‹ Documents nouveaux sur André Chénier et examen critique de la nouvelle édition de ses œuvresChapitre 41 sur 101 · I.KS FHKUKS TllUDAlNK · texte numérisé non relu

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ibre plus doux, dit Morellet*, d'uno santé faiblo, partageant les goûts et les sentiments de son frère, les déployait sous des formes plus délicates encore. » L'aîné avait donné des gages de ses sentiments véritablement patriotiques. « Il avait prodigué à sa seclion, d'abord celle des Champs- Elysées, et puis celle du Mont-Blanc, les secours les plus généreux. Six volontaires étaient armés et équipés par lui sur la section des Champs-Elysées, deux sur celle du Mont-Blanc, deux à Rouen pendant son séjour dans cette ville. Il avait donné deux pièces de canon à la commune de Provins. » 11 avait fourni en outre soixante-dix mille francs à l'emprunt volontaire, et, sur une nouvelle demande, ajouté cinquante autre mille francs. De telles libéralités étaient un gage non équivoque de ses sentiments véritablement généreux et de son attachement aux nouvelles destinées de son pays.

Comme André Chénier, comme François de Pange, Trudaine et son jeune frère avaient refusé de se laisser entraîner à la suite des idéalistes et des sectaires. Dès le 10 août, la cause de la liberté était véritablement perdue aux yeux de ces hommes de bien. Le renversement des lois avait livré le pouvoir aux démagogues et soumis le gouvernement d'une grande nation à l'aveugle instinct des masses populaires. Quand les premières gouttes de sang tachèrent la place Louis XV, les Trudaine

1. Mémoire pour les citoyennes Trudaine, veuve Micauli^ McauU vetwe Trudaine et le citoyen Vivant Micault-Courheton ftU ^ paris, Tan III de la Républ^ue.

avaient abandonné avec horreur Thôtel qu'ils habitaient et s'étaient réfugiés dans une maison qu'ils possédaient sur la section du Mont-Blanc. Mais tout Paris parut bientôt livré à la démence; le séjour en devint impossible à tous ceux qui avaient conservé leur raison et leur sang-froid. Les deux frères allèrent se fixer dans leur propriété de Montigny au mois d'août 1793; et ils y vécurent avec les deux plus jeunes membres de la famille Micault de Courbeton, à laquelle Trudaine de Montigny était allié.

Le 16 juin 1789, il avait épousé la fille de Jean- Vivant Micault de Courbeton, président du parlement de Bourgogne. Ce mariage heureux devait avoir les plus fatales conséquences. Le beau-père de Trudaine, ce vieillard septuagénaire, avait été arrêté, accusé d'émigration, condamné à mort et exécuté. Ce malheureux, absolument innocent du crime qu'on lui imputait (puisqu'on voyait alors un crime dans l'absence la plus naturelle et la plus légitime), avait deux fils, frères de Mme Trudaine et beau-frères de Trudaine de Montigny. Aussitôt que le père fut monté sur l'échafaud, les fils devinrent suspects, et ce n'est point une phrase banale, un lieu commun que nous écrivons ici. Dans son Mémoire en faveur des veuves Trudaine et Micault, Morellet nous a heureusement conservé en partie un arrêté du comité révolutionnaire de la section de Bondy, pris à la date du 26 floréal an II; et cet arrêté porte (et nous soulignons ce que Morellet en cite comme textuel) que : ^<^ Attendu que Micault de Courbeton vient d'être frappé

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