‹ Documents relatifs aux églises de l'Orient considérées dans leurs rapports avec le Saint SiégeChapitre 33 sur 56 · Édition Migae, p · texte numérisé non relu

Édition Migae, p

LES CARMBS. 83

nant chaque chose à ce qu'elle était à son principe et à son origine.

... Des religieux de cette sorte ne déprécieraient pas les rites et les cérémonies de l'Orient, mais pUitôt ils les exajteraient comme leur chose propre, par leurs paroles et leurs actions. Lès missionnaires latins sont regardés avec inquiétude comme des étrangers et des rivaux par les* Ruthéniens, qui conséquemment ne les écoutent pas, mais les craignent et les soupçonnent, appréhendant toujours d'être trompés, ce qui donne occasion aux démons* de suggérer, beaucoup d'idées fausses sur l'Église romaine. Au contraire, ces religieux de rijte oriental seraient reçus par les Ruthéniens comme étant des leurs ; ils seraient- écoutés sans soupçon. Les Ruthéniens, en les voyant instruits, croiraient en eux, et se glorifieraient d'avoir parmi eux des hommes si instruits, qui seraient comme leur couronnement. A cause de cela, ils les aimeraient beaucoup. En effet, ils n'aiment pas les Latins dont la supériorité les déprécie eux et leur rite; par la même raison» ils

s'attacheraient vivement à ces religieux comme augmentant leur propre gloire et rehaussant le rite grec. C'est de cette manière que, sous l'inspiration du Saint-Esprit, saint Paul commença à convertir les Grecs païens à rÉvangile. En effet, il ne leur a pas annoncé qu'il venait leur prêcher un Dieu nouveau ; mais {Actes des Apôtres^ chap. xvii, v. 23) il leur a dit : Comme je regardais en passant les statues de vos Dieux, j'ai trouvé un autel où il était écrit : Au Dieu inconnu. Ce Dieu que vous adorez sans le connaître^ c'est celui que je vous annonce. De même ces religieux pourraient dire : « Nous ne cherchons « pas à vous éloigner de la vraie foi et du « rite grec. Nous ne vous prêchons pas une « chose nouvelle, mais ce que vous prati- « quez déjà sans le bien connaître, etc. , etc. » C'est encore pour s'accommoder au goût des juifs, que saint Paul fit circoncire Timothée, quoique ce ne fût pas nécessaire*.

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