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Avitus, arch. de Vienne, au pape Hormidas

42 LA BULLE « UNIGENTTUS »

excellente et solemnelle Constitution, dressée avec tant de soin et de travail que votre Sainteté vient de publier.

Aussitôt qu elle eût été présentée au Roi, Sa Majesté, suivant le mouvement de son zèle toujours vif et ardent pour la défense de la foi catholique, donna ses ordres pour faire assembler tous les Evêques qui se trouvaient pour lors à Paris et tous ceux qui pourroient s'y rendre dans la suite, afin que, conférants ensemble, ils prissent avec plus d'attention les mesures nécessaires pour accepter cette Constitution avec tout le respect qui lui est dû. L'Assemblée s'est tenue dans cette ville sans aucun délai ainsi que le demandoit l'importance de cette affaire et elle a été composée d'un nombre très considérable de Prélats. Nous conformants aux exemples de nos prédécesseurs et remplis du même zèle qu'ils ont témoigné pour le Siège apostolique. Nous avons reçu avec la même déférence et la même vénération la dernière Bulle de Votre Sainteté.

Nous ne serons pas moins fidèles à lobligation que nous "impose notre ministère de la faire recevoir dans le même esprit et avec la même sincérité par tous ceux que la Providence a confiés à nos soins.

Pour parvenir plus sûrement à cette fin, nous avons arrêté dans notre Assemblée un modèle uniforme d'Instruction pastorale que nous devons publier en commun, ce qui nous a paru le moïen le plus propre et le plus efficace non seulement pour détruire et pour déraciner les erreurs qui viennent d'être notées d'une si juste Censure, mais aussi pour ôter aux esprits remuants et avides de nouveautés toute occasion de dispute et de chicane sur les propositions qui contiennent ces erreurs.

Cette Instruction pastorale sera donc comme une espèce de rempart et de digue opposée aux interprétations fausses et contraires au véritable sens de la Constitution, par lesquelles des hommes pervers s'efforcent en vain de frustrer l'Eglise des grands et heureux fruits qu'elle espère avec confiance et qu'elle commence déjà à recueillir de ce Décret apostolique.

l'assemblée du clergé au pape clément XI 43

Nous avons eu aussi le soin et l'attention d'exhorter par une Lettre circulaire les autres Archevêques et Evêques de ce Royaume de vouloir bien adopter cette Instruction et de la faire publier par leur autorité chacun dans leur diocèse ; car il paraît juste et même nécessaire que ceux qui sont inviolablement unis par les mêmes sentimens et par le même attachement à la Foi de TEglise Romaine s'expliquent de la même manière et tiennent ouvertement le même langage.

On peut dire avec vérité, très Saint Père, que Votre Sainteté a terrassé sans ressource et avec éclat la doctrine des Novateurs de ce temps -et qu'elle n'a pas moins apporté de soin à découvrir leurs erreurs qu'ils avaient employé d'adresse à les déguiser et à les répandre imperceptiblement. Abusants des oracles de TEcriture et des saints Pères, ils présentoient le poison dans un livre où le commun des fidèles qui le recevoit sans défiance espéroit ne trouver que le pur aliment de la parole de Dieu.

^ Il ne nous reste plus très Saint Père, qu'à rendre au Seigneur, notre Dieu, d'éternelles actions de grâces et à lui adresser des prières pleines de reconnoissance d'avoir donné au Siège apostolique, à ce Siège d'où nous avons reçu par la miséricorde de Jésus-Christ la Religion que nous professons, un Pontife d'une si sincère piété, d'une foi si fervente et d'une si profonde doctrine. Il ne reste plus enfin qu'à lui demander que, pour l'édification des Eglises et des fidèles, il prolonge les jours de Clément XI et qu'il conserve longtemps à l'Eglise universelle le don qu'il lui a fait d'un si digne chef. Pour nous, très Saint Père, quoique notre mérite devant Dieu soit inférieur au vôtre, remplis cependant de la même foi qui vous anime, nous sommes prêts moïennant le secours du Seigneur, à sacrifier nos vies avec votre Béatitude pour la défense de la vérité. » Tels sont les sentiments que nous faisons gloire d'avoir, à

1. Lettre synodale des évoques de France à saint Léon pape, tome I des Conciles de France^ p. 94.

rimitation de nos Prédécesseurs, sur la Foi catholique et sur le respect dû au Saint-Siège.

Très Saint Père,

de Votre Sainteté

Les très dévouez et très obéissans fils les Cardinaux, Archevêques et Evêques de France, assemblez dans la ville de Paris.

-j- Armand Gaston , Cardinal deRohan, évêque et prince de Strasbourg, Président.

-j* Léon PP., Archevêque de Bourges.

•f François de Mailly, Archevêque de Reims.

-{•Armand, Archevêque de Bordeaux.

•f Claude Maur, archevêque de Rouen.

-{•Charles, Archevêque d'Aix.

René F. , Archevêque de Toulouse.

-{• Jacques, ci-devant évêque de Riez nommé Archevêque d'Auch.

Charles François, Évêque de Coutance.

Humbert, ancien Evêque de Tulles.

F. B. de Sillery, Evêque de Soissons.

François, Evêque de Vannes.

Pierre Daniel, ancien Evêque d'Avranches.

Henry, Evêque de Meaux.

François, Évêque de Cler-

mont.

Henry, Evêque de Cahors.

Martin, Évêque de Viviers.

Louis, Évêque, duc de Laon. François, Évêque, duc de

Langres.

David Nicolas, Evêque de

Blois.

François, Evêque de Vence.

D. François, Évêque de

Troves.

Louis Gaston, Evêque d'Orléans.

Charles, Évêque d'Auxerre.

François, Evêque, comte de

Toul.

Edouard, Evêque de Nevers.

Michel, Evêque d'Angers.

Pierre, Évêque d'Amiens.

François Gaspard , Évêque

d'Are thuse.

Ch. Fr., Evêque, comte de

Noyon.

C H . Franc., Evêque de

Chartres.

l'assemblée du CLEKGÉ au Ï>APE clément XI 45

Dominique B., Evêque de Pierre, Evêque du Mans.

Sées. Jean François Gabr. , Evêque Jean, Evêque d'Evreux. d'Alais.

Charles François d'Hallen- François Honoré Ant., Évê-

COURT, Evêque d'Aulun. que et comte de Beauvais.

Henri Augustin, Evêque de Jean Louis, Evêque de St-

Xaiiites. • Pons.

Christophe, F. G., Evêque Nicolas, Evêque de Lavaur.

de Rennes. Louis B., livêque de Riez.

A. François Guill du Cambout, agent général du clergé. Promoteur.

Charles-Maurice de Broglie, agent général du clergé, secrétaire.

A Paris le 5 Février 1714.

Deux cardinaux, neuf archevêques et trente-huit évêques avaient assisté à cette assemblée générale que présidait le cardinalarchevêque de Noailles. Le vote sur Tacceptation de la Bulle et de l'Instruction pastorale eut lieu le 23 janvier. Quarante votèrent les propositions de la commission et signèrent la lettre au Pape. L'archevêque de Tours, les évêques de Verdun, de Laon, de Châlons, de Senez, de Boulogne, de St-Malo et de Bayonne demandèrent à réserver leur opinion.

* Le 1®^ février, Mgr de Noailles, se joignant à ces huit prélats, proposa de recourir au pape et de le supplier « de donner les moyens de calmer sûrement les consciences alarmées, de soutenir la liberté des Ecoles catholiques et de conserver la paix dans les Églises ». C'était l'appel au pape « mieux informé » en attendant l'appel au Concile.

1. Bientôt réduits à sept par la décision de Mgr de Clermont, évcque de Laon, qui, le 10 février 1714, retirait sa signature et se ralliait sans reserve aux décisions de la majorité.

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