‹ Documents pour servir à l'histoire de Grenoble en 1814 et 1815Chapitre 13 sur 52 · VII. — Pièce G · texte numérisé non relu

VII. — Pièce G

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Ce jourd'hui, sept mai mil huit cent quatorze, à onze heures du matin, nous, Louis Du Mas de la Roque, commissaire des guerres du département de l'Isère, chargé de la police de l'arsenal de Grenoble, d'après l'ordre qui nous a été donné par Monsieur l'Ordonnateur de la septième division militaire de constater les voies et violences au moyen desquelles les troupes autrichiennes vouloient se procurer un inventaire des canons, armes et autres objet? renfermés dans ledit arsenal,

Nous sommes transporté audit arsenal, où nous avons trouvé M. Dupuy de Bordes, capitaine d'artillerie, directeur par intérim de cet établissement, et deux cents soldats autrichiens , commandés par le major Alchanl (sic).

Et sur ce que nous avons demandé audit major ce qui pouvoit le porter à violer un établissement dont la direction et la police étaient confiées à l'administration française, ledit major nous a 'montré un ordre du général comte Bentheum (sic), autrichien, d'après lequel il réclamoit un inventaire dudit arsenal ; et après nous avoir observé que M. Dupuy de Bordes s'étoit opposé à donner ces états et à laisser entrer les troupes autrichiennes dans l'arsenal, il avoit l'ordre de son général de se les procurer par les voies de rigueur et brisement de portes dudit arsenal.

(I) llegtslre des délibérât ions de l'Hôlol de Ville.

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• Sur quoi ledit sieur Dupuy, voyant que les troupes autrichiennes

se ruettoient en devoir d'exécuter cet acte, a répondu que, n'ayant point de troupes à opposer à cette violation des traités en vertu desquels le gouvernement autrichien occupoit momentanément la ville de Grenoble (traités des huit et vingt-trois avril entre le gouvernement français et les troupes alliées dont nous avons excepté), et ne pouvant par conséquent repousser la force contre la force, il protestoit contre tout acte émané de l'autorité autrichienne qu'il ne pouvoit reconnaître.

Et ledit sieur Dupuy nous ayant demandé de prendre acte de la violence exercée par les troupes alliées dans un établissement dont il ne devoit compte qu'au ministre de Sa Majesté le roi de France et de la résistance qu'il y avoit apportée de sa personne, nous avons dressé le présent procès-verbal pour constater le violentent de l'établissement royal de l'arsenal de Grenoble et l'obligation où nous avons été de le laisser à la merci des troupes autrichiennes qui s'en sont emparé, ainsi que la protestation dudit directeur et de là nôtre propre comme chargé de la police dudit arsenal ; pour expédition dudit procès-verbal, en forme de protestation, être envoyée do suite à Son Excellence le ministre de la guerre.

De tout quoi avon3 clos et arrêté le présent, qu'a signé avec nous M. Dupuy de Bordes, directeur de l'arsenal de Grenoble. Grenoble, le jour, mois et an que dessus.

Dupuy de Bordes.

Ci-joint l'état des objets existant à l'arsenal de Grenoble.

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