LETTRE CIRCULAIRE AUX PRELATS DE FRANCE
1682, 6 mai. — Paris.
Ce document était destiné à expliquer aux membres du clergé la nécessité de la Protestation.
L'Assemblée du clergé de France, aussi éloignée de Tesprit de bassesse que de l'esprit de révolte , a cru devoir protester, non contre les papes, mais devant les papes, pour défendre des privilèges incontestables. Elle espère que tous les évêques de France approuveront sa conduite et imiteront sa fermeté.
{Coll. des procès-'verbaux des Assemblées Gén. du Clergé, t. V, p. 250.)
Monsieur,
Vous savez que l'Eglise Gallicane s'est toujours gouvernée si judicieusement avec les Souverains Pontifes, toutes les fois que la Cour de Rome a voulu former des desseins préjudiciables a nos Libertés, que, sans rien perdre de l'extrême vénération que le Clergé de France a toujours eue et aura éternellement pour le Saint-Siège, nous n'avons pas laissé de nous maintenir respectueusement et généreusement tout ensemble dans la juste possession de nos Droits et de nos Usages. Nos Assemblées Nationales, également éloignées de cet esprit de bassesse et de lâcheté, qui souffre honteusement qu'on lui enlève des privilèges incontestables pour n'avoir pas la sainte vigueur de les soutenir, et de cet esprit de révolte qui s'élève inconsidérément contre l'Eglise Romaine qui est le centre de l'Unité, ont suivi religieusement les traces et les mouvements de l'Esprit saint, toujours humbles pour reconnoître l'excellence de la Primauté dans les Papes, et toujours courageuses pour se défendre des entreprises de leurs OflSciers. Dans cette conduite, les hérétiques, nos ennemis, ont un sujet perpétuel de confu-
1. On lit dans une lettre circulaire du Clergé de France à tous les prélats du royaume, en date du 1*' juillet 1682 :
« Et de peur qu'ils ne prennent occasion de se flatter dans leur schisme