Voy. Alexandre Sorel, le Couvent de* Carmes, p
FRANÇOIS DE PAKGE. 107
apprit cette nouvelle, voyant qu'il ne lui restait qu'à se laisser arrêter ou à se dérober aux recherches des agents du comité, il partit pour Metz, où il rejoignit son jeune frère qui s'était enfui dé Sens, vers le 26 pluviôse. Informé immédiatement de son départ le comité de sûreté générale lança contre lui le mandat d'arrêt suivant* (pièce inédite), daté du 24 ventôse, an II.
« Sur les informations recueillies, le comité arrête que le citoyen Panche, demeurant à Passy, et ayant une maison place des Piques, n« 8, parti pour Metz aujourd'hui, après l'apposition des scellés faite chez lui avant hier audit lieu de Passy,
« Le comité arrête que le nommé Panche sera arrêté partout où il sera rencontré, et qu'il sera conduit dans la maison dite la Force, ou, à défaut de place, dans toutes autres maisons d'arrêt de Paris, et il en sera justifié au comité de sûreté générale ; charge de l'exécution dudit arrêt le comité de survoillance du département, qui est, à cet effet, autorisé à faire toutes réquisitions nécessaires par les aut »rités constituées.
« Signé : Élie Lacostk, Vadier, Louis du Bas-Rhin, Lavicomterie, Dubauran, Voulland. »
François de Pange ne rentra à Paris qu'après le 9 thermidor; et en retrouvant vivante Mme de Sérilly qu'il croyait à jamais perdue pour lui, il éprouva une émotion de bonheur qui effaça un moment en lui le souvenir de tant d'autres émotions douloureuses.
1. Archives nationales, registre AF*II 292. L'altération du nom de Pange est due à Gennot, car on trouve dans l'inlerrogatoife qu'il a lait subir le 23 pluviôse à Lhoste, agent de Sérilly : «... à lui demander avec qui ses maîtres communiquaient le plus souvent. — A répondu... avec le cioyen Depanchc à Pa«;sy, près Paris. » Archives nationales, cart. \V 33
Par la lettre de Mme de Beaumont que nous avons reproduite à la fin de la biographie de François de Pange*, nous savions qu'il avait été mêlé aux événements de vendémiaire an IV :
« Vous avez su (écrivait Mme de Beaumont à Mme Suard) qu'il courut alors de très-grands dangers en prenant la défense d'un homme qu'il ne connaissait pas, mais qu'il voyait maltraité. Il fut menacé, frappé, traîné en prison, etc. »
Nous avons retrouvé le mandat d'arrestation^ qui à cette occasion fut lancé par le comité de sûreté générale, non-seulement contre lui, mais en même temps contre Benjamin Constant, circonstance qui me parait peu connue. Dans cette pièce, quelques mots insignifiants du reste ont été effacés vers la fin.
« Du quinze vendémiaire Tan quatrième de la République française, une et indivisible.
a Le comité de sûreté générale arrête que les nommés Marie-François-Denis-Thomas Fange et Henry-Benjamin- Constant, de Lausanne, prévenus d'avoir insulté la représentation nationale en disant que les généraux étaient des mouchards, et que tous ceux qui composaient la Convention étaient des scélérats et qu'il fallait un roi, seront à rinstant déposés en la maison des Quatre-Nations pour y rester jusqu'à nouvel ordre.... '
« Les représentants du peuple, membres du comité de sûreté générale,
« Pemartin, Gauthier. »
A la suite de cette arrestation, François de Pange