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SUÈDE ET TS'ORWÉGE

ting, de Bergen, une carte du même genre pour les maladies de la peau. M. H. Mohn, à Christiania, des documents sur la climatologie; M. Nerman, un Index plantarum in provincia arctica Norwegiœ sponte nascentium, et enfin, M. le D'’ F.-C. Schübeler, une carte de la géographie botanique de la Norwége. Le Jury a accordé à ce travail un diplôme de mérite. La même distinction a été décernée à la carte géologique de la Norwége exposée dans le V groupe. Ce pays, très-avancé d’ailleurs sous le rapport de l’instruction populaire, aurait pu exhiber beaucoup plus; mais il faut lui tenir compte de l’éloignement.

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Un élégant pavillon en bois sculpté, relié à la galerie principale de l’Exposition, abritait les objets constituant le XXVP groupe du compartiment suisse et offrait, en même temps, un modèle accompli du genre architectural des chalets. La plupart des cantons de la Confédération helvétique s y trouvaient représentés : les autorités scolaires de ceux d’Appenzell, de Bâle-Campagne, de Bâle-Ville, de Berne, de Fribourg, de Genève, de Lucerne, de Neuchâtel, de Schaffhoüse, du Tessin, de Turgovie, de Vaud et de Zurich avaient apporté un soin minutieux 'à rassembler tout ce qui pouvait donner une idée exacte et complète de la situation de l’instruction publique dans leurs circonscriptions respectives : lois, règlements, rapports, statistiques, plans de maisons d’école, spécimens des diverses parties de l’ameublement, méthodes, tableaux d’enseignement intuitif, livres de classe, programmes, publications ayant pour objet le perfectionnement de l’éducation des adultes, rien n’avait été oublié. '

Le Département de l’intérieur du Conseil fédéral de Berne, la Direction de féducation des cantons d’Argovie et de Zurich ont été particulièrement distingués parle Jury, qui a décerné un diplôme d’honneur à chacune de ces autorités. D’autres cantons n’ont obtenu que des médailles de progrès et de mérite; mais cette distinction est déjà fort honorable.

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Ce n’est pas seulement l’organisation de l’instruction primaire que le Jury a eu en vue en accordant ces récompenses ; car si la situation de l’enseignement à ce degré est des plus prospère dans la majeure partie des cantons suisses, les écoles moyennes, les collèges, les gymnases, les écoles normales ou séminaires d’instituteurs, les écoles de perfectionnement industriel ne sont point dans une situation moins avantageuse, si l’on en juge par ce qui a été exposé et notamment par ce que le canton de Berne avait placé sous le n*’ 929.

L’emploi des livres, des instruments, des appareils et autres moyens d’enseignement dans les écoles des deux premiers degrés, étant rendu officiellement obligatoire par la loi, et ces objets différant suivant lés cantons, chacun expose les siens. Le catalogue nous signale une exception pour celui de Turgovie, qui tolère, dans les écoles secondaires, le libre choix des moyens d’enseignement. Dans ce canton, la Conférence des instituteurs de chaque localité fait des propositions, et le Département de l’instruction publique détermine les livres qui peuvent être inscrits sur la liste, officielle. Il en résulte une plus grande variété dans les ouvrages employés, vu que, dans ce canton, on admet des livres qui ne sont point d’origine suisse. Les écrivains de ce pays, qui s’occupent d’instruction, sont d’ailleurs assez féconds, et leurs travaux sont assez bien conçus pour que la nécessité de recourir à l’étranger se présente rarement. La Confédération helvétique, qui confine à de puissants

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États, par lesquels elle ne veut pas se laisser absorber, agit sagement en n’accueillant qu’avec une extrême réserve, dans la liste des livres de classe, des ouvrages écrits à l’étranger et pour des populations dont les mœurs diffèrent de celles des cantons fédérés. C’est un exemple que je ne saurais trop recommander à la Belgique, qui, exposée aux mêmes dangers, ferait bien de prendre les mêmes précautions.

Au nombre des écrivains dont les ouvrages sont employés dans l’enseignement, je me plais à citer M. von Tschudi, qui a présidé avec tant de distinction et d’aménité le XXVP groupe du Jury; son Livre de lecture agricole, et V arbre fruitier et sa culture , sont notamment des productions dignes de la réputation que s’est acquise , à l’étranger autant que dans son pays, rauteur du Monde des Alpes.

Le canton de Zurich, à la suite de l’énumération des moyens obligatoires d’enseignement pour les écoles primaires, donne une liste de 41 articles d’appareils physiques et chimiques, obligatoires aussi pour les écoles supplémentaires s’adressant à des jeunes gens de 13 à 15 ans. A la suite de la liste des livres employés dans les écoles secondaires, on trouve encore le détail des objets composant les 9 collections que, dans ces institutions, on doit mettre sous les yeux des élèves. Elles se trouvaient toutes rangées méthodiquement à Vienne. On y voyait : une collection botanique (bois utiles, graines et autres jDroduits des plantes), une

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collection zoologique, une collection minéralogique et, pour la botanique et la zoologie, des préparations microscopiques; enfin des appareils de physique et de chimie. '

Le canton du Tessin exposait la collection des livres en usage dans ses écoles publiques; ils sont en langue italienne. Ce catalogue est divisé en 14 sections , correspondant à toutes les matières d’enseignement d’une éducation complète. On a soin de faire remarquer la nationalité des auteurs. Au nombre des ouvrages se rapportant à l’enseignement des arts graphiques et plastiques, je signa- r lerai le Cours de dessin de l’ornement du chevalier Giocondo Albertolli, celui du professeur Alexandre Rossi et les modèles en bois pour l’étude de l’architecture, de M. Fortunato Rusca de Rancate.

La Constitution suisse conservant à chaque canton^son autonomie, son administration séparée, n’établissant des rapports de subordination avec le pouvoir central que pour les seuls services où la centralisation est indispensable, il n’existait, pour ce pays, aucun établissement d’enseignement supérieur ayant un caractère national commun.' La Suisse possède cependant trois universités cantonales : celle de Bâle, -fondée en 1460 ; celle de Zurich en 1833, et celle de Berne en 1834. Lors de la préparation du projet de révision de la Constitution, les sociétés pédagogiques de la Suisse allemande, aussi bien que celles de la Suisse romande, ont émis le vœu de voir créer une université nationale centrale pour tous les cantons. Ce vœu a été admis et formulé en

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ces termes, à l’article 25 de la nouvelle Constitution :

« La Confédération a le droit de créer une Université, une Ecole polytechnique et d’autres établissements d’instruction supérieure. «

La Confédération a fait usage de son droit constitutionnel en fondant l’Ecole polytechnique de Zurich, qui comprend les divisions suivantes : une école de constructeurs, une école du génie civile, une école de mécanique, une école de chimie, une école de forestiers.

Les cantons de Berne, Fribourg, Zurich, Turgovie et Argovie ont des écoles d’agriculture. Les mêmes cantons, plus cejix de Bâle, Soleure, Vaud, Saint-Gall, Sci^fFhouse, Lucerne, Schwyz, Grisou, Genève et Neuchâtel possèdent des écoles réales ou industrielles. Toutes ces institutions étaient représentées à l’Exposition.

Parlerai-je des travaux des sociétés savantes? Nous avons d’abord ceux de la Cpmmission géologique suisse et du Club des Alpes. La première avait exposé quelques publications achevées et les matériaux qui doivent servir à compléter la carte géologique de la contrée. Onze livraisons de cet ouvrage ont paru, de 1864 à 1872. Le Jury les a honorées d’une médaille de progrès. La seconde société exposait une partie de la carte de l’Etat-major de la Confédération par M. Dufour, des panoramas, des cartes d’excursion, des itinéraires, des instructions pour les voyages du Club aux glaciers, la carte des formations géologiques de la Suisse, par le D"" Simber. Le club y ajoutait son Annuaire et le supplé-

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ment artistique, ses statuts, la liste de ses membres et quelques écrits de ces derniers. Ces divers travaux ont mérité à

cette association une médaille de progrès.

En fait de travaux littéraires, ce*qu’il y avait de plus remarquable, c’était l’ensemble des documents produits par la Société générale pour les recherches historiques. Indépendamment des huit cahiers de l'index, on y rencontrait la Chronique de Justinger, éditée par le professeur D"” G. Studer; le 17® volume des Archives pour l'histoire suisse, et les trois premières années de la publication : Indicateur pour lliistoire suisse. Nul doute que si notre Commission royale d’histoire eût songé à exhiber un exemplaire de chacune de ses publications à l’Exposition de 'V^ienne, la Belgique n’eût obtenu, de ce chef, une distinction de premier ordre.

Les applications de l’art à l’industrie ne sont point négligées en Suisse, et plus d’une école est consacrée à cette branche de l’enseignement professionnel. Toutefois, si l'on en juge par le travail très-recommandable de M. Menu : De V enseignement des arts du dessin en Suisse, qui paraissait au moment de la clôture de l’Exposition, il resterait encore beaucoup à faire à cet égard.

N’oublions point de signaler les moulages, en plâtre sur nature, d’animaux et de plantes, de fruits et de fleurs, par M. F. -G. Bofinger, professeur de dessin à Interlaken; les cartes en relief et les modèles de dessin de M. F. Beust, directeur d’un institut d’enseignement privé à Hottingen,

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près Zurich ; les dessins et compositions de MM. Benoit et Silvestre, professeurs à l’Ecole d’art appliqué à l’industrie de Genève; les tableaux et images pour l’enseignement intuitif, exposés par la direction de l’enseignement des cantons de Berne et d’Argovie.

Si l’on s’en rapportait à l’inscription qu’elle avait gravée sur son pavillon, la Suisse, en se présentant à l’Exposition, n’était pas sure de plaire à tout le monde: elle demandait que quelquun, sur la terre, connaissait l'art de 'plaire à tout le monde, il voidût bien le lui enseigner. Il me semble que ce que la Suisse a de mieux à faire pour arriver à ce but, c’est de continuer à marcher résolûment dans la voie où elle est entrée.

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