À DISCOURS DANS LA CHAIRE DE LAPRATRIE
pendant la campagne éleciorale
Après six ans de souffrances, lorsque la minorité du.Manitoba était haletante et expirante, sous le coup d'une loi oppressive en matière : d'édücation, on apprend: qu'une loi remédiatrice va être proposée. Je vais vous dire ce que je pense de cette loi: c'était la consécration de deux principes, le principe des écoles séparées sb. Je principe de l'intervention fédérale. : 4 out
Le premier, le principe des écoles séparées, rétebis les écoles séparées telles que nous les avions en 1890 (?); il les faisait sortit du tombeau dans lequel elles étaient enfermées depuis 1890, nous . donnait nu bareau d'écoles séparées contrôlant, les maîtres et les mai tresses; des districts scolaires catholiques, une école normale catho- : Jique. C'était bien B le rétabliséement dés écoles séparées et la loi
() I y avait donc, a après Mgr. Langevin lui-nime une question constitutionnelle, ce qu'admet également Mgr 0’ Brien, mais ce que n'admettent pas du tout Nos Seigneurs Laflèche et Cameron (Voir Not IX et XVII). Lesquels suivre, sous peine de péché grave? :
SE Les : notes du N° ‘TT font voir que cette assertion ést loin d'être exacte. -
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— Hi -—
". était bien la consécration de cet-acte de souveraine justice. Frapper
la loi, Jui donner son coup de mort, “c'était donc attaquer le principe
‘des écoles séparées ().
Le second principe est celui de l'intervention du pouvoir fédéral, Le jugement . du” Conseil Privé de l'Angleterre à déclaré ce fait. indéniable que les droits de la minorité catholique du Manitoba ont
| été lésés, violés en 1890 et qu'il y a lieu pour les catholiques de
faire appel au lieytenant-gouverneur en conseil. Or, après avoir demandé en vain au gouvernement local le redressement de nos griefs, le gouvernement fédéral a dit: Moi je leur rendrai leurs écoles. Dans deux mois, comme maintenant, le jugement du Conseil Privé restera
‘le même, et il faut reconnaître le principe de l'intervention fé-
dérile. | ‘Nous nous étions portés. près de six cents hommes pour de-
mander nos écoles au gouvernement local et on nous a répondu: B ° à
“ Nous n'avons rien à faire et vous n'avez pas lieu de voüs plain-
dre. , Vous-mêmes, mes frères, vous avez pétitionné. Alors, le gou- :
vernement féderal a demandé au gouvernement local. de nous accorder nos écoles. Nous, nous pensions que les moyens de conciliation avaient été épuisés et quand ôn nous à annoncé une loi réparatrice nous avons lancé .un cri de joie: nous étions sauvés. Hélas! nous apprimes bientôt le triste évènement. Les catholiques, au lieu de s'unir à la demande dé la minorité du Manitoba, se sont divisés: C’est mon
devoir de dire que “cette loi était satisfaisante pour nous, avec‘les
amendements qu'on pouvait ÿ faire (?). Avant d'approuver cette loi,
j'ai consulté. La partie religieuse m'appartenait comme évêque, ët .
j'ai consulté mon clergé: la partie légale regardait les hommes de loi, et je me suis adressé. à des légistes du: Manitoba, à des homuies des deux croyances, et leur ai demandé leur opinion. Ces hommes étaient intéressés plus que tout autre; il avaient des enfants. J'avais l'assurance qu'étant intéressés ils y verraient de plus près. Ils m'ont dit: Cétte loi «st légale eb pratique, et si nous pouvons l'obtenir,
() En termes constitutionnels, on peut être contre Le principe d'un bill dont les conclusions ne découlent pas des prémisses, sans pour cela être contre le principe
- de justice que ce bill prétend établir.
© Mais on n'aurait pu en faire dans la suite, puisque,. avant même que ces
amendements n’eussent corrigé Îles grandes défectuosités du bill, il était accepté
‘comme. règlement final de la question,
— 143 — Ta tant mieux (1). Et c'est alors que j'ai approuvé. la loï. Ce n'est pas parce que la loi fut parfaite; au contraire, il y ‘avait, dans cette loi - des imperfections qu'on ne pouvait changer, car il faut bien remarquer que le gouvernement n'avait pas de pouvoir créateur, mais un pouvoir remédiateur, il lui fallait suivre les limites de l’ancienne loi. Cette loi applicable pour nous, elle nous satisfait. Voter pour cette
“loi et la rendre meilleure, c'est cè que uous attendions. Nous avions l'espoir jusque là que notre voix serait entendue. Je dis que ceux
qui ont voté pour cette loi et qui; ront cherché à l'amender,.je dis
que ceux-là ont agi comme dé loyaux sujets de Sa Majesté, en se. conformant à la décision du Conseil Privé, et comme de véritables ‘amis de la minorité manitobaine parce qu'ils ont montré qu'ils voulaient nous rendre justice. On dit que la loi n’était. pas satisfaisante: c'était bien simple il suffisait alors de l'amender O. Nous avons trouvé
(‘) Pour. avoir donné son opinion sur la partie légale du bill, tout comme ont donné la leur les hommés- de loi consultés par Monsigneur, et avoir dit qu'il avait le droit de le faire, M: Monet à été non seulement accusé de libéralisme catholique, : mais encore condamné. (Voir N° V).
() Oui, c’est bien, ‘simple à dire, mais pas aussi simple à faire,
‘Il nons semble qu'il avait{ une; idée bien plus juste de la situation, celui qui a ‘commencé son discours dans la Chambre des Communes par ces graves et éloquentes paroles:
“ Dans un débat aussi importarit, M. l'Orateur: s’il n'était pas déplacé de * ma part de faire une allusion qui: m'est personnelle —— allusion qui, cependaf, “ est peut-être justifiable, non pas tant à causé des sentiments que. l'on serait “ porter à m'attribuer assez naturellement, vu la race et la religion auxquelles « j'appartiens, qu'à cause, surtout, de la grande responsabilité que les amis dont
“ je suis entouré ici m'ont imposé ‘dans leur trop grande bienveillance — je dirais “ que: dans Le cours de ma carrière parlementaire, durant laquelle il a été de mon « devoir, en plus d'une circonstance, de prendre part à la discussion de ces ques
. “ tions épineuses qui, trop souvent, se sont présentées dans le parlement canadien, .
“ jamais je n'ai pris la parole avec plus d'assurance, jamais je n'ai été. plus fer-
“ mement convaincu de la justice d'une cause, que dans ce moment d'anxiété, où. “ je me lève, au nom de la constitution si mal interprétée par le gouvernemenfi +
au nom de'la paix eb de l'harmonie qui doivent régner, au nom de la minorité
sn
‘ que ce bill cherche! à protéger ou prétend protéger, au nom dé cette jeunes
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nation sur laquelle nous fondois de si grandes espérances, . pour deméndeé cette Chambre de ne pas pousser plus loin ce projet de loi, © < :
“ tude que j'ai toujours ‘maintenue jusqu'à ce moment, et dans. Jaquelle j'ai plus “ fortement confiance que: jme, est si ! ferme quielle enlève. ‘eu grande. partie le
. “ L'attitude que j'ai prise dès le début sur cette question, M. l'Oratenr, attie -
en ceux qui ‘ont “apprénvé cette loi ‘des hommes qùi ont dit: “ Nous sommes catholiques avant tout. , Ons'esb écrié que la loi ne nous donnait que des miettes. Pardon! Est-ce:nous donner des miettes que de nous: accorder des inspecteurs catholiques, des écoles catholiques, le droit de nous taxer nous-mêmes, ‘étc. — Qui est-ce qui constitue une école ‘catholique? Est-ce une somme
d'argent?
Non! C’est le contrôle qui y est exercé, On a dit qu ln "y avait
pas de subsides. C’etait bien simple d'en faire voter par la chambre en amendement (1). Voilà qui est logique. . ° Ceux qui ont voté pour cette loi sont nos vrais amis. Quant à
ceux qui ont voté contre cette loi, à vous de donner le vote, à vous.
« , "1 DS os ‘ de tirer des conclusions à vous de les juger. Maintenant, qu'est-ce qu’on attend de vous, mes chers amisf
Le fait, c’est que les droits de la minorité ont été lésés et qu'il
y à lieu de réparer l'injustice commise : c'est qu'en 1890, nous avions nos écoles séparées et que depuis nous n'en ayons plus. Pas besoin d’ enquête . -pour cela. L’enquête a été faite par le premier tribunal de
or empire britannique ®. Lo . :
: malaise dont un honime impressionable ne pat sé “déro Fe quand, mû par un * sentiment élevé du devoir publie, il doit” suivre uñe lgni de conduite qui, il
“toujours une grande et “noble chose; C'est un "des attributs les plus nobles de la.
“ nature humaine. Mais l'honorable ministre qu'a parlé : au nom 'du gouvernement “ gait, par sa longue expérience parlementaire, que parmi les hommes la mesure “ dé justice n’est pas uniforme, mais qu’elle est en grande partie affectée par des
| # différences d ‘éducation, et par une roultitude d'autres circonstances. L'honorable
“ ministre sait — plus que tout autre, peut-être, il devrait savoir — que, dans une * société dirigée par un gouvernement libre, dans un pays libre comme celui-ci, “ sur toute question’ impliquant des conceptions différentes du juste ou de l'injuste, “ des types différents de ce qui est juste ou injuste, c'est aux hommes d'État de
‘#.ne pas violenter les opinions d'une partie de la population, mais de s'efforcer .
“ à ameher toute la population à un type uniforme et à une conception uniforme # de ce qui est juste. , (Bxorde du discours que prononça l’Hon. Wilfrid Laurier « dans la Chambre des Communes, le 3 mars 1896). : .
.() La constitution s ’opposait à ce qu'on adoptât un tel ‘amendement à la ses- |
sion. d'alors (voir la dernière note du N° 111), et lacceptation dn bill comme rè-
glement final de la’ -question s'opposait à ce qu ‘on put le demander plus tard. @) Il y a plusieurs autres points qui auraient” pu être la matière d'une en-
| ‘quête, vu à surtout que le premier, tribunal de l'empire britannique dit dans son
mt
On nous a enlevé nos écoles et nous avüns droit à la réparation de cette injustice. Il appartient (i) au gouvernement local de nous rendre “justice et pendant six ans il a refusé. Comment pour- Tons-nous espérer davantage du gouvernement manitobain ? Ses mem-
bres ont etes sur, cette question, comment peuvent-ils r revenir sur
É ZUN .
leur décision ? D N
Nous avons donc.droit de demander au: gouvernement fédér al de: nous donner une loi, .n0n pas ùn compromis, qui pourrait être brisé quelques années après, mais une loi (*).:
LETTRE DE MGR LANGEVIN à M. Conrad Pelletier (3).
Fi te St Boniface, 8 juin 1896.
Mon cher M. Pelletier, ,
Je n'ai que le temps de vous dire: que l'Episcopat canadien est unanime à approuver môn attitude au sujet de la loi réparatrice, c'est-à-dire que NN. sô. les Evêques reconnaissent "que cette loi, en
jugement: « Quant au mode à Lu ire (pour faire cesser-les griefs dont se plaint la minorité manitobaine), c'est affaire aux autorités à à qui la chose"est confiée, par le statut. , | oi .
(9) Alors, il n’y a pas d'hérésie.… constitutionnelle à dire qu'il vaudrait mieux ‘ahener le gouvernement local à rendre justice Ini-même, 6 et pas d'obligation morale d’exiger absolument. une loi fédérale,
(*) Cependant le gouvernement fédéral, que favorisait alors Mer Langevin avec tant de zèle, disait à Winnipeg par la bouche de son Premier ministre, M. Tapper, qu'il espérait bien que M. Greenway réglerait la question lui-mème; . et à la fin de mars 1896, les trois délégués du gouvérnement fédéral, MM. Smith, Dickey et Desjardins, écrivaient aux représentants du gouvernement . Jlocal du Ma- nitôba, en‘ propres termes: “Bien que le Parlement du Canada ait la faculté de “ mettre en vigueur ceïtains droits ou la totalité des droits de la minorité, il est “ parfaitement reconnu et accepté qu'un règlement : par la Législature locale serait “ de beaucoup préférable pour tout le monde. C'est dans ce but que nous sommes ‘ venus nous concertér avec. vous. M. Laurier n'a jamais prétendu autre chose. Pourquoi blâmer devant tout le pays chez lui ce: qu’on n’a jamais blamé, du moins.
publiquement, chez les conservateurs? a
| .. () M. Pelletier était l'adversaire de M. Monet dans le comté de Laprafrie 5
. ce dernier fut élu député, malgré l'opposition la plus chaude qu'on | put lui faire, au nom de la religion eb de la conscience. :
tant qu'élle- nous: rendait nos: droits scolaires antérieurs à la. loi scélérate de 1890, était: souverainement désirablé ‘pour nous, qe” \ c'était le devoir dés: catholiques de voter pour cette Joi. | | En sorte que je suis en droit de conclure .que ceux qui, .le 20 mars dernier, ont voté la mort de.la dite. loi au lieu-de l’amender, ént trahi la. cause catholique et française au Manitoba (1). Prétendre que j'ai approuvé une loi nulle ou parfaitement insif=" . fisante, une loi de- -misère, c'est prétendre que l'Archevèque de St Boniface, avec. son clergé et les: catholiques les plus: marquants et les “plus instrüits de:St Boniface et de Winnipeg, sont des hommes sätis. ‘‘ intelligence ou sans conscience- ..
Si ceci peut vous être utile, vous pouvez vous en servir contre les calomniateurs qui seraient trop beureux de trouver un Episcopat désuni (5).
DA oh
: Veuillez croire ‘en mon entier dévouement emNSetM . TS J | . 7 Ÿ ADELARD L ne CT, Ar dique de St Boniface.
CORRESPONDANCE DE MGR LANGEVIN parue dans “ La Croix, dù 23 juillet 1896.
Paris 25 Juillet 1896
Au: Révérend Père directeur de Ea Croix de Paris. Digne et cher Père,
Le’ numéro du 15 juillet du Paris-Canada me tombe sous la main à mon arrivée à Paris par le bateau La Tour aine, dimanche soir ; et,
(t) Ces mots “ traîtres à ia cause catholique ;, “ hypocrites inspirés par l'enfer ,, dans la bouche de si hauts personnages, sont, on l’avouers, duïs. Après céla, faut-il s'étonner si. quelquefois ils proroqnènt des répliques qui ne sont pas très: réspectueuses. > .
() Cette superbe figure de rhétorique n'emipéche pas qu'on peut for bien rétorquer: Les savants légistes qui ont trouvé, au “point de vue légal, . .cétte loi insuffisante, ne sont pas, non “ plus; des hommes sans itelligence ou sans conscience: , In dubiis libertas.
® Comme ce doit être agréable, pour un cantidét catholique, de voir l'évêque d'un diocèse éloigné venir ainsi descendre dans : J'atène en faveur de son adver- } éäire ! on s'étonne qu'il ÿ: ait du: mécontentement | dans le parti libéral: ‘il serait étonnant qu'il en fût sutrement.
“comme j'y vois une citation de La Croix indiquée avec commentaires
malveillants, je prends la liberté très respectueuse de vous ‘envoyer : quelques notes que je rédige la nuit, à la hâte (1).
Dieu veuille que nous ayons au Canada une vaillante Croix comme la vôtre, te serait le moyen le plus efficace pour enrayer le mouvé-
“ment du libér#lisme ét de l'impiété qui nous menacgnt comme une
marée montante.
Je pars jeudi pour Rome.
: Veuillez accepter, Révérend et cher Père directeur, mes chaudes | félicitations et l'assurance de ma r'sperene estime. Je bénis votre
grande et sainte Oeuvre.
Votre très humble serviteur en J. C. N.S$.
Anerarr, O. M. I.
Archevêque de St Boniface.
“jl serait très faux, écrit l'archevèque de St Boniface, de dire
que le résultat des dernières élections générales du 23 juin au Canada
est un Coup mortel porté à l'influence du clergé catholique dans la province de Québec, cemme le prétendent 1 le “ Temps, et le “ Gaulois ,.
“ Le mandement collectif des évêques des trois provinces ecclésiastiques de Québec, de Montréal et d’ Ottawa avait un but très patrio- | tique et très désirable au point de vue religieux (2).
“ En demandant aux lecteurs de-ne voter que pour .les candi-
| dats; qui. promettraient d'appuyer, au Parlement d'Ottawa, une légis-
lation rendant aüx catholiques du Manitoba leurs écoles séparées telles que sauvegardées par la Constitution du pays, ils voulaient obtenir
(t) Le rédacteur du “ Paris-Canada ,, qui est un journal mondain, . ess Te or-. ‘gane d'un M. Fabre, ancien député canadien, lequel fut nommé haut-commissaire à Paris pour plaire à à son frère archevêque et pour en débarrasser le marché politique (. TT ee
e) En effet, ce qui a été défait aux urnes électorales le 23 juin 1896, ce n'est pas le: mandement collectif que tons, libéraux et conservateurs, ont aimé et
. respecté, ce sont les directions qui ont été plus loin que le mandement.
{) Nous demandons pardon à l'Hon. M. Fabre, ancien sénateur, d’avoir, forcés en quelque sorte par une triste nécessité historique, reproduit intégralenent une correspondance qui renferme à son adresse une ° stingne aussi injustifiable,
que Québec catholique envoyät à la Chambre d'Ottawa une phalange
de députés déterminés à exiger du chef victorieux, Laurier ou Tupper, une loi fédérale remédiatrice donnant # pleine satisfaction , à la minorité catholique et règlant la question “ pour toujours! ,
“ Beaucoup de députés-libéraux ont fait cette promesse et en général, les libéraux’ se sont servis du mandement collectif, tout aussi bien que les conservateurs, pour obtenir le suffrage du peuple. De plus, . beaucoup de prêtres étaient favorables à Laurier par. dégoût du gou-
vernement conservateur. . :
“ On comprend alors que le peuple canadien, si profondément religieux, eb qui désire ardemment aïder ses frères du Manitoba à re-
couvrer leurs écoles, se’ soit facilement faussé la conscience en favo-:
risant un parti qui n'a jamais eu la confiance du clergé, en général, et qui le lui à rendu amplement (1. FO “ En outre, l'impression générale dans tout le Canada était une
sorte de fatigue d'un régime qui a duré 18,ans et qui n'a pas été
sans commettre bien ‘des fautes et sans susciter beaucoup de mécontentements (?). os |
“ De plus, les libéraux catholiques qui (à l'exception de 7) se sont opposés à la loi fédérale remédiatrice .du 23 mars dernier (ap-
“pelée “ loi Dickey , du nom du "ministre de la justice, alors-où Re-
-medial Act ,) ont promis de “ donner davantage ,. Ils ont répété sur tous les tons que la loi “ scolaire du 23 mars ne valait rien » qu'elle ne valait pas le “ papier , sur “ lequel , elle “ était. imprimée ,. — Et cette loi avait pourtant l'appui de l’épiscopat! — Lau- - rier lui-même a répété la chose. ee :
“ Voilà des faits incontestables. Que. l'on juge alors si “ les li- |
. béraux sont arrivés malgré le clergé, (*) et surtout “ malgré le mandement collectif , qui ne recommandait aucun parti. | “ Laurier doit son triomphe à des causes générales.
# 1, Mécontentement, même chez beaucoup de conservateurs; :
“ 2. Misère dans le pays.
# 3. Désir de changement; T
(:) Certainement pas clair, on ne comprend pas.
@) Alors pourquoi ne pas: laisser, au moins les' électeurs libres?
(y Non, pas malgré tout je clergé, mais évidemment malgré Mer Langevin qui a fait contre lui toute une campagne, et malgré quelques évêques qui ont fait appel, sous peine de- péché, à la conscience de leurs ‘ouailles, en faveur .de ses
adversaires.
# 4. Plusieurs fautes et abus de pouvoir; et à des “ causes particulières ,, savoir:
“ 1. Le fait que les conservateurs n'ont pas réglé la question des écoles depuis six ans qu'elle s'agife (5.
“ 2. Les. promesses des libéraux de donner. davantage ;
“ 8, Le zèle de la presse libérale et la parfaite organisation des comités d'élections-— peu d'organisation, au contraire, chez les
conservateurs.
F4 Le fait que M. Laurier est un “ Canadien-français , et un
“catholique .. | + #“N. B..— Il est vrai qu'il 8, à diverses” reprises,. énoncé trois ‘principes faux (?):
“ 1. Celui des < écoles: neutres ,:
“ 9, Celni de l'indépendance des catholiques dans les questions politico-religieuses comme celles des écoles du Manitoba, en ce moment; ceci lui à valu les chauds applaudissements des protestants les plus fanatiques, presbytériens, méthodistes ‘et ‘surtout des franc-mar
çons (. ee:
4 on :. Lu n
(). Justément, : «c'est ce qui, étonnait nombre de catholiques de voir, en. certains quartiers, mettre toutes les ressources de l'autorité épiscopale au service”"d'hommes si lents à rendre justice, si parcimonieux dans les bribes de justice qu'ils rendaient.
(5) Comme la proposition n'est. paë ici prouvée, nous n'avons pes à la réfuter,
(*) Cette phrase peut laisser supposer que M. Laurier est surtout populaire,
pour me servig ‘des expressions - -de Mgr Langevin, parmi Les protestants les plus fa-
natiques ct les frañcs-magçons. Pourtant ses adverèaires politiques, dans les provintes” protestants, ont essayé de lui faire tort avec cette phrase-qu'on lui prétait: “ Merci à Dieu! il n'y a pas un seul orangiste dans le parti libéral! , L’a-t-il pro-
.noncée, oui ou non? ce n'est pas la question. Mais certainement M. Tupper n'aurait
pu la prononcer, lui dont le ministére était composé en grande moitié d’orangistes ou de francs-maçons. Est-ce que nous voulons Jui en faire un crime? non, cela
* peut être assez souvent une des nécessités politiques de notre pays. Seulement nous
‘voulons dire que “ quand on habite une maison de yêrre, on ne doit point jeter
de pierre dans le jardin de son voisin. , . à Le fait est que M. Laurier jouit d'une popularité, pour le moins aussi grande,
chez les Catholiques que chez les Protestants, La Province de Québec a envoyé
cette année à la Chambre des Communés cinquante députés catholiques: 'sur ce’
nombre M. Laurier compte’ 39 partisans, et seulement 11 adversaires. Voici les noms des députés catholiques de la. Province de Québec. Libéraux: MM. Angers,
Bazinet, Beausoleil, Bernier Bourassa, Bourbonnais, Brodeur, Bruneau Carroll, Cho- . quette, Déchêne, Desmarais, Devlin, Dupré, Ethier, Fiset, Fitzpatrick, Fortin, Gau-'
thier, Geoffrion, Godbout, Guay, Harvrood,: ‘Langelier, Laurier, Lavergne, Legris,
“ (Je. ne crois pas que: M. Laurier soit un franc-magon) (?). “ 8. Celui de l’indifférentisme en religion.
“ 5. Les sympathies d’un grand nombre de prêtres. La # ve
rité , de Québec, ‘en parlant constamment contre les conservateurs,
a beaucoup contribué à tourner le clergé vers les libéraux ; ob pour-
tant la “ Vérité , déteste les libéraux (?).
Pour terminer, je dois dire que j'espère que les libéraux vont nous donner nos écoles: “ par politique, par intérêt , (). L “ La loi remédiatrice nous donnait:
“ ]. Un “buïeau , d'écolés catholiques ayant le contrôle : #la) Des diplomes des instituteurs ; “ b) Des livres; k “ c) De l'école normalé catholique; | “ d) Des inspecteurs catholiques ; “ 9, Le droit d'ériger des districts scolaires; | , “ 8. Le droit de prélever des taxes municipales pour nos
écoles, et l'exemption de -toutes taxes pour le maintien des écoles:
protestantes (taxes que nous payons à Winnipeg depuis 6 ans à) | ‘ En un mot, nos écoles étaient rétablies comme en 1890 (#). Seulement, on ne nous donnait pas l'octroi législatif ; mais on proclamait nobre droit et nous aurions eu ces: taxes avant longtemps. “-Nous allons voir si les libéraux vont donner ‘davantage. “ Nous attendons en toute patience et en tout espoir. Si les
libéraux ne font pas leur devoir, le même Québec qui les : a fait”
triompher saura bien les répudier.
“ Des journaux conservateurs de Montréal et de Québec’ ont eu :
tort de crier”à 'apostasie. des catholiques de Québec. C’est une exaspé-
Chauvin, Dugas, Dupont Marcotte, Monk, MSP Qui
(4) Cette phrase soulève un doute, doute d'autant: Pins “malheureux. qu'il est .
de notoriété publique que M. Laurier n'appartient, à aucune société secrète, el que
tout le Canads sait qu'il est un catholique croyant, respechnenx, conrainen, et surtout ,
charitable. " | () ! \ | u n | | ec", . =, c. :