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XCII

Pati potius in paee excommunicationem et anathema injustum quam prodere veritatem, est imitari Sanctum

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La crainte [même] d'une excommunication injuste ne nous doit jamais empêcher de faire notre devoir... On ne sort jamais de l'Eglise lors même qu'il semble qu'on en soit banni par la méchanceté des hommes quand on est attaché à Dieu, à Jésus- Christ et à l'Église même par la charité. (Joan., 9, 22, 23. Ed. 1693, 1699.)

C'est imiter saint Paul que de souffrir en paix l'excommunication et l'anathème injuste plutôt que de trahir la vérité, loin

1. La condamnation de cette proposition a été le point de départ d'interminables querelles. Les gallicans y voyaient le sacrifice de toutes les garanties assurées du pouvoir royal contre les foudres de la cour de Rome. Les parlementaires n'ont pas cessé de la combattre, et il semble que, même en 1714, l'Assemblée du Clergé ne l'ait pas acceptée sans restriction ni réserve. On lit en effet dans VInstruction pastorale : « La 01" proposition est aussi très justement condamnée... Si l'injustice de l'excommunication est constante, si le devoir est un devoir réel et véritable, la proposition renferme une vérité à laquelle il est impossible de se refuser: mais si l'excommunication n'est injuste que dans l'idée de celui qui en est frappé, si le devoir est un faux devoir, s'il y a même de l'incertitude sur l'injustice de l'excommunication et sur la réalité du devoir, la proposition est fausse et d'autant plus dangereuse qu'elle se présente sous l'apparence de la vérité. Cette proposition, vraie dans la première supposition, fausse dans l'autre, est au moins captieuse et favorable aux partisans de Janscnius. La circonstance des tems et des erreurs qui affligent l'Eglise, la nature de l'ouvrage, la situation de son auteur, tout semblait exiger que, dans une matière aussi délicate, on l'expliquât clairement et sans ambiguïté, et tout détermine au mauvais sens quand le vrai sens n'est pas mis en évidence. »

2. Propositions 92, 93. « Quel esl le janséniste qui, plein de ces principes,

Mention. — Rapports du Cler(/(^ acec la Royauté. — II. 3

Paulum : iantum abest ut sit erigefe se contra authoritatem ant scindere unitatem.

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Jésus quandoque sanat vulnera quee praeceps Primorum Pastorum festinatio infligit, sine ipsius mandate ; Jésus restituit quod ipsi inconsiderato zelo rescindunt.

Nihil pejorem de Ecclesia opinionem ingerit ejus inimicis quam videre illic domina tum exerceri supra fidem Fideliurti et foveri divisiones propter res quœ non fidem laedunt née mores.

de s'élever contre Tautorité ou de rompre l'unité. (Rom., 9, 3. Ed. 1693, 1699.)

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Jésus guérit quelquefois les blessures que la précipitation des premiers Pasteurs fait sans son ordre ; il rétablit ce qu'ils retranchent par un zèle inconsidéré. (Joan., 18, 11. Ed. 1693, 1699.)

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Rien ne donne une plus mauvaise opinion de l'Église à ses ennemis que d'y voir dominer sur la foi des fidèles et y entretenir des divisions pour des choses qui ne blessent ni la foi ni les mœurs. (Rom., 14, 16. Ed. 1693, 1699.)

croit devoir déférer aux censures?... Imiter saint Paul, être guéri par Jésus-Christ même des plaies que nous font les premiers Pasteurs, quels motifs ne sont-ce pas pour engager à ne pas craindre les foudres de l'Eglise et à les mépriser avec autant d'orgueil que de sécurité. » Instruct. paslor. 1. Propositions condamnées de 94 à 100. « Nous sommes bien persuadez que vous ne pourrez lire sans indignation, vous qui êtes plein de respect et d'amour pour l'Eglise, le portrait affreux que l'on fait dans les dernières propositions de l'état présent où l'on voudrait vous faire croire que se trouve cette sainte épouse de Jésus-Christ. Vous verrez l'auteur des « Réflexions morales » s'ériger en juge souverain et condamner toutes les puissances. » Instruct. pastor.

BLLLA « UMGEMTU8 » 35

Veritates eo devenerunt ut sint lingua quasi peregrina plerisque Christianis, et modus eas prœdicandis est veluti idioma incognitum ; adeo remotus est a simplicitate Apostolorum et supra communem captum fîdelium ; neque satis advertitur quod hic defectus sit unum ex signis maxime sensilibus senectutis Ecclesiae et ira? Dei in Filios suos.

Deus permittit ut omnes Potes ta tes sint contra riœ Praedicatoribus veritatis ut ejus victoria attribui non possit, nisi Divinae gratise.

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Nimis saepe contingit membra illa, qme magis sancte ac magis stricte unita Ecclesiae sunt, respici atque tracta ri tanquam ab ea separata. Sed justus vivit ex fide et non ex opinione hominum.

Les vérités sont devenues comme une langue étrangère à la plupart des Chrétiens et la manière de les prêcher est comme un langage inconnu, tant elle est éloignée de la simplicité des Apôtres et au-dessus de la portée du commun des fidèles. Et on ne fait pas réflexion que ce déchet est une des marques les plus sensibles de la vieillesse de l'Eglise et de la colère de Dieu sur ses enfants. (Cor., Il, 21. Ed. 1693, 1699.)

Dieu permet que toutes les puissances soient contraires aux prédicateurs de la vérité afin que sa victoire ne puisse être attribuée qu'à sa grâce. (Act., 17, 8. Ed. 1693, 1699.)

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Il n'arrive que trop souvent que les membres le plus saintement et le plus étroitement unis à T l'église sont regardés et traités comme indignes d'y être ou comme en étant déjà séparés. Mais le juste vit de la foi de Dieu et non pas de l'opinion des hommes. (Act., 4, 11. Ed. 1693, 1699.)

36 LA BULLE « UNIGEMTL'S »

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Status persecutionis et pœnarum quas quis tolérât tanquam Haereticus, flagitiosus et impius, ultima plerumque probatio est et maxima meritoria, utpote quse facit hominem magis conformem Jesu Christo.

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Pervicacia, praeventio, obstinatio in nolendo aut aliquid examinare, aut agnoscere se fuisse deceptum, mutant quotidie quoad multos in odorem mortis id, quod Deus in sua Ecclesia posuit, ut in ea esset odor vitae, videlicet bonos libros, instructiones, sancta exempla, etc.

Tempus deplorabile quo creditur honorari Deus persequendo veritatem ejusque discipulos. Tempus hoc advenit... Haberi et tractari a Religionis Ministris, tanquani

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Celui [l'étatj d'être persécuté et de souffrir comme un hérétique, un méchant, un impie est ordinairement la dernière épreuve et la plus méritoire comme celle qui donne plus de conformité à Jésus-Christ. (Luc, 2*2, 37. Ed. 1693, 1699.)

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L'entêtement, la prévention, Tobstination à ne vouloir ni rien examiner, ni reconnaître qu'on s'est trompé changent tous les jours en odeur de mort, à l'égard de bien des gens, ce que Dieu a mis dans son h]glise pour y être une odeur de vie comme les bons livres, les instructions, les saints exemples etc. (Cor., 2, 16. Ed. 1693, 1699.)

Temps déplorable où on croit honorer Dieu en persécutant la vérité et ses disciples. Ce temps est venu... Etre regardé et traité par ceux qui en sont les ministres [de la religion] comme un

BULLA « UMGENITUS )) 37

impium et indignum omni commercio cum Deo, tanquam membrum putridum, capax corrumpendi omnia in societate Sanctorum, est hominibus piis morte corporis mors terribilior. Frustra quis sibi blanditur de suarum intentionum puritate et zelo quodam Religionis, persequendo flamma ferroque viros probos, si propria passione est excœcatus aut abreptus aliéna, propterea quod nihil vult examinare. Fréquenter credimus sacrifîcare Deo Impium et sacrifîcamus Diabolo Dei Servum.

en

Nihil spiritui Dei et doctrinee Jesu Ghristi magis opponitur quam communia facere juramenta in Ecclesia, quia hoc est multiplicare occasiones pejerandi, laqûeos tendere infirmis et idiotis, et efficere ut nomen et veritas Dei aliquando deserviant consilio Impiorum.

impie, indigne de tout commerce avec Dieu, comme iTn membre pourri, capable de tout corrompre dans la société des Saints, c'est pour les personnes pieuses une mort plus terrible que celle du corps. En vain on se flatte de la pureté de ses intentions et d'un zèle de religion en poursuivant des gens de bien à feu et à sang, si on est aveuglé par sa propre passion ou emporté pai celle des autres, faute de vouloir rien examiner. On croit souvent sacrifier à Dieu un impie et on sacrifie au diable un serviteur de Dieu. (Joan., 16, 2. Ed. 1693, 1699.)

Rien n'est plus contraire à l'esprit de Dieu et à la doctrine de Jésus-Christ que de rendre communs les serments dans l'Eglise parce que c'est multiplier les occasions des parjures, dresser des pièges aux faibles et aux ignorants, et faire quelquefois servir le nom et la vérité de Dieu aux desseins des méchants. (Matt., 5, 37. Ed. 1693, 1699.)

1. Proposition condamnée 101. « Ses principes favorables aux jansénistes ne marquent que trop que c'est le serment que font ceux oui signent le formulaire dont il se plaint. Mais ce sont les Papes qui l'ont établi, ce sont les Évoques qui l'ont reçu, ce sont les besoins de l'Eglise et la nécessité de discerner les personnes infectées des erreurs de Jansénius de celles qui ne le sont pas qui ont oblige d'exiger ce serment. Cet exemple est fondé sui l'ancien usage des Conciles. » Instruct. paslor.

38 LA BULLE « LNIGEMTUS »

Auditis itaque tum voce lum scripto Nobis exhibitis praefatorum Cardinalium aliorumque Theologorum suffragiis, divinique inprimis luminis, privatis ad eum fînem publicisque etiam indictis precibus, implora to praesidio, omnes et singulas propositiones pra^nsertas tanquam falsas, captiosas, maie sonantes, piarum aurium olîensivas, scandalosas, perniciosàs, temerarias, Ecclesiœ et ejus praxi injuriosas, neque in Ecclesiam solum sed etiam in Potestates Sœculi contumeliosas, seditiosas, impias, blasphémas, suspectas de hœresi ac hœresim ipsam sapientes, necnon haereticis et haeresibus ac etiam schismati faventes, erroneas, hcieresi proximas, pluries damnatas, ac demum etiam hœreticas variasque hanreses et potissimum illas quae in famosis Jansenii propositionibus, et quidem in eo sensu, in quo hœ damnatœ fuerunt, acceptis continentur, manifeste innovantes respective, hac nostra perpetuo valitura Constitutione declaramus damnamus et reprobamus.

Mandantes omnibus utriusque sexus Ghristifîdelibus ne de dictis propositionibus sentire, docere, praedicare aliter pra>sumant quam in hac eadem nostra Constitutione continetur ; ita ut quicumque illas vel illarum aliquam conjunctim, vel divisim docuerit, défendent, ediderit, aut de eis, etiam disputative, publiée, aut privatim tractaverit, nisi forsan impugnando, Ecclesiasticis censuris, aliisque contra similia perpétrantes a Jure statutis pœnis ipso facto, absque alia declaratione subjaceat.

Capter um per expressam prœfatarum propositionum reprobationem alia in eodem libro contenta nuUatenus approbare intendimus ; cum "pra^sertim in decursu examinis complures alias in eo deprehenderimus propositiones illis qua?, ut supra, damnatic fuerunt, consimiles et affines, iisdemque erroribus imbutas : nec sane paucas sub imaginario quodam, veluti grassantis hodie persecutionis obtentu, inobedientiam et pervicaciam nutrientes, easquefalso Christianaî patientiai nomine pra^dicantes ; quas propterea singulatim recensere et nimis longum esse duximus, et minime

BULLA « L'NIGENITUS » 39

necessarium ; ac demum, quod intolerabilius est, Sacrum ipsum novi Testamenti Textum damnabiliter vitiatum compererimus, et alteri dudum reprobat^e versioni Gallican Montensi in multis conformem ; a vulgata vero editione quœ tôt Sœeulorum usu in Ecclesia probata est atque ab Orthodoxis omnibus pro authentica haberi débet, multipliciter discrepantem et aberrantem, pluriesque in alienos, exoticos, ac sœpe noxios sensus, non sine maxima perversitate, detortum.

Eumdem propterea librum, utpote per dulces sermones et benedictiones, ut Apostolus loquitur, hoc est sub falsa piae institutionis imagine, seducendis innocentium cordibus longe adcommodatum, sive pra:^missis, sive alio quovis titulo inscriptum ubicumque et quocunique alio idiomate, seu quavis editione aut versione hactenus impressum aut in posterum (quod absit) imprimendum authoritate Apostolica, tenore prœsentium iterum prohibemus, ac similiter damnamus, quemadmodum etiam alios omnes et singulos in ejus defensionem tam scripto quam typis editos seu forsan (quod Deus avertat) edendos libros, seu libellos, eorumque lectionem, descriptionem, retentionem, et usum omnibus et singulis Ghristifîdelibus sub pœna excommunicationis per contrafacientes ipso facto incurrenda, prohibemus pariter et interdicimus.

Praecipimus insuper Venerabilibus Fratribus, Patriarchis, Archiepiscopis et Episcopis aliisque locorum Ordinariis, necnon hœreticœ pravitatis Inquisitoribus ut contradictores et rebelles quoscumque per censuras et pœnas pra?fatas, aliaque juris et facti remédia, invocato etiam ad hoc, si opus fuerit, brachii S^rcularis auxilio, omnino coerceant et compellant.

Volumus autem ut earumdem praesentium transumptis, etiam impressis, manu alicujus Notarii publici subscriptis et sigillo persona^ in Dignitate Ecclesiastica constitutœ munitis, eadem fides prorsus adhibeatur quie ipsis originalibus litteris adhiberetur si forent exhibitœ vel ostensa^

NuUi ergo hominum liceat hanc paginam nostrœ decla-

rationis, damnationis, mandati, prohibitionis et interdictionis infringere, vel ei ausu temerario contraire. Si quis autem hoc attenta re prœsumpserit, indignationem Omnipotentis Dei ac Beatorum Pétri et Pauli Apostolorum ejus se noverit incursurum.

Datum Roma^, apud Sanctam Mariam Majorem, anno Incarna tionis Dominicae Millesimo septingentesimo decimotertio, sexto Idus Septembris, Pontifîcatus nostri anno decimo-tertio.

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