‹ Documents parisiens du règne de Philippe VI de Valois (1328-1350): Extraits des registres de la (volume 2)Chapitre 65 sur 85 · CLXXVIII · texte numérisé non relu

CLXXVIII

i337 (^* ^Oi janvier. Au Louvre, près Paris.

Philippe VI amortit, en feveur des Servîtes de Marie, une maison sise à Paris, rue Saint-Côme et Saint-Damien, que leur donna feu Yves de Moriaix, chanoine de Saint-Paul de Léon^ et leur abandonne en même temps un cens annuel de 20 deniers qui lui était dû sur cette maison.

(JJ. 70, n»« i85et 271.)

Phîiippus, Dei gratia Francorum rex, notum facimus universis tam presentibus quam futuris quod cum, sicut ex parte religiosorum fratrum Servorùm Sancte Marie * fuit nobis expositum, magister Evenus Boich^ utriusque juris professer, et Johannes Burelli de Peronna, executores testamenti seu voluntatis ultime defuncti magîstri Yvonis de Monte Relaxe, quondam canonici Leonensis, quandam domum que erat dicti defuncti sitam Parisius in vico Sanctorum Cosme et

1. Cette pièce complète et rectifie la note que consacre le P. Denifle aux Servîtes de Marie, dans son Chartularium Universitatit Parisiensis, t. II, p. 3x2 et 3i3. On voit qu'au mois de mai i328, dans un chapitre général de l'ordre tenu à Sienne, il fut décidé que ledit ordre ferait Tacquisition à Paris d'une maison où au moins quatre frères pourraient résider afin de pouvoir étudier. Dans une savante note, le P. Denifle montre que les différents auteurs qui s'occupèrent de cet ordre n'ont pu déterminer si les Servîtes eurent jamais un collège è Paris. Voici sa conclusion : Verisimiliter Parisiis nunçuam propriam domum ecclesiamque patsederunt, imo jam saec, XIV ut inquilini tantum aliorum morabantur, ibigue brevi tempore pedem posuenmt, V, etiam infra ad an, i346, martii 23, Il s'appuie sur cette pièce è laquelle il renvoie (p. 575) pour émettre l'idée qu'ils pouvaient être fixés à Paris comme locataires, car le pape Clément VI dit que les chapitres provinciaux de cet ordre choisiront les sujets qui étudieront à Paris toutes les fois qu'il sera opportun. D'après les lettres que nous publions, on voit qu'ils n'étaient pas simplement locataires, mais bien propriétaires d'un immeuble. Dans la Topographie historique du vieux Paris ^ t. VI, p. 178 et 3 1 1 , cette maison est appelée Hostel des Serviers^Nostre^Dame, On a confondu dans cet ouvrage les Serfs de la Vierge Marie qui s'établirent en 1258 rue de la Parcheminerie (plus tard rue des Blancs-Manteaux] avec les Servîtes de Marie. (Voy. en particulier, sur l'établissement des Servîtes de Marie à Paris, le travail des PP. A. Morinî et P. Soulier, Aîonumenta ordi* nis Servorùm Sanctae Mariae, Bruxelles, 1897, t. I, p. x5o et suîv.) A la p. 184 de ce volume ils ont publié la pièce que nous donnons.

2. Even ou Yvan Boich, Bohich ou Bouich, clerc du diocèse de Léon, était conseiller du chapitre de Paris et habitait rue Saint-Germain4'Auxerrois. (Le P. Denifle, Chartularium Universitatis Parisiensis, t. 11^ p. 5ii et 665.)

DU RÈGNB DB PHILIPPB VI DB VALOIS. djS

Damiani^, ex opposito domus scolarium de Haricuria' et contiguam ex una parte grangie que est Pétri Pastillarii et ejus uxoris, et ex altéra parte, cuidam dotnui que est dictorum scolarium, et pretenditur dicta domus defuncti predicti usque ad vicum Lathomorum', et pro qua debentur nobis anno quolibet viginti et unus deaarii annui et per* petui census, in puram et perpetuam elemosinam concesserint et donayerint fratribus antediais, supplicaverintque nobis dicti fra« très, ut domum predictam eis amort^zare vellemus intuitu pietatis. Nos eorum supplicacioni super hoc annuentes, pro remedio et salute anime nostre, concedimus de gratia spécial! quod fratres ipsi eorumque successores, domum predictam tenere possint imperpetuum pacifice et quiète, absque coactione vendendi vel extra manum suam ponendi, et absque prestacione fînancie cujuscumque nobis aut nostris successoribus faciende, quam una cum predictis viginti et uno denariis census annui et perpetui, eisdem fratribus graciose remittimus et quittamus, ut pro nobis et pro statu pacifîco regni nostri, Créatori omnium preces et oraciones devotas e£Fundere perpetuo teneantur, nostro in aliis et alieno in omnibus jure salvo. Quod ut ratum et stabile perpetuo perseveret, presentibus litteris, nostrum fecimus apponi sigillum. Datum appud Lupperam juxta Parisius, anno Domini M^ CCC<> tricesimo sexto, mense januarii.

Per dominum regem.

Barrière.

/ i337 (n. st.), février. Poissy.

Lettres de Philippe VI autorisant les religieux de Sainte-Croix de Paris à

échanger avec Marie Laugière, bourgeoise de Paris, 102 s. 6 d. p. quMls

prennent sur deux maisons de Paris, contre 106 s. de rente que ladite

Marie prend chaque année sur leur nouveau monastère et sur leurs

maisons.

(JJ. 70, tf 147.)

Philippe, par la grâce de Dieu roy de France, savoir faisons à touz

1. Le nom de rue de Saint-Gôme et Saint-Damien était donné à la partie supérieure de la rue de la Harpe, depuis la rue des Cordeliers jusqu'à la porte Saint-Michel. Cette distinction, déjà constatée au xni* siècle, subsistait encore au xvii*. (Jaiilot, op. ciï., t. V, quartier Saint-André-des-ÂrtSy p. 74, et Topographie historique du vieux Paris, t. V, p. SgS.)

2. Sur le collège d'Hàrcourt, aujourd'hui le lycée Saint-Louis, et sa fondation, voy. H.-L. Bouquet, r Ancien collège dTHarcourt et le lycée Saint' Louis. Paris, Delalain, 1891, in-8*.

3. La rue des Maçons, appelée aujourd'hui rue Champollion, allait de la rue des Mathurins (aujourd'hui rue du Sommerard), à la place de la Sorbonne.

%j6 DOCUMENTS PAU8IEN8

presens et avenir, que comme pour {sic) noz autres lettres* seellées en cire vert et en iaz de soye, lesquelles nous avons veues, nous aions amorti à noz amez en Dieu les religieux, le prieur et les frères de Sainte Croîz de Paris, nuef livres deux solz six deniers parisis, que Perronneiie la Flamenche et Guibourt d'Estampes, bburgoises de PariSy avoient donné en aumosne à yceulz religieux et à leur église, à touz jourz mais, desquelles nuef livres deux solz et six deniers parisis, il en y a cent et deux solz et six deniers parisis assis sur deux maisons; c'est assavoir : soissante solz parisis sur la maison que Ten dit Marteriau, séant de lez Teglise de Saint Jehan en Grieve, tenant, si comme elle se comporte devant et derrières, à la maison du curé de ladite église, et quarante et deux soulz et six deniers parisis sur une maison de Jehan de Mont Cornet, chapelier, séant sur le coing de la Heaumerie, en la Grant Rue de Paris ^, si comme en nozdites lenres est plus à plain contenu; et lesdiz religieux nous aient humblement supplié que nous leur veulliens ottroier que desdiz cent et deux soulz et six deniers parisis, il puissent £ure eschange avec Marie Laugiere, bourgoise de Paris, à cent et six soulz de rente que elle prant et a chascun an sur leur nouveau moustier et sur leurs maisons, laquele rente muet de eulz et est de leur censive, si comme il dient. Nous, enclinans à la supplicacion desdiz religieux, pour le salu et remède des âmes de nous, de nostre très chiere compaigne la royne et de noz prédécesseurs et successeurs, leur avons ottroié et ottroions de gritce especiai, de certeine science et en aumosne, pour nous et nozdiz successeurs roys de France avenir, que lesdiz cent et deux soulz et six deniers parisis il puissent transporter, bailler et eschanger à ladite Marie pour ladite rente que elle prant et a sur leursdiz nouveau moustier et maisons, comme dit est, et que ycelle Marie et ses hoirs et cens qui de elle et sesdiz hoirs, ou de l'un de eulz auront cause, puissent tenir et tiegnent perpetuelment et paisiblement les dessusdiz cent et deux soulz et six deniers parisis, sanz estre contrainz de les vendre ne mettre hors de leurs mains et sanz paier pour ce à nous ne à nozdiz successeurs roys de France avenir finance quelque elle soit, laquelle nous leur quittons de nostredite grâce. Et que ce soit ferme et estable à touz jours mes, etc.

Donné à Poissi, l'an de grâce mil CGC trente et six ou mois de février.

Par le roy.

Gharrolles.

I. Voy. ci-dessus, p. 167, n* CIV, les lettres du mois de juillet i33a. a. Rue Saint-Denis.

DU rAoNE DB PHILIPPE VI DB VALOIS. I77

1337 (n. st.), février. Paris.

Philippe VI confinne des lettres de Philippe V (mars i32iy n. st.), Philippe III (mars 1277, n. st.) et Louis VII (1160), par lesquelles ils concèdent è Thèce, femme d'Yve la Choe^, et à ses hoirs la maîtrise des tanneurs, baudroyeurSy sueurs, mégissiers et boursiers de Paris, et le domaine du guet de cette ville, les exemptent en outre de toute coutume, de la taille et de la tolte et ne les rendent justiciables que du roi >.

(JJ. 70, n* i52.) Pçr vos.

Molinis.

1337 (n. st.), février. Villeneuve-Saint-Georges.

Philippe VI donne à son chambellan, Jean d'Andresel, une maison et deux petites maisonnettes sises è Saint-Paal, près Paris, qui avaient appartenu è feu Thomas de Cabour.

(JJ. 70, n» i53.)

Philippe, par la grâce de Dieu ro3rs de France, savoir faisons i tou2 presenz et avenir que comme pour cause des debtes es queles estoit tenuz à nous feu Thomas de Cabour 'ou temps qu'il vivoit, touz les biens dudit Thomas soient ou doient estre appliquez à nous, et encore ne souffisent à faire satisfaccion entérine de ce que il nous devoit, si comme nous avons entendu. Nous, consideranz les bons et agréables services que nostre amé et féal chevalier et chambellant Jehan d'AndreseP nous a faiz longuement et loyaument et £eiit

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