TOUT LE MONDE
Vire Ferdinand !
LE ROI
Ainsi finissent la jeunesse du Cîd, et les noces de Chimène!
La seconde partie des aventures du Cid a été empruntée, par Guillen de Castro, aux ballades zamoranes, dont il a été question ; la scène la plus émouvante du drame est celle où le vieil Arias Gonzalez envoie ses trois fils au combat, et les voit tour à tour mourir sons ses yeux. Le Cid ne fait que paraître à peine dans cette seconde partie, fort inférieure à la première, et dans laquelle la critique a droit de reprendre, entre autres choses, la circonstance malséante qui accompagne la mort de don Sanche, et que Guillen de Castro aurait mieux fait de laisser aux anciennes traditions. Le traître Vellido a entraîné don Sanche sous les murs de Zamora; il cherche Toccasion de le tuer> et le roi la lui fournit, en lui parlant de :
A ciertâ necessidad Qui à los reyes no pardona.
On s'étonne à bon droit de rencontrer cette grossièreté chez un écrivain de Tordre de Guillen de Castro.
Guillen de Castro, né à Valence en 1567, se distingua de bonne heure dans sa cité native, ville toute littéraire alors, et dans laquelle Lope de Véga écrivit, pendant son exil, quelques-unes de ses comédies; GuillcQ de Castro entra dans la carrière militaire, et s'éleva au rang de c^itaine de oava-
A l'histoire du cib. 103
lerie; il fut attaché au gouvernement du vice-roi de Naples; il vint à Madrid, où la protection du duc d'Ossuna et celle du comte Olivarès ne lui manquèrent pas, sans pouvoir Tenrichir. Car on le vit bientôt forcé de composer des comédies pour vivre. Guillen de Castro ne tarda pas à se faire connaître; on trouve son nom parmi ceux des poètes qui obtinrent des prix au concours qui eut lieu, sous la présidence de Lope de Véga, pour la glorification de saint Isidore. Il mourut pauvre et fut enterré par charité. Lord HoUand a écrit sa vie. Elle fait suite à celle de Lope de Véga.