‹ Documents pour une biographie complète de Jean-Baptiste-André GodinChapitre 5 sur 41 · Propriété et Capital · texte numérisé non relu

Propriété et Capital

» L'ordre sociétaire décrit par Fourier garantit à chacun sa fortune, ses capitaux, ses économies.

» L'Association les tient sous sa sauvegarde et sa responsabilité. Un loyer, ou un intérêt consenti, est assuré en échange de l'usage qu'elle en fait,

» Toutes les valeurs qui composent le fonds de l'association : terres, habitations, fermes, fabriques, ateliers, machines et outils sont convertis en actions, et ces actions sont les nouveaux titres de propriété.

» Les anciens propriétaires du sol et des maisons, les chefs d'industries, les patrons, les artisans, les ouvriers, les cultivateurs, les commerçants, etc., changent de titres et de qualités ; ils deviennent actionnaires et sociétaires.

» Par la constitution de la propriété actionnaire, l'Association permet à chacun de déplacer sa fortune, et d'en disposer sans nuire à la marche d'aucune entreprise, ni sans en changer la destination.

» Elle offre toutes les sécurités désirables aux capitaux, puisque l'avoir de tous répond de l'avoir de chacun.

)) La richesse immobilière est convertie en actions ; chacun peut vendre ses titres, en user comme il l'entend ; mais il ne dispose plus arbitrairement ni du sol, ni des bâtiments, ni des ateliers, ni des instruments de travail.

» Tout immeuble fait partie du domaine sociétaire : l'individu ne dispose que de ses valeurs mobilières.

)) Ainsi est assurée la stabilité de toutes les industries et de toutes les exploitations ; elles ne sont plus à la merci des revers de fortune des individus, ni des successions et des partages de famille. Le partage et la transmission des actions s'opèrent sans que le fonds en soit atteint, sans que l'atelier sociétaire s'en aperçoive dans sa marche, et sans que sa direction ait à en souffrir.

» Les droits du travail sont ainsi réservés, tout en consacrant les légitimes droits du capital.

» La propriété repose sur les fruits accumulés du travail, et laisse intacts lés droits naturels de chaque homme au fonds commun de la nature.

)) Fourier fait peu de remarques sur les questions de

principe dont il donne la solution ; mais on ne peut s'empêcher d'observer qu'il résout admirablement, sans s'y arrêter, la question tant controversée de la propriété du sol...

» Le mouvement financier de notre époque est des plus propres à faire comprendre que le droit de posséder repose aussi solidement sur la valeur que sur la CHOSE, dès que les garanties sont suffisantes.

>) C'est à ce titre que les actionnaires de nos chemins de fer conçoivent aussi bien leurs droits sur les voies ferrées, que s'ils en étaient les propriétaires par parties.

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