AFRIQUE OCCIDENTALE
Documents relatifs an trafic des spiritueux dans l'Afrique occidentale.
Le Colonial Office aux Chambres de commerce de Londres, Liverpool, Manchester et Glasgow.
10 mars 1896.
MONSIKUR,
L'attention s'étant portée, au Parlement et dans la presse, sur l'extension du trafic des spiritueux dans nos possessions de l'Afrique occidentale et en général sur l'influence exercée par ce trafic sur la prospérité desdites colonies et le bien-être des indigènes, M. le Secrétaire d'État Chamberlain a pensé qu'il y avait lieu de procéder à une enquête spéciale à ce sujet.
%. M. Chamberlain a reçu de la Chambre do commerce de Liverpool un rapport très intéressant, que j'ai l'honneur de vous transmettre sous ce pli, en copie.
3. De son côté, il a fait préparer par le Colonial Ofiice un mémoire contenant les informations les plus récentes recueillies par son Département sur la matière ; ce document renferme des statistiques qui pourront servir à faire une comparaison aussi exacte que possible entre les différentes colonies et possessions auxquelles les statistiques se réfèrent.
Une copie de ce mémoire est également transmise à la Chambre de commerce pour son information.
4. On ne saurait assez so préoccuper de ce fait que le commerce et les recettes du Trésor à la côte occidentale d'Afrique dépendent dans une proportion aussi considérable de l'importation et de la vente dés spiritueux qui, s'ils sont consommés par la population indigène en quantité excessive, ne peuvent manquer d'être très préjudiciables à la santé et au bien-être de celle-ci et compromettre à la longue les intérêts du commerce. Il n'est pas étonnant dès lors que cette question ait été mise en évidence à l'occasion de la Conférence de Bruxelles, et que les; différentes Puissances européennes représentéîes, après avoir reconnu la nécessité d'uno réglementation et d'une limitation du trafic des spiritueux, soient
to it. Thèse conclusions are contaîned in the following Articles of (he Brusseis Acl : —
Article XC.
« Justly aiixiousaboiii ihe moral and nialerial conséquences which the abuse of spirituous liquors entails on the native populations, the Signatory l^owers hâve agrced to apply the provisions of Articles XCI., XCH , and XCIil. within a zone extending from the SOth degrec norih latitude to the 22nd degrce south latitude, and bounded by the Atlantic Océan on the west and by the Indian Océan on the east, with its dependencios, comprising the islands adjacent to the mainland, up to 100 sea miles from the shorc. »
Ariicle XCI.
a In the districts of this zone where it shall be ascertainod that, either on account of religions belicf or from other motives, tho use of distilled liquors does not exist or has not b'een developpd, ihe Powers shall prohibit Ihcir importation. The manufacture of distilled liquors there shall be equally prohibilcd.
ce Each Power shall détermine the limits of the zone of prohibition ofalcoholic liquors in its possessions or Proiectorates, and shall be bound to notify the limits thereof to the other Powers within the space of six months. The above prohibition can only be suspendcd in the case of limitcd quantitics destined for the consumption of the nonnative population and imported under the régime and conditions determined by each Government. »
Article XVAL
(( The Powers having possessions or cxcrcising protectorates in the région of the zone which are not placed under the action of the prohibition, and into which alcoholic liquors are at présent either freely imported or pay an import duty of less than 15 fr. per hectoliter at 50 degrees centigrade, undertake to levy on thèse alcoholic liquors an import duty of 15 fr. per hectoliter at 50 degrees centigrade for three years after the présent General Act comes into force. At the expiration of this period the duty may be increased to 25 fr. during a fresh period of three years. At the end of the sixth vear it shall be submitted to
arrivées à certaines conclusions consignées dans les articles suivants de TActe de Bruxelles :
Article XC.
« Justement préoccupées des conséquences morales et matérielles qu'entraîne pour les populations indigènes Tabus des spiritueux, les Puissances signataires sont convenues d'appliquer les dispositions des articles XCI, XCIl et XCIII dans une zone délimitée par le 20* degré de latitude nord et par le 22« degré de latitude sud, et aboutissant vers l'ouest à l'Océan Atlantique oi vors l'est à l'Océan Indien et à ses dépendances, y compris les îles adjacentes au littoral jusqu'ù 100 milles marins de la côte. »
Article XCI.
« Dans les régions de celte zone où il sera constaté que, soit à raison des croyances religieuses, soit pour d'autres motifs, l'usage des boissons distillées n'existe pas ou ne s'est pas développé, les Puissances en prohiberont l'entrée. La fabrication des boissons distillées y sera également interdite.
Chaque Puissance déterminera les limites de la zone de prohibition des boissons alcooliques dans ses possessions ou protectorats, et sera tenue d'en notifier le tracé aux autres Puissances dans un délai de six mois.
Il ne pourra être dérogea la susdite prohibition que pour des quantités limitées, destinées ù la consommation des populations non indigènes et introduites sous le régime et dans les conditions déterminées par chaque Gouvernement. »
Article XCIL
ce Les Puissances ayant des possessions ou exerçant des protectorats dans les régions de la zone qui ne sont pas placées sous le régime de la prohibition et où les spiritueux sont actuellement importés librement ou soumis à un droit d'importation inférieur à 15 francs par hectolitre à 50" centigrades, s'engagent à établir sur ces spiritueux un droit d'entrée qui sera de 15 francs par hectolitre à 50"^ centigrades, pendant les trois années qui suivront la mise en vigueur du présent Acte général. A l'expiration de cette période, le droit pourra être porté ù 25 francs pendant une nouvelle période de trois années. Il sera, à la tin de la
révision, (aking as a basis tbe average résulta produced by thèse Tariffs, for the purpose of then fixing, if possible, a minimum du(y throughout Ihe whole extent of the zone wlicre the prohibition referred to in Article XCI. is not in force.
» The Powers hâve the right of maintaining and increasing the duties beyond the minimum fixed by the présent Article in those régions where Ihey already possess that right. »
Article XCIII.
» The distilled liquors manufactured in the régions referred to in Article XCII., and intended for inland consumption, sball be subject to an excise duty.
» This excise duty, the collection of which the Powcrs undertake to insure as far as possible, shall not be lowcr than the minimum import duty fixed by Article XCII. »
Article XCIV.
c< Signatory Powers having in Africa possessions contiguous to the zone specified in Article XC. undertake to adopt the necessary measures for preventing the introduction of spirituous liquors within the said zone by their inland frontiers. »
Article XCV.
« The Powers shall communicate to each other, through the Office at Brussels, and according to the terms of Chapter V., information reiating to the traffic in alcoholic liquors within their respective terrilories. »
5. The British Représentatives at the Conférence were instructed by lier Majesty's Goverment to propose the imposition of a duly upon imported spirits which would hâve amounted approximately to 10$. a gallon. It appeared, though, that so high a rate as this was not acceptable to the other members of the Conférence, and, after discussion, a duty of aboul is, iOd, a gallon was suggested; but in the end, the utmost that could be obtaincd was a minimum duty of about 6 ^j^d, a gallon. It does not appcar that up the présent time the résolutions of the Conférence havo had any vcry material effect, so far as the trade on the West Coast is concerned.
sixième année, soumis à revision, en prenant pour base une étude comparative des résuù tats produits par ces tarifications, à Feffet d'arrêter alors, si faire se peut, une taxe minima, dans toute l'étendue de la zone où n'existerait pas le régime de la prohibition visé à l'article XCI.
Les Puissances conservent le droit de maintenir et d'élever les taxes au delà du minimum fixé par le présent article dans les régions où elles le possèdent actuellement. »
Article XCIII.
« Les boissons distillées qui seraient fabriquées dans les régions visées à l'article XCII et destinées à être livrées à la consommation intérieure, seront grevées d'un droit d'accise.
Ce droit d'accise, dont les Puissances s'engagent à assurer la perception dans la limite du possible, ne sera pas inférieur au minimum des droits d'entrée fixé par l'article XCII. »
Article XCIV.
(c Les Puissances signataires qui ont en Afrique des possessions en contact avec la zone spécifiée à l'article XC s'engagent à prendre les mesures nécessaires pour empêcher l'introduction des spiritueux, par leurs frontières intérieures, dans les territoires de ladite zone. »
Article XCV.
« Les Puissances se communiqueront, par l'entremise du Bureau de Bruxelles, dans les conditions indiquées au chapitre V, les renseignements relatifs au trafic des spiritueux dans leurs territoires respectifs. »
5. Les Représentants du Gouvernement de S. M. à la Conférence avaient reçu pour instructions de proposer l'établissement d'un droit sur les spiritueux importés, représentant approximativement 10 s. par gallon. Un taux aussi élevé ne parut pas acceptable aux autres membres de la Conférence et, après discussion, un droit d'environ 1 s. 10 p. par gallon fut proposé; mais, en dernier lieu, tout ce qu'on put obtenir fut un droit minimum d'environ 6 ^^ P* P^^ gallon. Jusqu'à présent, les résolutions de la Conférence ne semblent pas avoir produit un résultat très sérieux, tout au moins en ce qui concerne le trafic à la Côte Occidentale.
6. The Table A. 2 in the Mémorandum hèrewiih givës in a form common to the four British Crown Colonies in West Africa the qaantities and values of spirits imported at four différent periods, and also the proportion which thèse importations bear to the gênerai trade of each Colony. From this it wil! be seen that the quantity has diminished in the Gambia, 34,463 gallons or 60 per cent. ; in Sierra Leone, 57,262 gallons or 22 per œnt. ; at the Gold Coast it has increased 657,097 gallons, or 100 per cent. ; at Lagos it has;probably increased 100 per cent.
7. The proportion of the spirit trade to the gênerai trade has in every case diminished.
Thus in Lagos, it has fallen from to
-T— -, and on the Gold Coast from— — to ^|^ .
8. In thèse two cases, the total of gênerai trade has increased very largely, being in the one case 90 per cent., and in the other 75 per cent., more in the later than in the earlier returns.
9. It is évident that the trade is still very large, and, as compared with the gênerai run of our foreign business, altogether disproportionate to the amount of the gênerai trade.
10. It is urged, however, by the Livcrpool Chambcr of Commerce that, when compared with the total population which is supplied in each case, the actual consumption of spirit per head per annum is trifling.
Thus, taking the case of the Gold Coast, Ihey point out that (excluding the population of the interior), the population of the Colony and Protectorate alone was about 1,500,000 in 1891, and that the récent importation of spirit only averages one gallon per annum per head of the population. They also urge that no perceptible înjury is as yet traceable to this source, and quote in support of their view the criminal statistics of the colonies, and varions statëments by officiais and traders acquainted with the West Coast.
11. This opinion is, however, contested by many witnesses, notably by the Bishop of Western Equatorial Africa, by Captain Lugard, and by Captain Binger, the wellknown French
6. Le tableau A. 2 du mémoire ci-joint donne, dans, une forme identique pour les quatre colonies de la Couronne dans l'Afrique occidentale, les quantités et valeurs des spiritueux importés pendant quatre périodes différentes, ainsi que la proportion entre ces importations et le commerce général de chaque colonie. Il permet de constater que Timportation a diminué en Gambie de 34,463 gallons, ou 60 «/o; à Sierra-Leone, de 57,262 gallons, ou 22 •/o. Par contre, elle s'est accrue à la Côte d'Or de 657,097 gallons ou 100 ^/o ; à Lagos, probablement aussi de 100 */o«
7. La proportion du commerce des spiritueux par rapport au commerce générai est
en diminution dans chacune des quatre colo-
nies; ainsi à Lagos elle est tombée de -rri 1 ^13
à — -, et à la Côte d'Or, de — - à 1/7. 42/3 ^1/3
8. Dans ces deux derniers cas, le chiffre total du commerce général s'est considérablement élevé ; les relevés statistiques les plus récents comparés aux précédents accusent, en effet, une différence en plus de 90 ^/o dans le premier cas, et de 75 •/« dans le second.
9. Il est certain que le trafic des spiritueux est encore très considérable, et comparé avec le mouvement total des échanges, tout ù fait hors de proportion avec le montant du commerce général.
10. Mais la Chambre de commerce de Liverpool prétend que si l'on envisage pour chaque colonie le chiffre de la population, la consommation actuelle des spiritueux par tête et par an devient insignifiante.
C'est ainsi que, pour la Côte d'Or, la Chambre de commerce fait remarquer que la population de la colonie et du protectorat, à l'exclusion des tribus de l'intérieur, étant d'environ 1,500,000 âmes en 1891, l'importation actuelle des spiritueux représente on moyenne un gallon seulement par tête et par an. Elle en conclut qu'aucun préjudice appréciable ne peut être, jusqu'à présent, attribué à cette cause, et elle invoque à l'appui de sa manière de voir les statistiques criminelles des Colonies et différents rapports émanant de fonctionnaires et de commerçants connaissant la Côte Occidentale.
11. Cette opinion, toutefois, est contredite par plusieurs témoignages, notamment celui de l'évêque de la région occidentale de l'Afrique équaloriale, ceux du capitaine Lugard et
explorer, ail three of wbom speak from Personal expérience of West Afrîca.
12. Moreover, il is argued ihat ihe statistics quoted by the Chamber are fallacious; that the trade-spirits are only consumée! by a very limited class, namely, the chiefs and rich natives, and tbat the consuroption per head of this class is large, although the average obtained by dividing the total imports by the total population is small. It is also alleged that much drunkenncss occurs in the interior, where the Colonial authorities, with the small police forces at their disposai, can exercise liltle or no supervision, so that cases of drunkenncss or crimes committed by drunken persons in those parts would not be brought to the notice of the courts of law on the coast.
13. Table B. i in the accompanying mémorandum shows the proportion of foreign and British spirits imported for home consumption into the four Crown Colonies on the West Coast; and from this it appears that foreign manufacturers are deriving the chief profit from this trade, the proportion for the whole area being, in 1894, 2,984,324 gallons of foreign spirits to 179,176 gallons of British make. It also appears from the « total import » figures for the Niger Coast Protectorate and Royal Niger Company (which are given in Table B. 1, and are the only figures available in thèse two cases) that by far the greater part of the trade spirit imported into their terrilories is of foreign manufacture.
14. Table A. 3 exhibits the rate of duty at présent charged in the English possessions, and Table D. 1 the rate in the foreign Colonies adjacent. The altérations which havebecn made from time to time during the period under review are not of sufficient importance to enable any definite conclusion to be drawn from them as to the effect of a change of duty upon the trade.
lo. It will be observed, however, that, while the duties vary in différent places, they are in ail cases extremely low as compared
du capitaine Binger, l'explorateur français bien connu, tous trois parlant de science per* sonnelle des choses de TUuest africain.
12. On prétend aussi que les statistiques invoquées par la Chambre de commerce sont trompeuses; que les spiritueux de traite sont uniquement consommés par une classe très restreinte de la population, notamment par les chefs et les indigènes riches, et que, dans cette classe, la consommation par tête est considérable, bien que la moyenne obtenue en divisant les importations par le chiffre total de la population reste faible. On ajoute quil se présente de nombreux cas d'ivresse dans, rintérieur, où les autorités coloniales, avec les petites forces de police dont elles disposent, ne peuvent exercer qur peu ou point de surveillance; de telle sorte que les cas d'ivresse ou les crimes commis par les personnes ivres dans ces régions ne parviendraient pas à la connaissance des tribunaux de la côte.
13. Le tableau B. 2 du mémoire annexé donne la proportion entre les spiritueux étrangers et les spiritueux anglais importés pour la consommation intérieure dans les quatre colonies de la Couronne de l'Afrique Occidentale. Il résulte de ce tableau que ce sont les producteurs étrangers qui retirent la part principale des profits de ce trafic. En effet, la proportion pour Taire entière a été en 1894 de 2,981,324 gallons de spiritueux étrangers pour 179,176 gallons fabriqués en Angleterre. Il résulte aussi des chiffres de « Timportation totale » dans le Protectorat de la Côte du Niger et les territoires de la Compagnie Royale du Niger (chiffres qui figurent dans le tableau B. 1, et qui sont les seuls sur lesquels on puisse se fonder dans ces deux cas), que la plus grande partie des spiritueux de traite importés dans k's territoires dont il s'agit est de fabrication étrangère.
14. Le tableau A. 3 indique le taux des droits qui frappent actuellement les spiritueux dans les possessions anglaises, et le tableau D. 1 le taux existant dans les colonies étrangères voisines. Les quelques changements apportés au cours de la période visée ne sont pas assez importants pour que l'on puisse en tirer une conclusion définitive quant à l'effet que produirait sur le trafic une modification du taux des droits.
15. 11 faut remarquer, d'ailleurs, que si les droits varient dans différentes localités, ils sont partout extrêmement bas, comparés à
with the duties levied on spiriisin ihe United Kingdom, or on spirits in Sou (h Africa, where thft duty varies fronri 9*. lo 10«. per gallon.
16. Table C. i shows the amount and value of spirits imported into the adjacent foreign settlements as far as statistics enable them to be ascertained. It alsp shows in each case the proportion of ihe spiril Irade to the gênerai trade.
17. It has been shown that the effect of this trade upon the native population isdifferently estimated by différent witnesses; but it will probably be generally admitted that any further limitation of the traftic which could be secured wilhout injury to legitimate trade would be désirable, and Mr. Chamberlain wishcs now to call your attention to various suggestions which hâve bren brought to his notice with this object.
I. — It has been proposed that the total maximum importations into each Colony should be flxed from time to time by the Government, according to the necessities of trade; and that licenses for the distribution of this total quantity, say for one-twentielh each, should be put up to auction and conceded to the highest bidder. AU the merchants of the place would bave an opportunity of competing for one or more of thèse licenses, and, having obtained them, would thcn arrange the supply of liquor within fixed limits, so as to assist their trade to the greatest advantage. At the same time it would not be the interest of anyone to push the sale of liquor as such, but he would only use it so far as it was necessary as a part of his gênerai trade.
II. — It has been proposed by Mr. John Holt, of Liverpool, that the trade should, in every case, bemade a Government monopoly. The Government in this case would hâve power to arrange the total quantity imported, the amount of duty, and the quality. In every case it would be guided by the gênerai interest of the Colony, and, the élément of individual profit being eliminated, the trade would not be pushed to the détriment of the native population.
III. — It has been urged from many quarters that the duties should be considerably raised, both as likely to bring about a limitation of the consumpiion, and also to produce
ceux qui frappent les spiritueux dans le Royaume-Uni et dans l'Afrique méridionale, où la taxe est de 9 à 10 s. par gallon.
16. Le tableau C. 1 donne le total et la valeur des spiritueux imporK^s dans les possessions étrangères voisines, pour autant que les statistiques permettent de le constater. Il indique aussi, dans chaque cas, la proportion du trafic des spiritueux dans le commerce général.
17. Bien que les effets du trafic des spiritueux sur la population indigène soient, comme on Ta vu, diversement appréciés, il est probable néanmoins qu'on sera généralement d'accord pour admettre qu'une nouvelle restriction, si elle pouvait s'obtenir sans porter préjudice au commerce légitime, serait désirable. M. Chamberlain croit devoir en conséquence appeler votre attention sur les diverses propositions qui lui ont été soumises dans cet ordre d'idées.
I. — On a proposé que le chiffre maximum des importations dans chaque colonie soit fixé périodiquement par le Gouvernement d'après les nécessités du commerce et que les licences pour le débit de la quantité totale, chacune pour un vingtième, par exemple, soient mises en adjudication publique et octroyées au plus haut enchérisseur. Tous les marchands de la place seraient admis à concourir pour l'obtention d'une ou plusieurs de ces licences, et pourraient, aprrs les avoir obtenues, régler le débit des liqueurs, dans des limites fixées, au mieux des intérêts de leur commerce. Aucun d'eux n'aurait intérêt à exagérer la vente des liqueurs comme telle; ils lu considéreraient comme un élément de leur commerce en général et n*y auraient recours que pour autant que de besoin.
II. — M. John Holt, de Liverpool, voudrait que la vente des spiritueux fût partout érigée en monopole du Gouvernement. Celui-ci aurait le pouvoir de déterminer la quantité totale et la qualité des spiritueux admis à l'importation, ainsi que le montant des droits; il se guiderait dans chaque cas sur l'intérêt général de la colonie et, le facteur des intérêts individuels se trouvant ainsi éliminé, le trafic des spiritueux ne se développerait pas au détriment de la population indigène.
III. — On a soutenu de divers côtés que les droits devraient être considérablement élevés, en vue d*arriver d'une part à une limitation de la consommation et d'assurer de
a larger revenue to the Goviernment from a smaller importation of liquor.
18. The Liverpool Charaber of Commerce hâve expressed the opinion that no objection virould be taken to such an increase of duty, provided il wcrc made simultaneousiy by foreign Governmenls in the adjacent possessions; and Messrs. Elder, Dempster, et Co., who arc largely interestcd in the trade, confirm this opinion.
19. On the other hand, it is urged by some persons that the resuit of any considérable increase of duty would be to slimulate the production of the native spirils, which are even now responsible for much drunkenness among the natives.
20. It is furthor stated that such an increase would lead to iliicit distillation.
21 . It îs not uniikely, howcver, that foreign Governments may be unwilling, as they were at the timc of the firussels Conférence, to make any considérable increase of duty. In this case it has been argued, and I obscn^e that the Liverpool Chamber of Commerce share the opinion, that, if we were to act independently, not only the liquor trade, but the gênerai trade, which is stated to be closely connected wilhit, would go to foreigners; that is to say, that the natives would insist upon being supplied with liquor at a moderate price, and if they were unable to obtain it in the English Possessions they would go outside for it, and woiild then purchase thcir gênerai stock where they obtained their liquor.
22. It is added that the prevalence of différent duties on either side of a boundary would lead to smuggling or to a large increase of expenditure for a préventive service.
23. It may bc pointed out in this connexion, that Table E. of the mémorandum shows that at the présent time the Gold Coast and Lagos dérive 60 per cent, and ihe Niger Coast Protectorate about 80 per cent., of their total revenue from the liquor traffic.
24. IV. — A further proposai has been made to increase the cost of liccnses for sale
Tautre au Trésor des recettes plus consid^ râbles pour une importation de spiritueax moins importante.
18. La Chambre de commerce de Liverpool a exprimé Tavis qu'aucune objection ne pouirrait être faite à cette dernière mesure, pourvu qu-elle fût prise simultanément par les Gouvernements étrangers dans les possessions voisines. MM. Eldcr, Dempster et C'*, qui ont de grands intérêts engagés dans le commerce des spiritueux, partagent celte manière de voir.
19. Par contre, quelques personnes ont objecté qu'une augmentation considérable des droits aurait pour etfel de développer la production des spiritueux indigènes, auxquels on peut attribuer bon nombre des cas d'ivresse parmi les naturels.
20. On a dit aussi qu'une telle augmentation provoquerait rétablissement de distilleries clandestines.
21. Il est à prévoir, toutefois, que les Gouvernements étrangers se montreraient, comme ils Font fait à l'époque de la Conférence de Bruxelles, peu disposés à augmenter considérablement les droits.
On a prétendu, et je remarque que telle est également l'opinion de la Chambre de commerce de Liverpool, que si, dans cette hypothèse, nous agissions isolément, non seulement le commerce des spiritueux irait aux étrangers, mais encore le commerce en général, qui est, comme on l'a constaté, intimement lié à ce dernier. En d'autres termes, les indigènes insisteront pour obtenir des boissons spiritueuses à un prix modéré et s'ils ne réussissent pas à les obtenir dans les possessions anglaises, ils iront les chercher aii dehors et achèteront les autres articles dont ils ont besoin là où ils pourront obtenir leurs spiritueux.
22. Il y a lieu d'ajouter que l'existence de droits différentiels de l'un ou l'autre côté de la frontière provoquerait la contrebande et nécessiterait une augmentation considérable de dépenses pour assurer le service de surveillance.
23. Il convient de remarquer à ce propos que, jusqu'à présent, ainsi que le montre le tableau E du mémorandum, la colonie de la Côte d'Or et celle de Lagos ont retiré (50 <»/• de leur revenu total du trafic des spiritueux, et le Protectorat du Niger 80 "/o environ.
24. IV. — On a proposé aussi d'augmenter le coût des licences pour la vente, licences
which are now issued at very varying rates in the différent West African possessions of this country. Thèse licenses, which cost S/, in the jGold Copst, are chargée! 75/, in the case of retail licenses issued for. Freetown in the colony of Sierra Leone.
• 25 V. — Lastly, it has been suggested that Ihe Governnients of the Colonies should take some steps lo sce that the liquor imported is genuine spirit and not adullerated with deleterious material. This matler was considered at the Brussels Conférence, and I am to refer you to the Prolocols No. 16 and No 19 in the accompanying Parliamentary Paper (<), which conlain the discussions upon the subject.
26. The Germans appear to hâve provisions in the case of Togoland which enable theni to confiscate ail liquors containing malter injurious to health.
27. In référence to this proposai it is fair to point out that the évidence as to the quality 6f the liquor imported into West Africa is conflicling, some respectable witnessesmaintaining that is not in any spécial sensé of bad quality or injurious to health.
28. Before attempting to deal with thèse various proposais or in any way to disturb the arrangements at présent existîng, Mr. Chamberlain desires to hâve the advanlageof the observations and suggestions of your Chamber.
29. Mr. Chamberlain is aware that the Chamber has at its disposai the expérience of gentlemen acquainted with the countries and the trade under considération, and he will be greatly indebted for any information and advice which your Chamber may be able after fuli considération lo give to him.
30. A similar letter has been addressed to the Chambers of Commerce of : —
Liverpool, Manchester and Glasgow; London, Manchester, and Glasgow; London, Liverpool, and Glasgow; London, Liverpool and Manchester.
1 am, etc.
(«.) R. H. Meadb.
(«) See pp. 69 and 87 of [C. 6049- 1.]
accordées aujourd'hui à des taux très différ rents dans les diverses possessions anglaises de l'Afrique Occidentale.
Ces licences/ que Ton paie Si* à laCOte d'Or, coûtent 75 £ lorsqu'il s'agit de licences pour la vente en détail à Freetown, dans la colonie de Sierra- Leone.
25. V. — Enfin, on a suggéré l'idée que les gouvernements des colonies devraient prendre quelques mesures pour s'assurer que les spiritueux importés sont purs et ne renferment pas de matières délétères. Cette question a été envisagée à la Conférence de Bruxelles et la Chambre de commerce trouvera dans les protocoles n^'* 16 et 19 des documents parlementaires annexés (^) les discussions auxquelles elle a donné lieu.
26. Il paraît que dans le Togoland il existe des règlements qui permettent aux autorités allemandes de confisquer toutes liqueurs renfermant des matières nuisibles à la santé.
27. Quant à la proposition visée ci-dessus, il convient de remarquer que les témoignages, en ce qui concerne la qualité des spiritueux importés dans l'Afrique Occidentale, sont contradictoires; plusieurs témoins dignes de foi soutiennent que ces boissons ne sont pas, au sens propre du mot, de mauvaise qualité ou nuisibles à la santé.
28. Avant de procéder à l'examen de ces différentes propositions, ou d'introduire des modifications dans les règlements en vigueur, M. Chamberlain désire s'éclairer au moyen des observations et des suggestions que la Chambre de commerce aurait à lui soumettre.
29. M. Chamberlain sait que la Chambre a à sa disposition les données recueillies par des hommes connaissant les régions visées et le commerce dont il s'agit. Il sera très reconnaissant des informations et avis qu'elle serait en mesure de lui donner après mûr examen.
30. Une lettre analogue a été adressée aux Chambres de commerce de :
Liverpool, Manchester et Glasgow; Londres, Manchester et Glasgow; Londres, Liverpool et Glasgow ; Londres, Liverpool et Manchester.
{s.) R. H. Meade.
(«) Voir pp. 69 et 87 de ces documents [C. 6049 - 1].
Enclosure.
Annexe.
The Tradb in Spirits with West Africa.
Report of the Commitlee of the African Trade Section of the Liverpool Chamber of Commerce, approved October 34, 1895.
The following Report has becn drawn up in order to comply with a rcquest made on the 23rd August 1895 by the Secretary of State for the Colonies to a deputation from the Liverpool Chamber of Commerce for information on the subject of the trade in spirits with West Africa, and for suggestions which would aid him in dealing with the matter, in view of statements which had been made to the efTect that the promotion of trade in West Africa meant ihe promotion of trade in liquor. The Committee of the African Trade Section of the Chamber, upon whom it devolved to make this report, feit that Ihey could not deal with the subject in a fair manner without tîrst procuring the most récent and fullest sratistics availablc of the trade and its elfects. The procuring of thèse statistics has led to some delay.
The Committee hâve dealt with the figures and facts relating to each British West African Colohy separately, as the amount and circumstances of the trade differ in each Colony.
The trade statistics used in the compilation of the report are, in the case of the Colonies of the Gambia, Sierra Leone, Gold Coast, and Lagos, for the last five years for which figures are available. In the case of the Gambia, Sierra Leone, and Gold Coast, the statistics are for 1889 to 1893, both inclusive, and in the case of Lagos for 1890 to 1894. The Government of the Niger Coast Protectorate having only recently beon rcorgunised, it is only possible to obtain statistics for three complète years, viz., 1892-93, 1893-94, and 1894-95.
The Colonies are taken in their geographical order, thcnearest being
The Gambia.
The trade of the Gambia is small, and spirits form so very small a proportion of the trade that very few remarks will sufBce in dealing with this Colony. In the five years
Le commerce des spiritueux dans l'Afrique occioentalr.
Rapport du Comité de la section du commerce africain à la Chambre de commerce de Liver* pool, approuvé le 54 octobre 4895,
Le présent rapport a été rédigé en vue de satisfaire à une demande faite le 33 août 1895 par le Secrétaire d'État des colonies à une deputation de la Chambre de commerce de Liverpool, pour lui réclamer des renseignements au sujet du commerce des spiritueux dans l'Afrique occidentale, ainsi que des indications qui seraient de nature à l'aider dans l'examen de cette question, notamment en ce qui concerne l'assertion que le développement du commerce dans l'Afrique occidentale a pour conséquence la progression du trafic des spiritueux. Le Comité de la section du commerce africain, auquel a été confié le soin de rédiger ce rapport, a pensé qu'il ne pouvait traiter cette matière en connaissance de cause, avant de s'être procuré les statistiques les plus récentes et les plus comp'<Hes sur le trafic et ses effets. Le récolement <le ces documents a demandé quelque temps.
Le Comité a envisagé les chiflres et les faits relatifs à chaque colonie anglaise de l'Afrique occidentale séparément, le chiffre et les conditions du trafic différant pour chacune d'elles.
Les statistiques dont on s*est servi dans le rapport portent, pour les colonies de Gambie, Sierra-Leone, Côte d'Or et Lagos, sur les cinq dernières années pour lesquelles on peut utilement consulter les chiffres.
Pour la Gambie, Sierra-Leone et la Côte d'Or, les statistiques vont de 1889 à 1893 inclusivement et pour Lagos de 1890 à 1894. Le gouvernement du Protectorat de la Cote du Niger ayant été ri^organisé il y a peu de temps seulement, on n'a pu obtenir que les statistiques pour trois années complètes, savoir 1892-93, 1893-94 et 1894-95.
Les colonies ont été envisagées dans leur ordre géographique, i-n commençant par les plus rapprochées.
GA.VBIE.
I^e commerce de la Gambie est peu important, et les spiritueux y entrent dans une si faible proportion que l'on pourra se borner à des observations très sommaires.
1889 (0 1893 the proportion of the value of imported spirits to the value of the whole imports (excluding specie) into the Colony was only 2 </2 per cent. It is, iherefore, unnece^sary to examine the facts respect ing the distribution of so sroall a quantity.
Sierra Leone.
At Sierra Leone the proportion of the value of imported spirits to the value of the whole imports (excluding specie) in the five years, 1889 to 1893, was 7 Vt pcr cent. The average quantity imported per year was 300,000 gallons, but it will bc seen from the table at page 66 that since 1890 there has been a graduai decrease in the quantity imported. The population of the Colony in 1893, exclusive of that of the outlying districts, was estimated at 126,000 soûls. The imports therefore, if used in the Colony, averaged only a consumption of 2 ^/^ gallons per head per annum. The population of the Colony is small, compared with that of the area within which the imported spirits are distributed, and, taking it for granted that the area of distribution generally, and in this parlicular instance, is very extensive, since it is said that wherever lu Africa the white man has penetrated the gin bottle has preceded him, it must at once be allowed in the case of the Colony of Sierra Leone, as shown already in the case of the Cambia, that neither the importation nor the ronsumption of imported spirits is excessive. The criminal statistics, as recorded in the Blue Books of the Colony, show further that crime, which generally accompanies the excessive consumption of ardent spirits, is rare, and that the amount of crime is being reduced. The total number of convictions for ail offences in the Superiorand Inferior Courts of the Colony in 1890 were 983. In 1893 the number of convictions had declîned to 683, which was at the rate of five offenders per 1,000 of the population. This statement will probably satisfy most persons as to the sobriely of the inhabitants of the Colony of Sierra Leone. Indeed, the question of drunkenness does not appear to be dealt with in any form in the reports from this Colony, not even in the comments on crime in the Colony.
Pour la période quinquennale de 1889 à 1893, la proportion entre la valeur des spiritueux importes et celle de l'ensemble des importations (à Texclusion du numéraire) a été de 2 V^ "/<> seulement. Un débit aussi faible rend par conséquent superflu un examen de la situation.
Sierra-Lkone.
A Sierra-Leone, la proportion entre la valeur des spiritueux importés et celle de Tensemble des importations (à l'exclusion du numéraire), pour la période quinquennale de 1889 ù 1893, a été de 7 i/4 % La moyenne annuelle de l'importation a été de 300,000 gallons; mais on verra par le tableau qui figure ;\ la page 67 que depuis 1890, elle est en décroissance continue. La population de la colonie, sans compter les districts excentriques, était, en 1893, estimée à 126,000 âmes. Les spiritueux importés, en les supposant consommés dans la colonie, ne représentent donc que 2 V<2 gallons par tête et par an. La population de la colonie est peu nombreuse, si on la compare avec celle qui existe dans le rayon où les spiritueux se débitent et si l'on tient compte de ce fait que Taire de débit est en général, et, notamment dans le cas particulier qui nous occupe, très étendue ; on prétend, en effet, que, partout où le blanc a pénétré en Afrique, la bouteille de genièvre l'y a précédé. 11 faut admettre dès lors que, dans le cas de la colonie de Sierra-Leone, pas plus que dans celui de la Gambie, comme on Ta vu tantôt, l'importation et la consommation des spiritueux ne sont excessives. Les statistiques criminelles, telles qu'elles figurent dans les « Colonial Blue Books », montrent en outre que les crimes que provoque en général l'abus des boissons fortes sont rares et que la criminalité en général est en décroissance. Le nombre total des condamnations pour toute espèce de crimes et délits prononcées par les tribunaux supérieurs et inférieurs de la colonie en 1890, a été de 983. Ce nombre est descendu en 1893 à 685, ce qui donne une proportion de 5 condamnés pour 1000 habitants. Cette constatation rassurera sans doute bien des gens sur les habitudes de tempérance de la population de Sierra-Leone. D'ailleurs, la question de l'ivrognerie ne paraît pas avoir été traitée, soit directement, soit indirectement, dans les rapports émanant de la colonie, non plus que dans les commentaires sur la criminalité.
The Gold Coast.
i The proportion of the value of imported spirits to the value of the whole imports (excluding specie) ai the Gold Coast in the five years, 1889 to 1893, v^^as 16 i/^ per cent. The average quantity imported per year was nearly 1,100,000 gallons. The imports are to the districts west and east of the Volta, and the area of distribution is very large. In the year 1893, when the imports of spirits, owing to the rapid growth of trade, reached 1,800,000 gallons (i), about 1,000,000 gallons were imported into the districts west of the Volta, and 500,000 gallons into Kitta, for the district east of the Volta. The population of the Colony and Proteclorate in 1891 was about 1,300,000 soûls, so that the récent importation averages 1 gallon per annum per head of the population; but it bas to be borne in mind that the population of the Uinterlands of the Colony and Protectorale was estimated recently by Mr. Hesketh J. Bell, Colonial Treasurer, at 3,000,000 soûls to 4,000,000 soûls, so that again in this case neither the importation nor the consumption of foreign spirits can be called excessive; indeed, the imports appcar trifling when compared wilh the number of supposed consuraers, and there does not appear to be the slightest ground for complaint as to the démoralisation of the native races of the Gold Coast. The reports of the late Governor of the Colony, Sir Brandford Grifiilh, bear this out, and the Committee would draw attention to HisExcellency's remarks on page 22 of Colonial Report for 1892, and on page 18 of Report for 1893. Thèse remarks are reprinted in the Appendix to this Report, page S3. The observations made by Mr. Hesketh Bell, under the head of « Import Trade », in bis paper on the Gold Coast Colony, read at the Liverpool Chamber of Commerce on the Ist May 1893, confirm, ifneedful, the remarks made by Sir Brandford GrifBth. Thèse observations, which occur on pages 24 to 27 of the Address referred to, are also reprinted in the Appendix to this
(*) See Grand Total Value of Imports, page 66, showing graduai advance from 400,572/. in 1889 to 626,479/. in 1893 : the increase in the quantity of spirits imported may also be partly accounted for by diversion of trade from Togoland to Kitta, on adoption of spécial tariff for Kitta (note Mr. Hesketh Bell s remarks, page 61.)
CÔTE d'Or.
La proportion entre la valeur des* spiritueux importes et celle de l'ensemble des importations (à Texclusion du numéraire) à la CAte d'Or, pour la période quinquennale de 1889 à 1893, a été de 16 i/g '/o- -I/importation annuelle s'est élevée en moyenne à environ 1,100,000 gallons. Les spiritueux importés sont destinés aux districts situés à l'ouest et à l'est de la Voila ; l'aire de débit ^t donc très vaste. En 1893, lorsque les importations, grâce au développement rapide pris par le commerce, atteignirent 1,500,000 gallons (»), 1,000,000 de gallons environ allèrent dans les districts situés à Touest de la Volta, et 500,000 à Kitta en destination du district à Test du fleuve. La population de la colonie et du protectorat était, en 1891, d'environ 1,500,000 âmes, ce qui donne, en prenant les chiffres d'importation les plus récents, une moyenne de 1 gallon par an et par tête. Mais il ne faut pas oublier que la population de l'Hinterland de la colonie et du protectorat, d'après l'estimation récente de M. Hesketh J. Bell, trésorier colonial, oscille entre 3,000,000 et 4,000,000 d'âmes. Il en résulte qu'ici encore ni l'importation ni la consommation des spiritueux introduits du dehors ne peuvent être taxées d'excessives. En réalité, les importations paraissent insignifiantes si on les compare avec le nombre supposé des consommateurs, et, dès lors, il semble que les récriminations au sujet de la démoralisation deà races indigènes de la Côte d'Or ne reposent sur aucun fondement. C'est ce que prouvent les rapports de feu Sir Brandford Griflith, gouverneur de la colonie. Le Comité appelle l'attention sur les remarques que Son Excellence fait à la page 22 de son rapport colonial pour 1892 et à la page 18 de son rapport pour 1893. Ces remarques ont été reproduites dans l'appendice qui accompagne le présent travail, p. 53. Les observations faites par H. Hesketh Bell, à la rubrique « Commerce d'importation », dans le mémoire sur la coloniede la Côte d'Or qu'il a présenté à la Chambre de commerce
(1) Voir page 67 le total général de la valeur des importations montrant une augmentation graduelle allant de 400,572 £ en 1889 h 6!26,479 £ en 1893 ; Taccroissement des importations de spiritueux doit aussi être attribué en partie à ce fait que le commerce a été détourné de Togoland vers Kitta, à la suite de l'adoption du tarif spécial pour Kitta. (Voir aussi, p. 61, les observations de M. Hesketh Bell.)
Repbrt. It is enough to repeat hère one of Hr. BelFs âtatements, which says tliat « the sight of a man in a hopelessly intoxicated condition is very rare « on the West Coast of Afrioa ». Again, also, Ihe criminal statistics of the Gold Coast support the stateinents made by the Committee and Gold Coast officiais, as the total number of convictions in the Courts for ail offences, great and small, were, in 1890, 4,t>69, or three per thousand of the population, and in Ihe two years following the number of convictions was reduccd. From this it does not appear that crime in the Gold Coast Colony is on the increase.
Lagos.
The proportion of the value of imported spirits to the value of the whole imports (excluding specie), including merchandise in transit at Lagos, in the five years, 1890 to 1894, was 18 Vg per cent. The average quanlity imported per year was 1,480,000 gallons, but of this there was an average quantity of 250,000 gallons in transit by sea, which was re-exported to French Bénin, viz., Porto Novo, etc. This export reduced the average yearly imports into Lagos to 1,230,000 gallons (^). The Colony is only a very small part of the area from which the trade of Lagos is derived, nnd the population of the Colony in 1894 was 85,000 soûls. It would, however, be entirely misleading to suppose that the large quantity of spirits imported into Lagos is consumed in the Colony. It is distributed from the Port of Lagos by innumerable waterways, and by land west, north, and east of the Port, and in order to form a correct idea of the average quantity consumed per head, it must be borne in mind that Sir Gilbert Carter, on his three months* journey to florin and back in 1893, passed through towns and villages estimated to contain a total of 600,000 inhabitants, the most distant of which
(^) The (i;rand total of iroports at Lagos rose from 440,015/. in 1890 to 701,179/. in 1894 and it is noteworthy that the increase in goods was greater than in spirits.
de Liverpool, le 1«" mai 1893, confirment, pour autant que de besoin, les remarques de Sir Brandford Griffith. Ces observations, qui figurent aux pages 24 à 27 du travail dont il s'agit, ont été également reproduites dans Tappendice au présent rapport. Qu'il nous suffise de mentionner ici l'une des déclarations de M. Bell, lorsqu'il dit « qu'il est rare de voir » à la côte occidentale d'Afrique un homme » dans un état d'ivresse complète ».
Ici encore, les statistiques criminelles confirment les déclarations du Comité et celles des fonctionnaires de là colonie. En effet, le nombre total des condamnations encourues pour toute espèce de délits a été, en 1890, de 4,569, ou 3 par 1,000 habitants, et pendant les deux années qui suivirent, ce nombre a été moins élevé encore. On ne peut donc prétendre que la criminalité augmente dans la colonie de la Côte d'Or.
Lagos.
La proportion entre la valeur des spiritueux importés et celle des importations totales (à l'exclusion du numéraire), y compris les marchandises en transit à Lagos, pour la période quinquennale de 1890 à 1894, a été de 18 Va*/».
La quantité moyenne introduite annuellement a été de 1,480.000 gallons. Hais de ce chiffre il faut retrancher les 250,000 gai Ions en moyenne qui ont transité par mer et ont été réexportés vers le Bénin français, c'est-à-dire à destination de Porto-Novo, etc. La moyenne annuelle des importations pour Lagos même se trouve ainsi réduite à 1,230,000 gallons (t). Le territoire de la colonie ne constitue qu'une très petite portion de la zone qui alimente le commerce de Lagos. Sa population s'élevait en 1894 à 85,000 âmes. Aussi se tromperait-on étrangement si Ton croyait que la grande quantité de spiritueux importés à Lagos se consomment dans la colonie. En réalité, ils se répandent par d'inombrables voies navigables et par terre à l'ouest, au nord et à l'est du port. Pour se faire une idée exacte de la quantité moyenne absorbée par tête d'habitant, il faut ne pas oublier que Sir Gilbert Carter, au cours de son voyage de trois mois à Ilorin, en 1893, a traversé des villes et des villages
(*) Le total général des importations à Lagos s'est élevé de 440,01S £ en 1890, à 701,179 £ en 1894. Le commerce général a donc augmenté dans de pla« fortes proportions que celui des spiritueux.
was only 180 miles from Ihe coast; and further, tbat thc population of Yoruba, which is comprehendcd in the near Hinterlands of Lagos, is estimatcd at .3,000,000 soûls. As, however, the complaints as to drunkenness hâve emanated almost solely from Lagos and Abeokuta, 30 miles distant, Ihere may be spécial neod for the Government to organise such inquîries as are suggested hereafter in the Coiony of Lagos. The report of Sir Gilbert Carter of bis journey of 1893 conlains only one référence to drunkenness, which does not therefore appear to bave bcen an obtrusive feature in the habits of the people two and a half years ago. Thc criminal convictions in the coiony show a decrease in crime, and the total number of convictions of ail sorts in 1894, out of the population of 85,000, was 345, or four criminals, greal and small, in cvery 1,000 of the population. This is a remarkablc fact as bearing on the question of the sobrîety of the people, since at Sierra Leone, where thc imports of spirits are only onefourth of thc quantity imported at Lagos, the criminals are 5 per 1,000 of population.
The Niger Coast Protectorate.
As the furthest limits of the British West African Colonies are approached, and the population in the Hinterlands are found to be iess civilised and to inhabit swampy lands, the importation of spirits becomes a more prominent feature. In the case of thc Niger Protectorate reliable statistics arc only available for 1892-3, 1893-4, and 1894-5, or from about the time when the districts of the Oil Rivers werebroughtunder more direct British rulc. In thèse years the average proportion of the value of imported spirits to the value of the whole imports (exclusive of specie) into the Niger Coast Protectorate was 21 per cent. The average quantity imported in the three years was 1,033,471 gallons (t), but the statistics rendered do not exactiy define the dépôts
(') If the table on page 68 be examined, it may be remarked tbat the quantity of spirits imported in 1893-4 was double that of i89!^3. This, however, must not be ascribed whoUy to an increase in the trade, as
dont il estime la population à 600,000 âmes et dont le plus éloigné de la côte n'en est distant que de 150 milles à peine. Il ne faut pas oublier non plus que la population de Yoruba situé dans THinteriand immédiat de Lagos, est évaluée à 3,000,000 d'habitants. Au surplus, comme les plaintes contre l'ivresse ont été formulées presque exclusivement à Lagos mémo et à Abeokuta, qui n'en est éloigné que de 30 milles, il pourrait être nécessaire que le gouvernement organisât pour la colonie de Lagos une enquête analogue â celle qui est indiquée plus loin. Le récit du voyage de Sir Gilbert Carter ne renferme qu'une seule mention se nlféran ta l'ivrognerie; on ne peut dès lors envisager celle-ci comme un vice inhérent aux habitudes que la population avait il y a deux ans et demi.
Quant â la criminalité, elle est en décroissance et le nombre total des condamnations de toute espèce, en 1894, a été de 845 pour une population de 85,000 âmes, soit 4 condamnations, graves ou légères, par 1,000 habitants. C'est là un fait important à noter dans l'examen de la question de tempérance chez les populations indigènes. On a vu, en effet, qu'à Sierra Leone, où les importations de spiritueux atteignent seulement le quart de celles de Lagos, la proportion des criminels est de 5 pour 1,000.
Protectorat de la Côte dd Niger.
Aux limites extrêmes des colonies anglaises de l'Afrique occidenUle, dans les Hinterlands où la population est encore barbare et habile des terrains marécageux, l'importation des spiritueux devient un facteur plus important. En ce qui concerne le Protectorat du Niger, on ne possède des statistiques dignes de foi que pour les années 1892-1893, 1893-1894 et 1894-1895, c'est-à-dire à partir de l'époque où les districts des « Oil Rivers » furent placés sous l'action plus directe du Gouvernement britannique. Pendant cette période, la proportion entre la valeur des spiritueux importés et celle des importations en général (à l'exclusion du numéraire) a été en moyenne de 21 Wo. La quantité moyenne importée pendant ces trois années a été de 1,923,471 gallons (^). Mais
(*) Si Ton examine le tableau qui figure à la page 69, on remarquera que la quantité des spiritueux importés en 1893-1894 a été double de celle de 1892-1893. Ceci toutefois ne doit pas être attribué exclusivement
for distribution. The grealest trade is, however, done wilh the ports cast of the Nun River, viz., with Bonny, Opobo, and Old Calabar, wherelhe immédiate Hinteriandsare outsiile the area of compétition of the Royal Niger Company. Compétition with that Company evidéntly affects and rcduces the trade of Bénin, Wari, and Brass, and the trade of Bénin is probably furlher diminished by compétition arising from the castern part of the colony of Lagos.
In furlher cxplanalion of the small trade in spirits done from Bénin, Wari, and Brass, il may be relevant lo the subjecl to say that the greater part of the trade in spirits on the western sidc of the Lower Niger, and within the Delta and the country immedialely adjacent, is donc by the Royal Niger Company. The inhabitants are generally pagan. A large quantity of spirits is known to be imported by the Royal Niger Company for distribution in this région. Upon ihese imports the Company, in ils administrative capacity, charges a duty of 2s. per gallon to itself in its irading capacity. In the circumstances this duty is a nominal one. The Company is without compelitors in Ihe sphères which Ihey effectively occupy, and beyond those sphères, owing to the nominal character of their duty, thcy can most successfully compete wilh traders from the Niger Coast Protectorate, who hâve to part with their spirits without profit in order to jsell iheir cloth.
The area of distribution of trade, and consequently of spirits, from the ports of the
in 1891 there were large imports of spirits in anticipation of the first imposition of duty. The stocks of 1891 had therefore to be worked off in 1892-3; on their réduction importation on a larger scale was resumed, especially as there had been a rise of SO per cent, in the value of Âfrican producc at home. The statistics for 1894-5, just published, and included in the table, bear out the foregoing remarks, since they show a décline in the imports of 1894-5 as compared with 1893-4 of 830,817 gallons. The current year's imports will again be large, owing to shipments in anticipation of the doubling of the duty.
les statistiques n'indiquent pas exactement les endroits où les spiritueux sont déposés avant d'être débités. Le commerce principal se fait avec les ports situés sur la rive est de la rivière Nun, c'est-à-dire avec Bonny, Opobo et Vieux-Calabar, dont les Hinterlands immédiats sont en dehors de la sphère d'action do la Compagnie royale du Niger. Il est certain que la concurrence de cette Compagnie affecte et réduit le commerce du Bénin, de Wari et de Brass. Celui du Bénin souffre probablement aussi de la concurrence provenant de la région orientale de la colonie de Lagos.
Pour expliquer le peu d'importance du commerce des spiritueux au Bénin, à Wari et à Brass, il y a lieu de faire remarquer encore que la plus grande partie du trafic qui se fait sur la rive occidentale du Niger inférieur, ainsi que dans le delta et les contrées les plus voisines, est entre les mains do la Compagnie royale du Niger. Les naturels sont en général païens. Il est notoire que la Compagnie imporle une grande quantité de spiritueux pour la débiter dans celte région. Usant ilr ses pouvoirs administratifs, elle a mis sur U^s importations de spiritueux un droit de â s par gallon, droit qui la frappe elle-même dans sa capacité de oommerccr, mais qui, dans les circonstances actuelles, n'est que nominal. Elle est sans concurrent dans les sphères qu'elle occupe effectivement et, en dehors de ces sphères, grâce au caractère nominal du droit, elle peut faire très facilemc^nt la concurrt?nce aux commerçants du Protectorat de la Côte du Niger, qui sont forcés de se défaire de leurs spiritueux sans bénéfices, s'ils veulent vendre leurs tissus.
La zone du commerce, et par conséquent celle du débit des spiritueux par les ports du
à une augmentation du trafic, attendu qu*en 1891, de forlcs importations de spiritueux avaient eu lieu en prévision de rétablissement du droit. Les stocks de 1891 ont par conséquent dû s'écouler en 189^1893, et lorsqu'ils se sont trouvés réduits, Timportation a repris sur une plus large échelle, d'autant plus qu'il s'est produit une augmentation de 50 o/o sur la valeur des produits africains sur les marchés du continent Les statistiques pour 1894-1895 qui viennent d'être publiées et qui sont comprises dans le tableau, confirment l'exactitude de ces remarques et montrent, d'autre part, une diminution de 836,817 gallons pour les importations de 1894-1895 comparées à celles de 1893-1894. Les importations de l'année courante seront de nouveau considérables, étant données les expéditions que Ton est en train de faire en prévision du doublement du droit.
Niger Coast Protectorate is very great, notwithstanding tbat under the régulations of the Royal Niger Company spirits may not be conveyed by the river north of Asaba, oronly to a point 140 miles from the sea in a direct line. It is, nevertheless, a fact that from Bénin and Wari, viz., from the West and North of the Forcados, native traders travel great distances inland into countries where, if they are not relieved from compétition with traders from the ports of the Royal Niger Company, the officers of the Company cannot inlercept them. Eastward of Brass, the Hinterlands of Bonny, Opobo and the Calabars are still more open, and Opobo, the centre of a district with a population of 2,000,000, is known to be a great dépôt, from which produce is carried to many local markets, and to Bende, 60 to 100 miles distant, a large town in the interior, and ihence distributed.
As in the colony of Lagos, the waterways of the Delta aiford innumerable opportunities for trade, and, therefore, for the distribution of spirits. The scope for the consumption of spirituous liquors in the two Niger Proteclorates will be seen to be enormous when it is noted that the population is variously estimated at 17,000,000 to 38,000,000 soûls, of whom some few millions inhabit the Delta countries, where the relaxing and humid atmosphère probably tends to produce a demand for stimulant. Too much importance on the ^round of individual consumption must not, however, be attached to the returns showing the number of gallons of spirits landed at the ports of the Niger Coast Protectorate. A letter bearing on this and other points connected with the spirittradeat Opobo is given on page 62 of the Appendix to this report; other letters of very récent date from traders at Bénin and Wari are similar in effect. The Report on the Administration of the Niger Coast Protectorate from Augustl891 to August 1894, rendered lately to the Secrelary of State for Foreign Affairs by Sir Claude Macdonald, Her Majesty's Commissioner and Consul- General, supports the statements made by traders. Under the head of Old Calabar, at pages 7 and 8, Sir Claude makes valuable remarks on the subject of the liquor traffic, quoting in part the observations of Mr. Hodg-
Protectorat de la Côte du Niger, est très étendue, nonobstant les règlements édictés par la Compagnie et d'après lesquels les spiritueux ne peuvent être transportés par la voie fluviale au nord d'Asaba, ni au delà d'un point situé à 140 milles de la côte en ligne droite. Néanmoins, il est de fait que du Bénin et de Wari, c'est-à-dire de Fouest et du nord des Forcades, des commerçants indigènes pénètrent très avant dans les contrées de l'intérieur où, s'ils ne sont pas arrêtés par la concurrence des marchands venus des ports de la Compagnie royale du Niger, les agents de la Compagnie ne sauraient les atteindre. A l'est de Brass se trouvent les Hinterland de Bonny, Opobo et des Calabars, qui sont encore plus ouverts. Opobo, centre d'un district qui renferme une population de 2,000,000 d'âmes, est connu pour être un grand dépôt d'où les spiritueux sont transportés sur de nom* breux marchés locaux, notamment à Bende, ville importante de Hntérieur, distante de 60 à 100 milles, et de là, répandus dans le pays.
Ici, comme dans la colonie de Lagos, les voies navigables du delta offrent de grandes facilités au commerce et par conséquent au débit des spiritueux. La zone de consommation des alcools dans les deux protectorats du Niger paraîtra immense si l'on songe qu'elle comporte une population estimée entre 17,000,000 et 35,000,000 d'àmes. De ce nombre, quelques millions habitent les contrées du delta où l'atmosphère émollienteet humide ne peut manquer de provoquer la demande de stimulants. 11 ne faut pas d'ailleurs, en ce qui concerne la consommation individuelle, attacher une trop grande importance au tableau indiquant le nombre de gallons débarqués dans les ports du Protectorat de la Côte du Niger. Une lettre relative à cet objet et à d'autres faits se référant au commerce des spiritueux à Opobo, se trouve reproduite à la page 62 de l'appendice au présent rapport. D'autres lettres de date très récente et émanant de commerçants du Bénin et de Wari, renferment des témoignages concordants. Le rapport sur l'administration du Protectorat de la Côte du Niger, pour la période d'août 1891 à août 1894, présenté récemment au Secrétaire d'État pour les Affaires Étrangères, par Sir Claude Mac Donald, Commissaire et Consul Général de Sa Majesté, renferme les déclarations des commerçants. Sous la rubrique « Vieux-Calabar », aux pages 7 et 8, Sir Claude fait des remar-
son, Gold Coast — («ee Sir Brandford Griffith^s report) - and adding remarks of his own. Sir Claude refers to thc manufacture by the natives of potent liquor from the palm tree, but says that « the African native would certainly » appuar to be ful]y aware of the advantages » of tempérance, adding that he has seen y> more drunkenness in some of the large » lowrns of Great Britain in one hour than in » Africa in eight years résidence (<) ».
MiscellaneouB Facts relating to the extmt ofthe Consumption of Spirits in the Colonies — to the Quality of the Liquors Imported — and further qualifying Remarks by Government Officiais.
In reckoning the amount of spirits actually consumed a considérable déduction has to be made for a breakage » whiist the spirits are being transported to the distant interior. Spirits are also buried with the dead, or laid upon their tombs. Sir Alfred Moloney remarking, in 1888, when recording his visit to the east of Lagos, that he « sawr graves virith full » bottles of gin as headstones, which even the » Krooboy was superstitious enough not to » touch ». The adultération of spirits at présent with waler is also extensive. Forraerly proof spirits were imported, but now the gin sent to Lagos and the Niger Coast Protectorale ranges from 20 to 4S per cent, under proof, whiist rum is 10 to 18 per cent, under proof. This fact is certified to by the Governor of l^gos, who recently remarked that « it is » known that most at least of the gin which » finds its way into the interior is so adulte- ». rated with water that it needs but little » further dilution ». As to the quality ofthe spirits, he remarks that he is informed by experts that the gin which comes to West Africa « is not a poisonous unwholcsome »L ox)mpound, but a safe and palatable stimu- » lant, if properly diluted, and 1 bave known » some Europeans who took it in préférence » to any other spirit ». Consumption of spirits by the ordinary native is restricted by the
(*) See also further remarks on page 54 of Appendix, extracted from the Report on the Administration ofthe Niger Coast Protectorate, 4894-5, just published.
ques importantes au sujet du trafic des spiritueux et ajoute à ses propres observations celles de M. Hodgson, de la Côte d'Or. (Voir rapport de Sir Brandford GrifBth.) Sir Claude signale la fabrication par les indigènes d'une liqueur forte qu'ils tirent du palmier, mais, dit- il, « les naturels d'Afrique paraissent se » rendre fort bien compte des avantages de » la tempérance, et il ajoute qu'il a vu dans » quelques-unes des grandes villes d'Angle- » terre plus d'ivrognes en une heure qu'en » Afrique pendant ses huit années de rési- » dence (t) ».
Renseignements divers concernant l'extension de la consommation des spiritueux dans les colonies, la qualité des liqueurs impofiées, les observations faites à ce sujet par des agents du Gouvernement.
Pour établir le compte exact des spiritueux consommés actuellement, il faut commencer par opérer une réduction considérable pour a la casse », lorsque les spiritueux sont transportés à une certaine distance dans l'intérieur. Il faut aussi déduire les spiritueux que les indigènes brûlent avec leurs morts ou déposent sur les tombes. Sir Alfred Moloney raconte qu'en 1888, au cours de son voyage dans la région est de Lagos, « il vit des fosses » pleines de bouteilles de genièvre en guise » de monuments funèbres et auxquelles les » Krooboys n'osaient toucher par crainte » superstitieuse ». Le mélange des alcools avec de l'eau est actuellement un usage très répandu. Autrefois on importait des spiritueux atteignant le a proof », mais aujourd'hui le genièvre expédié à Lagos et dans le Protectorat de la Côte du Niger est de 20 à 45 Vo, le rhum de 10 à 15 ""/o au-dessous du « proof ». Ce fait est attesté par le Gouverneur de Lagos. « Il est connu, disait récemment ce fonction- » naire, que le genièvre introduit dans l'inté- » rieur est, la plupart du temps, tellement » mélangé avec de l'eau, qu'il supporterait » difficilement un plus fort mélange »; et, parlant de la qualité des spiritueux, il ajoutait « qu'il tenait de la bouche d'experts que le » genièvre importé dans l'Afrique occidentale » n'est ni un composé malsain ni un poison.
(■) Voir aussi les autres observations figurant à la page 54 de l'annexe et extraites du Rapport de Tadministration du Protectorat de la Côte du Niger pour 1894-1895 publié récemment.
priée of ihe article. From the CoJonial Blue Books it is apparent that the priées charged for the higher classes ofalcoholie liquors at the ports must be prohibitive of their consumplion by labourers, whilst the lower classes of spirits are dear in proportion to Iheir earnings. In the interior the priée beeomes greally cnhanced by ihe cost and method of transport. Mr. Hesketh BclFs stalement that rum and gin are only used to any great extent at weddings, funerals, and palavers, and by men of wcaith and position, is cndorsed by the Governor of Lagos and by traders of long expérience on the coast. The slatement that the natives are deteriorating as a whole under the influence of liquor seems to hâve no warrant in fact. On the West Coast, as hère, there are occasionally found drunkards, but thèse are amongst the Chiefs and wealthy natives. It is said that in the ports, where spirits are cheapest, the natives are superior, physically and mentally, to those in the bush villages.
Increase of Dulies at Lagos and Miger (loast Proleclorale.
The Lagos merchants will now hâve to contend ata greater disadvantage than hefore with importers into French Bénin, and with the Royal Niger Company at the back of the Colony; the merchants of the Niger Coast Protectorate will hâve to contend with the same Company and with the Cameroons. The duty levied in the British territories from Badagry to Old Calabar will be 2^. per gallon, whilst west of Badagry, in French Bénin, the duty is only 6rf. per gallon (^), and at the Cameroons 9 ^j^d. per gallon.
(■) This amount oi duty is charged on gin and rum of the kind and strength generally imported into Lagos.
» mais un stimulant inoflensif et agréable » lorsqu*d est convenablement mélangé; que » lui-même avait connu plusieurs Européens » qui le buvaient de préférence à toute autre » liqueur ».
La consommation des spiritueux par les naturels de la basse classe est entravée par le prix auquel revient cet article. Les « Colonial Bluc Books » prouvent que les prix qui grèvent dans les ports les alcools de qualité supérieure doivent empêcher leur consommation par les travailleurs pour qui les spiritueux des qualités inférieures sont déjà trop chers, eu égard ù leurs salaires. Dans Fintéricur, les prix renchérissent par suite du coût et du mode de transports. L'observation de M. Hesketh Bell que le rhum et le genièvre ne sont absorbés en quantité qu'à Toccasion des mariages, funérailles et palabres, et par des hommes jouissant d'une certaine aisance, est confirmée par le Gouverneur de Lagos et par des commerçants qui ont acquis une longue expérience ù la côte. L'opinion d'après laquelle la race indigène aurait dégénéré sous Tintluence des boissons spiritueuses ne semble pas reposer sur un fondement réel. A la côte occidentale comme en Europe, on rencontre parfois des ivrognes, mais ce sont généralement des chefs et des naturels riches. On a remarqué aussi que dans les ports où les spiritueux sont les moins chers, les naturels sont supérieurs sous le rapport des qualités physiques et morales, à ceux des villages forestiers.
Élévation des droUs à Lagos et dans le Protectorat de la Côte du Dliger.
Les marchands de Lagos auront désormais à lutter dans des conditions plus désavantageuses qu'autrefois avec les importateurs du Bénin français et avec la Compagnie royale du Niger, au nord de la colonie. Ceux du protectorat de la Côte du Niger auront à lutter avec ladite Compagnie et avec leurs concurrents de Cameroun. Les droits perçus dans les possessions anglaises, de Badagry à Vieux-Galabar, sont de 2 sh. par gallon, tandis qu'à l'ouest de Badagry, dans le Bénin français, le droit est seulement de 6 p. (^), et dans le Cameroun, de 9 Vî2 p. par gallon.
(') Le taux du droit porte sur le genièvre et le rtmm de la qualité et du degré de force de ceux généralement importés à Lagos.
In the opinion of Lagos merchants that Colony will lose revenue from spirits, and will hâve to increase the duty on clolh, whiist French Bénin will add to ils revenue from spirits. and thus be able (o admit cloth free, (he total resuit being décadence in the trade of Lagos. The same argument may be applied with rather less force, perhaps, to the conditions of trade as betv^een the Niger Coast Protectorate , eastward, and the German Colony of the Cameroons.
In connexion with ihis division of the subject, the statement of Mr. Hcsketh Bell as to a phase in the récent history of the Irade relations of that district of the Gold Coast Colony, of which Kitta is ihe centre, with the German Protectorate of Togoland, is worthy of attentive considération. (See Appendix, page 61.)
The Brussels Act, 4890,
Although it may be said that the récent advance in the duties at Lagos and on the Niger Coast is not a violation of the terms of Article 92 of the General Act of Brussels, it is nevertheless a practical violation of the spirit of that agreement. It was therein arranged that the Powers having possessions or exercising protectorates in the pagan districts ^ which were indicated, if not so described in the Article, should impose an import duty of not less than 6^. per gallon, and up to 1 s. per gallon, in the six years following the signature of the Act, which term will expire on the 2nd July 1896. On the expiration of that term the Powers were to consider whether it was necessary to increase the duties further. It is admitted that power was reserved to maintain or increase the duties beyond the minimum fixed by the Article in those régions where they already possessed that right.
- This Article was, doubtiess, framed with the intention of restricting the traffic in spirits, but, at the same time, to protect the commercial interests of the différent countries which were represented at the Brussels Conférence. The Article, and the spirit in which it was framed, afford the strongest possible reasons wby great changes should not be made in the absence of a further International Agreement.
De Tavis des marchands de Lagos, la colonie perdra les revenus qu'elle tire des spiritueux et se verra forcée d'augmenter les droits sur les tissus, tandis que le Bénin français viTra augmenter les ressources que lui procurent les droits sur les spiritueux et pourra alors admettre les tissus en franchise, ce qui provoquera en fin de compte la déchéance du commerce de Lagos. Le même argument s'applique, quoique à un degré moindre, aux conditions du commerce entre le protectorat de la Côte du Niger à Test et la colonie allemande du Cameroun.
A ce point do vue» Its observations de M. Heskelh Bell, qui forment comme un chapitre de rhistoirc récente des relations commerciales entre le district de la colonie de la Côte d'Or, dont Kitta est le centre, et le protectorat allemand de Togoland, méritent d'être prises en sérieuse considération. (Voir appen* dice, p. 61.)
LA de de Bruxelles de 4890.
Bien que l'on ne puisse dire que l'augmentation récente des droits à Lagos et -^ la Côte du Niger soit une violation du texte de l'article 92 de l'Acte Général de Bruxelles, elle n'en est pas moins, en fait, contraire à l'esprit de cet arrangement. Cet article stipulait que les Puissances ayant des possessions ou exerçant des protectorats dans les « districts païens », indiqués, sinon expressément mentionnés comme tels dans l'article, frapperaient les spiritueux d'un droit d'importation qui ne pourrait être inférieur à 6 p. par gallon, mais pourrait être porté à 1 sh. à l'expiration de la sixième année qui suivrait la signature de l'Acte Général, c'est-à-dire le 2 juillet 1896 (<). A cette date, les Puissances auraient à examiner s'il était nécessaire d'élever encore les droits. Il fut admis qu'elles se réservaient la faculté de maintenir ou d'élever les taxes au delà du minimum fixé par l'article dans les régions où elles l'avaient déjà.
L'article 92 a eu sans doute en vue de restreindre le trafic des spiritueux tout en protégeant les intérêts commerciaux des différentes nations représentées à la Conférence.
Cet article et l'esprit dans lequel il a été conçu prouvent de la manière -la plus évidente qu'on ne pourrait apporter des changements importants au régime des spiritueux sans un
{«) 2 avril 1898.
— so-
it may hère be said that the spirit Irade done through the British Colonies is for the most part a transit trade, since the spirits are chiefly consumed in territories which, if reserved as British sphères of influence, hâve not yet been brought directiy under British ruie. The natives in thèse sphères hâve therefore the libcrty, if they hâve the disposition, to revoit against the imposts. There is also the more immédiate danger of iosing this transit trade in spirits, and other important and civilising trade along with it. The carry* ingof spirits is likely to be done still more by German and French steamers, and Brilish merchants will open branch houses for barter in f>reign ports. There will exist a strong inducement to smuggle spirits from French and German ports through British territories into the Hinterlands, and the coasts presenting most favourable opportunities to contrabandists, a large body of Customs ofBcers, entailing corresponding expenses, will be required to protect the revenue.
Remarks and Recommandations.
It bas been thought necessary to array the facts of the liquor trade as known by merchants, by their agents residing on the West Coast, and by the officiai classes. It now only remains for the Committee to make suggestions for safeguarding (1; the native, and (2) the trader.
It is recommended that an inquiry should be instituted by Royal Commission, or by compétent authorities, of whom the Government hâve many at their command, into statements which hâve been made respecting the trade in spirits with West Africa and its efiects. Thèse statements were made at meetings held at home and abroad, in the reports of which by the home and Colonial press it was noticed that hardiy one substantial fact appeared supporling them : —
1. That the native races of Africa are deteriorating through excessive consumption of spirits.