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BOEUFS

Les bœufs parqués de Vohémar et de Diégo-Suarez, quoique appartenant à la même race que ceux du sud, leur sont cependant supérieurs sous le rapport de la taille et de l'embonpoint. Dès mon arrivée ici, j'ai pu facilement m'en convaincre; car, comme ily avait sur rade le navire anglais l'/da, qui venait en chercher une cargaison, j'ai pu à loisir exiuniner les troupeaux parmi lesquels cette cargaison devait être choisie. Ces troupeaux se composaient au moins de huit cents tètes de bétail, dont les moindres n'auraient certes pas été déplacées dans les meilleures cargaisons de Tamatave. Le capit.iine de Vida nous a dit que le poids moyen des bœufs du nord était de 350 a 480 kilogrammes, et il nous a assuré qu'à

SUR LA PROVINCE DE VOHÉMAR 3/tO

Maurice, il en obtenait de 38 à 36 piastres, tandis qne ceux du nord n'en valaient que 30 à 3S.

Parmi les bœufs que j'ai vus ici, il y en avait environ 200 qui venaient de Diégo-Suarez ; car, les navires semblant avoir délaissé ce point depuis fort longtemps, les habitants de cette province sont obligés, pour écouler leurs troupeaux, de s'arranger avec le commandant d'ici, lorsque, toutefois, celui-ci a des navires.

Riz; TABAC.

La province de Vohémar est peu riche en riz ; non qu'il y réussisse moins bien que dans le sud, mais le manque d'un débouché assuré pour cet article, fait que les indigènes n'en plantent guère que pour leur usage. Aussi le prix varie-l-il considérablement et s'élève-t-îl k 8 francs les 15 kilogrammes, tandis que, vers la fin de la récolte, on peut en obtenir à peu près quatre fois autant pour le même prix. La qualité est fort belle; il est d'un grain trèsfort, bien nourri et très-blanc.

Pour le moment, il est difticile de le compter comme article d'exportation, car il n'en sort presque pas; mais, si une fois le débouché en était assuré, je suis persuadé qu'en peu de temps il figurerait pour un chiffre assez présentable.

La province de Diego est beaucoup plus riche en riz que celle de Vohémar; celui qu'on y rencontre est d'une espèce toute différente; c'est une variété du riz de Bengale ou plutôt du riz de Pégu, d'un grain très- petit, d'un blanc légèrement bleuâtre et d'un goût infiniment supérieur à celui du riz commun de Madagascar. Aussi est-il fort recherché des Arabes qui viennent toutes les années en traiter une certaine quantité. Si l'on mettait un peu de soin à traiter cet article, ou pourrait en obtenir annuellement de 80 à 100 tonneaux; il vaut actuellement à Ambodivahibé de 5 francs k S fr. 50 les 50 kilogrammes.

Le tabac réussit parfaitement k Vohémar; mais, comme le riz, on ne peut guères le compter comme article d'exportation ; il en sort k peine de 4 k 500 kilogrammes annuellement. La qualité est assez bonne, comme celle de presque tous les tabacs de Madagascar ; il est très-fort, c'est-k-dire excessivement riche en nico-

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tine; il vaut de 15 à S3 francs les 50 kilogrammes, selon les moments.

La province de Diégo-Suarez n'en fournit pas dn tout ; c'est Vohémar qui généralement l'approvisionne de cet ai^tiele.

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