INSTRUCTIONS POUR LES AGENTS COMMERCIAUX
raies diverses demandes sur le régime de la propriété, l'organisation des villages et les conditions du travail. L'étude de ces questions sera pleine d'intérêt pour eux, et fournira à la Compagnie les renseignements les plus utiles.
II. L'élève des bestiaux a toujours joué un rôle considérable dans les occupations des Malgaches et dans leurs exporlations. On devra noter avec soin les terrains qui paraîtront les plus propres à être convertis en pâturages. On recueillera à cet égard des indications précises auprès des indigènes. Il y a peu d'années, le nord de l'ile était couvert de troupeaux qu'ont détruits les guerres.
Le commerce des bœufs, celui de la viande salée, des cuirs, des cornes, doivent être étudiés. Les bœufs seront précieux pour Tagriculture; ils fourniront d'excellentes bêtes de somme et de charroi. Les colonies de Maurice et de la Réunion ne s'approvisionnent de bœufs qu'à Madagascar, qui en exporte déjà près de vingt mille par an.
III. Â leur passage à la Réunion, les agents commerciaux pourront se procurer des renseignements utiles auprès des négociants qui sont en relations avec Madagascar. C'est principalement dans la baie de Saint-Âugustin que le commerce avec la Réunion atteint une certaine importance. Il sera bon de prendre une connaissance exacte de la valeur relative, comme prix et comme qualité, sur les marchés de la Réunion et de Maurice, des riz de l'Inde et des riz malgaches. La consommation en riz de ces deux colonies qui ne sont éloignées de Madagascar que de 300 lieues, atteint annuellement le chiffre de cent millions de kilogrammes. On dit que le riz malgache, s'il était bien décortiqué, serait supérieur au riz de la Caroline; les marchés de France pourraient donc s'ouvrir à ce produit. Les agents commerciaux se renseigneront avec soin sur tous les détaife de la culture des différentes variétés de riz, sur l'aptitude des indigènes pour celte culture et la possibilité de la développer sur une vaste échelle.
Le commandant Dupré a promis au gouverneur de faire étudier, par l'ingénieur hydrographe attaché à sa division, le plus ou moins de facilité qu'il y aurait à mettre en communication d'immenses étangs situés par le travers de la côte est. On pourrait, probable^ ment, avec des travaux peu importants, créer ainsi une voie navi-