‹ Documents relatifs à la répression de la traite des esclavesChapitre 208 sur 227 · BASSA · texte numérisé non relu

BASSA

Quarante-quatre affaires ont été jugées par le tribunal de province (contre 21 en 1904), dontlOen matière d'esclavage et 16 relatives à des cas de substitution de personne et d'extorsion. Les citations, en général, restent sans effet, les arrestations sont d'une exécution difficile et les témoins, ou bien évitent de se présenter, ou bien cherchent à égarer la justice. Les cinq tribunaux indigènes ont eu à juger 104 cas. La traite se pratique sur une grande échelle et l'on ne pourra la réprimer tant que l'on n*aura pas mis les Okpotos à la raison. En c^ qui concerne les tribus purement païennes de cette catégorie, il suffirait d'une action énergique pour faire disparaître complètement l'esclavage, aussi bien l'esclavage domestique que l'autre. Quinze esclaves ont été libérés dans le courant de l'année.

The Résident reports that large quantities of trade gin are smuggled from Southern Nigeria, and slaves are bought for gin and exported to Southern Nigeria.

KONTAGORA AND BORGU.

The famine in the Dakakerri country, in the north, bas led to the sale of chiidren, who would otherwise bave perished. No cases of self-redemption are reported. As I noted above, there bas been a considérable influx of freed slaves to their former homes. The lawless Dakakerri are a source of continuai trouble. Even the famine would not induce thein to work for the libéral wages offered, and they prefer to live by plunder. Like the tribes in the neighbouring province of Zaria, they seem to care little for their présent immunity from being raided for slaves. Coercive measures will bave again to be employed against this tribe; none were undertaken during 1903.

Suivant les rapports du Résident, de grandes quantités de gin sont passées en fraude de la Nigérie méridionale et l'on exporte vers cette dernière des esclaves achetés en échange.

KONTAGORA ET BORGOU.

La famine qui a désolé la région de Dakakerri, dans le nord, a poussé les indigènes à vendre leurs enfants qui, sans cela, eussent été exposés à mourir de faim. On ne mentionne aucun cas de rachat d'esclaves; par contre, on signale le retour d'un grand nombre d'esclaves libérés chez leurs anciens maîtres. Les Dakakerri, qui ne reconnaissent aucune loi, sont une cause permanente de troubles. La famine elle-même ne peut les pousser au travail malgré les salaires élevés qui leur sont offerts et ils préfèrent vivre de pillage. De même que les tribus voisines de la province de Zaria, ils ne semblent pas attacher un grand prix à la protection contre les razzias d'esclaves, dont ils jouissent au-

jourd'hui. Des mesures coerdtives devront être prises de nouveau à leur égard. Aucune expédition n'a été entreprise contre eux en

Three slaves were freed in Borgu.

Slavery.

In the Appendix will be found returns of slaves freed during 190Sand previous years. Thèse returns do not profess to be a complète record, more especially in the earlier years. Large numbers v^ere liberated by varions military expéditions, of which no record was kept, and even now the numbers freed by the native courts under the supervision of the Administration are only partially entered. Finally, the vast numbers of newiy-enslaved Pagans who bave returned to their homes, and of whom the Administration bas no knowledge, are of course additional to tbose shewn on thèse returns, which only refer to such slaves as bave passed through the hands of the politicai staff. The total shewn (3,071), therefore, represents only a fraction of the slaves liberated in Northern Nigeria as a conséquence of British rule in the past six years. In the province of Sokoto, where perhaps the largest slave population was to be found, the Résident says that «prohibitions of enslaving and slave-dealing are fairly readiiy accepted and afiect the people little », and the same, I think, may be said of the Protectorate generally. The désertion ofbonû fide domestic slaves, who form the labouring classes on the free-born Mahommedans, was at first keenly feit, and had the Government not taken steps to discourage the too rapid transition from the old to a better labour contract, a complète dislocation of the coun try might, as I hâve explained in former reports, bave taken place. I hâve included some observations upon slavery in my notes on each province. [See especially page 195, as to self-redemption.)

Dans la province deBorgou, trois esclaves ont été libérés.

Esclavage.

Le tableau statistique ci-joint indique le nombre des esclaves affranchis en 1905 et pendant les années précédentes. Toutefois, il convient de remarquer que pour les premières années notamment, ces tableaux n*ont pas la prétention d'être complets. Il n'y est pas fait mention, en effet, des nombreux esclaves qui ont été libérés au cours de différentes expéditions militaires, et Ton n'y a relevé qu'en partie le nombre de ceux qui ont été afirauchis par les tribunaux indigènes à l'intervention de l'autorité administrative. Enfin, il y a lieu d'ajouter à ces statistiques,qui se rapportent uniquement aux esclaves ayant passé par les mains des agents politiques, le très grand nombre de païens nouvellement réduits en esclavage, qui ont réussi à rentrer chez eux et dont TAdministration n'a pas eu connaissance. Le chitfre total de 3,071 indiqué ne représente donc qu'une partie des esclaves libérés dans laNigérie septentrionale par suite de l'occupation britannique au cours des six dernières années. Dans la province de Sokoto, qui est peut-être la région où l'on a rencontré la population servile la plus importante, la défense de réduire les gens en esclavage et de se livrer aux opérations de la traite a, suivant le rapport du Résident, été acceptée sans difficulté et faiblement ressentie par les habitants. Je crois qu'on peut dire la même chose pour le Protectorat en général. La désertion d'esclaves domestiques gardés bonâfideeX qui forment la classe des travailleurs agricoles dans les exploitations des Musulmans nés libres, a été à l'origine très pénible à ces derniers, et si le Gouvernement n'avait pris des mesures pour empêcher une transition trop rapide des anciennes conditions du travail aux nouvelles, il en serait résulté une perturbation complète de la vie sociale, conune je l'ai déjà exposé antérieurement. Les passages de mon rapport concernant les différentes provinces renferment déjà quelques observations relativement à la question de l'esclavage [voir notamment à la page 195 ce qui con* cerne les rachats).

Tbe slave Irade exista in an active form through Bornu (page 197) and on tbe Benue (pages 201 et 302). It is now well understood to be a conlraband trade, and every précaution is taiien against capture. Hère infants are purcbased in Eastern Mûri and Yola, and especially in German Adamawa, and conveyed to Bassa by canoë at nigbt, wbere apparently tbey are bought by Okpotos for tbe Southern Nigeria demand. The chiidren soon learn Nupe, and are given tribal marks to prevent détection. Famine is of course a great incentive to the slave trade.

The Freed Slaves* Hume, Zungeru.

The dumber in tbe home at the beginning of the year was 178, and there hâve been 140 admissions during the year. One hundred and sixteen bave leflt the home, 59 to guardianSy 8 apprenticed, 22 hâve left to follow their own inclinations (being adults), one was married, and 26 died. The total at the end of the year v^as 202, consisting of four women over 28 years of âge, two women of 15 to 25 years, seven big girls of 12 to 15 years, and 189 chiidren under il2 years. The percentage of deaths, 7.7 "/o, compares very favourably with last years, 22.8 7o. The earnings bave increased from i^ 42 to i* 105, being chiefly profits from the bakery. The educational classes, both in writing and reading and in carpentry, bave maintained progress. The clothes required are made up in the home, and laundry work and gardening are carried on. The gênerai aspect of the home is more satisfactory than it bas ever been. The chiidren appear happy and well cared for, and everything connected with the buildings and their surroundings is admirably clean and sanitary. The condition of ail tbe chiidren placed with guardians bas been the subject of a careful and exhaustive enquiry, and with very féw exceptions it bas been found to be very satisfactory.

Bornu Freed Slaves' Home.

On January Ist, 1905, there were 106 inmates in the home, and 96 more were reoeived making a total of 202, of whom 57

La traite se pratique activement dans le Bornou (page 197) et sur la Benue (pages 201 et 202). Cependant, personne n'ignore plus aujourd'hui que ce trafic ne peut se faire qu'en fraude et que toutes les mesures sont prises pour empêcher les enlèvements d'esclaves. Dans la partie orientale du Huri et à Yôla, et notamment dans TAdamaua allemand, on achète surtout des enfants qui sont transportés en barques pendant la nuit pour être, selon toute vraisemblance, achetés par les Okpotos en destination de la Nigérie méridionale. On enseigne à ces enfants à parler la langue du Nupe et on leur donne les signes distinctifs de la tribu pour empêcher de reconnaître leur origine. La famine est toujours une des principales causes de la traite.

L'asile des esclaves libérés de Zungeru.

L'asile renfermait au commencement de 1905, 178 esclaves libérés ; 140 ont été admis dans le courant de Tannée. Cent seize l'ont quitté dont 59 placés en gardiennat, 8 en apprentissage; 22 (adultes) se sont établis à leur compte; 1 s'est marié et 26 sont morts. Il en restait 202 à la fin de l'année, à savoir : 4 femmes de plus de 25 ans, 2 femmes âgées de 15 à 25 ans, 7 filles de 12 à 15 ans et 189 enfants de moins de 12 ans. Le pourcentage des décès a été de 7.7 7©, chiffre très peu élevé si on le compare à celui des dernières années, pendant lesquelles il a été de 22.8. Les revenus de l'asile ont passé de 42 à 105 ^ provenant principalement de la boulangerie. Les classes d'instruction, écriture, lecture et menuiserie sont restées en progrès. Les vêtements sont confectionnés sur place; le jardinage et la blanchisserie figurent également au programme des travaux journaliers. Les conditions générales de l'asile sont meilleures qu'elles ne l'ont jamais été. Les enfants y semblent heureux et bien soignés. Les bâtiments et dépendances ne laissent absolument rien à désirer au point de vue de la propreté et de l'hygiène. L'état des enfants placés en gardiennat a été l'objet d'une enquête sérieuse et, à quelques exceptions près, a été trouvé entièrement satisfaisant.

Asile des esclaves libérés de Bornou.

Aul^janvier 1905, l'asile comptait 106 personnes; 96 nouveaux pensionnaires ont été reçus par la suite. De ce total de 202 indi-

left duringtbe year, leaving 14K on December 3l8t. Those who left were disposed of as follows : One boy apprenticed and two sent to freed slaves village, being too old for the home ; three women lefi at their request and joined relatives, one was dismissed, twenty three women and girls deserted, seven women were married, and twenty inmates died. Thèse freed slaves are mostly of a very low type and reputed to be cannibals, they corne chiefly from German Âdamawa, and speak no known language, but the chiidren quickly acquire the local tonguc and bave a wonderful ear for music. The adults are very stupid and hopeless, sincethe drinking habits of the Pagans and thé complète insularity of the lives they bave led, bave tended to degeneration, physical and mental, so that they are helpless when removed from their environment and bave no initiative at ail. Â successfui attempt, however, to deal with the adults bas been inaugurated by the establishment of a freed slaves" village. A payment of 6 s. a week was at first made for food. It bas now been reduced to Us. per mensem, and the ex-slaves bave been given work on payment and land to cultivate, so that wh(».n the crops ripen the village promises to be self-supporting. It is possible that when it bas become an established success the home may be given up, and the chiidren placed with the adults and adopted by them. To do so would be to abandon the présent efforts at éducation and to some extent of the civilizing effect of close European supervision, but 1 feel that the Government, at least so long as its revenue dépends on a grant-inaid, is not justified in undertaking philanthropie work, however valuable. I am, however, glad to say, that I bave secured a grant of £ 120 from the Giles Trust, and that there is a prospect of an even larger grant from the RebeccaHusseyTrust towards the Bornu Home, and thèse funds can properly be spent in educational and philanthropie work. The inmates cultivated a farm, which supplied food for the home. The morality of the women and girls in the home is reported as very bad, but I hope that the success of the free village will put an end to this by the expédient of marrying them to freed men. The health of the inmates bas been fairly good, but ophtalmia is prévalent, and three became blind during the absence of Dr. Blair, who during the year had tem-

vidus, 87 ont quitté Tasile pendant le courant de l'année, ce qui réduit à 145 le chiffre de ceux qui s'y trouvaient encore au 31 décembre. Les K7 individus dont il s'agit ci-dessus se répartissent comme suit : un garçon a été mis en apprentissage et deux autres, trop âgés pour être gardés à l'asile, ont été envoyé» au village des esclaves affranchis; trois femmes sont sorties à leur demande pour aller rejoindre leur famille, une a été renvoyée, 23 femmes et jeunes filles se sont enfuies et 7 se sont mariées. Le nombre des décès a été de 20. Ces esclaves libérés sont, pour la plupart, de l'espèce la plus inférieure et passent pour se livrer au cannibalisme, ils viennent principalement de l'Adamaua allemand et ne parlent aucune langue connue, mais les enfants apprennent rapidement le dialecte local et sont, en outre, remarquablement doués pour la musique. Quant aux adultes, ils sont totalement abrutis par suite de leur passion pour la boisson, et leur complet isolement a contribué à leur dégénérescence morale et physique. 11 en résulte qu'une fois enlevés à leur milieu habituel, ils se trouvent tout à fait désorientés et incapables d'aucune initiative. Toutefois une expérience heureuse a été faite en ce qui les concerne, par l'établissement d*un village d'esclaves libérés. A l'origine, leur entretien coûtait 6 shellings par semaine; il n'en coûte plus que 12 par mois, et l'on a pu donner à ces anciens esclaves de l'ouvrage moyennant salaire et des terres à cultiver. Lorsque les moissons commenceront à produire, le village se trouvera en situation de suffire à ses propres besoins, il est possible que, par la suite, si l'expérience réussit, on renonce à Tasile pour placer les enfants auprès des adultes du village et les faire adopter par eux. Cela équivaudrait, il est vrai, à abandonner les efforts que nous faisons pour l'éducation des noirs et à renoncer jusqu'à un certain point aux résultats civilisateurs que produit un contrôle européen sévère, mais je suis d'avis que le Gouvernement, aussi longtemps du moins qu'il doit, pour équilibrer son budget, recourir aux subventions de la métropole, ne peut prendre à sa charge des œuvres philanthropiques, quel qu'en soit d^ailleurs le mérite. Cependant, je suis heureux de pouvoir annoncer que j*ai obtenu un subside de 120 i^du aGilesTrust»etque j*ai l'espoir d'en obtenir un plus important du (c Rebecca Hussey Trust » en faveur de

porary charge of the home in the absence of Dr. Parsons. New grass huts hâve been put up to accommodate the încreasing numbers. The total cost of the two homes and village in the présent year (1908-1906) was £ 1,695 11 5. 10 d. (less £ 105 earnings).

Crime.

The number of offenders brought to justice during the year v^as 2,928, as against 2,449 in 1904. The increase is mainly accounted for by a stricter en forcement by the police of the Cantonment Régulations in Zungeru and Lokoja, and to some extent by an ail-round increase in the number of minor offences against the person. The most prévalent crimts are the same as in 1904, viz., slave-dealing, robbery with violence, stealing in the varions forms known to the law, and extortion, generally accompanied by intimidation or impersonation, &c.

Three hundred and sixty-one persons were tried for slave-dealing, or other ofïences against the laws for the suppression of slavery, as against 318 during the previous year; 100 for highway or other robbery, as against 180; and 278 for extortion or impersonation or other similar offences, as against 274 during the previous year. Of the 2,928 persons tried for criminal offences during the year, 2,400 were convicted and 528 found « not guilty » or discharged on entering into recognizances to keep the peace.

l'asile de Bornou. Ces fonds pourront être consacrés aux œuvres d'éducation et de bienfaisance. L'asile est approvisionné par les produits d'une exploitation agricole mise en valeur par ses pensionnaires. En ce qui concerne la moralité des jeunes femmes, il paraît qu'elle laisse énormément à désirer, mais j'espère, si le village libre réussit, pouvoir remédier à cet état de choses en les mariant aux anciens esclaves qui l'habitent. La santé des pensionnaires a été fort bonne, sauf en ce qui concerne l'ophtalmie, qui continue à régner ; trois ophtalmiques sont devenus aveugles pendant l'absence du D'' Blair, remplaçant momentanément dans la direction de l'asile le D*^ Parson, en congé. De nouvelles huttes gazonnées ont été construites pour recevoir les nouveaux arrivants. La dépense totale pour les deux asiles et le village pendant le présent exercice (1905- 1906) a été de 1,695 £ 11 s., dont il y a lieu de déduire 105 £ provenant des revenus de l'asile.

Criminalité.

Le nombre des affaires criminelles portées devant les tribunaux pendant le cours de Tannée a été de 2,928 contre 2,449 en 1904. Cette augmentation est due principalement à une plus stricte application par les autorités de police des « Cantonnement Régulations » à Zungeru et à Lokodja, ainsi qu'à un certain accroissement dans le nombre des attentats peu graves contre les personnes. Les crimes les plus nombreux ont été les mêmes qu'en 1904, à savoir : les faits de traite, les vols à main armée, les diverses espèces de larcins prévues par la loi, les extorsions généralement accompagnées de menaces ou de fraude, etc. Trois cent soixante et une personnes ont été condamnées pour faits de traite ou autres infractions aux lois concernant la suppression de Tesclayage, contre 318 l'année précédente; 100 pour vols à main armée et autres, contre 120; 278 pour extorsion, fraude ou autres délits analogues, contre 274. Sur les 2,928 individus jugés au criminel pendant l'année, 2,400 ont été condamnés et 528 reconnus non coupables ou bien renvoyés des fins de la plainte pour des motifs d'ordre public.

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