Amédée V, mort le 16 octobre i323 à Avignon
8o DOCUMBMTS PAMSIBNS
de ses gens, depuis l'an mil CGC vint et deus darrenierement passées, et de certain et fin compte fait dudit monseigneur le conte Odouart audit Gilebert, sanjE nulle fraude, decevance ou erreur, et sans nul villain acquest, si comme ledit monseigneur le conte Odouart le confessa, et s'en tint à bien paiez et acgreez. Et pour ce que la droite et pure volenté estoit dudit monseigneur Odouart acquitter l'âme, les debtes et le fait de sondit cher père, lui aussi, et ladite somme desdites dis mile livres tournois paier audit Gilebert, à ses hoirs et à ceuls qui ont et auront cause de lui, si comme affirma de vérité estre y tenus du faire ; lui, sur ce bien avisé, de son bon gré et de sa certaine science, pour son grant et évident proufit et par son conseil, o grant deliberacion, pour ce, ycellui monseigneur Odouart présent et establi par devant nous, recognut et confessa en droit, lui avoir baillié, quittié, ottroié et du tout en tout delaissié audit Gilebert Lescot, à ses hoirs et à ceus qui ont et auront cause de lui, desorendroit transporté jusques au temps, au jour et à l'eure que ycellui Gilebert, ses hoirs ou ceus qui ont et auront cause de lui, seront du tout enterignement et parfaitement paiez et aggreez desdites dis mile livres tournois deues pour les causes devant dites et des couz, despens, dommages, mises, journées et înterès qui fais et encorus en pourront estre, toute la chastellerie et visconté de Maulevrier^ les terres, proufis, yssues, revenues et emolumenz quelconques que ledit monseigneur le conte Odouart avoit, povoit et devoit avoir en ladite chastellerie, visconté et ressort et es appartenances d'icelles, soit en fies ou arrierefiez, en cens, rentes, en bois, prez, en quins deniers, en rachas, en ventes, en saisines et en toutes autres choses et droitures, quelles que elles soient et comment que elles soient nommées et appellées; avecques ce, toutes les forfaitures, amendes ou droitures en justice et en seigneurie qui pevent ou pourroient venir ou escheoir tout ledit temps durant, en quelque forme, manière ou condition que ce soit ou feust, sanz aucune chose excepter ne à lui retenir, à avoir, prenre et recevoir par ledit Gilebert, par ses hoirs, par son commandement ou par ceus qui ont et auront cause de lui se il decheoit ledit temps durant, que ja n'aviengne, etc..
Et est assavoir que ledit monseigneur le conte Odouart acorda, promist et enconvenança au devant dit Gilebert, à ses hoirs et à ceus
I. Maulevrier, Seine-Inférieure, an*. d'Yvetot, cant. de Caudebec. Cette terre fut donnée à Amédée V par Philippe le Long; elle fut longtemps possédée par la maison de Savoie. Voy. Ordonnances des rois de France, t. IV, p. 686, lettres de Philippe VI du mois de juillet i334 accordant au comte de Savoie que la vicomte de Maulevrier ainsi que toutes ses autres possessions en Normandie ressortiraient dorénavant sans moyen au Parlement de Paris et non à Téchiquier de Rouen.
DU RÈGNE DB PHILIPPE Vl DE VALOIS. 8t
qui de lui auront cause, que il mettra et establira pour sa }oustice et seigneurie que il a aus diz iieus garder, deffendre et exercer ses drois, ses causes et ses querelles ou nom de lui et pour li, par tout où il appartendra, regardans lesdites choses et les dépendances d'icelles, aus perilz dudit monseigneur le conte Odouart, baillif, procureur et autres gens, sanz le droit dudit Gilebert, de ses hoirs et de tous ceus qui ont et auront cause de lui amenuisier, et sanz leur condition estre pire ; mais pour proufiter et amender, ycelles bonnes personnes et loyaus, agréables audit Gilebert, a ses hoirs et à ceus qui ont et auront cause de lui et non autres qui bien et souffisaument garderont, deffendront et exerciteront la juridiction et les drois dudit monseigneur le conte et les drois des dessusdis, establis par tout le temps dessusdit, aus propres couz, perilz et despens dudit monseigneur le conte ; liquiex baillis et autres establis de par ledit monseigneur le conte feront sairement audit Gilebert, à ses hoirs et à chascun par soy, à leur commandement ou à ceus qui cause auront de euls, que riens ne recevront ne ne recelleront des choses dessusdites, bailiiees, ne empeescheront ou amenuiseront, ainçois leur esclarciront leur droit et leurs amendes partout où elles seront, ne point ne les cargeront ne délaieront, ainçois les taxeront et jugeront, ou feront jugier et taxer, selonc la coustume du païs et serviront, et si porteront bien et loialment, appelle ayecques euls le receveur desdis Gilebert, de ses hoirs et de ceus qui ont et auront cause de lui, sanz lequel il ne le pevent, pourront, ne ne devront faire ; et les feront venir par devers ledit Gilebert, sesdis hoirs, ou ceus qui cause auront de lui pour les prendre et recevoir par leur main ou par leur commandement, et contraindront les debteurs, se il en sont requis des dessusdis establiz ou de Tun de euls, et obeïront à euls ou à l'un de euls, toutes fois que requis en seront; et pour ce que ledit monseigneur le conte estoit paiez desdites dis mile livres tournois es causes dessusdites, et que il estoit loing du lieu et pourroit estre son baillif délayé du paiement de ses gaiges, et ses gens qui ses drois garderont avoir defifaute des deniers que il esconvendra pour son droit garder et ses causes et querelles soustenir, le dit Gilebert Lescot, ses hoirs et ceus qui en ce ont et auront cause de lui, bailleront pour ledit monseigneur le conte et en son tiom, au baillif dudit monseigneur le conte, pour ses gaiges et à ses gens que il mettra et establira pour ses drois, ses causes et querelles soustenir, et pour les reparacions en ses chastiaus et manoirs de sa dite terre de Maulevrier, tout ce qui est acoustumé à bailler et qui, de raison, faïudra à bailler chascun an durant ledit temps, pris et eu sus lesdis emolumenz; les quiex gaiges, deniers et reparacions pour chascune année, se bailliées estoient, ou tant comme baillié en sera desdiz establiz ou de l'un de euls, si comme il apperra par lettres de recognoissance de ceus qui ce recevront ou auront receu dudit
D0CU1IBNT8 XI 6
coote, OU de ceus qui de par lui y seront députez^ ledit monseigneur le conte promist rendre et paier en la un dudit temps^ sanz point de délai et enterignement, ne ne se partiront lesdis GÛeberty ses hoirs, leur commandement ou les aians cause de euls ou de l'un de euls, dudit bail, )usques à tant que paiez seront; ainçois le tendront ju^ues alors qui seront paiez de ce qu'il apperra que baillié auront, si comme dit est etc..
Nous aprouYons U rasure qui est dessus escripte, qui dit ainsi ; Odouart, baillif, procureur et autres gens, sanz le droit dudit Gilebert, de ses hoirs et de touz ceus qui ont et auront cause de lui, amenuisier et sanz leur condition. En tesmoing de toutes lesquelles choses dessus escriptes, nous, à la requeste dudit monseigneur le conte faite à nous sur ce, avons mis en ces présentes lettres le seel de la prevosté de Paris, avecques le grant seel dudit monseigneur le conte duquel il a acoustumé à user et use en sa dite conté et en ses besoignes, aprouvé par devant nous et si comme ledit conte le confessa, acordées et données Tan de grâce M CGC vint et huit, le vendredi vi jours ou mois de may.
Nos autem, omnia universa et singula suprascripta, rata et grata
habentes, ea volumus, laudamus, et approbamus, et nostra auctori-
tate regia, tenore presentium confirmamus, nostro et alieno in omni*
bus jure salvo. Quod ut ratum et stabile perseveret, litteris presenti-
bus nostrum fecimus apponi sigillum. Datum Parisius, anno Domini
millesimo CGC* vicesimo nono, mense januariL
Per vos.
Guichardus.
i33o (n. st.), janvier. Bois de Vincennes.
Lettres de Philippe VI, par lesquelles il réunit en un seul hommage différents biens acquis par Jean Billouart, maître de la Chambre des comptes, au Bois d'Éron et près de Tournant, et tous les autres fiefs qu*il peut posséder et qui relèvent de lui.
(JJ. 66, n* i85.)
Philippe, par la grâce de Dieu rois de France, savoir fisiisons â touz presens et avenir, que, comme nostre amé et féal Jehan Billoart, bour* gois de Paris, maistre de nostre chambre des comptes, ait achaté les héritages qui s'ensuient, mouvans de nostre fié ; c'est assavoir : de Symon Des Ghamps, escuier, une pièce de bois contenans trente arpens, trois quartiers et demy, ou lieu que l'en dit le Bois d'Eron, lez la route de Ferrieres. Itenij de Giefroy Gocatriz et de sa famé, neuf vins sis arpens de bois. Item, de Jehan et Raoul de Sevré,
frères, soyssante et quatorze arpens de bois. Item^ de Odart de Brais et de sa famé, cent et dis arpens de bois seans lez le molin de Pontinel. Item y de Symon de Vemuiel et de Odart des Barres, quarante arpens de bois lez Tournant ^ ou lieu que l'en dit Cul Oïlyert ; duquel achat le pris monte neuf cenz soissante dis livres huit soûls parisis. Nous, les dessu.s diz fiez et touz les autres que il tient de nous, quelque part qu'il soient, li avons mis et mettons, de nostre grâce especial et pour consideracion du bon service qu'il a feità noz devanciers et à nous et qu'il nous fait chascun jour, à un seul hommage, lequel, li, ses hoirs et ses successeurs seront tenus à £ûre à nous, à noz successeurs rois de France, à touz jours mais, senz. ce qu'il soient tenuz ne constrains à en âiire plusieurs et divers homages, et le dit hommage il nous a }a fiiit, lequel nous avons receu de luy. En tesmoing de laquelle chose, et que elle soit ferme et estable à tôuz jours mais, nous avons feit mettre nostre seel en ces lettres. Donné au Bois de Vincennes, Tan de grâce mil CGC vint et neuf, ou mois de janvier. Par le roy, à la [rela]cion le seigneur de Noyers.
Barrière.
i33o (n. st.), mars. Saint-Christophe-ea^Halate.
Philippe VI donne à Robin Hueline, sommelier de corps de la reine, pour lui et ses successeurs, une maison confisquée sur Pierre Rémi, sise à Paris au Bourg-Tibourg, et ce, malgré la réclamation de Hue Aubert, bourgeois de Paris, qui la revendiquait.
(JJ. 66, n* 71.)
Philippe, par la grâce de Dieu roy s de France, savoir fesons à touz presenz et avenir, que, comme pour consideracion des bons services que nostre amé Robin Hueline, sommelier de cors de nostre très diîere compaigne la royne, a âiiz à nous et à li et fait uncores chascun jour, nous li avons donné pour li, pour ses hoirs et pour ceus qui auront cause de li, i touz jours mais, une meson séant à Paris, ou Bourc Thiboust ', qui fiist jadis Pierre Remy, de cuî forfaiture elle nous vint, tenant d'une part à la meson Renier Denneel et d'autre part aux heirs feu Raoul Boursete, et est chargée de deux souz parisis de fonz de terre, deuz chauscun an [au] prieur de Saint Eloy de Paris, en qui fié ladite meson est assise, si comme il est plus plainement