X INTRODUCTION
Cependant, quelquefois, ainsi que nous l'avons déjà vu à pro« ]X)s de Pierre Rémi, ces biens servent à payer des dettes* ou des gages arriérés^, ou sont rendus en totalité ou en partie aux parents des condamnés pour les empêcher de tomber dans la misère^. Il arrive parfois aussi qu'une personne condamnée à perdre ses biens était dans la suite l'objet d'une lettre de rémission, après que ce qu'elle possédait avait été déjà donné en totalité ou en partie. Dans ce cas, le roi, ou rend à celui qui est réhabilité les possessions déjà cédées à d'autres et donne à ces derniers des compensations^^ ou, dans les lettres de rémission, spécifie qu'il ne pourra rentrer en possession de ce qui a été déjà distribué*.
Si des lettres nous montrent que ces donations pouvaient être refusées*, d'autres témoignent, au contraire, qu'elles étaient convoitées. C'est ainsi que, le i6 juin 1347, le roi promit à son chambellan, Louis de Beaumont, la première maison qui pourrait lui échoir à Paris, par forfaiture ou autrement^. Nous voyons, en effet, en plusieurs circonstances, le roi recueillir des héritages non seulement de bannis ou de suppliciés, mais aussi de personnes décédées sans héritiers^. Dans d'autres cas, des maisons sont acquises au roi pour lui rembourser des dettes contractées envers lui ^, ou même pour « certaines et justes causes » qui ne sont pas spécifiées dans les lettres*®.
Outre ces dons faits à l'aide de ces confiscations, nous devons
3. N*' 5o, 23a. Voy. aussi n* 122, restitution à la ville de Tournai de l'hôtel qu'elle possédait à Paris.
6. N* 175. Ceux auxquels ces maisons étaient offertes se montrent quelquefois bien perplexes et indécis. On voit ainsi Blanche de Bourgogne, comtesse de Savoie, accepter, en i333, une maison de l'archevêque de Lyon, puis, le 27 avril i339, la refuser et en prendre une autre, et enfin se raviser et la reprendre au mois de mai (n* 211). Voy. aussi n* 411.