‹ Documents relatifs aux rapports du clergé avec la royauté (volume 2)Chapitre 64 sur 77 · MANDEMENT · texte numérisé non relu

MANDEMENT

DE MONSEIGNEUR l'ÉVÊQUE DE .AIEAUX

Pour la publication de la Constitution de N. S. P. le Pape Innocent XII, du 12 de mars 1699, portant condamnation et défense du livre intitulé : Explication des Ma.iiines des Saints sur la Vie intérieure, etc..

(Œuvres complètes de Bossuet, Ed. Beaucé-Rusand, Paris, t. XLVI, p. 385.)

Jacques-Bénigne, par la permission divine, Evêqiie de Meaux , aux doyens ruraux , curés et vicaires et à tous les

fidèles de notre diocèse , salut et bénédiction en notre Seigneur.

Dans l'obligation où nous sommes de condamner les fausses spiritualités, même dans les livres où elles paraissent avec leurs plus belles couleurs, quoique toujours sans l'autorité de l'Ecriture et sans le témoignage des Saints, nous parlerons avec d'autant plus de confiance que cette condamnation est précédée d'une Constitution apostolique où la foi de saint Pierre et de l'Eglise romaine , mère et maîtresse des Eglises, s'est expliquée en ces termes :

(Suit le texte du bref pontifical traduit en français.)

Une censure si claire et si solennelle a eu tout l'effet qu'on en pouvait espérer. Le même esprit de la tradition qui a fait parler le chef visible de l'Eglise , lui a uni les membres. Toutes les provinces ecclésiastiques de ce royaume ont reçu et accepté la Constitution avec le respect et la soumission ordinaire ; et nous avons eu la consolation tant désirée et tant espérée de voir monseigneur l'archevêque de Cambrai s'y soumettre le premier, simplement, absolument et sans aucune restriction, en ajoutant même depuis, quelque pensée qu'il ait pu avoii- de son livre, qu'il renonçait à son jugement pour se conformer simplement à celui du Souverain Pontife.

Ainsi, on ne songe plus à défendre un livre avec lequel on aurait à craindre selon la Constitution d'induire les pieux lecteurs à des erreurs déjà condamnées par l'Eglise catliolicpie , et on renonce, en termes exprès, à toutes pensées de l'expli(pier, après que le Saint-Siège en a condamné les propositions en toutes manières soit dans leur sens naturel, soit dans la liaison de leurs principes.

Les ennemis de l'Eglise , si attentifs aux divisions qui semblaient s'y élever, peuvent voir, par cet exemple, que ce n'est pas en vain qu'elle se glorifie en notre Seigneur du remède qu'il a opposé aux dissensions en donnant un chef aux évêques et à l'Eglise visible avec lequel tout le corps garde l'unité.

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