‹ Documents relatifs aux rapports du clergé avec la royauté (volume 3)Chapitre 81 sur 83 · LETTRE CIRCULAIRE DE L'ASSEMBLEE DU CLERGE · texte numérisé non relu

LETTRE CIRCULAIRE DE L'ASSEMBLEE DU CLERGE

à la juste condamnation qui en fut faite dans le diocèse de Paris, où ces disputes avaient pris naissance K

Le Roi donna dans le même temps à l'Eglise des marques de sa protection, et de l'attention qu'il a toujours eue pour prévenir tout ce qui peut en troubler la paix ; mais pour affermir encore plus solidement la tranquillité des Eglises de son Royaume, S. M. crut devoir solliciter notre S. Père le Pape de condamner les fausses interprétations qu'on voulait donner aux Constitutions d'Innocent X et d'Alexandre VII, afin qu'une décision du S. Siège, reçue et acceptée par l'Eglise de France , pût soumettre tous les esprits, ôter tout prétexte de rappeler les erreurs de Jansénius , et éteindre à jamais les disputes que l'Eglise et l'Etat ont également intérêt d'appaiser.

Le Pape, dont le zèle pour soutenir la doctrine de l'Eglise, est aussi connu que sa sagesse pour en pacifier les troubles, a répondu aux justes désirs du Roi, en publiant sa Constitution du seize Juillet dernier, par laquelle il condamne tous les détours et les subterfuges, dont les défenseurs de Jansénius voulaient encore se servir pour éluder les Constitutions des souverains Pontifes, que le corps des Pasteurs a acceptées, et qui doivent, par cette acceptation solemnelle, être regardées comme le jugement et la décision de toute l'Eglise.

Sa Majesté ^attentive à conserver en tout l'ordre canonique et les droits de l'Episcopat, a bien voulu nous adresser la Constitution et attendre les délibérations de notre Assemblée, avant que de faire expédier ses Lettres-Patentes.

Pour exécuter ce que notre devoir nous prcscrivoit, nous avons donné tout le temps et toute l'application que demandait l'examen d'une affaire si importante , dans laquelle nous savons tous que nous n'agissons pas en simples exécuteurs des Décrets Apostoliques, mais que nous jugeons et que nous prononçons véritablement avec le Pape ^.

1. Allusion au mandement par lequel M. de Noailles, archevêque de Paris, avait condamne le « Cas de conscience ».

Page 1