‹ Documents relatifs à l'histoire du CidChapitre 35 sur 85 · RODRIGUE, DIEGUE · texte numérisé non relu

RODRIGUE, DIEGUE

D1EGUE.

RODRIGUE

Mon fils!

Mon pore !

DIEGUE

Viens encore une fois dans mes bras, que je te loue de nouveau de ton courage; je ne me lasse pas de t'admirer. Tu as bravement commencé la vie, tu as fait ton devoir, tu as bien imité mes anciens exploits, tu m'as dignement payé l'existence que lu me dois. Touche les cheveux blancs rendus par toi à Thonneur, approche ta bouche de cette joue

A l'histoirb du gtd. 87

dont tu as essuyé la tache; mon orgueil s*humilie devant ta jeune valeur, ô toi qui as conservé la noblesse d'un sang à qui la Castille a dû tant de rois.

RODRIGUE lui baise la main.

Donne-moi ta main à baiser et relève la tête. S'il est en moi quelque force et quelqï^e courage, n'est-ce pas à toi qu'il esijuste de l'attribuer?

D1BGVE.

Ce serait à moi à baiser tes mains; si je t*ai donné la vie, ne me l'as-tu pas rendue? paajs npi^s avons à nous entretenir d'autres intérêts. Mon flU, j'ai fait avertir cinq cents gentilshommes de notre famille. Je les ai réunis, je les ai trouvés prêts à te suivre. Ils entreront en campagne avec toi et combattront sous ton ordre, ils vont venir avec leur suite. Ils «ont montés sur des coursiers dont les moins ardents égalent les coursiers du soleil. (Le jour paraît en ce moment,) L'occasion est bonne pour les employer. Les Maures arrogants des frontières dévastent nos terres et enlèvent les sujets du roi. Hier, le conseil de guerre et d'État a appris ces tristes nouvelles par de vigilants espions. Les Maures ont ravagé le fertile terroir de Burgos, et, traversant les montagnes d'Oca, envahi Nagera, Logrogno et Bilforado, avec un tel succès et une telle audace, que le nombre des prisonniers qu'ils ont emmenés désole le cœur et provoque la vaillance. Coupeleur le chemin, entreprends cette campagne, donne l'essor ^ à ton hardi courage, essaye de la lance comme tu as essayé de l'épée : le roi, les grands, le peuple, ne pourront pas dire que ta main n'a servi qu'à venger une injure particulière. Sers le roi dans la guerre : ce fut toujours la véritable ambition d'un chevalier de servir son souverain, surtout après l'avoir offensé... J'entends nos chants guerriers.

Donne-moi ta bénédiction . ^

DIEGUE

Je te la donne, de la main et du cœur.

88 DOCUMEHTS lELATlFS^

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