capital de cette pièce, les deux derniers vers de la troisième strophe : André ne se dissimur lait pointy dit-il, qu'il n'y avait rien à attendre de la justice et de Vhwnanité des hommes, alors tout puissants, que lui et ses deux frères avaient cruellement blessés, et il voyait avec raison que ses frères, lui, sa famille étaient tous les opprimés qu'une vengeance féroce voulait livrer à la hache révolutionnaire. Eh bien ! ou la langue française a cessé d'être une langue claire et les mots d'avoir un sens, ou cette phrase veut dire r^ceux qui sont mes vrais frères, ma véritable famille, ce sont tous les opprimés, ceux qui versent des pleurs, ceux que..., etc. A quoi bon insister? c'est l'évidence môme. Chaque mot de cette pièce est empreint d'une âpre et amère ironie. Du cercle d'horreur où sont enfermés avec lui tous les opprimés, tous ceux qui n'ont jamais fléchi les genoux devant le crime, le poète chasse et repousse de son cœur l'heureux, le trop heureux Marie-Joseph, et le dévoue avec dédain aux grandeurs et à la fortune, et à la jouissance de ces biens qu'il méprise. Telle est la vérité sur cette pièce célèbre ; tel est le sentiment réel qui y règne.
Une autre méprise de M. Gabriel de Chénier, tout aussi inexplicable, est celle qu'il commet lorsque, revenant (p. lxxx) aux origines du débat
qui s'éleva entre les deux frères, à Toccasion de Tarticle d'André sur les causes des désordres qui troublent la France , il dit que Marie-Joseph ne crut pas pouvoir refuser C honneur de répondre aux attaques d'une société rivale; que André ne s^ était pas nommé d* abord; mais que lorsquHl se fit connaître la polémique était engagée. Or c'est absolument inexact, puisque l'article est signé en toutes lettres : André Chénier ; ce qui n'avait pas échappé à Marie-Joseph, ainsi que le prouve la lettre du
27 février, par laquelle il engagea la polémique, et qui débute ainsi : « On a publié, dans le Supplément au Journal de PariSy du dimanche 26 février, une opinion sur les sociétés des Amis de la Constitution; elle est signée André Chénier, etc. »
Il est temps d'abandonner un sujet qui paraît épuisé, et que M. de Chénier aurait mieux élucidé s'il avait eu un peu plus de cette minutieuse atten^ tion qu'il reproche (p. lxxxi) à ceux qui se sont occupés des écrits d'André et de Marie-Joseph. Nous passons au lendemain du 10 août 1792. Ici l'éditeur nous a donné quelques indications intéressantes sur les différents séjours d'André aux environs de Paris, au Havre et à Rouen. Après être resté quelques jours à Lucienne, il partit pour Rouen, où il arriva le 12 septembre, ayant fait un séjour de vingt-quatre heures à Forges ; alla .passer sept à huit jours au Havre et revint à Rouen le 26. Il y trouva son frère Constantin, qui le quitta le 1" octobre. Quant â André, le moment de son retour à Paris n'est pas fixé, mais ce fut avant le
28 octobre, date de sa réponse à M. Brodelet. Ce-
lui-ciy on le sait, lui avait communiqué une lettre dans laquelle le célèbre Wieland s'informait d'André Ghénier et de ce qu'il faisait dans la révolution.
Enfin vint le procès de Louis XVL L'éditeur accumule ici de nombreuses et longues notes, toutes relatives à Malesherbes et en dehors de la question. Il nie qu'André Ghénier ait offert ou proposé à Malesherbes de l'aider dans la défense du roi, et il combat ce qu'ont dit M. Paul Lacroix et M. Charles Labitte, qui n'avaient fait que répéter une assertion de Chateaubriand dans le Génie du christianisme. Tout le monde sait que Chateaubriand était parent de Malesherbes. Son témoignage nous paraît au moins contre-balancer celui de M. 6. de Chénier. En somme, l'éditeur ne produit aucun fait nouveau sur ce sujet qui est d'un si grand intérêt. Nous devons donc en conclure, ainsi que nous l'avions dit en 1872*, que toutes les traces manuscrites font défaut, et qu'il est difficile de déterminer, autrement que par conjecture, la part qu'André Chénier a pu prendre à la défense du rpi.
Après le procès, André voulut oublier dans l'étude les tragiques événements dont il venait d'être témoin. Sentant d'ailleurs la nécessité de vivre dans l'ombre et de rester ignoré, il alla se fixer à Versailles. 11 y résida plusieurs mois, allant de temps à autre à Paris faire acte de présence à sa section, visitant ses amis à Passy, à Saint-Germain, et allant presque chaque jour à Lucienne, chez