‹ Documents parisiens sur l'iconographie de S. LouisChapitre 10 sur 35 · PEINTURES · texte numérisé non relu

PEINTURES

grands captifs, assis par terre avec des menottes et des habits longs du temps, Pun avec son capucclion vestu, et Tautreavec une calotte blanche attachée sous le menton '.

COMMENT IL LESSA SON FRERE EN OTAGE POR SA REENSON... SA... ECIENT A TOVS SES CRETIENS AVEC LI ^.

Il est à cheval avec deux autres, dont l'un porte le cappuchon et

(voir notre planche III), ainsi que sur les vitraux de Saint-Denis, où Montfaucon, à en juger par la description qu'il en donne, ne l'a certainement pas comprise. Elle a son origine dans un fait réel : la capture du bréviaire de la Chapelle royale par les Sarrazins qui le rendirent gracieusement au roi, au dire de Guillaume de Chartres qui était alors son chapelain. Pendant sa captivité, dit ce biographe, le roi ne cessa d'entendre les saints ofSces aux heures réglementaires, <i habens ibi breviarium capelle sue, quod ei Sarraceni post captionem ejus « pro exenio presentaverant, et missale (Historiens de France, t. XX, p. 3o). » Mais on considéra bientôt la récupération du précieux volume comme un événement miraculeux et, dans l'opinion populaire, le bréviaire fut rapporté au saint roi par un ange du ciel : un historien de saint Louis, qui écrivait au plus tard vers le milieu du xiv^ siècle, rapporte l'événement dans les termes suivants qui tiennent le milieu entre le récit de Guillaume de Chartres et la représentation figurée aux Cordelières, à Saint-Denis et à la Sainte-Chapelle : « Comme le roy recouvra son livre qui avoit esté perdu en la bataille, au partir « du siège. — Quand vint vers le vespre, le roy demanda son livre pour dire ses « vespres, si comme il avoit de coustume; mais il ne trouva nul qui luy peut « bailler, car il estoit perdu avec les harnois et plusieurs autres choses estant « en ses coffres. Et, si comme il y pensoit, dolent et triste et courroucé, le livre « fut apporté devant luy dont ceux, qui entour luy estoient, s'esmerveillerent « moult; car on ne sceut dont il vint. No Seigneur ne voulut pas perdre son « service ordinaire du bon roy, son loyal serviteur. » Nous empruntons ce texte, altéré comme orthographe, au volume X de Peiresc (f° 2), où un correspondant ou plutôt, peut-être, un copiste de Peiresc dit l'avoir tiré du 1. II, c. 84 de la sainte Vie et les liault^ faict:{ de monseigneur saint Louys, roy de France, mis et divise:^ en 4 parties, d'un manuscrit écrit vers l'an iSyi. Cette Vie, conservée aujourd'hui à la Bibliothèque nationale, n'est pas, paraît-il, différente de la Vie de saint Louis, imprimée en 1666 chez Ballard, in-8°. — On trouvera aussi dans l'hymne des vêpres, de l'office de saint Louis, une allusion à cette légende du livre perdu et retrouvé. — Nous donnons ici la transcription des quelques mots d'explication qui se trouvent dans les croquis composant notre planche I'"'' : pourpre tiran sur la laque, — quale blanche, — blu, — Vange de la prison veteu de blu, — le roy dans la prison vêtu de pourpre rouge.

1. Ce groupe est figuré au coin supérieur, de gauche, de la planche I.

2. Joinville (378) rapporte effectivement que le comte de Poitiers resta aux

DU MONASTÈRE DE LOURCINES l5

un quattriesme maillé portant une masse d'armes dorée, ayant par derrière des vestiges d^un escu d'argent, à la croix de sable accomgnée de quatre marlettes de sable retournées en dehors \ et trois ou quattre autres gents de pied. Son cheval n'est point bardé, ses bottes sont noires, son estrieu et ses espérons dorez, son sayon bleu et sa couronne en teste, les cheveux fort blonds; le reste est effacé.

Il laisse derrière lui le souldan Saladin ^ assis en une chaire sans bras, enrichie d'architecture du temps, vestu d'un sayon bleu, ayant une grande barbe blanche, le nez aquilin et un linge sur la teste, relié par derrière, pendant sur les épaules, hors duquel sort un peu de cheveleure sur le front, et y a quelque vestige d'un filet d'or qui entoure la teste par dessus le linge comme une espèce de diadème ; toutefois il est si effacé qu'il ne s'en peult rien déterminer de certain. Saladin est accompagné d'un de ses serviteurs ou sattellites, vestu de rouge, coiffé de blanc, sans barbe, tenant par le foye du corps une autre figure de bout d'un jeune prince, teste nue, fort blond, ayant aux bras une certaine garnition, comme pour deffendre des menottes; la couleur de son sercot est claire, mais effacée. Il semble que Saladin s'amuse à parler à luy ^

mains des Sarrazins jusqu'au paiement intégral des 200,000 livres que le roi devait donner pour sa rançon avant son départ du Nil. — Cf. le confesseur de la reine Marguerite, livre 1, c. 18 {Historiens de France, t. XX, p. 1S9).

1. Malgré les reclierches auxquelles nous nous sommes livré, en compagnie de notre érudit confrère, M. Demay, il ne nous a pas été possible de déterminer si les armoiries ainsi décrites par Peiresc étaient les armoiries réelles d'un des compagnons de saint Louis.

2. Peiresc a tort de reconnaître ici le sultan Saladin qui n'était pas, au reste, le contemporain de Louis IX. Remarquons, à sa décharge, qu'il est fort difficile de faire accorder une partie du tableau III des Cordelières et l'histoire, puisque le sultan Touran-Schah, avec lequel saint Louis avait traité de sa délivrance, fut tué par les émirs le 2 mai i25o et que les chrétiens partirent quatre jours après, alors que l'Egypte n'avait pas de sultan; mais peut-être le peintre a-t-il entendu représenter l'un des émirs.

3. Cette scène est représentée sur la partie droite de notre planche I". — Voici la transcription des quelques mots d'explication ou de renvoi, écrits de la main de l'artiste : la taillole blanche, — robe plu (pour robe bleue), — siège d'or, — gaune (pour jaune), — qualote grise, — pourpre, — le cheval de deriere rous, — cheval gris, — la bride grise, — Vabyt du frère gris bleu, — à cheval vêtu de blu .

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CO[n]mENT il met e[n sa foi] les INFIDELES '.

Il est assis en une chaire tapissée, assisté de quelques figures devant un grand bastiment, couvert en pavillon, mais tout est si effacé qu'il ne s^y cognoit rien.

CONMENT IL FV RECEVS QVANT IL REVINT.

Il est à cheval, accompagné d'autres, et plusieurs chevalliers qui sortent d'une ville pour venir au devant de luy.

CONMENT IL [faICT JECTER LE FONI>e]m[eNTS DE] PLUSEVRS EGLISES ^

Il est debout, vestu de long, s'arraisonnant avec un architecte qui tient une esquierre et un compas, assisté de massons. Et trois bastiments d'églises.

CONMENT IL VISITA FILL. QUI......... PORTERE DE BREVVAR MALADE, etC.

Il se présente à la porte d'un monastère de dames religieuses vestûes de blanc, lesquelles viennent au devant, ayant des lictz au-

1. Les lettres FID de ce mot étaient presque complètement effacées, si l'on en juge par la copie de Peiresc. — Ce tableau a pour sujet le chapitre 27 de la Vita sancti Ludovici de Geoffroy de Beaulieu : « Quam pie suscipiebat Sarra- « cenos ad fidem venientes.» Cf. le confesseur de la reine Marguerite (1. I, c. 3).

2. Les deux premières lettres du mot église étaient à peu près les seules apparentes.

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