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POUR LES TRAVAUX DE FEMMES

MM. Rud. Isbarry, Jagermayer, C. Giani, Lud. Dambosck, Félix Duhayon, Félix Aubry.

INTRODUCTION

La Belgique était représentée dans le Jury international

de l’Exposition universelle de Paris, en 1867, pour l’appréciation des objets formant le X® groupe, correspondant au XXVI® de celle de Vienne, en 1873, par un homme éminent dont la perte prématurée a été un deuil pour les lettres et l’instruction publique de sa patrie, M. De Boe, que ses collègues avaient investi des fonctions de secrétairerapporteur.

Le travail que l’honorable membre entreprit à cette occasion et auquel la mort l’a empêché de mettre la dernière main, est un modèle du genre; ceux qui auront à accomplir une pareille tâche le feront difficilement oublier; c’est en même temps une sorte d’introduction à la. matière qui épargnera un labeur considérable à ses successeurs. Le rapport de M. De Boe établit clairement l’état des choses au point de départ ; il le fait avec l’autorité d’une expérience et d’une science incontestables. Pour lui, l’Exposition de Paris

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a été une occasion de tracer le tableau fidèle et vivant de la situation de l’enseignement et de l’éducation publique dans toutes les contrées civilisées du globe, fie n’aurai point la ridicule prétention de refaire, après ce maître, une pareille étude. Chargé de rendre compte de ce qu’offrait d’intéressant le XXVP groupe de l’Exposition universelle de Vienne, je me félicite de pouvoir, grâce aux travaux de ce savant devancier, m’occuper uniquement des faits actuels, sauf à compléter, quand l’occasion se présentera, les données déjà recueillies, à combler quelques lacunes ou, enfin, à constater les faits nouveaux qui ont pu s’accomplir pendant les six années qui se sont écoulées entre les deux dernières Expositions universelles. On ne devra donc point s’étonner de trouver ce rapport très-sobre de détails sur certains pays dont l’organisation, au point de vue de l’enseignement public, avait été si bien exposée et n’a point reçu de modifications très-importantes dans la dernière période sexennale.

Le XXVP groupe. Éducation, Enseignement, Instruction, comprenait, à l’Exposition universelle de Vienne, quatre sections. La P® section se rapportait aux écoles primaires, la 2® aux écoles secondaires, la 3® aux écoles spéciales, aux écoles techniques supérieures et aux universités, enfin, la 4® comprenait l’ensemble des moyens auxiliaires pour l’enseignement des adultes.

• Dans chacun des trois degrés d’enseignement, toutes les nations du globe avaient été invitées à exposer les plans,

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les dispositions, les moyens d’enseignement, ainsi que les productions de chaque catégorie d’école.

Toutes les commissions n’ont pas compris de la même manière ce que l’on demandait défaire figurer dans la 4® section. Le mot adulte a été interprété de plusieurs façons : les unes n’y ont vu qu’une certaine classe d’ouvriers ou de prolétaires auxquels il est nécessaire de donner, à un âge déjà avancé, des connaissances qu’ils ont négligé d’acquérir pendant la jeunesse, ou qui ont besoin d’entretenir et d’augmenter des notions acquises lorsqu’ils étaient en âge d’école; d’autres ont pris le mot dans son acception la plus large, aussi la plus vraie. Quelle que soit sa situation sociale, l’homme est adulte lorsqu’il a achevé l’éducation dont il à besoin pour remplir dans la société le rôlfe auquel il est appelé ou qu’il a choisi. Une telle interprétation admise, et c’est celle que le Jury international a sanctionnée, tout ce qui tend au développement des connaissances humaines, en dehors de l’école proprement dite, doit etre rangé parmi les moyens auxiliaires pour l’instruction des adultes. On a donc fait entrer dans cette classe les académies, les sociétés savantes, les publications périodiques et autres ayant pour but le progrès des sciences, les bibliothèques, les musées et jusqu’aux institutions créées en vue de moraliser le peuple, telles que les sociétés coopératives, etc.

La Belgique n’avait qu’un représentant effectif dans ce groupe; mais il avait été adjoint à ce juré titulaire deux auxiliaires : M. And. Van Hasselt qui, remplissant les

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fonctions de commissaire du Gouvernement, en vertu d’une disposition du règlement des jurys, avait le droit d’assister aux séances avec voix consultative, et M. Léon d’Andrimont, qui avait reçu du Ministre de l’Intérieur une mission spéciale en vue de l’appréciation de tout ce qui se rapportait aux institutions ayant pour objet l’amélioration de la condition des classes ouvrières. Le Jury a admis M. d’Andrimont à siéger et à voter, en section, dans toutes les questions se rapportant à cette spécialité.

D’après les dispositions arrêtées avant l’ouverture de l’Exposition, la présidence du XXVP groupe appartenait aux Etats-Unis d’Amérique; le représentant de cette nation n'était pas présent lors de la première séance du Jury, le 16 juin; il a été’ remplacé par le vice-président, M. le Landammann von Tschudi, du canton de Saint-Gall. M. Hoyt, le représentant des Etats-Unis, étant arrivé, céda définitivement le fauteuil à son collègue parlant la langue allemande, officiellement employée pour la rédaction des procès-verbaux et la direction des débats : la Suisse obtint de la sorte la présidence de ce groupe et la conserva durant toute la session. M. Tschudi maintint avec fermeté la décision de la Direction générale, quant à l’emploi de la langue ofîicielle; bien qu’il parlât fort facilement le français et l’anglais, il n’usa pas de ces idiomes en séance; toutefois, il laissa aux représentants des différents pays la faculté de faire usage du leur; ainsi l’on entendit souvent répliquer en français, en anglais, en italien ou en espagnol à des discours aile-

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mands. L’allocution du président, lorsqu’il invita son suppléant à conserver le fauteuil, fut prononcée en anglais. Il y eut même une section dans laquelle, pour être compris par quelques-uns des membres, on fut obligé d’employer lalangue latine.

Lors de la première séance, le lundi 16 juin, les membres du Jury composant le XXVP groupe, ont été partagés entre les quatre sections. Chacun a été laissé libre de désigner celle dont il désirait faire partie, le même membre pouvant figurer dans plusieurs sections à la fois. Cette disposition n’était que de stricte justice à l’égard des représentants des pays qui n’ayant qu’un seul* juré dans le groupe, seraient demeurés, sans cette faculté, étrangers aux délibérations sur la majeure partie des objets, et n’auraient pas pu défendre les intérêts de leurs nationaux. M. And. Van Hasselt (1) a opté pour la P® section et une partie de la 2®, M. L. d’Andrimont était spécialement et exclusivement désigné pour la partie de la 4® qui concerne les institutions ayant pour objet l’amélioration morale, intellectuelle et matérielle des classes laborieuses. M. L. Al vin devant se charger du reste, se promettait donc d’assister aux séances des quatre sections, ce qui lui semblait un devoir, puisque seul il avait le droit de voter aux réunions du groupe.

Dans cette même séance, il fut encore décidé que chaque section se réunirait à des jours et à des heures choisis

(!) M. Van Hasselt a reçu, en outre, de la Direction générale une nominationen qualité d’expert;

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de telle manière, que plusieurs sections ne siégeassent point en même temps, afin que tous les jurés pussent, s’ils le jugeaient nécessaire, assister aux séances de toutes les sections.

Voici quelle fut la distribution arrêtée dès le premier jour :

8 h. du matin. 2 h. de relevée.

Lundi et jeudi : D® section ; 2® section.

Mardi et! vendredi : 3e section: 4® section.

Mercredi et samedi : réunion du groupe entier.

Cette distribution, si rationnelle, des travaux n’a été observée que jusqu’au samedi 28. Un ordre de la Direction générale est venu alors la modifier.

Peu de membres étaient présents à la réunion du groupe dans laquelle cette décision a été notifiée, et les modifications qui furent adoptées en conséquence sont loin d’avoir obtenu l’approbation générale. Voici en quoi consistaient les changements :

1® Toutes les matinées des six jours de la semaine étaientattribuées aux séances de la P® section et les après-midi aux réunions de la 2® ;

2® Les réunions du groupe entier n’auraient lieu que lorsqu’elles auraient été réclamées par l’une ou l’autre section. C’était enlever aux membres de la 3® et de la 4® section le moyen de se réunir, autrement que pendant que l’une des deux autres siégeait. Le président, à qui des observations

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furent adressées, promit d’y aviser et de faire part de la décision aux intéressés ; mais cet objet fut perdu de vue. Une nouvelle complication vint s’ajouter à toutes les autres, dans la même séance, par la création d’une cinquième section ou commission spécialement chargée de l’examen des documents imprimés, rapports officiels, statistiques, etc.

Seul représentant de la 3® section dans cette réunion du

groupe, à laquelle plusieurs membres n’avaient pas été

régulièrement convoqués, le juré de Belgique fit inscrire

ses réserves au procès-verbal, ne se croyant point le droit

d’engager la responsabilité de ses collègues absents.

La première conséquence de ces nouveaux arrangements fut une subdivision de la U® section en huit soussections, correspondant aux divisions adoptées pour la rédaction du catalogue de l’exposition autrichienne.

A partir de ce moment, il régna une extrême confusion dans la distribution des travaux, tant pour les heures que pour les lieux de réunion, le nombre de ces derniers étant tout-à-fait insuffisant, ce qui occasionnait une perte considérable de temps.

La Direction générale a reçu de légitimes éloges pour l’organisation de l’Exposition universelle; c’était peut-être une oeuvre excédant les forces d’un seul administrateur; mais, en ce qui concerne le service des jurys, leur installation, les moyens de faciliter leur tâche si laborieuse, il faut bien le dire, beaucoup de plaintes, légitimes aussi, pourraient être articulées ici. En y faisant allusion, je n’ai

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d’autre but que de montrer combien il nous a été difficile, à mes collègues et à moi, d’accomplir la mission qui nous . avait été confiée ; je désire écarter le reproche qu’on pourrait nous adresser, à notre tour, de ne présenter qu’une étude incomplète des objets que nous étions chargés d’apprécier.

J’emprunté au rapport que M. Wolowski,*de l’Institut de France, a présenté à l’Académie des sciences morales et politiques, une critique que je n’aurais pu formuler en d’aussi bons termes, mais à laquelle je m’associe entièrement.

« La distribution intérieure de l’Exposition de Vienne n’a pas reproduit celle de l’Exposition de Paris, en 1867. On se rappelle que cette dernière a réuni les avantages de deux sortes de classements : la division par pays et la division par matières. La forme elliptique du bâtiment permit de consacrer à chaque contrée un secteur où tous ses produits étaient réunis ; mais le classement de ces produits était combiné de manière qu’en suivant la même ligne elliptique, on voyait s’étaler les produits similaires de tous les pays, classement qui facilitait grandement les comparaisons. A Vienne, on a voulu faire autrement, mais on n’a pas fait mieux. «

Le classement adopté à Vienne a donné lieu à de grandes difficultés et à une perte considérable de temps. Les membres des jurys étaient assujettis à de longs parcours et à de pénibles recherches pour découvrir les objets de leur i;essort. En ce qui concerne le XXVP groupe, les difficultés

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étaient encore augmentées par la dispersion d’un grand nombre d’expositions scolaires sur divers points en dehors dés galeries principales.

Le retard apporté par presque tous les pays à la publication de leur catalogue n’a pas été un inconvénient de moindre importance; la Belgique presque seule avait son catalogue imprimé avant l’ouverture de l’Exposition. Les dernières livraisons du catalogue général officiel n’ont paru que vers la fin de juillet, et la distribution des fascicules, au fur et à mesure de l’impression, s’est faite fort irrégulièrement.

Un mot sur la manière de procéder du jury dans les jugements. La première chose qu’un juré avait à étudier, c’est l’exposition de son propre pays ; car non-seulement il devait en apprécier lés moindres détails, mais il devait encore être prêt à fournir à ses collègues des autres nations tous les éclaircissements dont ceux-ci pouvaient avoir besoin; il devait signaler à leur attention tout ce qui, à son avis, méritait une récompense.

Ceux qui ont pu supputer l'immense quantité d’objets que comprenait 'le XXVP groupe, n’auront aucune peine à comprendre là nécessité des explications et le danger, bien plus, l’injustice à laquelle on se serait exposé en laissant chaque juré procéder isolément à son appréciation. Dans bien des cas même, il a fallu recourir aux lumières d’experts pris en dehors du jury; car, quel que soit le savoir d’un homme, il y a toujours, dans un champ aussi vaste, quelques détails * qui ne lui sont point familiers, et d’ailleurs les diverses

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nations appelées à nommer les jurés n’avaient pas pu s’entendre pour que chaque branche des connaissances humaines y fût représentée par un homme spécial. Aussi, est-il souvent arrivé que l’opinion d’un seul membre, le plus compétent, a déterminé le verdict. S’il avait fallu que chacun se fît une opinion sur tous les points, une année n’aurait pas suffi au- travail auquel on avait assigné une durée de six semaines .

Chaque section, et, dans la première section, chacune des huit sous-sections examinait séparément une série d’objets, portait son jugement provisoire, qui était toujours ratifié par la section d’abord, puis par le groupe tout entier. Le groupe décidait souverainement pour trois ordres de récompenses : les médailles de progrès, les médailles de mérite et les diplômes de mérite. Quant aux diplômes d’honneur, le groupe n’avait que le droit de proposition; le Conseil des py^ésidents, présidé par le directeur général, prononçait en dernier ressort.

Chacun des membres belges qui ont pris part aux délibérations du Jury, doit rendre compte de la partie de la mission dont il était chargé. Je n’empiéterai point sur les attributions de mes deux honorables collègues. J’examinerai' successivement l’exposition de chaque pays présent au XXVP groupe de l’Exposition universelle de Vienne. Je rendrai d’abord mn compte sommaire de l’ensemble, de ses divisions et je ne m’arrêterai qu’aux objets ayant le double caractère de l’utilité et de la nouveauté.

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En ce qui concerne l’organisation de l’enseignement dans les divers pays, je ne m’étendrai que sur ceux à l’égard desquels mon honorable devancier, M. De Boe, n’a donné que peu ou point de renseignements. Quant à ceux dont il a largement et complètement exposé la constitution scolaire, je me bornerai à signaler les innovations survenues depuis 1867, pour autant qu’ elles se soient montrées à l’Exposition de Vienne.

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A ne juger que sur leffet extérieur, la Belgique ne faisait point très-bonne figure au XXVP groupe de l’Exposition universelle de Vienne. Cela tenait à plusieurs causes : la plupart des établissements d’instruction publique avaient reculé devant la dépense ; les administrations communales s’étaient aussi absolument abstenues pour des raisons d’économie. En effet, si l’industriel et l’artiste sont en droit d’espérer tirer un profit immédiat des sacrifices qu’ils font pour exhiber leurs produits, il n’en est pas de même de l’instituteur ; quelques institutions privées pourraient y trouver leur compte, mais les établissements publics officiels n’ont que faire de ce genre de réclame; c’est le sentiment de la dignité nationale, le patriotisme, qui ont déterminé quelques gouvernements à faire des dépenses très-considérables en vue de l’exposition des écoles. L’Autriche et la Hongrie étaient chez elles ; rien des urprenant à ce qu’elles aient donné à la leur un développement complet; l’Allemagne, très-voisine, n’a pas voulu demeurer en arrière, et, groupant, dans un magnifique ensemble, les ressources des six nations les plus avancées de l’Europe en matière d’instruction, ‘elle s’est efforcée de donner, et elle a donné en effet, une haute idée du degré de perfectionnement intellectuel de ces populations. La France, qui voyait là une occasion de revanche, a fait aussi de grands efforts afin d’y occuper un rang distingué; sûre de briller sous

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le rapport de l’industrie et des arts, elle a tenu aussi à montrer une situation prospère dans toutes les branches de l’enseignement. Malgré le grand éloignement, l’Amérique avait aussi apporté à Vienne un contingent considérable pour le

XXVP groupe. La Suisse, ce petit pays qui otfre tant )

d’analogie avec le nôtre, avait fait des efforts qu’on pourrait croire hors de proportion avec l’étendue de son territoire. L’Italie, l’Espagne, la Russie, la Suède n’avaient rien négligé pour figurer honorablement dans ce relevé de l’état actuel du développement et des progrès de l’esprit humain.

Cependant, malgré sa mesquine installation, malgré l’exiguïté du contingent quelle a envoyé à Vienne, l’instruction publique de la Belgique a fixé l’attention du Jury et a mérité un total très-respectable de distinctions, eu égard au nombre restreint de ses exposants. Le catalogue, infiniment trop prolixe à l’égard de certaines institutions, s’était montré d’un laconisme étrange pour les documents, si intéressants et si nombreux, exposés par le Ministère de l’intérieur. On avait pourtant un bien bon exemple à suivre dans le catalogue belge lui-même : il suffisait de prendre pour modèle ce qui avait été fait au groupe IP : Agriculture', mais on s’est contenté d’indications sommaires, qui n’auraient pas même suffi pour signaler -au Jury l’importance de ces documents, si les jurés belges n’avaient pris soin d’y suppléer par des explications verbales. Rendons toutefois justice à un travail qui a contribué à assurer au Ministère de l’intérieur le diplôme d’honneur: je veux parler de la carte indiquant les

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institutions d’enseignement de, toutes catégories dont la Belgique est en possession, avec le relevé des sacrifices qui ont été faits par le pays en faveur de l’instruction publique. Ce travail clair, saisissable au premier aspect, a vivement impressionné ceux qui s’en sont occupés. D’autres nations avaient exposé une carte du même genre, mais moins complète et d’une lecture moins facile. Le grand avantage de ce mode d’exhibition, c’est qu’il montre à la fois le rôle du gouvernement et la part de la liberté dans l’oeuvre générale : car, à côté de l’enseignement officiel, figurent les institutions privées , soit quelles émanent de l’initiative de particuliers, soit quelles aient leur source dans le droit d’association garanti à tous les Belges par la Constitution.

J’ai indiqué, dans l’introduction, la division générale du XXVP groupe en quatre sections. Le catalogue belge ne tenait point compte de cette division, bien quelle eût été officiellement annoncée et en quelque sorte prescrite; l’ordre alphabétique des noms des exposants avait été préféré; c’était une complication de plus ; il a fallu opérer le partage avant de se livrer à l’examen des objets exposés.

C’est à moi que ce devoir incombait, pour ce qui concernait la Belgique; j’ai en conséquence fait parvenir au président de chaque section la distribution méthodique des numéros que je reproduis ici :

Première section. 479 : Arens (F. -A. Marianus), 480 : Beaujot, 481 : Bister, 482 : Blandot-Granget, 484:

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Braun (Th.), 485 : Callewaert (Félix), 486 : Callewaert frères, 489 : Claassen (Ferdinand), 491 : Crèche Marie-Henriette, 492: Grèvecœur, 493: Damas et Hubert, 495: Dejardin, 497 : Destexhe, 500 : Piron, directeur de l’école normale de Carlsbourg, 501 : Frère Materne, 503 : Frère Alexis, M. Gochet, 504 : Mathieu, 505 : Fr. Clépiaede, 506 : Dufour, 507 : Schneider, 508 : Nemrj, 509 : Courtois, 510 : Delà Colette, 511 : Quatre élèves de l’école de Carlsbourg, 512 : Dix élèves du même établissement, 513 : Genard, 514 : Flesch, 515 : Franck, 516 : Jaumonet, 520 : Lonay, 521 : Lory-Delaet, 522 : Manceaux, 523 : Martinet, 524 : Octavie Masson, 525 : Meèrens, 529 : Pétry, 531 : Rohyns, 532 : Snykers, 533 : Stroesser, 535 : Thyes, 537 : Van de Grave- Lefranc, 538 : Vercamer, 539 : Wesmael-Charlier. — En tout, quarante-trois numéros, c’est-à-dire près des deux tiers des exposants pour une seule des quatre sections. Or, comme les choses se présentaient dans la même proportion pour les autres pays, il n’est pas surprenant qu’on en soit venu à subdiviser la première section en 8 sous-sections.

Deuxième section. 481 his : Bister, qui figure aussi dans la première, 485 : Félix Calleivaert, idem, 486 : Callewaert frères, idem, 488 : Charles André, hors concours, à cause de la présence de l’un des deux auteurs dans le jury, 498 : Emond, 500 : Le F. Piron, qui hgure déjà dans la première, 502 : Alphonse Leroy, 522 : Manceaux, qui figure déjà dans la première, 530 : Piot-Hamers , 533 : Stroesser,

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qui figure aussi dans la première, 536 : J. -A. Torfs,

539 : Wesmael-Charlier figurant dans la V'^ section. En tout, douze exposants.

Troisième section. Huit exposants, en y comprenant l’enseignement des sourds-muets et des aveugles, savoir : Nos qyy . Albertyn, 481 : Biebuyck, 483: Bossuet, 517 : Laureys, 519 : Licot, 626 : Ministère de l’intérieur, 527 : Ministère de la guerre, 534 : Sunaert. Il y faut ajouter un

neuvième, emprunté au IIP groupe, et inscrit au supplément sous le iB 39 bis : Louis Henry. Les préparations chimiques de ce professeur, n’ayant pu être rangées parmi les matières susceptibles d’être livrées au commerce, ont été considérées comme produits de l’enseignement supérieur et renvoyées au XXVP groupe. Il avait aussi été question do renvoyer au même groupe l’ouvrage de M. De Koninck, inscrit sous le n'’ 19 du groupe P’'; mais il n’a pas été donné suite à cette idée. ’

Quatrième section. 478 : Angenot,484 : Braun, Th.,

figurant déjà dans la première section, 487 : Carlier, 490 : Colinet, 494 : De Grave, 496 : De Smet, 526 : Ministère de l’intérieur, figurant déjà dans la troisième, 528 : Monthaye, 536 : Torfs et de Cort, 540 : Wolters, 640 bis : le journal le Progrès, 541 : la Banque populaire de Liège, 542 : Léon d’Andrimont, hors concours comme figurant dans le Jury, 543 : la Société dite: de Toekomst, 544 : la Mutualité du Commerce et de l’Industrie, 545 : la Société de secours mutuels

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des instituteurs et des institutrices de la Flandre Orientale, 546 : la Société dite : Yan Crombrugghe , 547 : la Société John Cocherill, à Seraing, lez-Liége. En tout, dix-huit exposants.

En dehors du catalogue, comme étant arrivée après l’impression, la méthode de gymnastique de M. le capitaine Dox.

Avec les doubles emplois, l’exposition belge comptait 82 exposants au XXVP groupe ; savoir :

Dans la première section . 43

Dans la 2® section . 12

Dans la 3® section . 9

Dans la 4® section . 18

On doit y ajouter l’Institut agricole de Gembloux, qui n’avait pas un numéro particulier dans le XXVI® groupe, mais qui figurait dans ce groupe à l’Exposition par le plan e4 les réglements de l’établissement. On pourrait encore com.pter l’Ecole d’horticulture de Vilvorde, que le jury a récompensée parmi les exposants du XXVI® groupe, quoi qu’on l’ait fait figurer au II® dans le catalogue. Ce sont là des établissements d’instruction, bien que, en Belgique, l’administration n’en soit pas confiée à la direction générale de l’instruction publique, mais à celle de l’agriculture (1). Le

(i) La circulaire adressée aux personnes et aux institutions, qui ont été invitées à prendre part k l’Exposition universelle de Vienne, laissait aux exposants le soin de désigner le groupe dans lequel ils désiraient voir figurer leurs produits; il en est résulté une certaine confusion qui a obligé le Jury du groupe XXVI« à revendiquer plusieurs objets inscrits dans d’autres groupes. Ces revendications auraient pu être beaucoup plus nombreuses qu’elles ne font été.

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nombre elfectif des exposants, déduction faite des doubles emplois, est donc de 75 : ils ont mérité trois diplômes di honneur, quatre médailles de progrès, dix médailles et douze diplômes de mérite, soit vingt-neuf distinctions. On peut donc dire que si l’instruction publique de la Belgique ne se recommandait point par la profusion des objets exposés, elle se distinguait par la qualité de ce que le pays avait envoyé à Vienne. -

Mon collègue M. Van Hasselt se chargera d’en faire la démonstration, en s’occupant de tout ce 'qui se rapporte à l’instruction primaire, M. Léon d’Andrimont, pour une partie de la quatrième section, les institutions ayant pour objet l’amélioration du sort des classes ouvrières.

• Des douze exposants dont les productions pouvaient être rangées dans la deuxième section, l’un, M. J. J. Piron, directeur de l’école normale de Carlsbourg, a mérité la médaille de progrès pour sa méthode d’enseignement du dessin. Ce travail avait déjà valu à son auteur une distinction de premier ordre à l’Exposition universelle de Londres, en 1871. L’éditeur Manceaux a reçu la médaille de mérite, à raison des ouvrages classiques qu’il édite et dont la bonne fabrication aussi bien que la correction typographique ont été appréciées par le Jury. Le diplôme de mérite a été accordé à M. Stroesser (n"" 533), à raison de sa collection de modèles géométriques en fil de fer; la même distinction lui avait été accordée pour» une partie de ces mêmes objets à l’Exposition universelle de Londres, en 1871. M. Wesmael-Charlier (n'''539).

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libraire-éditeur à Namur, a également obtenu le diplôme de mérite. Le Jury a eu pour but, en proposant cette distinction, de récompenser le soin apporté par cette maison à la fabrication des livres classiques de littérature et de mathématiques ; il a eu aussi égard au prix modique de ces publications. Ceux qui ont été moins heureux avaient cependant envoyé à Vienne des produits qui n’étaient point sans valeur (1). La maison Callewaert frères, obtenant une distinction dans la première section , n’avait plus le droit de prétendre aux récompenses décernées dans la deuxième. M. Bister aurait pu obtenir une distinction pour ses figures géométriques en zinc; elle avait même été proposée dans la section, mais le groupe n’a point ratifié la proposition. Il n’est pas bien certain que ce ne* soit pas un oubli (2).

Ihn’y avait dans la troisième section que neuf exposants, en y comprenant les produits chimiques de M. le professeur Henry, transférés du IIP au XXVP groupe, et le Dépôt de la guerre. Tous les exposants de cette section ont reçu des distinctions. J’ai indiqué plus haut les médailles d’honneur décernées au Département de l’intérieur : P pour les docu-

(4) Le rapport de M. Guyot, sur le XIE groupe, entre dans plus de détails; il rend compte d’une foule de publications qui auraient aussi bien pu figurer dans le XXVI®.

(2) Je puis en dire autant de M. Blandot-Granget dont les plans d’écoles avaient attiré l’attention du Jury au point que M. B. Bonghi a jugé convenable d’en faire l’acquisition pour les placer au Musée scolaire en voie de formation dans la ville de Borne, honneur qu’il partage avec les modèles de M. Bister, les cartes murales, reliefs et travaux géographiques du Frère Alexis Gochet, et la méthode d’enseignement du dessin de M. J. -J. Pii’on.

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ments relatifs à rorganisation de l’enseignement, et pour l’excellente organisation de l’Institut agricole de Gembloux. Je dois ajouter que les cartes exposées par le Dépôt de la guerre ont valu une médaille de progrès au Ministre de ce département (1). Le même honneur a été attribué à M. Bossuet pour son traité de perspective, qui, de l’avis unanime des membres compétents du Jury, a été reconnu pour l’ouvrage le plus complet sur cette matière. M. Henry a obtenu une médaille de progrès. M. Laureys, pour le cours d’architecture qu’il a composé en vue de l’enseignement de l’Académie des beaux-arts de Bruxelles, a reçu la médaille de mérite. Enfin, MM. Licot et Sunaert ont obtenu des diplômes de mérite : le premier pour une méthode de dessin linéaire à vue et à main levée, le second pour un traité de perspective en langue flamande.

Que de lacunes cependant dans cette section où auraient pu se produire tous nos établissements d’enseignement supérieur de lettres, de sciences, de beaux-arts, d’industrie, de commerce ! C’est surtout en voyant l’immense quantité d’objets exposés par quelques nations qu’on regrettait la fâcheuse abstention de la plupart de nos institutions scientifiques. Un des professeurs les plus distingués de l’université de Prague, membre du Jury pour le groupe XXVP, rapporteur

(I) On trouve à la fin du rapport de M. le lieutenant-colonel Carrette, sur le XVE groupe, une appréciation complète de toutes les cartes géographiques exposées au Prater par les divers pays qui ont pris parta l’exhibition de 1878. Les travaux du corps d’Étai-Major belge y sont analysés avec le soin que méritait leur haute valeur scientifique.

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de la 3® section, exprimait en ces termes, dans la Bohemia, l’opinion que lui avait suggérée l’examen des objets exposés par la Belgique.

“ Le gouvernement belge avait en son pouvoir de donner une extension beaucoup plus grande à son exposition scientifique. Il n’avait qu’à faire appel aux travaux de son Académie, à ceux de ses archives, aux trésors de ses collections scientifiques et de ses musées, aux travaux des professeurs de ses universités. On eût vu avec plaisir une collection de livres publiés en langue flamande. Le gouvernement s’est borné à un exposé de l’organisation générale de ses universités et des universités libres, ainsi que des écoles moyennes et primaires, afin de rendre possible une estimation et un jugement des documents qui s’y rattachent. »

L’honorable professeur Hôfler, auteur de cet article, s’est d’ailleurs montré d’une grande bienveillance pour la Belgique dont heureusement il avait pu se faire une idée en dehors de ce qui était exposé à Vienne. Nous pouvions, en effet, en suivant l’exemple des autres nations, mettre sous les yeux du monde savant toutes nos richesses scientifiques et littéraires : les publications de nos académies et de nos sociétés savantes, si nombreuses et si actives dans les provinces, les catalogues de nos musées, la statistique de nos bibliothèques publiques. Espérons que si la Belgique est encore appelée à figurer dans une Exposition universelle, elle s’y présentera avec tous ses avantages ; il suffira pour cela de se rappeler les leçons que d’autres pays nous ont

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données et de faire quelques sacrifices pour indemniser ceux des exposants qui, n’ayant aucun profit direct à tirer de ces exhibitions, ne s’y associent que par patriotisme et^par dévouement aux progrès de l’humanité. Ce qui se fait, dans de larges proportions, pour les beaux-arts devrait se faire également pour les lettres et les sciences, dont la culture n’est pas d’ordinaire une industrie lucrative.

Mais c’est surtout de nos académies et des autres écoles de dessin que l’absence m’a paru regrettable. Nous avions un brillant contingent à , montrer en regard de ce que l’Allemagne, l’Autriche, la France, l’Italie et la Suisse ont exposé. Pendant une dizaine d’années, le gouvernement , belge s’est très-activement occupé de l’enseignement des arts graphiques et plastiques; plusieurs écoles ont été fondées sous cette influence. Il est vrai que, depuis quatre ans, cette branche intéressante du développement intellectuel du pays paraît être quelque peu négligée par l’administration supérieure; je dis paraît, parce que je crois savoir qu’un travail important se poursuit ; mais il n’a . encore produit aucun résultat livré à la publicité. L’Exposition universelle de Vienne était peut-être une occasion de sortir de ce silence qui inquiète la classe assez nombreuse de nos artistes se consacrant à l’enseignement : on n’y avait cependant envoyé que quelques documents relatifs à cette branche de service ; ils étaient perdus au milieu de -ceux que le Ministère de l’intérieur avait placés dans une vitrine fort peu accessible, et n’étaient point suffisamment détaillés au cata-

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logue. Nous avons suppléé à cet oubli, autant qu’il était en notre pouvoir de le faire, en signalant ces documents à nos colfègues étrangers. Il paraît juste d’en faire autant dans le présent rapport. En voici le dénombrement :

1° La collection des rapports adressés au Ministre par le Conseil de perfectionnement de l’enseignement des arts du dessin, de 1860 à 1865;

2"^ Un rapport général sur la situation des académies, adressé au Ministre, M. Alphonse Vandenpeereboom, par le président de ce Conseil ; ce document comprend : un précis historique dé la fondation de ces institutions, de leur mode d’existence, sous les divers régimes qu’ont subis nos provinces, depuis le règne de Marie-Thérèse jusqu’en 1830; un exposé de la situation, depuis 1830 jusqu’en 1864, et enfin un plan d’organisation ;

3'’ Le catalogue illustré des modèles recommandés pour les écoles, 1868;

4^ Le compte-rendu du congrès de professeurs, tenu à Bruxelles en 1868, ainsi que celui de l’exposition qui eut lieu à cette occasion ;

5'’ Les réglements organiques de l’Académie royale d’Anvers, avec les rapports sur la situation de cette importante institution.

Les membres du Jury ont plus d’une fois témoigné le regret que ces documents administratifs ne fussent point corroborés par la présence des produits de l’enseignement. Nous n’avons pas négligé de faire remarquer que la Belgique avait

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fait acta de présence, même sur ce terrain, aux Expositions universelles de Paris et de Londres, mais nous savions aussi que les exposants de 1867 et de 1871 n’avaient guère eu à se* louer du résultat; que les travaux de leurs élèves avaient été renvoyés dans un état déplorable; nous avons donc indiqué cette circonstance comme la cause principale de l’abstention de nos écoles à l’Exposition de Vienne.

Nous aurions pu^ montrer des modèles d’écoles qui ne l’eussent point cédé, pour l’installation, à ce qu’il y avait de meilleur et de mieux entendu à l’Exposition de Vienne. L’édifice que la commune d’Ixelles a fait construire, rue du Viaduc , est parfaitement approprié à sa destinatio.n. Plusieurs écoles primaires, récemment bâties, dans Bruxelles même, auraient pu, en toute confiance, exposer leurs plans. Nous n’aurions point paru avec désavantage à côté de l’exposition de la ville de Paris, si l’on avait pu envoyer à Vienne un modèle réduit de l’une ou l’autre des écoles de dessin et de modelage, fondées, depuis quelques années, à Ixelles, àAIolenbeek-Saint-Jean et à Saint- Josse-ten-Noode. La dernière installée, au-dessus des écoles primaires d’Ixelles, offre, dans son ameublement et dans ses autres dispositions, un exemple des perfectionnements les plus récents. On voudrait pouvoir en dire, autant de l’Académie royale des beaux-arts de la capitale. Cette institution qui, par l’étendue de son programme, le nombre et le mérite de ses professeurs, ne le cède en rien aux meilleurs établissements du meme genre, attend, depuis 1836, une installation en rapport avec

COKITÊ FRANÇAtSi

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son importance. L’édilité bruxelloise n’a pas, depuis trente huit ans, trouvé le moyen de lui procurer un local; elle la laisse dans des salles quasi-souterraines, où l’air etla lumière manquent, au grand détriment de la santé des élèves et des professeurs. L’espoir pourtant se montre à l’horizon : dans une solennité récente,, on a cité, au nombre des bienfaits que la capitale de la Belgique doit à l’administration éclairée de M. Anspach, le palais de l’Académie ; ce qui nous permet de supposer que le projet d’un tel édifice existe et qu’on ne tardera pas à mettre la main à l’œuvre.

Si l’on retranche de la 4® section les numéros qui figurent déjà dans les trois premières et tous ceux qui se rapportent aux institutions ouvrières, il ne reste que bien peu d’articles qui soient de mon ressort. J’y rencontre toutefois trois publications consacrées au développement de l’instruction primaire : Y Abeille, revue mensuelle, dirigée par M. Braun (n®484); le Progrès (n° 340 te), revue hebdomadaire, éditée par la Société centrale des instituteurs belges, représentée par son président, M. Derestia, son secrétaire, M. Temmerman, et son gérant, M. Jean-Joseph Campion, — ces deux revues sont écrites en langue française, — et la revue pédagogique flamande, intitulée : De Toekomst, tijdschrift voor opvoeding en onderwijs onder redactie van Frans De Cort en T. A. Torfs. — Leiiven. La première de ces publications, qui en est à sa 19^ année, a valu à son directeur-fondateur une médaille de mérite. Les deux autres ont obtenu le diplôme de mérite. M. De Grave (n® 494) a obtenu la même distinction

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pour son ouvrage, intitulé : Les Ateliers d'apprentissage des Flandres. Cette brochure était accompagnée du modèle du métier à tisser mixte pour toile façonnée, qui figurait aussi à la section C du groupe XIIP, n"" 382 dis. Les publications exposées, sous le iP 518, par M. Léon Lebon auraient aussi obtenu une distinction si le J ury, en présence du grand nombre de livres exhibés par les divers pays, se trouvant dans l’impossibilité de les lire tous, n’avait décidé d’exclure des récompenses les auteurs de cette catégorie de produits.

Dans cette section, comme dans les deux précédentes, les abstentions, et par suite les lacunes, ont été malheureusement plus importantes et plus nombreuses que les objets exposés. Cependant les moyens auxiliaires pour ï instruction des adultes ne manquent point en Belgique. Je me bornerai à en indiquer un qui eût fait honneur à notre pays : la Commission royale des échanges internationaux, dont la création est due aux instances de S. A. R. Monseigneur le Comte de Flandre. La Société smithsonienne (Smithsonian institution) avait exposé, dans le XXVP groupe du compartiment américain, la série complète de ses rapports, le relevé de ses collections et collaborations ; nous pouvions en faire autant. Je vais essayer de réparer l’omission en faisant connaître l’institution fondée en Belgique. C’est à l’Exposition universelle de Paris, en 1867, que l’institution des Commissions internationales d’échanges a pris naissance; non pas que ces sortes de transactions n’eussent encore été tentées ; les essais dé M.Wattemare, ainsi que les opérations de la Société

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smithsonienne, sont là pour montrer l’ancienneté de l’idée elle-même. Mais il fallait généraliser l’institution et en faire un office gouvernemental; c’est ce qu’ont compris et voulu réaliser les honorables directeurs de South -Kensington Muséum. Ils profitèrent de la présence à Paris de princes de presque toutes les maisons régnantes de l’Europe et rédigèrent un programme qu’ils soumirent à l’adhésion de ces hauts personnages. Ce programme ou cette convention se compose de trois articles, dont voici la teneur :

I. Chaque pays formera une commission particulière, en vue d’obtenir les reproductions qu’il peut désirer pour ses musées.

IL La commission de chaque pays est mise en rapport avec celles des autres pays, auxquelles elle fait connaître les reproductions quelle peut fournir et celles dont elle a besoin; de cette façon, chaque pays peut profiter, à peu de frais, du travail des autres.

III. Chaque pays s’arrange pour faire l’échange des objets qu’il désire.

Ont adhéré à cette convention en y apposant leur signature : Pour la Grande-Bretagne et l’Irlande, Albert- Edward, prince de Galles, Alfred, duc d’Edimbourg; pour la Prusse, Frédéric-Guillaume, prince royal; pour la Hesse, Louis, prince de Hesse; pour la Saxe, Albert, prince royal; pour la France, le prince Jérôme-Napoléon; pour la Belgique, Philippe, comte de Flandre; pour la Russie, le Cesarevitch et Nicolas, duc de Leuchtenberg ;

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pour la Suède et la Norwége, Oscar, prince royal; pour l’Italie, Humbert, prince royale et Amédée, duc d’Aoste; pour l’Autriche, les archiducs Charles-Louis et Rainer; pour le Danemark, Frédéric, prince royal.

Sur l’invitation de Son Altesse Royale le prince de Galles, le Département des sciences et des arts organisa, dès le mois de mars 1868, pour l’Angeterre, la commission-officielle des échanges. Dès que cette commission fut constituée, elle notifia son avènement aux hauts signataires de la convention de 1867. S. A. R. Monseigneur le comte de Flandre, donnant suite à rinvitation qu’il avait reçue, usa de son influence auprès du gouvernement de son Auguste Frère à l’effet d’obtenir, pour notre pays, la création d’une institution du même genre. Les efforts de Son Altesse Royale furent couronnés de succès. Un arrêté royal, portant la date du 17 mai 1871, et contresigné par le Ministre de l’intérieur, M. le baron Kervyn de Lettenhove, institua une commission ayant pour mission d’organiser, entre la Belgique et les. pays étrangers, un système d’échange, soit pour des œuvres relatives aux arts , aux sciences et aux lettres, soit pour des reproductions des principaux monuments ou des objets les plus précieux qui s’y rattachent. L’article 2 de cet arrêté distribue la commission en trois sections : la première ayant pour objet ce qui concerne les beaux-arts, l’architecture et l’archéologie; la seconde, la littérature , la bibliographie et la numismatique , et la troisième, les sciences physiques et naturelles.

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On remarquera que cet arrêté élargit considérablement le cercle des attributions prévues par le programme de 1867. Les honorables directeurs de South-Kensmgton Muséum, en le rédigeant, ne s’étaient préoccupés que d’un seul intérêt, celui des beaux-arts, ils avaient totalement négligé celui des lettres et des sciences. Il n’y a rien là qui doive surprendre, dans un pays où, comme en Angleterre, les lettres et les sciences sont loin d’être en souffrance, mais où, dès l’année 1852, on avait reconnu que l’étude des arts plastiques et graphiques se trouvait dans un état d’infériorité, relativement à quelques autres contrées de l’Europe. Eh bien, nous ne devons avoir aucun scrupule de l’avouer : en Belgique, c’est la propagation des œuvres littéraires et scientiques qui se trouve en souffrance; le gouvernement belge devait donc se préoccuper de cet intérêt tout autant que de celui des beaux-arts; c’est ce qu’il a fait en créant une section littéraire et une section scientifique dans la commission des échanges internationaux, et il ne doit négliger aucun effort pour que les commissions du même genre, qui existent déjà ou qui pourraient être créées dans d’autres pays, soient constituées dans le même esprit. Il paraît oiseux de faire ressortir ici les avantages que les applications de l’art à l’industrie peuvent retirer de la reproduction et de l’échange des objets d’art disséminés par tout le monde ; personne n’en conteste l’utilité ; mais il nous paraît nécessaire d’expliquer comment pourront fonctionner les sections des lettres et des sciences, et de montrer de

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quel secours elles pourraient être pour les progrès de la civilisation.

Le but que se propose la section des lettres et le rôle que lui impose l’arrêté du 17 mai, c’est de faire arriver chez nous et de mettre à la portée des travailleurs les publications des sociétés savantes du monde entier, en otFrant en échange à celles-ci ce que produisent les. institutions similaires de la Belgique.

Le principe de l’association, qui a produit de si admirables résultats dans l’ordre économique, est appelé à jouer, dans le domaine intellectuel, un rôle non moins important. Le travail en commun est très-légitimement la tendance de notre époque; les académies, les instituts, les sociétés savantes, les comités de rédaction, ces groupes divers, de quelque nom qu’on les nomme, alimentent incessamment des sources intarissables d’informations ; les recueils que ces associations publient sont les moniteurs oii s’insci vent journellement les conquêtes de l’esprit humain. Celui qui, voulant traiter une question scientifique, se trouverait hors d’état de consulter ces registres, indicateurs perpétuels dii point où la science est parvenue, celui-là s’imposerait, le plus souvent, un labeur inutile, refaisant une besogne déjà accomplie, perdant un temps précieux., sans profit pour personne. Il n’y a plus aujourd’hui de centres privilégiés pour la production des œuvres de l’intelligence; les découvertes les plus utiles et les plus inattendues se peuvent produire dans une localité de peu d’importance tout aussi bien que

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dans une illustre capitale. C’est donc la totalité des publications périodiques du monde entier qu’il faut s’efforcer de réunir sur un point tout au moins de chaque pays. Il ne faut pas se le dissimuler : les efforts isolés essaieraient en vain d’atteindre ce résultat, même au prix de grandes dépenses . Il faut absolument que les gouvernements s’en mêlent, et leur action elle-même, si puissante quelle soit, sera insuffisante sans le concours d’institutions du genre de celles dont nous préconisons la création. Ce que les commissions internationales d’échange feront à peu de frais, les.gouvernements seuls ne l’obtiendraient qu’imparfaitement par d’immenses sacrifices pécuniaires. Il n’y a point de budget de bibliothèque, si l’on en excepte peut-être celles de Berlin et du British-Museum, qui puissent l’essayer avec quelque succès. Et, pour ces établissements eux-mêmes, le système des échanges aurait un immense avantage, en ce qu’il rendrait disponibles des ressources qui pourraient être employées à l’achat des livres proprement dits, soit anciens, soit nouveaux.

Telles senties généreuses idées que S. A. R. Monseigneur le comte de Flandre avait suggérées au Ministre signataire de l’arrêté du 17 mai 1871.

Si elles n’ont point encore produit tout leur effet, c’est qu’une innovation de cette importance ne s’improvise point, qu’il y faut du temps et un labeur assidu. On peut toutefois espérer que, d’ici à peu de temps, l’institution aura fait un grand pas, au moyen de la publication de la liste complète

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des objets que la commission belge pourra offrir aux commissions des pays étrangers, en retour des leurs.

Si j’accompagne de quelques regrets mon appréciation de l’exposition belge de l’instruction publique à Vienne, je suis loin de m’associer aux diatribes passionnées auxquelles le gouvernement a été en butte à cette occasion. Pour qu’il pût être légitimement rendu responsable, .en particulier, des nombreuses abstentions que j’ai signalées, il faudrait qu’il eût eu le pouvoir d’exiger le concours de certaines administrations qui n’ont point répondu à son invitation. Espérons qu’une autre fois on trouvera le moyen d’exciter le zèle et l’émulation de tous ceux qui doivent s’intéresser aux progrès et à la bonne renommée de la nation.

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On peut dire que l’Empire d’Autriche avait rassemblé à l’Exposition universelle du Prater tout ce qu’il était possible de réunir tant sur l’organisation que sur les produits des institutions qui ont rapport à l’enseignement.

Les objets exposés se comptaient par milliers et formaient plus de 1,100 articles différents au catalogue. Nous n’avons pas la prétention de les analyser en détail ; ce labeur serait au-dessus de nos forces ; il faudrait, pour oser l’entreprendre, une universalité de connaissances qui nous fait défaut. Le peu de temps dont nous avons pu disposer ne nous permettrait d’ailleurs qu’un examen superficiel. Force nous est de nous borner à une sorte de relevé statistique des objets exposés et des résultats obtenus par les exposants.

Trois diplômes d’honneur ont été décernés à l’Autriche,, à savoir : à la municipalité de Vienne, pour les soins qu’elle apporte à l’organisation de l’enseignement et les sacrifices quelle s’impose en faveur de cette branche des services publics; à la Société des Amis de la musique, et enfin à l’Académie dè commerce.

Cette dernière institution, fondée au moyen des capitaux recueillis dans le haut commerce de la capitale de l’Autriche, occupe un édifice considérable, construit exprès pour

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cette destination et qui ne laisse rien à désirer sous le rapport des dispositions intérieures, de l’installation scolaire et de l’aspect monumental.

Trente-huit médailles de progrès ont été décernées à d’autres établissements publics d’instruction et particulièrement aux écoles techniques ou industrielles répandues dans les principales villes de l’Empire, ainsi qu’à des professeurs, auteurs de publications utiles ou créateurs de collections et de préparations scientifiques, inventeurs de méthodes et de procédés nouveaux. L’Autriche a aussi obtenu, dans ce même XXVP groupe, 76 médailles et 104 diplômes de mérite, ce qui porte à 221 les distinctions ' qui lui ont été décernées.

Ce n’est certes point trop, eu égard au nombre et à l’importance des objets exposés, et l’on peut dire que les membres autrichiens, en grand nombre dans le Jury, ont montré une louable réserve en ne faisant point attribuer plus de médailles à leurs compatriotes.

Nous signalerons quelques-unes des institutions et quelques objets qui ont particulièrement attiré l’attention du Jury.

On remarquera d’abord que l’enseignement professionnel tient la place la plus importante à l’Exposition. Les écoles de commerce, d’industrie ou de perfectionnement industriel, de dessin et de modelage, appliqués à diverses professions, tendent à prendre partout la place d’une partie au moins de l’enseignement dit classique. Des écoles, des académies

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et des instituts de commerce, des instituts nautiques, dans les provinces maritimes, ont été fondés pour les différentes régions de l’Empire, sur un plan large, avec un programme bien entendu et un nombre suffisant de. professeurs distingués. Les écoles industrielles ont fourni un contingent important : celle de Vienne, qui a surtout en vue la construction des machines, avait exposé des cahiers et des rapports d’élèves, des épures de géométrie descriptive, des dessins à main levée, un portefeuille d’ornements d’architecture applicables aux machines; des dessins d’après le relief ; des modèles de détails de menuiserie et de charpente, sans oublier la perspective et la théorie des ombres. L’école de dessin de Trieste avait des travaux du même genre; celle de Prague avait une exposition plus variée encore. On y remarquait : quatre portefeuilles de dessins des apprentis orfèvres ; un portefeuille contenant des spécimens indiquant la marche suivie pour l’enseignement du dessin linéaire et du dessin élémentaire; un autre donnant une idée de la gradation des études pour le dessin des projections ; un sixième renfermant les épures de machines rangées d’après l’ordre suivi dans le cours ; Un septième offrant les mêmes renseignements à l’égard de la construction des objets de menuisier, etc. Venaient ensuite les modèles du professeur Ernest Popp, pour l’enseignement du dessin et du modelage, accompagnés des copies des élèves, en argile et en plâtre. On y trouvait encore des travaux d’apprentis et de compagnons exécutés en métal, cuivre, fer et fer-blanc,

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d’après des modèles dessinés. Chaque spécialité veut avoir son école particulière : à Steinsclionau et à Haida, l’industrie des glaces ; à Gabions, la quincaillerie de verre ; à Inspruck, la sculpture en bois.

M. Valentin Teirich, professeur à l’école industrielle des arts du Muséum de Vienne , a exposé un recueil d’ornements de l’époque la plus florissante de la renaissance italienne : vingt-cinq planches avec texte « Vienne. Beck, libraire de l’universitë Tous ces modèles sont empruntés à des monuments des plus estimés.

La géographie était surtout représentée par des publications nombreuses et variées de la maison Artaria, à Vienne, dont les cartes ont une réputation universelle. M. le professeur D"' Théodore Sickl avait exposé son remarquable ouvrage Monumenta geographica mediœ œvi. La paléontologie et la science préhistorique avaient une large place dans les publications de la Société anthropologique devienne, qui exposait le résumé des trouvailles faites en Autriche. Enfin, M. le professeur Fr. Simony, de Vienne, a mérité une médaille de progrès pour ses ouvrages traitant des phénomènes .des glaciers, ses paysages géographiques, ses tableaux climatériques, etc.

La botanique comptait, parmi ses représentants, M. le professeur D*' Constantin baron von Ettinghausen, à Gratz. Le J ury a particulièrement distingué ses travaux sur l’interprétation des débris des plantes fossiles et sur l’explication de la flore anté-dilu vienne et du monde primitif; ses con-

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jectures sur la commune origine de la flore du monde et enfin son traité intitulé : Physiotypia plantarwn aiistriacarum.

M. Valentin Piemel a aussi mérité une première distinction pour son herbier de la flore de la Carniole, composé de 30,000 plantes.

La zoologie avait, comme principal représentant, l’atlas illustré de L. Fitzinger.

Le Jury a cru devoir récompenser, par une médaille de mérite, les travaux de la Société générale autrichienne de pharmacie, dont le siège est à Vienne. On trouvait dans cette exhibition une collection de quinquina, d’opium, de fruits exotiques, de bois, de champignons, et enfin des préparations du laboratoire de chimie.

M. Charles Czuberka, docteur en médecine, en chirurgie et en accouchement, à Vienne, a exposé plusieurs ouvrages qui ont mérité le suffrage des experts nommés par le Jury. D’abord une publication, qui en est à sa 10® année, le Calendrier des étudiants autrichiens^ puis le Livre de iioche viennois des recettes, qui en est à sa 2® édition, et enfin un traité sur une composition servant à l’inhalation dans les maladies des organes respiratoires.

On avait également rangé, dans le XXVI® groupe, les travaux de la Commission centrale pour l’exploration et la conservation des monuments. C’est avec justice que le Jury leur a décerné une médaille de progrès. Les xiiF, xiv®, xv® et xvir® volumes des publications de cette Commission étaient

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accompagnés d’un atlas archéologique des monuments religieux et autres, relevés dans les Etats impériaux autrichiens.

Au nombre des établissements fondés à Vienne, sous le règne de l’Empereur François-Joseph, il en est un qui méritait à tous égards d’attirer notre attention : je veux parler du Musée de l’art industriel. Fondé en 1863, il a reçu son installation définitive en 1872, dans un palais élégant d’aspect extérieur et très-intelligemment disposé à l’intérieur, élevé d’après les plans de l’architecte Ferstl, à qui l’on doit également ceux de l’église Votive, qui est un des monuments les plus purs du type gothique. Le Musée de l’art industriel a été conçu dans le même ordre d’idées, mais dans des proportions moindres, que le South- Kensington Muséum. 11 renferme déjà de très-riches collections de spécimens de l’industrie artistique de tous les siècles. Des princes et de riches particuliers y ont déposé des trésors, dont ils conservent la propriété, tout en les mettant à la disposition du public et des artisans qui veulent les étudier. Une école est annexée à cette iii'stitution ; les produits de l’enseignement artistique qui s’y donne avaient leur exposition particulière, non au Prater, mais dans une salle du Musée. Je l’ai examinée avec le plus vif intérêt. La direction et les professeurs y font preuve de talent, surtout de bon goût, dans le choix des modèles; les élèves ont bien profité de cet enseignement et leurs travaux pouvaient, sans craindre l’infériorité, être rapprochés de ceux des meilleures

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écoles de l’Allemagne. L’édifice, l’organisation, le programme, la distribution des galeries, des classes communes et des ateliers particuliers peuvent être présentés comme des modèles aux administrations qui voudraient fonder de pareilles institutions.

Ce n’est point, me semble-t-il, sortir des attributions que peut s’arroger un juré du XXVP groupe, que de signaler ici le mérite éminent des monuments érigés récemment dans la capitale de l’Autriche. On y trouve à la fois un style élevé, de l’originalité, de la variété et beaucoup d’élégance; ces qualités, qui frappent l’étranger à son arrivée à Vienne, n’ont-elles pas leur principe dans un bon enseignement de l’architecture et des autres arts qui s’y rattachent ?

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Trois cent seize exposants figurent au groupe XXVP de l’exposition hongroise. La partie incontestablement la plus importante de cette liste, déjà longue, c’estle contingent fourni par le Ministère des cultes et de l’instruction publique, séant à Buda-Pestb. Quoique n’occupant qu’une vingtaine de lignes dans le catalogue général, il fournit la matière d’une brochure de 204 pages, imprimée dans les deux langues principales en usage en Hongrie : le magyar et l’allemand. C’est à ce document que nous empruntons les curieux détails qui vont suivre sur l’organisation de l’instruction publique dans le Royaume héréditaire, dont l’autonomie a été reconnue et consacrée depuis peu d’années et qui, sous le rapport de l’administration, a une existence distincte de celle du reste de l’Empire d’Autriche.

Les souverains de la Hongrie, dès le x® siècle, se sont intéressés à l’instruction de leurs sujets: l’Empereur Mathias Corvin ne négligea point cette branche importante de l’administration ; mais c’est surtout au règne de Marie-Thérèse que se ^rapportent les progrès les plus positifs. Cette grande princesse a étendu sur toutes les provinces de sa domination l’infiuence de son génie organisateur. Notre pays lui doit, à cet égard, la même reconnaissance que la Hongrie.

En 1776, un conseil spécial fut chargé d’élaborer poiîr ce pays un plan général d’organisation de l’enseignement.

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Ce plan a été publié sous le titre de Relatio educationis totiusqiie rei lüterariae per regnun Hungariae et provincias eidem adnexas. N’ayant point le caractère obligatoire des lois, ce plan ne fut adopté et suivi que par les écoles catholiques. Les protestants refusèrent d’y adhérer et donnèrent à leurs écoles une organisation indépendante, qu’ils s’efforcèrent de compléter après que le Landtag de 1790 leur eût reconnu l’égalité religieuse et la liberté d’enseigner.

Des modifications furent apportées au régime de l’instruction publique en 1806 et en 1848, mais elles ne sont point parvenues à établir l’unité. Les progrès toutefois furent constants, à partir de cette dernière époque. Mais c’est surtout depuis 1867, lorsque la Hongrie, recouvrant son autonomie, revint aux traditions constitutionnelles, que ce progrès s’est particulièrement accentué à tous les degrés de l’enseignement public. La statistique des années 1857, 1865 et 1871 en fournit la preuve évidente. En voici le résumé :

Année 1857.

Année 1865.

Année 1871.

Nombre des écoles prim.

Enfants en âge d’école .

Fréquentant ....

Instituteurs ....

Nombre de Gymnases .

Nombre des élèves .

» des professeurs.

(1) Le chiftVede cette année n’est pas renseigné dans le document que j’ai sous les yeux-

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Année 1857.

Année 1865. Année 1871.

Real Schulen ....

Nombre des élèves .

J’ des professeurs.

Écoles relig. diverses

Nombre des élèves .

5^ des professeurs.

La statistique des écoles d’enseignement supérieur ne nous renseigne qu’à dater de 1864.

Les quinze académies de droit comptaient :

Année 1864. Année 1871.

Étudiants ....

Professeurs .. .

L’Université de Pesth :

Étudiants ....

Professeurs.

Le Polytechnicon de Bude :

Étudiants ....

Professeurs.

Un détail qui ne doit point

• échapper.

c’est que la fré-

quentation des écoles s’accroît, malgré une diminution du nombre des enfants en âge d’école. On voit, en effet, que le nombre de ces enfants, qui était, en 1857, de 1 , 162,261 , n’est plus, en 1865, que de 1,151,554. En 1869, ce chiffre remonte et atteint 2,304,887; mais, deux ans après, il est diminué de près de 100,000, il tombe à 2,206,187. On a

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quelque peine à s’expliquer ces variations, qui pourraient bien n’être que le résultat d’une faute d’impression; car il n’est pas vraisemblable que, tandis que le nombre des enfants en âge d’école diminue, celui des enfants fréquptant les écoles augmente constamment.

La loi nouvelle, tout en respectant le principe de la liberté de l’enseignement, rend l’instruction obligatoire. On s’explique encore difficilement comment, dans un semblable état de choses, sur 2,206,187 enfants en âge d’école, il n’y en ait que 1,233,500 qui fréquentent les établissements d’instruction publique; 972,687 devraient donc recevoir un enseignement privé ou ne recevoir aucune instruction. La liberté de l’enseignement n’est point en Hongrie aussi complète qu’en Belgique, où la loi constitutionnelle interdit absolument toute mesure préventive. Cette liberté, dans le Royaume hongrois, consiste uniquement dans le droit de fonder, d’entretenir et de diriger des écoles ; mais l’Etat s’est réservé, de par la loi, le droit d’inspection et de contrôle sur tous indistinctement. L’Etat n’intervient d’ailleurs, dans l’érection et l’entretien des écoles, que là où les associations religieuses ou laïques et la commune font absolument défaut. Les résultats de l’enseignement, soit qu’il ait été puisé dans les écoles publiques ou particulières, soit qu’il ait eu lieu sous le toit paternel, sont contrôlés au moyen d’examen.

Quant à l’organisation même de renseignement dans les écoles, à la construction, à l’emménagement et à l’ameublement de celles-ci, la loi s’en occupe et prescrit des règles

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que des fonctionnaires sont chargés de faire respecter. Ainsi chaque classe ne doit pas contenir plus de 60 élèves dans les nouvelles écoles à construire. Un seul professeur ou instituteur ne doit pas avoir sous sa discipline au delà de 80 élèves.

L’Etat n’accorde des subsides aux communes que quand l’insuffisance des ressources de celles-ci est constatée.

En ce qui concerne les élèves, l’âge d’école est de 6 à 12 ans, pour les écoles quotidiennes, et de 12 à 15 ans, pour les écoles de répétitions, qui sont un intermédiaire entre l’école primaire proprement dite, et ce que nous appelons école d’adultes.

La durée de l’enseignement est de 8 mois par an, dans les N campagnes, et de 9 mois, dans les villes. Les enfants n’ont que 25 heures de leçons par semaine, ce qui revient à 4 heures et un sixième par jour.

Indépendamment de l’organisation de l’enseignement primaire, la législature a décrété la création d’écoles moyennes et de 20 écoles normales pour la formation des instituteurs et des institutrices.

, Si les écoles ne sont pas confessionnelles, les communes et les comitats sont chargés de leur administration ; la commune, dans ce cas, constitue un conseil d’administration de 9 membres au moins. Les comitats, de leur coté, élisent un conseil composé de 14 membres au moins et de 34 au plus. C’est aux membres de ces conseils qu’est attribuée la surveillance des écoles de toutes les catégories. Leurs rapports sont adressés au Ministre de l’instruction publique.

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Cette surveillance n’est pas la seule : le Royaume est aussi divisé en ressorts d’inspection scolaire. Les inspecteurs nommés par le Gouvernement sont tenus de visiter, au moins une fois l’an, les écoles de leur ressort respectif.

La loi détermine les devoirs et les droits des instituteurs, üxe à 300 li. le minimum de leur traitement et jette les bases d’une caisse des veuves et des orphelins.

Jusipi’à présent, les établissements d’enseignement moyen et supérieur sont régis par des dispositions administratives, en attendant qu’une loi ait pourvu à une nouvelle organisation.

En ce qui regarde le matériel des écoles, la statistique fournit les renseignements que voici :

En 1871, les écoles pourvues d’un ameublement complet étaient déjà au nombre de 13,535.

L’Etat accordait, cette même année, une subvention de 369,199 tlorins à 295 écoles, et les instituteurs recevaient, de la même source, 149,730 florins. Dans la distribution de ces subsides, on n’a égard qu’aux besoins constatés et non à la confession à laquelle l’école appartient.

Nous avons vu plus haut que la loi autorise la création, par l’Eltat,- de 20 écoles normales ; elles étaient toutes ouvertes dès 1871. 11 existait en outre, à cette date, 40 écoles normales confessionnelles ; ces dernières tendent à prendre de l’extension. Dans ces 60 écoles, 1,786 élèves recevaient l’enseignement de 368 professeurs. Celles de l’Etat figurent dans ce chiffre pour près de 1,000 élèves.

HONGRIE

Des cours complémentaires, d’une durée de trois ans, auxquels sont admis les instituteurs en exercice, ont été organisés, dans une quarantaine de localités, et ont'été suivis par 10,000 auditeurs appartenant aux diverses confessions.

En Hongrie, comme dans l’Empire d’Autriclie, le Gouvernement a compris que l’on ne pouvait compter sur l’industrie privée pour fournir les écoles des objets nécessaires à l’enseignement, tels que livres et appareils de toute sorte. L’Exposition de Vienne offrait une grande variété de ces objets. La somme que le Gouvernement hongrois a diqà dépensée pour ce genre de distributions s'élève à 200,000 florins.

Le nombre des langues ou dialectes usités en Hongrie est considérable. Indépendamment du hongrois ou magyar', on y parle l’allemand, le slovaque, le croate, le roumain, le ruthène, le wende, le serbe, l’italien, le russe, l’hébreu.

Les livres scolaires ont dû être traduits dans toutes ces langues et même en des patois plus infimes. La librairie hongroise est. extrêmement active et le fonds de livres classiques en langues nationales est déjà extraordinairement riche. Le Gouvernement est bien secondé dans cette œuvre par une association, dont le siège est à Pesth : YAtlie- 'iiacum, qui publie de nombreux ouvrages d’instruction.

Outre les livres en plusieurs langues ([ue distribue le Ministère de l’instruction publique, le Gouvernement a fait confectionner des tableaux destinés à renseignement intuitif, comprenant une série de 40 planches. Plus de 4,000 de ces tableaux ont déjà été distribués. Un nombre égal d’arith-

HONGRIE

momètres russes, 15,600 atlas de Strele (en hongrois), 4,000 cartes des possessions de la Couronne de Hongrie et autant d’exemplaires des cartes d’Europe, 6,000 sphères et une infinité de tableaux d’histoire naturelle, ont été fournis gratuitement par l’Etat aux écoles primaires. Les écoles normales ont reçu des collections de minéralogie, 16 orgues, 100 pianos, 850 violons. Des spécimens de tous ces objets ont figuré à l’Exposition et ont été appréciés par le Jury.

N’oublions pas de mentionner l’école normale israëlite établie dans la ville de Pesth, à raison des objets qu’elle avait exposés à Vienne : dessins d’élèves, système planétaire, appareils télégraphiques , un exposé de la méthode linnéenne distribuée en tableau.

Les cours d’adultes que donnent les instituteurs, ordinairement le soir ou le dimanche, moyennant un supplément de traitement que paie l’Etat, sont bien fréquentés. En 1870, 1871 et 1872, 55,000 personnes y ont appris à lire, à écrire et à calculer.

Les établissements d’instruction pour les jeunes filles sont presque tous dirigés par des religieuses. Les travaux exécutés par les élèves de ces institutions, qu’on voyait à l’Exposition de Vienne, consistaient en cahiers d’écriture, en dessins et en exercices de style en diverses langues étrangères, tels que le français et hitalien. Quant aux travaux à l’aiguille, fort nombreux aussi , ils provenaient presque tous des orphelinats ou d’institutions privées.

HONGUIK.

I] a été dit plus haut que renseignement moyen et le supérieur attendent leur constitution définitive de par une loi qui n’est pas encore faite. Provisoirement, le Gouvernement a organisé et développé plusieurs établissements de ces deux degrés; la plupart ont été remeublés à ses frais. Un cours normal a été créé à funiversité de Pesth pour la formation des professeurs des écoles moyennes. En parcourant la liste des 140 écoles moyennes du Royaume, on constate que presque toutes ont un caractère confessionnel. Les ordres religieux ont de nombreux collèges ou gymnases. Le clergé séculier en dirige aussi beaucoup. Sur 73 oher-gymnasia, 4 seulement sont administrés par des autorités laïques. Sur 35 unter-gymnasia , il n’y a que 2 établissements communaux. Par contre, les 22 realschiden des deux degrés, écoles établies dans les principales villes du Royaume, sont exclusivement du ressort de l’Etat. 11 faut conclure de là qu’en Hongrie les communes pauvres abandonnent volontiers aux congrégations religieuses le soin d’organiser l’enseignement moyen auquel les localités riches sont seules en mesure de pourvoir. Toutefois, sur 10 real-gymnasia — écoles moyennes professionnelles supérieures — il n’y a que l’Académie commerciale de Pesth et le gymnase de Fiume qui soient sous radministration de l’autorité laïque. L’Etat, d’ailleurs, n’établit, au point de vue de ses subsides et des distributions de livres et autres articles classiques, aucune distinction entre les établissements gouvernementaux, communaux, ou ecclésiastiques.

HONGRIE

Lors de la soinptiieiise réception que la municipalité de Rnda-Pestli a faite aux membres du Jury de l’Exposition universelle de Vienne, plusieurs de ceux du XXVP groupe ont pu visiter quelques-uns de ces établissements. Citons en premier lieu le laboratoire de chimie, installé dans un bel édihce, tout récemment construit, et exclusivement consacré à renseignement de la chimie. Tous les services y ont été reunis : amphitéâtres pour les divers cours, laboratoires généraux et particuliers pour seize élèves, collection de réactifs, bibliothèque spéciale, salles d’étude, etc. Rien n’a été négligé pour que ce laboratoire , le dernier construit, fût mis en possession de toutes les perfectionnements que l’expérience a introduits dans les meilleures institutions du même genre en Allemagne.

Une école des beaux-arts a été créée aussi dans la capitale; elle est en même temps une école normale pour les instituteurs qui se proposent d’enseigner les arts du dessin dans leurs écoles. Un palais magniiique a été érigé pour l’Académie elle Musée. Idusieurs millions de liorins ont dû être consacrés à cette construction vraiment monumentale et d’un grand caractère architectural, qualités qui, soit dit en passant, distinguent les constructions récentes aussi bien à Pesth que dans la ville de Vienne. Entin la musique n’a pas été oubliée, et elle ne devait point rétre chez une nation aussi éminemment artiste. Un conservatoire de musique et de littérature musicale a été créé, des bourses de voyage ont été fondées en faveur des élèves cpii se distinguent le plus.

H()N(tRIE.

Ces progrès ne se sont point accomplis sans sacrifices et le budget de l’instruction publique s’est accru dans des proportions fort respectables. Il était, en 1869, de 1 ,367,40011.; il est, en 1873, de 4,632,628. La presse suit aussi une progression ascendante. L’Exposition de Vienne étalait 3 14 journaux qui paraissent en Hongrie. L’Etat ne néglige pas non plus ce moyen de propagande. Il se publie, par ses soins, un journal de rinstruction, revue pédagogique hebdomadaire, qui s’imprime en hongrois, en allemand, en slovaque, en croate, en serbe, en roumain et en russe. 11 en est à sa sixième année; il est adressé gratuitement aux instituteurs.

ALLEMAGNE

L’Empire d’Allemagne, comprenant tons les États germanicpies du nord, avait à Vienne une splendide exhibition de rinstruction publique, bien que le catalogue, fort sobre de détails, ne comprît dans ce groupe que 224 numéros. La L® section en comptait 36, la 2^^" 31, la 3™^ 91 et la 66. Ses écoles populaires, ses gymnases, ses universités y étaient représentés soit par des spécimens de leur installation matérielle, soit par des méthodes et des programmes, soit par les travaux des élèves, soit par les publications des professeurs.

Là aussi, une large part a été faite à l’enseignement professionnel, et c’est pour lui que les principales distinctions ont été réservées. C’est un hommage rendu aux nécessités de notre siècle; l’Allemagne, qui a donné et qui continue à donner une attention soutenue aux hautes études, ne veut point négliger le côté pratique de la vie : elle met à la portée du peuple les moyens d’enseignement dont celui-ci peut retirer le profit le plus immédiat. Ce n’est donc point aux universités et aux études spéculatives que les principaux honneurs sont allés. Si la part de cet Empire dans les récompenses a été considérable, que voyons-nous? Sur quatorze diplômes d’honneur qui lui ont été décernés, près de la rnoitié ont été attribués à des écoles d’agriculture : flnstitut agricole de Munich, 4’ Académie royale agricole d’Eldena (Poméranie),

AI.LEMACtNE .

celle de Poppelsdorf (Prusse Rhénane), celle de Proskaii (Schleswig), l’Institnt agricole et forestier de Hohenheini (Wurtemberg) et l’Ecole centrale d’agriculture de Weihenstephen (Bavière). Ajoutons un septième diplôme d’honneur accordé à la Commission royale wurtembergeoise, pour les écoles de perfectionnement industriel. Les autres distinctions du même ordre ont été attribuées aux Ministres de l’instruction publicpie des Royaumes de Bavière, de Saxe et de Wurtemberg, à la Direction communale d’enseignement de Berlin et, enfin, au Bureau de statistique de la Bavière.

Si l’on fait le dépouillement des médailles de mérite, on trouve que l’enseignement professionnel y figure dans la même proportion'. Est-ce à dire que l’enseignement classique ait dégénéré en Allemagne'^ Nullement. Sa renommée étant assez solidement assise, les encouragements de la nature de ceux qu’on peut obtenir à la suite des Expositions universelles, ne sont pas précisément ceux qu’on doit réserver au haut enseignement, et celui-ci n’a pas besoin de ces sortes de stimulants ; mais tout ce qui tend à faire descendre dans les masses populaires les acquisitions de la science pure ne saurait être trop préconisé : tel est le sentiment quia guidé les jurés. Il eût. d’ailleurs été impossible, eu égard à la composition même du Jury du XXVP groupe et à la durée assignée à ses travaux, de porter un jugement sur toutes les branches du haut enseignement qui constituent le programme des universités allemandes, si nombreuses bien qu’elles ne fussent pas toutes représentées à l’Exposition universelle.

ALLEMAGNE. ’

L’autorité scolaire de la ville de Hambourg avait exposé de nombreux documents sur rorganisation de ses divers etablissements : plans d’écoles populaires, statisticpie de l’état de renseignement, travaux d’élèves des écoles industrielles et de l’école des métiers, dont le Jury a reconnu l’importance par une médaille de progrès.

Voici les autres institutions qui ont obtenu la même distinction et les motifs qui la leur ont value.

H Le Magistrat de la ville de' Berlin avait envoyé des documents du même genre sur ses nombreuses écoles communales et sur l’école supérieure.

L’Administration royale prussienne du commerce se présentait avec les plans de l’école polytechnique d’Aixla-Chapelle, ainsi que le programme de cette splendide institution qui ne compte pas moins de 17 professeurs ordinaires, 7 extraordinaires et 7 assistants, plus des 'pyHvai doœnten. Elle exposait, en outre, le plan de rinstallation d’une nouvelle salle d’études de l’Académie de l’industrie de Berlin, des spécimens de mobilier, des collections de modèles, des ouvrages classiques tels que les Monimients de l'art de la construction, des tableaux servant à l’enseignement de l’histoire de l’art de la construction, le programme des cours, le catalogue et la bibliothèque. Elle y joignait les plans des écoles industrielles provinciales de Cassel, Gleiwitz et Brieg, ainsi que de l’école de tissage de Mulheim, etc. Tout cela, comme on le voit, se rapporte à renseignement professionnel.

ALLEMAGNE

3'^ L’École polytechiiic|ue royale de Saxe, à Dresde, avait exposé des modèles de rapports sur la construction des ponts et des cheniins de fer, des travaux géodésiques concernant les cliernins de fer projetés. Elle avait joint à ces travaux d’élèves l’esquisse de la nouvelle construction qui l’abrite, ainsi que des brochures sur son histoire et son organisation.

L’École royale bavaroise des arts industriels, à Munich, montrait des études industrielles-artistiques, consistant en cartons pour peintures murales, en modèles -en plâtre, en ouvrages scidptés et ciselés, et plusieurs portefeuilles de dessins d’ornement au trait.

5'^ L’École royale des arts industriels de Nuremljerg se présentait avec un très-important contingent de travaux de ses élèves : dessins, ouvrages de sculpture, modèles en plâtre, travaux de ciselure. J’avais eu déjà l’occasion d’apprécier, il y a une douzaine d’années, â une exposition spéciale, â Munich, le mérite de ces deux institutions qui n’ont fait que progresser depuis.

Cf Je puis en dire autant de l’école polytechnique de Stuttgart et des écoles de perfectionnement industriel si nombreuses dans le royaume de Wurtemberg, grâce aux efforts persévérants de la commission dont M. le conseiller Steinbeis est depuis longtemps l’ânie.

7*^ Une publication qui méritait â juste titre la distinction qui l’a honorée, c’est celle de MM. Schnoor, Jul. et J. Engelhom, à Stuttgart, Gewerbehalle , Les éditeurs ont produit,

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indépendamment de- la collection des livraisons parues de 1863 à 1873, une édition américaine The Workshap, 1868- 1873, et une édition de Londres; une édition française : Magasin des arts et de l'industrie ; une édition italienne et une espagnole : Guido per le arU e meslieri et le Museo de la Industria, Revisla mensual de las artes industydales , 1865- 1873, et, enfin, Ar/ et industrie, en hollandais, 1870-1873.

8° L’École de travail pour les femmes de Reutlingen offrait un intérêt tout particulier.

0'' Enfin, l’exposition collective du grand-duché de Bade présentait tous les renseignements statistiques et autres sur les différents instituts de ce pays.

Cette exposition de l’Empire d’Allemagne avait été installée, avec beaucoup d’intelligence, dans des bâtiments particuliers, vastes et bien distribués; c’était un véritable musée scolaire dans lequel aucune des branches de l’instruction n’avait été oubliée; l’enseignement des arts du dessin y occupait une grande place: la Bavière et le Royaume de Wurtemberg y brillaient entre toutes les autres nations germaniques. La Commission pour les écoles de perfectionnement industriel de ce dernier pays s’y faisait surtout remarquer. Au nombre des documents exposés par ce collège se trouvait le Catalogue illustré des modèles en plâtre, choisis par ses soins et recommandés aux écoles par l’administration supérieure. Les représentations, gravées au trait, de ces moulages destinés à remplacer les modèles graphiqués, sont distribuées dans un ordre méthodique,

ALLEMAGNE

allant de la forme la plus simple aux ornements les plus compliqués. Les modèles de la première série, reproduisant les formes élémentaires, sont de la composition de M. le professeur Hertle, qui en a gradué les difficultés avec beaucoup d’intelligence ; ceux des séries suivantes sont empruntés à l’ornementation des monuments de l’antiquité, du moyen-age, de la renaissance et même des temps modernes.

La Belgique a mis <à profit l’idée de ce catalogue illustré, et le Ministre de l’intérieur avait dans son exposition, sous le 11° 526, un exemplaire de celui qui a été publié à Bruxelles, par les soins du Conseil de perfectionnement de l’enseignement des arts du dessin. Le Comité chargé de ce travail s’est montré plus sévère chez nous dans le choix des modèles que ne l’avait été la Commission vairtembergeoise. Même pour les formes les plus simples, le Comité belge n’a admis que des fragments moulés sur les monuments les plus célèbres de l’art, estimant que, dès le principe des études artistiques, il ne faut mettre sous les yeux des élèves que des exemples de bon goût et de parfaite exécution. Les précautions que l’on a prises en Belgique pourront paraître excessives ; mais, en ces matières, il vaut mieux exagérer le bien que de s’exposer à encourager ce qui manque de correction et de beauté. Malgré cette critique, il faut reconnaître que la Commission pour les écoles de perfectionnement industriel du Royaume de Wurtemberg a eu, la première, l’idée de ce catalogue illustré; d’autres ont pu et pourront encore le perfectionner, elle conserve le mérite de l’invention.

AMÉRIQUE (États-Unis).

Le catalogue américain était, avec celui de TAngleterre, le mieux conçu, et aussi le mieux exécuté, accompagné de plans coloriés qui facilitaient les recliercLes dans cet immense dédale nommé l’Exposition univei*selle de Vienne. Il a sur tous les autres un avantage qui, sans avoir coûté beaucoup de peine aux éditeurs, en a fait un œuvre vraiment complète, puisqu’il oifre un texte dans les trois langues les plus répandues du globe, l’anglais, l’allemand et le français. Le XXVL groupe y comprend 281 articles; du iV 631 au iL 912. Pour être étudiée à fond, cette collection eût exigé quatre fois autant de temps que le Jury en a pu consacrer à celles de tous les pays.

Les treize premiers numéros (632 — 644) sont des expositions de parti cidiers, d’éditeurs, d’inventeurs et d’auteurs. On y rencontre des spécimens de mobilier d’école, desmacliines à enseigner le calcul, des livres pour l’usage des aveugles, des exemples de calligraphie, des dessins à la plume, des cartes géographiques, des tableaux statistiques, une collection de journaux et de puldications périodiques des Etats-Unis et, enfin, une encyclopédie, lœ (Jouvernement central expose, immédiatement après, sons le iL 645, les plans d’un bâtiment d’école tel qu’on en construit généralement dans les districts ruraux.

Le Nalional Bureau of Education (Washington City), qui

AMÉRIQUE (États-Unis).

correspond au Ministère de rinstruction publique, ayant été le principal intermédiaire et rorganisateiir général pour la représentation, dans le groupe XXVP, de tontes les parties des États-Unis, se contente d’exposer, en son propre nom : U un rapport du Ministre sur la situation de renseignement ; 2® des états statistiques ; 3° la collection des lois sur l’enseignement dans les divers Etats.

\dent ensuite une association indépendante, désignée sous la dénomination de: National educational association. Elle expose la collection complète des procès-verbaux de ses séances.

Les États sont rangés dans l’ordre alphabétique. Le Département de l’instruction publique, ou le Conseil de l’enseignement de cliacun de ces Etats, y est indiqué par les noms des membres qui le composent. Ils exposent les rapports les plus récents, quelquefois des lois, des brochures et des pamphlets, des spécimens photographiques d’architecture scolaire, des tableaux statistiques, des catalogues de bibliothèques, des exemplaires en blanc des différentes formules employées dans le Département, la liste des académies, des collèges, des séminaires pour femmes ef des écoles normales.

Les mêmes documents sont produits pour les territoires Dacota et d’Utah. Ces objets occupent les n'’"^ G48 à 682 inclii-

sivement. Du m 683 au n^ 734, se trouvent les exhibitions particulières des districts et des villes. Celles-ci se composent également de rapports sur la sifiiation de l’instruction, de

xVMÉRiQUE (États-Unis).

vues photographiques de bâtiments d’école et de monuments publics. La ville de Washington expose un grand modèle complet de l’école Franklin; Boston montre en détail ses richesses scolaires ; indépendamment des rapports des Comités sur les diverses branches, on y trouve des livres élémentaires nouveaux, des sphères célestes et terrestres, des modèles de dessin, des tableaux pour dessiner, des boîtes à instruments, des caisses pour les appareils de physique et les livres, des collections de ces mêmes appareils, des travaux d’élèves dans tous les exercices, des spécimens du nïohilier d’école, des tableaux de musique, des cartes géographiques, des tableaux phoniques pour l’enseignement de la lecture, etc. Chicago (Illinois) expose, avec les' rapports du Surintendant, le cours gradué d’enseignement et des pièces d’examen montrant le degré d’instruction des élèves dans les écoles des divers degrés. Cincinnati produit aussi des pièces d’examen du même genre. 11 en est de même pour Cleveland, Columbus, Frémont, Sandusky, Toledo (Ohio). Worcester City (Massachusetts) ajoute les rapports et les catalogues des bibliothèques publiques ainsi qu’un numéro de presque tous les journaux publiés dans la localité.

Sous la rubrique : Colleges, TJnwersities and other edii~ cational organisations represented, on trouve d’abord les documents relatifs au Collège national des sourds-muets de la ville de Washington, dirigé par M. Edouard Tay ; un rapport et une liste des institutions de sourds-muets exis-

AMÉRIQUE (ÉTATS-UNIS). ’ 65

tant dans les P]tats-Unis, la série complète des Annales américaines des sourds-muets et les procès-verbaux de Y Association nationale des sourds-muets .

Les institutions qui figurent dans cette série et qui y

exposent leurs rapports, leurs programmes et leurs catalo-

gués sont : Union Cooper, New-York City ; le Collège pratique de Gundry, Cincinnati'^ l’Université industrielle de l’Illinois; rUniversité de l’État de lowa; l’Institut d’éducation de Lookout Mountain, Tennessee; l’Institution collégiale Marietta; l’Institut teclinologique du Massachusetts; l’Institution ouvrière de San-Francisco, le Collège de femmes de Vassar, Poughkeepsie, New-York et l’Institut libre des sciences industrielles de Worcester.

Les journaux spéciaux d’éducation occupent les 735 à 753 inclus; on peut y joindre les quatre articles qui suivent et qui comprennent des traités théoriques sur l’éducation, des publications destinées aux aveugles et un journal des expériences des éléments de physique de Hinrich, faites par des étudiants dans le laboratoire de l’université, 120 volumes.

Dans la section qui suit, on a rassemblé les livres destinés particulièrement à l’enseignement. Des libraires-éditeurs et des associations y exposent tout ce qu’ils produisent pour l’usage des classes, livres, cahiers, cartes, instruments de toute espèce , collections d’ouvrages reliés et rangés dans des bibliothèques de bois de noyer, modèles en relief photographiés, etc.

AMÉRIQUE (ÉTATS-UNIS)

Les manufactures spéciales pour les fournitures, l’aineublement et rinstallation des écoles viennent ensuite. La Compagnie nationale pour l’ameublement des écoles, établie à New-York, expose le mobilier complet d’une classe comprenant un pupitre de maître et 48 pupitres et bancs pour élèves. On rencontre là les ardoises, les crayons et planchettes; des compteurs, des encriers perfectionnés, des règles brevetées; le telliiriuni automate de Troll; des ventilateurs destinés aux écoles dépourvues de tuyaux de ventilation. Un peu plus loin, six importantes institutions, ayant toutes pour objet le développement de l’instruction parmi les classes supérieures et dans les régions scientifiques élevées. Le bureau du Lever des côtes expose ses cartes et ses documents, le bureau d’Education du Ministère de l’instruction a rassemblé les rapports statistiques sous forme de tableaux concernant les associations scientifiques, industrielles, littéraires, sociales et religieuses considérées comme agents du développement de l’intelligence du peuple. L’Inspection géologique des territoires expose, par l’entremise de la Société américaine de géographie, ses rapports accompagnés d’un grand nombre de vues photographiques des sites desMontagnes-Rocheuses; l’Observatoire de la marine, ses observations astronomiques et météorologiques. La Direction générale des Postes présente, par l’entremise de la Société américaine de géographie, les documents qui font connaître au public les communications postales; enfin, l’Association universellement connue sous le nom de Smith-

AMÉRIQUE (ÉTATS-UNIS)

sonian Institution donne la série complète des documents se rapportant à ses vastes opérations d’échanges internationaux.

Ce n’est pas tout : sous la rubrique particulière de Scientific organisation, nous trouvons les résumés des travaux de quatre grandes sociétés savantes : la Société américaine de géographie , la Société américaine des sciences sociales, l’Académie de sciences de Saint-Louis, l’Académie des sciences, des arts et des lettres du AVisconsin. Puis des rapports généraux sur les asiles d’aliénés, sur les hôpitaux, sur les diverses sociétés médicales.

Les sociétés d’agriculture, d’horticulture, de pomologie, de viticulture occupent les iP® 828 à 851.

Une collection immense est celle qui figure au numéro suivant : on y trouve des spécimens de presque tous les journaux et ouvrages périodiques publiés dans les États-Unis, recueillis et exposés par Ernest Stieger, éditeur à New-York City.

La dernière section est entièrement consacrée aux bibliothèques publiques. Elle compte soixante numéros. L’exhibition consiste dans la production des catalogues. Une seule, celle de l’Institut Harris Noon-Socket, Rhode-lsland, ne produit point le sien.

Le catalogue de la bibliothèque du Congrès forme 8 volumes; celui de la bibliothèque publique de Boston, 7 volumes. Des sociétés bibliothécaires-commerciales, au nombre de quatre, figurent dans la liste. Il y a, en outre,

AMÉRIQUE (États-Unis) .

des bibliothèques de sociétés savantes , d’associations d’ouvriers, d’artisans et d’apprentis, de jeunes gens, enfin, la Société biblique.

Le contingent américain était donc immense dans le XXVP groupe de l’Exposition universelle de Vienne. On peut toutefois se demander s’il n’y manquait pas encore bien des choses pour qu’on pût la' considérer comme représentant fidèlement la situation de l’instruction et de l’éducation publiques aux Etats-Unis, en 1873. Du moins ce qu’on en voyait donnait une idée très-avantageuse des efibrts qui se font dans ce vaste pays pour la ditfusion des connaissances humaines.

Ce n’est guère que dans la partie de l’enseignement primaire qu’il peut y avoir à signaler de nouvelles inventions: c’est la tâche que s’est réservée mon collègue M. Van Hasselt. Il est parfaitement en état d’indiquer ce que l’Amérique a emprunté à d’autres nations et ce que nous pourrions, à notre tour, trouver à imiter chez elle.

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