‹ Documents parisiens du règne de Philippe VI de Valois (1328-1350): Extraits des registres de la (volume 2)Chapitre 16 sur 85 · Cayeux, Somme, arr. d'Abbeville, ch.-l. de cant · texte numérisé non relu

Cayeux, Somme, arr. d'Abbeville, ch.-l. de cant

10. Le Tréport, Seine-Inférieure, arr. de Dieppe, cant. d'Eu.

oocumurs XI 5

nous, voudrent ycelles fermement demourer à tous jours en leur force et yertu, sanz nulle corrupcion et sans venir ne fiatir^ venir encontre jamès, à nul jour ou temps avenir, par eulx ne par autre, par quelque cause, titre, art ou cautele que ce soit. Et depuis, les choses devant dites de Tacort, compaîgnie et convenances contenues et einssi faites, comme dit est es lettres dont mencion ci-dessus est faite du commencement et de la fin, contens et descors feust et ait esté meus entre lesdis Nicolas, Douce et Jehan Pelitte, d*une part, et ledit Angelin Beloce, d'autre, seur ce que yceulz Nicolas, Douce et Jehan disoient et maintenoient que ycelui Angelin, contre la teneur de Tacort, compaignie et convenances contenues es lettres dessusdites, estoit aies tout seul et sans l'asentement desdis Nicolas, Douce et Jehan, seur les pors de mer ; et il estoit acordé et avoit esté de par lesdîtes parties que ycelui Angelin n'y pourroit aler seul, sanz ce qu'il ne menast avecques lui l'un desdiz Nicolas, Douce ou Jehan, si comme il disoient. Seur lesquix pors de mers devantdis, ledit Angelin avoit traitié illeques, et acorda avecques lesdis marchans et poissonniers et pris de eulz obligacion et convenances pour soy et en son propre non, seul, de tous lesdis prouffîs, issues et emolumensqui de eulz et à eus, et du pourchas dessusdit, povoit et devoit issir et venir; laquele chose, ledit Angelin ne povoit fere ne devoit avoir fftite, fors tant seulement au prouffit de tous lesdis quatre compengnons, selonc la fourme et la teneur des lettres de l'acort, compengnie et convenances dessusdites. Et pour ce, disoient et avoient maintenu yceus Nicolas, Douce, Jehan, que ledit Angelin avoit et devoit avoir perdu entérinement tout le droit que il y povoit avoir et à eus devoit estre appliquié et acquis du tout. Le dessusdit Angelin disant et proposant pluseut^ raisons au contraire, à soy espurgier et délivrer de ce, en disant que bien et loiaument avoit fait ce qu'il avoit fait et pourchacié, et que boinement, ne proffitablement ne povoit avoir eu des dis marchans poissonniers, iiiens ne obligacions des proffis et emolumens dessus dis, que il entendoient et dévoient avoir d'iceus en nulle autre manière que prins les avoit, ja soit ce que il eust son effort, son pooir et son devoir fait, de l'avoir fait ou nom et pour eulz touz quatre dessusdis. Et tout ce qu'il en avoit fait en son non, que ce avoit esté et i'avoit fait pour le commun prouffit de eus tous ensamble et pour eschiver leur dommage, si comme ycelui Angelin disoit. A la parfin, les partie[s] dessus nommées, après plusieurs altercacions et raisons, tant d'une partie comme d'autre, pour bien de pais et d'amour, par le conseil de leurs amis à eschiver esclandre et toute matire de peraiz (sic) et de descc^rs, tant du temps présent, comme de et pour le temps avenir, se sont acordées et acordent encore ensamble, desorendroit, par la teneur de ces lettres seur tous et de tous les descors dessus devises, en la fourme et en la manière

qui s'ensuit. C'est assavoir : que ledit Ângelin a volu et acordé desorendroit, de sa bone volenté, que tous les prouffis, issues, courtoisies et emolumens qui pevent et doient venir tant à lui comme aus dis Nicolas, Douce et Jehan Pelitte, si comme dessus est dit, des personnes marcheans et poissonniers de mer dessusdîs, pour les causes et raisons dessus devisées, desores en avant, soient communes et ordenéès entre lui et yceulz Nicolas, Douce et Jehan, si comme dit est par dessus, en quelque manière que il leur puissent estre ou soient deues, non contrestant ce que lesdites personnes, marcheans et poissonniers de mer se soient obligiez envers ycelui Angelin, seul et en son propre non à paier deus deniers ou certaine redevance pour chascun panier de poissons qu'il amèneront ou feront amener pour vendre es halles en ladite ville de Paris, et que tous lesdis prouffis, issues, courtoisies et emolumens leur appartiegnent â chascun pour telle porcion et ordenance, comme il est contenu es dites lettres de Tacort, compengnie et convenances dessusdites. C'est assavoir : que ledit Angelin et ses hoirs et tous cens qui de lui ou de ses hoirs ont et auront cause desores en avant perpetuelement et hereditablement, à tous jours, en aient ou ait, doie et doient avoir des cinc parties les deus, et lesdis Nicolas, Douce et Jehan Pelitte et leurs hoirs et touz ceus qui de eus ou de leur hoirs, ont et auront cause hereditablement et perpetuelment, desore en avant, à tous jours, en aient et auront et doient avoir paisiblement et recevoir les autres trois parties. Derechief a volu et acordé ledit Angelin, voust encore, ottroie et acordé de sa certaine sience, par devant les clers, notaires jurés dessusdiz, tant comme par devant nous, que tel droit et tele action, entérinement, comme il peut et doit avoir pour cause des lettres et obligacions faites en quelque manière que ce soit à lui seul et en son propre non, de par les dessusdites personnes, marcheans et poissonniers de mer, pour les causes et raisons dessus de visées, soient et demeurent, dores en avant, perpetuelment et heredi* tablement à tous jours, generaument, communes entre eulz, au proffit et à l'utilité, tant d'ycelui Angelin, de ses hoirs et de tous ceus qui de lui ou de ses hoirs ont et auront cause, comme desdis Nicolas, Douce et Jehan, de leur hoirs et de tous ceus qui de eus ou de leur hoirs ont et auront cause, selonc la porcion et l'ordenance de chascune d'ycelles parties, si comme dit est ; tout aussi bien comme se que il feussent tous nommés, escrips et espesefiés esdites lettres et obligacions du don et de l'ottroy des personnes, poissonniers et marchans de mer dessusdis, et tout selonc la forme et la teneur des lettres, des convenances, compaignie et acors prumiers dites. Et tout ce que il en a levé jadiz et la possession et saisine qu'il en a autressi eue et receue, il confessa et recongnut de sa boine volenté, soy avoir levé, en et receu et avoir tenn et tenir ladite possession et saizine,

68 DOCniCBNTS PARISIENS

tant pour lui, comme pour lesdiz Nicolas, Douce et Jehan et en leurs propres noms, chascun selonc sadicte porcion ; et dès maintenant, ycelui Angelin, se plus grant droit ou action y avoit ou pooit avoir, leur en a fait et fait encore bonement et ioiament cession, otroy et transport, entérinement, perpetuelment, â tous jours et leur en a baillié et délivré du tout la possession et la saisine par devant lesdis clers, notaires jurés, tant comme par devant nous par le baill et la teneur de ces lettres ; c'est assavoir : à chascun pour sa porcion, sauf et réservé à lui la siene porcion, en la manière que dessus est devisé et qu'il est contenu esdites lettres d'acort, compaignie et convenances; et encore à plus grant seurté de ce, ledit Angelin a volu et acordé, veut encore, otroie et acorde de sa bone volenté, que toutes les lettres et obligacions quelles qu'elles soient que il a et peut avoir desdites personnes, poissonniers et marchans de mer soient comprises et toutes encorporées en yces présentes lettres, lesquelles sont et seront, par Tacort desdites parties, quatre fois escriptes de mot à mot et vaudra chascune et sera tenue pour original. Desquelles lettres chascun d'iceus Angelin, Nicolas, Douce et Jehan Pelitte en aura et doit avoir unes pour eulz aidier ou ceus qui de eus auront cause dores en avant ou temps avenir; desquelles lettres otroiés et bail liées desdites personnes, poissonniers et marchans de mer, lesquelles sont seelées du seel de ladite prevosté de Paris, la teneur de mot à mot s'ensuit en ceste manière :

A tous ceus qui . ces lettres verront, Hugues de Crusi, garde de la prevosté de Paris, salut. Savoir foisons que nous avons veu sis paires de lettres anixées les unes parmi les autres, seelées de pluseurs seaulz, saines et entières en escriptures et en seaulz, si comme il appert; desquelles la teneur de la première est telle :

A tous ceus qui ces lettres verront ou orront, li maires et li eschevins de la ville d'Estaples seur le mer, salut. Sachent tuit que, par devant nous vindrent en leurs propres personnes Simon Cointet, Laurens Sanson, Gilles frères, Thommas Tonnart, Julart Monnin, Baillieu le Brème, Bernart d'Estrece, Jehan Renier et Miquelet Goin, tous poissonniers, marchans de poissons de mer, faisans et representans la plus grant partie des autres marchans et compengnons poissonniers, des lieus, dont il sont frequentans la marchandise de poissons de mer en la ville de Paris, tous demourans en ladite ville d'Estaples, si comme il disent, tant en leurs propres nons comme es nons de tous leurs autres compaingnons poissonniers, à qui il touche et peut appartenir et touchier conjointement et deviseement ; et pour eus affermèrent en bonne vérité, que comme leur amé Angelin Beloce, bourgois de Paris, tant par lui comme par ses amis et â son pourchas, se soit bien et loiaument entremis et portés en leurs besoignes et à leurs requestes,.et mesmement quant à pourchacier et

DU RÈGNE DE PHILIPPE VI DE VALOIS. 6g

procurer par devers nostre seigneur le roy de France ou ses gens, à anichiler et mestre au néant les helebis et rabas que aucuns estaliers des halles de Paris leur fiiisoient de chascun de leurs paniers de poisson, sans ce que [de] tiex hellebis et rabas, hulz proffîs en venissent par devers nostre seigneur le roy ne à son commun prouffit de la ville de Paris, si comme il disoit; eus volans en partie les biens et services d'icelui Angelin, firent, ordenerent et establirent, font, ordenent et establisent, tant conjointement comme deviseement et ou non que dessus, leurs procureurs generaulz et messages especiaus, c'est assavoir : Jehan de Saint-Omer, mestre Michiel de Donchery et Jehan Bruneste, et chascun de eus porteurs de ces lettres, par soy et pour le tout, en telle manière que Vun de eulz ne soit de pire condicion de l'autre, quant à donner et otroier ou nom de eus et pour eus, ou nom que dessus, au dit Angelin, pour li et pour ses hoirs et pour cens qui de li auront cause, desorendroit, à tous jours, perpetuelment et heretableraent, en recompensacion des choses dessusdites et par don fait entre vis, sans espérance avoir de le rapeler ne de venir encontre à nul jour ou temps avenir, par quelque cause ou tiltre, art ou cautele que ce soit^ deus deniers parisis de chascun panier de poisson, quelque il soit, que il amèneront ou feront amener ou deschargier dores en avant es halles de Paris, â prendre et a recevoir par les mains d'ycelui Angelin, de ses hoirs ou de ceus qui ont ou auront cause de lui, de establir ycelui à ce £aiire, procureur sans rappeler, comme en leur propre chose, de obliger eus quant â ce, se mestier est, et tous leur hoirs, veuUans fréquenter dores en avant ycelle marchandise, ens es halles de Paris dessusdites, de faire en bonnes lettres audit Angelin, obligatoires â ce tenir, en telle manière et si forment qu'il doie soufBre audit Angelin, de supplier, de requerre par devers ledit nostre seigneur le roy, qu'il li plaise le don des deus deniers dessusdiz confirmer tant de fois que ledit Angelin le requerra, en telle manière et avant toute œuvre. Premièrement, le dessus nommé Angelin, ait par devers lui et mestre par devers les dessusdis poissonniers et marchans et en leur mains, bonnes lettres et bien parllans seelées du grant seel nostre seigneur le roy de France, selon la teneur et la fourme de la procuration sus ce faite, seellées du seel aus causes de la ville d'Estaples, en laquelle est contenu par mos exprès, que ou cas là où en feroit hellebic, dechies ou rabas aus dessus dis marchans ou poissonniers ou à leur hoirs, de leurs paniers de poissons qu'il aueroient amené es halles dessusdites, que dès là en avant, il ne feussent tenus de paier au roy ne à ses gens, en la boîte desdites halles le double coustume, fors que trois deniers et obole parisis tant seulement pour chascun panier, si comme il ont usé de paier anchienement ; que ensement, en ceste mesme manière, ou cas que dit est, se il amenoit, lidit marchant ne leur hoirs ne soient

yO DOCUMENTS PARISIENS

tenus de paier ne dt rendre audit Angelîn ne i ses hoirs, ne â celui, ne à ceus qui de lui auront les deus deniers dessusdiz, pour la cause de chascun panier, et generalment et especialment otroier, acorder, exercer et procurer toutes autres choses et chascunne par soy qui à celui don perpétuel et otroy seroient nessessaires et convenable, ja soit ce chose que elles requissent especial mandement et que lesdis marchans poissonniers et compengnons, tant conjointement comme diviseement, feroient quant as choses dessusdites et chascune d'ycelles et faire porroient, se il y estoient presens en leurs propres personnes; et à yceus deus deniers parisis dessusdiz de chascun panier donner et otroier, en la manière que dit est, audit Angelin et à ses hoirs et non à autres personnes, s'acorderent et otroierent les dessus diz marchans et poissonniers, pour ce qu'il furent souffisaument enfourmés par les lettres du prevost de Paris, seelées du seel de la prevosté de Paris, que ycelui Angelin, avoit de grant temps pou[r]sivi et pourchassié, à ses propres cous et despens, lesdis rabas, lachies et heliebis estre rabatus et du tout estre mis au néant; prometans pour eulz et ou nom que dit est, par leur seremens et par ta foy de leur corps pour ce baillié çn nostre main et d'abondant seur Tobligacion de tous leurs biens, tant meubles comme inmeubles, presens et avenir, lesquix desorendroit pour le temps venant, il ont sousmis et sousmettent encore du tout quant à ce, â la juridicion et contrainte de quelque justice, une ou pluseurs, sous qui il seront trouvés, que il ensamble, et chascun d'eulz, par soy et pour le tout et ou nom que dessus, desorendroit, ont et auront ferme et estable à tous jours, sans rapel, tout ce quanque par leurs devans diz procureurs ou pour l'un d'eulz, ou nom que dit est, et pour eulz, de toutes les choses dessusdites et de chascune d'ycelles sera recompensé, donné, otroié, supplié, lié, obligié, fet, excercé et par quelconques autres manières que ce soit, procuré. En tesraoignage de toutes les choses dessusdites et de chascune d'icelles, nous, maires et eschevins devant nommez, â la prière et â la requeste des devans diz compaignons, marchans et poissonniers, avons [mis] nos seaulz à cause, de la ville d'Estaples devant nommée à ces présentes lettres faites et données â Estaples en l'an de grâce mil CGC vint et cinc, le mardi vint et un jour, ou mois de jenvier.

La teneur de la seconde est telle :

A tous ceus qui ces présentes lettres verront et orront, li maires et li eschevin de le ville de Rue^ sus le mer, salut. Sachent tuit que, par devant nous, vindrent en jugement en leurs propres personnes Thassin L'Escot, Engeren Godart, Jehan Lange, Jaques Boulet, Richart Le Noirmant, Jehan Amiot et Guillaume Fere, touz voi-

Page 1