‹ Documents officiels recueillis dans la secrétairerie privée de Maximilien: Historie de lChapitre 13 sur 71 · MORALITÉ · texte numérisé non relu

MORALITÉ

Dans l'esprit de Tauteur de ces instructions, je veux dire de M. Eloin, le gouvernement de l'archiduc ne pouvait jamais avoir tort.

11 avait raison, en eflFet, non pas parce qu'il avait le droit de son côté, mais parce qu'il avait, dans tous les lieux où il dominait, une police et» des janissaires pour exécuter ses ordres, et que police et janissaires tiennent ordinaire-ment lieu aux gouvernements de la raison qu'ils n'auraient quelquefois pas sans cela.

Dès lors, toute espèce d'opposition ayant pour but de lui prouver qu'il ni'était pas dans le vrai, était classée, d'une manière invariable, dans la catégorie de la mauvaise foi, et devait être supprimée par l'autorité locale, comme l'ivraie, dans un champ de blé, est arrachée par l'agriculteur.

Au contraire, aux termes de l'art. 7, on devait dresser tous les six mois un état des journalistes bien pensants, afin, disait naïvement l'auteur de ces instructions destinées à rester secrètes, de rémunérer les uns, de subventionner les autres, et de décorer ceux qui, par aventure, étaient déjà suffisamment rémunérés et subventionnés.

Et comme M. Eloin n'a jamais rien inventé de sa vie; comme il est incapable, au dire de ceux qui prétendent le connaître, de jamais rien inventer de son chef, il est plus que probable que ces instructions ont été copiées sur celles du premier empire, revues, corrigées, augmentées et largement perfectionnées par les héros du second.

Continuation du même sujet. — Exploitation de la presse à Mexico et à Tétranger.

L'art. 4 des instructions mentionnées ci-dessus portait que le bureau de la presse, placé sous les ordres directs du secrétaire de l'archiduc, se composerait d'un directeur, demeurant à Mexico, et de trois correspondants établis à New-York, à Vienne et à Paris.

Le premier qui fut investi à Mexico de ces hautes fonctions, avait nom Budin. Il était apparenté, selon la mode de Bretagne, avec le commissaire des finances du même nom, et celui-ci l'avait retiré des bas fonds où il peinturlurait par ci par là quelques mauvaises photographies, pour en faire une sorte de pacha dont l'autorité s'étendait sans contrôle sur tous ceux qui osaient ramasser une plume pour manifester leur pensée.

Par malheur, il n'avait pour lui que la parenté de M. Budin, et cette parenté, toute honorable qu'elle fût pour ses proches, ne pouvait cependant pas lui tenir lieu de l'instruction qui lui manquait. Après quelques mois d'exercice, on fut obligé de pourvoir à son remplacement, et le choix, cette fois, tomba faute de mieux sur notre vieille connaissance, le respectable missionnaire apostolique Emmanuel Domenech.

L'abbé, avant d'être appelé à ces hautes fonctions, s'était exprimé parfois d'une manière assez peu révérencieuse sur le gouvernement de Maximilien, témoin la lettre suivante datée du 25 septembre 1865, dont M. Jésus Teran s'était procuré une copie qu'il a adressée au gouvernement de M. Juarez, le 4 novembre de la même année :

« Mexico, 25 septembre 1865.

» Les nouvelles politiques se succèdent avec la rapidité de la foudre ; je vous les résume rapidement , au courant de la plume, pour que vous puissiez éclairer S. E. le ministre des affaires étrangères, sinon sur les faits eux-mêmes qui doivent être connus, du moins sur Tétat général des esprits.

— » On dit que l'empereur Napoléon a écrit à Fempereur Maximiliun une lettre sévère dans laquelle il lui dit qu'il ne veut plus compromettre sa couronne pour affermir la sienne.

» — M. Fould a écrit que le Mexique ne trouverait plus un centime de crédit en France.

— » M. Rouher a écrit au maréchal Bazaine qu'il fallait en finir avant la réouverture des Chambres.

— » Au point de vue politique et militaire, jamais le Mexique n'a été aussi bas qu'aujourd'hui.

— » L'Empereur vient d'adopter le petit-fils d'Iturbide pour héritier présomptif du trône et l'on parle déjà de son abdication.

— » On ignore encore qui gouvernera le pays pendant la minorité du petit Iturbide.

— » Ah ! si M. Drouyn de Lhuys avait cru ce que j'ai publié, en 1862, dans ma brochure : L'Empire au Mexique, et ce que j'ai écrit à M. de Branz au commencement de l'année!.... Mais on a préféré croire ceux qui mentaient, parce que les bonnes nouvelles rapportent davantage que les mauvaises.

— » Dans la nuit du 15 au 16 septembre, on a crié partout : Mort à Maximilien ! Mort à Charlotte ! Mort aux Français ! Mort aux Autrichiens! Mort aux Belges ! Mort aux étrangers!

— » Le jour de sa fête, l'Empereur n'a pas été salué ; pas un chapeau bas, pas un vivat.

— » On a donné 3,000 piastres à chacun des quatre membres de la famille Iturbide pour frais d'installation en Europe, et on leur a assuré leur pension pour qu'ils laissent ici le petit-fils d'Agustin adopté par l'Empereur.

— » La mère et l'enfant demeuraient à côté de moi ; leur séparation était déchirante, le désespoir de la mère faisait pitié.

— » Loin de se concilier les sympathies du peuple par cet acte, tout le monde est indigné contre le gouvernement ; cette famille est sans influence, elle est même méprisée.

— » Etc., etc.... »

Mais après la publication dans le Diario de l'acte qui de- . vaît faire de lui, pauvre juif errant tonsuré, un personnage

moitié bouffon, moitié sérieux, le bon prêtre avait retourné sa soutane, et si Tentourage de Maximilien n'était venu, de temps à autre, faire encore ombre au tableau, il aurait proclamé de grand cœur que tout était bien désormais, que tout était pour le mieux sous la verge paternelle du fils puiné de l'archiduchesse Sophie.

11 n'y a rien comme la glu des fonctions publiques pour maintenir dans le droit chemin les individus qui pourraient vouloir s'en écarter pour faire l'école buissonnière autour des objets de leurs convoitises. Mais n'anticipons pas.

Nous avons vu plus haut que le bureau dirigé par M. Domenech possédait trois correspondants à l'étranger, un à New-York, un à Vienne, l'autre à Paris.

Commençons par celui de New-York.

Correspondant du bureau de la presse à New-York.

Ce correspondant, au début de l'Intervention, était un certain Luis de Arroyo, parent du ministre du même nom, se disant consul général de l'empire mexicain à New-York. Le gouvernement de Washington s'était constamment refusé à le recevoir et l'avait renvoyé, pour le cas où il aurait eu des réclamations à faire valoir, à M. Matias Romero, ministre de M. Juarez, accrédité près du cabinet de la Maison Blanche; mais il s'y était refusé, comme il est facile de le comprendre, et il avait continué dans l'ombre à exercer des fonctions dont le gouvernement du pays lui avait refusé publiquement Texéquatur.

Du reste, il faut lui rendre justice. Sans être en quoi que ce soit un homme supérieur, il avait compris tout d'abord ce qu'il pouvait y avoir d'avantageux pour l'empire et pour ses partisans dans la création d'un journal destiné, je ne dirai pas à détruire, c'était d'avance chose impossible, mais à combattre dans cette ville les répulsions bien connues des Américains contre l'empereur titulaire du Mexique. Il s'était même entendu pour cela, dès le mois de septembre 1864, avec un écrivain besoigneux nommé John Fulton, on en rencontre toujours de semblables, et avait adressé au ministre des affaires étrangères Ramirez, sur les

données fournies par cet individu, une proposition tendant à obtenir les fonds nécessaires pour créer à New- York un journal hebdomadaire, ou tout au moins pour solder l'insertion d'articles ad hoc dans un certain nombre de journaux américains, parmi lesquels il me suffira de citer le Times, la Tribuney le Herald, le Woiid, le News et le Harpers New Monthly Magazine.

M. Ramirez, ne sachant au juste où prendre cet argent, lui avait cependant répondu, le 25 novembre suivant, qu'entre ces deux propositions il préférait la seconde, et l'avait autorisé à chercher un journal de grande circulation qui, moyennant une gratification mensuelle, consentirait à soutenir la cause de l'empire. Mais M. Arroyo tenait à son journal : il en caressait l'idée depuis longtemps, et il n'était pas homme à l'abandonner aussi facilement. Il revint à la charge le 28 décembre, et pour tenter le ministre par la modicité du prix, il lui envoya le relevé suivant :

État destiné à faire connaître le minimum de frais que cûûterait la publication hebdomadaire d'un journal intitulé /'Empire Mexicain.

Piastres.

Appointements du rédacteur en chef. . . 3,000 00

Id. du rédacteur adjoint . . . 1,200 00

Id. du traducteur 600 00

Id. du garçon de bureau. . . 350 00

Id. d'un enfant pour les courses. 200 00

Loyer des bureaux. . 200 00

Frais de bureau et courrier 200 00

Composition 2,802 80

Papier et tirage pour 4,000 exemplaires. . 3,120 00

Total : ii,672 80

Ici, nous devons en convenir, l'opinion des intéressés se rangeait à cette idée, car peu de temps après, M. Barres faisait une proposition identique en faveur d'un de ses amis, M. Thomas Herber Worrall, ancien correspondant, disait-îl, du Times de Londres, et offrait en son nom de faire paraître un journal anglais à New- York, moyennant une subvention

mensuelle de 1,000 piastres, soit 12,000 piastres par an.

M. Ramirez esquiva cette double proposition en oubliant de répondre à Tun et à l'autre de ces deux messieurs , et M. Arroyo, trompé dans ses espérances, fut obligé de chercher un autre moyen.

Alors il fit rencontre d*un autre individu nommé Mac Master, rédacteur du Freamaifs journaL II le catéchisa convenablement; il lui promit sa protection auprès de ses nobles maîtres ; il le convainquit, ou du moins le journaliste eut l'air d'être convaincu, et quand il l'eut amené à ce point, il se hâta de l'annoncer à Mexico. Malheureusement tout n'est qu'heur et malheur en ce monde. Mac Master n'était pas, à ce qu'il paraît, libre de donner à son journal l'allure qui lui convenait. 11 avait lui-même des maîtres ou des associés; ces maîtres ou associés, je ne sais, ne voulurent pas risquer l'avenir du journal en défendant une cause aussi profondément impopulaire aux État-Unis, et le lendemain de l'apparition de l'unique article qu'il écrivit à cet eflFet, il alla trouver M. Arroyo pour le prévenir que des personnes respectables, à l'opinion desquelles il était obligé de se soumettre, étaient venues le prier de ne rien écrire en faveur de Maximilien (1).

Enfin, le 7 mai de la même année, après avoir frappé à toutes les portes et avoir été rejeté partout, il annonça comme un triomphe le concours de M. Loosey, consul général d'Autriche à Nevjr-York; du vice-consul de France et d'un M. O'Sullîvan, représentant de la maison HoUiday et Ce.

Le consul général autrichien et le vice-consul de France ne faisaient en cela que se conformer aux ordres qu'ils avaient reçus l'un et l'autre de leurs gouvernements respectifs. Dès lors, leur concours, acquis d'avance, ne signifiait absolument rien. Mais il n'en était pas de même du dernier; celui-ci prétendait avoir obtenu du Commercial Advertiser, de la Tribune, du TimeSy du World et de plusieurs autres journaux la promesse de se prononcer contre toutes les

(4) Dëpôche de M. Arroyo à M. Ramirez, en date du 14 février

expéditions de flibustiers qui s'armeraient à l'avenir pour les côtes du Mexique, et M, Arroyo en profitait pour demander des instructions d'abord, puis l'autorisation de promettre aux rédacteurs de chacune de ces feuilles une rémunération proportionnée à l'importance des services qu'ils rendraient à la cause de l'empire.

Des instructions ! les gouvernements n'en sont jamais avares. 11 en est d'elles comme des bonnes intentions des pécheurs ; les ministères en sont pavés. Le diflScile était de contenter des hommes aussi positifs que des journalistes américains, et pour cela le gouvernement de Maximilien, privé des ressources qu'il avait espéré tirer de son fameux emprunt, ne possédait que sa bonne volonté. C'était peu, c'était même trop peu ; M. Ramirez le comprenait, et pour s'éviter l'humiliation de l'aveu, il chargea son sous-secrétaire d'État, M. Peon de Regil, de faire lui-même une réponse conçue en ces termes :

Num. 49. — Note relative aux instructimis que demande M. Luis de Arroyo, et aux personnes sur lesquelles il compte.

« Mexico, 40 juin 4865.

En réponse à votre dépêche datée du 7 mai dernier N. 44, réservée, dans laquelle vous demandez des instructions pour remplir votre mandat, je vous dirai que les règles générales que l'on peut vous donner en ce moment, sont les suivantes :

4° Populariser dans le pays où vous êtes l'idée que Tempire est la seule forme de gouvernement qui maintienne au Mexique, autant par ses principes que par les faits qui en découlent, la liberté et la dignité de l'homme. Les comparaisons que l'on peut établir à cet égard avec la conduite actuelle de ceux qui se nomment libéraux ou juaristes, lesquels sèment la désolation sur le territoire mexicain partout où ils se trouvent, vous serviront dans ce but. Il en est de même des atrocités commises autrefois par les gouvernements qui se disaient libéraux.

2*> Il faut faire comprendre aux États-Unis que les Américains ont beaucoup à gagner, soit au point de vue politique, soit au point de vue industriel, à la consolidation de l'empire. Pour cela, il suffira de leur faire connaître les lois qui ont été promulguées jusqu'à ce jour et les progrès que l'on a déjà obtenus en dépit des difficultés inhérentes à la situation où nous nous trouvons. Par conséquent, on doit

espérer que ces progrès s'accompliront sur une plus grande échelle encore, aussitôt que ces difficultés auront cessé, et qu*ils seront alors une source incessante d'avantages pour les nations limitrophes.

3<> Il faut encore publier qu'il n'existe plus aujourd'hui de gouvernement républicain au Mexique: en fait, parce qu'il n*y jouit d'aucune possession ; en droit, parce qu'il est loin d'être reconnu par la majorité de la nation et par les puissances étrangères ; et que la période présidentielle étant terminée, Juarez ne représente plus personne, d'où il résulte qu'il n'y a pas de président : de même il n'y a plus de Congrès, attendu qu'on ne peut ni le convoquer, ni le réunir, non plus que la suprême cour de justice. De cette manière, il manque tout ce qui constitue les pouvoirs essentiels d'une République, le pouvoir législatif, le pouvoir judiciaire et le pouvoir exécutif.

4° Il faut faire en sorte, dans les limites du possible, bien entendu, que les commerçants s'habituent à voir en vous l'unique personne autorisée pour expédier les documents consulaires. Cela importe beaucoup et peut s'obtenir, premièrement, par la conviction qu'ils doivent avoir que les seuls qui soient admis sur nos côtes sont ceux qui portent votre autorisation; secondement, au moyen des attentions que vous aurez vous-même pour les intéressés, en les aidant, et leur facilitant tout ce qui, en justice, peut avancer leurs affaires.

5<^ Enfin, il faut vous procurer des collaborateurs pour mettre en pratique ce qui est indiqué dans les données qui précèdent, et les choisir parmi les personnes qui, par leur caractère ou leur position, par leurs principes ou par leurs intérêts particuliers désirent réellement servir l'empire.

5° Il est inutile de vous dire que, pour obtenir ces services, il faut employer beaucoup de prudence et de circonspection, et que bien souvent il vaut mieux les indiquer que de les demander.

Par rapport aux autres points dont vous parlez dans votre dépêche, je dois vous déclarer que l'état des finances ne permet pas actuellement de faire de grands frais pour subventionner des journaux, et que vous pouvez remercier M. le consul général d'Autriche, M. le vice-consul de France et M. O'Sulivan que vous mentionnez dans la dépêche à laquelle je réponds, pour leurs bons offices et la volonté qu'ils ont de vouloir les continuer.

Dieu, etc.

Par suite d'absence, etc.

Le sous-secrétaire des affaires étrangères, Peon de Regil. »

Ainsi se teriDÎna cette première tentative de corruption de la presse américaine par les agents du gouvernement de Maximilien établis à New-York.

La seconde eut lieu par l'intermédiaire d'un colonel américain nommé B. Estvan. Ce colonel, chevalier d'industrie d'une nouvelle espèce, se donnait, à tort ou à raison, comme le correspondant du Herald de Londres, de la Gazette (TAugsbourgy du Die Morgan Blatt, du Die AusUiîid de Stutgard, et d'un grand nombre d'autres journaux de l'Allemagne. Il avait présenté à l'archiduc un programme contenant les moyens à employer pour dominer les mauvais vouloirs de la presse américaine; ce programme avait été accepté, et M. Castillo, alors ministre des affaires étrangères par intérim, avait profité de la circonstance pour adresser à son maître le rapport ci-dessous :

a Mexico, A janvier 1866.

)) Sire,

» Conformément au programme de M. Estvan, programme accepté et recommandé par V. M., et vu la nécessité urgente où nous sommes de nous servir de la presse américaine pour amener en ce pays la reconnaissance de Tempire, j*ai l'honneur de soumettre ce qui suit ù sa sanction souveraine.

» Je prie V. M. de vouloir bien autoriser le S. secrétaire des finances à ouvrir sur les fonds secrets un crédit extraordinaire de 90,000 francs au ministère des affaires étrangères. Ces 90,000 fr., avec la permission de Y. M. , se diviseront en deux sommes. La première, forte de 40,000 fr., sera envoyée à M. Mariano Degollado, agent confidentiel de Tempire à New-York, ou à toute autre personne que Y. M. désignera, pour être délivrée par portions au colonel chargé des démarches à entreprendre aux États-Unis au sujet de la presse, conformément aux offres qu'il a faites lui-môme à Y. M. Dès lors, il faudra prévenir M. Estvan que les 40,000 fr. dont il s*agit seront affectés aux subventions qui auront lieu pendant deux mois et demi , le gouvernement de Y. M. restant toujours libre de continuer ou de suspendre ces subventions en raison des résultats qu'elles auront produits. Quant aux autres 50,000 fr., ils serviront à assurer pendant deux années, au susdit Estvan, des appointements de 25,000 fr. par an, appointements qu'il recevra quand bien même, pour des motifs quelconques, on supprimerait In mission dont il est ohnrgé. Enfin, on devra remettre ces appointements ù l'intéressé aux

époques et dans la proportion que V. M. voudra bien désigner ellemême, ce qui, selon moi, pourrait se faire par anticipations qui auraient lieu de 4 en A mois.

» Le projet que j'ai Thonneur de soumeltre à V. M. a été revu et accepté par M. Langlais.

» Sire,

» Uintendant-général^ ministre 'par intérim défi affaires étrangères et de la marine,

» M. DE Castillo. »

Ce projet présenté par le S^' Estvan et accepté par un représentant du gouvernement français, avait donc pour but de soudoyer la presse américaine afin d'égarer par son moyen l'opinion publique aux Etats-Unis. Il fut adopté par Tarchiduc, revêtu par lui de toutes les formalités usitées en pareil cas et mis immédiatement à exécution, car à la date du 24 février de la même année nous avons trouvé la lettre qui suit écrite à M. Castillo par un nommé Borg, se disant chargé de la gérance du consulat de Tempire à New-York.

Consulat général de l'Empire mexicain à New- York. — Réservée^ — n" 67, -— négociation} d'une lettre de change de 41,600 fr.

New-York, U février 4866.

« Excellence,

» V. E. trouvera ci-joint le compte de vente de la traite de 41,600 francs qu^elle m*a adressée à mon nom, contre la caisse centrale de Paris, et qui a rapporté un produit net de 7,963 D. 63/iOO.

» Jusqu^à ce jour, j'ai remis au colonel Estvan, pour les fraisde la mission dont il est chargé, la somme de 1,000 D. en or, et 8,550 en papier. De cette manière, il reste encore à la disposition de ce monsieur 4,000 D. 27,400 en papier.

» Dieu Garde, etc..

Le chargé du Consulat ,

J. Borg. » A M. le Ministre des affaires étrangères Mexico.

Produit d*u7ie traite sur Paris de 44,600 fr, à raison de 5.22 4/2.

44,600 fr. vendus à raison de 5.22 4/2, produisent en dollars la somme de 7,963 63

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