III. — Pièce C
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Messieurs,
J'ai fait imprimer et publier diverses pièces relatives aux événements politiques qui viennent de s'accomplir dans la capitale de la France. Les premières m'ont été adressées par ordre du Gouvernement provisoire, la dernière est extraite du journal officiel ; j'y ai joint la déclaration du Corps municipal de la ville de Grenoble. Il est nécessaire que ces pièces soient portées sans délai à la connaissance de vos administrés , et je vous invite à
(I) liegistre de* délibérations de l'Hôtel -de-Ville.
les faire publier et afficher dans le lieu le plus apparent de votre commune, immédiatement après la réception.
Vous apprécierez ces motifs en prenant connaissance de l'extrait suivant des instructions du Gouvernement provisoire :
c On est fondé à espérer que toute contrée française où l'on aura suivi l'impulsion donnée par le Sénat, le Corps législatif et le Gouvernement, sera considérée comme étant en paix avec les puissances coalisées. Si ce vœu se manifeste dans un département, les troupes qui auront à le traverser pour les opérations de la guerre encore subsistante, y passeront comme en pays ami; s'il était émis dans une place assiégée, toute attaque serait suspendue ; enfin, s'il s'énonçait dans un port de mer, cette localité sortirait aussitôt du système de blocus et s'ouvrirait à toutes les communications. » .
Je suis persuadé que les habitants de ce département feront éclater une joie unanime en apprenant que le bonheur de leur patrie est consolidé par le retour à jamais mémorable d'une autorité tutélaire et paternelle, qui regarde tous les Français comme ne composant qu'une seule famille, et doit ajouter à tant de titres augustes le bienfait d'une paix nécessaire et si longtemps désirée.
Il est inutile, messieurs, de vous recommander d'exciter le zèle des habitans de vos communes ; je vous invite seulement à en autoriser l'expression.
Aux motifs personnels qui me portent à vous adresser cette invitation , s'en joignent plusieurs autres qui sont puisés dans l'intérêt immédiat du pays. Je dois surtout vous exprimer combien il est douloureux pour moi de n'avoir pu communiquer avec les parties de ce déparlement qui ont été les plus exposées aux malheurs de la guerre, et combien je désire de rétablir promptement ces communications, en offrant aux municipalités les directions et les secours qui peuvent dépendre de l'administration générale.
J'attends, messieurs, de votre zèle et de votre dévouement qae vous vous conformerez à la présente instruction.
Je recevrai avec satisfaction l'assurance de votre concours, ainsi que celle des dispositions des personnes qui participent à l'exercice de l'autorité municipale. Il est convenable que les magistrats s'expriment publiquement ; leur voix donnera l'essor à
DOCUMENTS POUK SERVIR A l/HISTOIRE
toutes les autres, et appellera sur le pays les avantages résultant de la concorde publique et d'une paix stable, objet de tous les vœux.
Agréez , messieurs, l'assurance de ma parfaite considération.
Joseph Fourier.