Rue des Mathurins, aujourd'hui rue du Sommerard
4. Cette partie de l'ancienne rue de la Harpe a aujourd'hui disparu par suite du percement du boulevard Saint-Michel ; elle allait autrefois du coin de la rue Saint-Séverin à l'ancienne place Saint-Michel, en face de la rue Soufflot actuelle.
5. Les comtes de Harcourt avaient un hdtel situé rue des Mathurins, en hce des Thermes, entre la rue des Maçons, aujourd'hui rue Champollion, et l'ancienne rue Coupegueule, déjà disparue au zvui* siède. (Jaillot, op. cit,, quartier Saint-André, t V, p. 98, et Topographie historique du vieux Paris, t. VI, p. 307.)
228 DOCUMRNTS PARISIENS
i335, octobre. Chartres.
Lettres de Philippe VI autorisant Simon, dit le Grant, d*Yenvilley et Jeanne, sa femme, fille de feu Geofiroi Coquatriz et de Marie, à accepter leur succession sous bénéfice d'inventaire.
(JJ. 69, n* 207.)
Philippe, par la grâce de Dieu, roys de France, savoir faisons à touz presens et avenir que nous, enclinans en ceste partie à la supplicacion de noz amez maistre Symon dit le Grant, d'Yenville, et Jehanne sa famé, jadiz fille feu Geuffroy Coquatrix, et de Marie, sa famé, avons ottroié et ottroions ausdiz maistre Symon et Jehanne, de grâce especial, par la teneur de ces présentes lettres, que il se puissent tenir et porter comme hoirs desdiz feu Geffroy et Marie, père et mère de ladite Jehanne pour telle porcion comme à eulz, pour cause d'ycelle Jehanne puet appartenir, et de ycelle porcion, tant de meubles comme de héritages, prendre et entrer en possession par bénéfice de inventoire en telle manière que, ou cas que il seroit trouvé que lesdîz feu Geffroy et Marie feussent tenuz à nous ou â autres personnes quelles que elles soient, de sommes d'argent ou d'autres choses, que lesdiz mestre Symon et Jehanne, sa famé, ou leurs hoirs, ne soient tenuz, ne ne puissent pour ce estre contrainz à plus grant somme que ledit inventoire contendra et que, par rendent ce qu'il en auront ainsi receu, eulz et leurs hoirs soient et demeurent quittes, non obstant que trente jours et autre cours de temps soient passés depuis la mort des dessusdiz feu Geffroy et Marie, et non obstant usage ou coustume au contraire, iesquiex de certainne science, de nostre auctorité royal et de nostre plainne puissance, nous cassons et adnullons et mettons du tout au néant. Et que ce soit chose ferme et estable à perpétuité, nous avons fait mettre nostre seel en ces présentes lettres.
Donné à Chartres, Tan de grâce mil CCC trente cinq ou mois d'ottembre.
Par le roy. Barrière.
i335, octobre. MontcoUin.
Philippe VI, à la requête du prieur et des frères de Sainte-Croix de Paris, amortit 20 1. p. de rente annuelle, qu'ils constituent en faveur du curé de Téglise paroissiale de Saint-Jean-en*Grève.
(JJ.69, n« 283.) Philippe, par la grâce de Dieu, roys de France, savoir faisons à touz
presenz et avenir, que à la supplicacion de nostres amez en Dieu, le prieur et les frères de Sainte Croiz de Paris, de Tordre Saint-Augus* tin, qui nous ont fiait plaine foy que il sont obligiez asseoir, dedenz bien prochain terme, vint livres parisis de rente annuel et perpétuel an curé de l'église parrochial de Saint Jehan en Grève a Paris, par certaine composicion faite entre yceus supplians, d'une part, et le curé qui estoit pour le temps de ladite église parrochial, d'autre part, pour cause de oblacions, obsèques, habitacion dudit lieu qui est assiz en la paroisse de ladite église de Saint Jehan et des aumosnes que plusieurs genz font en seur an ausdiz supplîanz et à leurdite église ; desquelles vint livres parisis de rente, ledit curé qui ores est ne ses successeurs curés avenir de ladite église parrochial ne pourroient tenir sanz amortissement. Nous, pour l'accroissement du divin service et pour le salu des âmes de nous, de nostre très chiere cornpaigne la royne et de noz prédécesseurs et successeurs, de grâce especial et de nostre plain povoir royal, avons ottroié et ottroions pour nous et pour nosdiz successeurs roys de France avenir, ausdiz supplians, que lesdites vint livres parisis de rente annuel et perpétuel acquises ou à acquerre par eulz, ensemble ou par parties, quelque part que il pourront miex, sanz fié et sanz haute justice, il puissent bailler et transporter au curé de ladite église de saint Jehan en Grève, et que ledit curé et ses successeurs qui seront pour le temps curés de ladite église parrochial, puissent tenir et tiengnent paisiblement à touz jours maiz ycelles vint livres parisis de rente, sanz ce que il soient ne puissent estre contrainz de les vendre ou mettre hors de leur main et sanz ce qu'il soient tenuz de paier pour ce à nous ou à nozdiz successeurs roys de France finance quelle que elle soit. Et que ce soit ferme et estable à touz jours, etc..
Donné à Mont Colain^, Tan de grâce mil troiz cenz trente cinq, ou mois d'octobre.
Par le roy, présent son confesseur.
Charroles.
i335, novembre. Paris.
Philippe VI, en confirmation d'une lettre de Charles le Bel du i*' janvier 1326 (n. st.), amortit en faveur de Pierre des Essars 52 1. 8 s. 7 d. p. de rentes assises sur différentes maisons de Paris pour lui permettre de fonder deux chapellenies en l'église Saint-Germain-l'Auzerrois.
(JJ. 69, n* 160.) Philippe, par la grâce de Dieu, roys de France, savoir faisons à
I . Montcaulin ou Montcollin, près de Bonnétable, Sarthe, arr. de Mamers,
a30 DOCUMENTS PARISIENS
touz presenz et avenir nous avoir veu les lettres de rostre très chier seigneur et cousin le roy Charles, que Diez absoille, scellées en soie et en cire vert, contenant la fourme qui s'ensuit :
Karolus, Dei gratia Franoorum et Navarre rex, notum facimus uni* versis tam presentibus quam futuris, quod nos, ad supplicationem dilecti Pétri de Essartis^ argentarii et valleti nostri, proponentis certas
ancien prieuré de Bénédictins situé sur la lisière occidentale de la forêt de Bonnétable, de l'ancienne paroisse de Saint-Georges-du-Rosay. Il n^en subsiste plus que des ruinçs aujourd'hui. (Pesche, Dictionnaire topographique, historique et statistique de la Sarthe, t. I, p. i8i, et t. IV, p. 144.)
I. Pierre des Essars, argentier de Charles IV, avait épousé en premières noces une femme nommée Thomasse, qui mourut entre 1 328 et i33i.(Voy. ci-dessus la pièce n* LXXIV.) Avec sa première femme, il avait acquis avant le 7 juillet i3i6 un vaste terrain prés du chemin du Roule appelé la Culture-PÉvéque, terrain qu'il donna en 1342 aux Quinze-Vingts. (Berty, Topographie historique du vieux PariSj t. I, p. 286.) Il était alors remarié à une femme appelée Jeanne et qualifié de bourgeois de Paris et de conseiller du roi. Ce Pierre des Essars, qui mourut entre le 5 février et le 3o septembre i349 (Le Grand, Us Quinze- Vingts^ dans les Mémoires de la Société de l'Histoire de Paris, t. XIII, p. 162), est certainement le même que le personnage du même nom souvent mentionné dans les Journaux du trésor de Philippe de Valois et qui prêta fréquemment de l'argent au roi. Noos voyons, en effet, d'après une mention du i3 janvier i35o, qu'il était mort avant le 18 octobre 1349, car à cette date le procureur de sa veuve et ses exécuteurs testamentaires donnent des lettres (n"' 3742-3743). C'est également ce Pierre des Essars qui fut le beau-père d'Etienne Marcel. Ce dernier avait, en effet, épousé Marguerite, fille d'un Pierre des Essars dont la veuve s'appelait Jeanne et qui était mort avant le 18 novembre 1349, laissant des enfants mineurs. (Le Grand, la Veuve d* Etienne Marcel, dans le Bulletin de la Société de F Histoire de Paris, 1897, p. 141 et 142.) C'est la mémoire de ce même Pierre des Essars, bourgeois de Paris et maître de la Chambre des comptes, que Jean le Bon réhabilita dans ses lettres du 17 février i352. (Ârch. nat., JJ. 81, n* 199.) Une note du ms. 3o35, p. 5i, de la bibl. Mazarine nous apprend que c'est le 25 octobre 1347 ^^^il f^^ arrêté et emprisonné. Son nom revient très fréquemment dans les Journaux du trésor de Philippe de Valois et dans VOrdinarium Thesauri de 1 338-1 339. (Voy. en particulier les n" 218, 266, 267, 275, 281, 5277, 6278, 5394, 566i, etc., de la publication que nous avons faite de ces Journaux dans la Collection des documents inédits.) Il faut le distinguer d'un Pierre des Essars tué à la bataille de Crécy et dont la veuve Jeanne, remariée à Jean de Charny, conseiller du roi et président en la Chambre des comptes, mourut le 8 mars 1392 et fut inhumée en l'église Saint-Gervais. (Lebeuf, op, cit., éd. Cocheris, p. 339.) Nous avons trouvé encore un Pierre des Essars qualifié de voyer de Paris le 17 janvier i335. (Arch. nat., Xia 8846, fol. 43 r.) Est-ce un des deux personnages dont nous venons de parler ou est-ce encore un troisième ? nous ne saurions le dire. (Voy. aussi Douét d'Arcq, Nouveau recueil des comptes
DU RÈGNB DB PHILIPPE VI DB VALOIS. sSl
capellânias selo superni Numinis ac intime devotionis affectu, in ecclesîa Sancti Germanî Autissiodorensis, Parisius^, construere, et eas de bonis sibi a Deo coUatis dottare. Ipsius laudabile propositum in bac perte merito commandantes, predecessorumque nostrorum qui semper votis ardentibus ecclestas et eanindem statum totis cognatibus sublima runt, vestigiis inhérentes, eidem Petro, de speciali gratia et ex certa scientia concedimus, ut ipse ad summam quinquaginta librarum parisiensium annui et perpetui redditus, in dictarum fundatione capelianiarum seu in alios pios usus convertandam, ut sibi et anime sue utilius et comodius expedire videbitur, simul vel divisim yaleat erogare, ita tamen quod pcrsone que hujusmodi redditum modo quo premittitur tenebunt, iilum possidere vaieant, absque coactione vendendi vel extra manum suam ponendi, quodque nobis, aut successoribus nostris futuris Francorum regibus, fînanciam vel redebenciam aliqualem exinde solvere nuUatenus compellantur. Quod ut firmum et stabile permaneat, etc..
Datum apud Sanctum Germanum in Laya prima die Januarii anno Domini millesimo CCC»^ vicesimo quinto.
Et comme ledit Pierre des Essars, par la vertu des lettres royauls ci*dessus transcriptes, ait fundé pour les âmes de li, de feu Guarin de Senliz, de leurs femes et de leurs amis, deux chapellenies en Teglise Saint Germain l'Aucerroys de Paris, sus certaines maisons et rentes en ladite ville de Paris, en la manière qui s'ensuit ; c'est assavoir : sus la maison Jehan le Fort, en la Viex Monnoie', après trois maailles de fons de terre, soixante treze soulz six deniers parisis. Item^ sus la maison Nicolas Paillart, en la Charronnerie ', après vint
de Vargenterie des rois de France^ préface, p. xv, la note consacrée à Pierre des Essars, argentier de Charles IV.) Nous y corrigerons quelques erreurs qui tromperaient dans les identifications des différents personnages de ce nom. Les pièces des Arch. nat. J. i5i, h** 53 et 55, ne sont pas de i320, mais de i33i. Enfin, les lettres de rémission de Jean le Bon que nous avons signalées furent bien données après la mort de Pierre des Essars et de Jeanne, sa femme, et non de son vivant, comme le laisserait croire M. Douêtd'Arcq. Le reste de cette notice pourra compléter utilement ce que nous avons dit sur ce personnage.
1. L'abbé Lebeuf, op. cit., ni Cocheris, dans les additions qu*il donne à V Histoire du diocèse de Paris, t. I, p. 85 et i5i, n'indiquent cette chapelle parmi toutes celles dont ils ont signalé la fondation. Cette chapelle était sous le vocable de Saint-Eutrope. (Àrch. nat., S. loi, n* i.)
2. La rue de^ia Vieille-Monnaie allait de la rue des Lombards au rirrefour des rues de la Heaumerie, de la Savonnerie et des Écrivains. Elle a disparu à la suite du percement du boulevard Sébastopol.
3. D'après Jaiilot, op, cit,, quartier Sainte-Opportune, t. I, p. i8, le nom de Charronnerie avait été donné à une partie de la rue de la Ferronnerie.
deniers, quarante soulz parisis. Item^ sus la maison Thoumas Morel, en Grève, après cinquante soulz, cinquante cincq soulz parisis. Item^ sus la maison du Heaume, à la porte Baudaer, après quatorze deniers, quarante soulz parisis. Item^ sus un estai, en la boucherie de Paris, après fons de terre, cinquante deux soulz parisis. Item^ sus la maison Pierre de Beauvés, au porche Saint Marciel, après fons de terre, quinze soulz six deniers parisis. Item, sus la maison Gueny le Heaumier, en la Heaumerie, après six deniers de fons de terre, six livres parisis. Itemy sus la maison Guillaume le Clerc, assise es halles, après neuf deniers de fons de terre, six livres parisis. Item^ sus les maisons Pierre le Maistre, ou viex cimetière Saint Jehan, après fons de terre, cincquante six soulz parisis. //em, sus la maison Robert de Crespy, en la rue aus Prêcheurs*, après trante cinq soulz, soixante soulz parisis. //em, sus la maison Guillaume le Tondeur et Perronnelle la Barbiere, oultre Petit Pont, en la rue Saint Jasques^, après fons de terre, quarante soulz parisis. Item y sus la maison Oudart Godinelle, au chevez Saint Gervais 3, six livres parisis. Iterity sus la maison Macy le Bourrelier, à la pointe Saint Eustache, quinze soulz parisis. Item^ sus la maison Jehan à la Teste, que l'en dit aus Gans, en la rue de la Harpe 4, après six deniers de fons de terre, cincquante un soulz parisis et un denier tournois. Item^ sus la maison Phelippot de Tongres, en la Viex rue du Temple ', après fons de terre, soixante soulz six deniers parisis. Item^ sus la maison Bertautde Saint Denys et Jehan de Druex, au chevez Saint Lieffroy^, après six deniers de fons de terre, six livres dix soulz parisis; desquelles rentes ci-dessus nommées et especifiés, la somme toute monte cincquante deux livres huit soulz sept deniers parisis, laquelle somme est greigneur de quarante et huit soulz sept deniers parisis que la somme contenue en la grâce royal cy dessus escripte ; et pour ce ait fine ledit Pierre par devers noz genz, selon noz ordenances royauls, et paie à nostre trésor à Paris sept livres cincq soulz neuf deniers parisis. Saichent tuit que nous, en approuvant la finance et autres choses