‹ Documents sur les Juifs à Paris au XVIIIe siècleChapitre 122 sur 127 · décembre 1784. — Scellé de Liefman Calmer · texte numérisé non relu

décembre 1784. — Scellé de Liefman Calmer

Scellé Liefteman Calmer, vidame d'Amiens, 70 ans, rue Sainte Barbe, paroisse Bonne Nouvelle, maison occupée par Calmer Calmer, négociant-privilégié du Roy.

Commissaire : Leblond.

Déclarant : Calmer Calmer, fils du défunt, locataire de cette maison en vertu d'un bail signé devant Rousseau, notaire, le 9 février 1780.

Le défunt était en pension chez son fils, ainsi que sa femme, Rachel Mosès Isaac, et sa fille Sara. Comparaissent en outre à l'acte : Isaac Antoine Louis Calmer, ancien négociant, rue Meslée ; Louis Benjamin Calmer, courtier de change, boulevard et bâtiment de la Comédie italienne ; Mayer Calmer, demeurant dans la maison du défunt ; Elias Meyer, de Hanovre, gendre de Liefman, mari de Mitil Calmer, de présent à Paris avec sa femme ; et la femme de chambre et le domestique de Liefman. 7 oppositions diverses. Le II, les scellés sont levés « sans description » en vertu d'un arrêt de la Cour du môme jour.

18 avril 1785. — Acte de décès de Jacques Cardoso.

L'an mil sept cent quatre vingt cinq, le dix huitième jour d'avril à unze heures du matin, nous, Pierre François Simonneau, conseiller du Roy, commissaire enquêteur examinateur au Châtelet de Paris, ayant été requis, sommes transportés au Grand Montrouge, en la demeure du S'' Massé, maître de pension, où étant, est comparu S"" Urbain Pallu, bourgeois de Montrouge.

Lequel nous a dit que le S"" Jacques Cardoso, natif d'Amsterdam, âgé d'environ cinquante ans, professant la religion judaïque, détenu en la maison 011 nous sommes d'ordre du Roy, est déceddé ce matin dans les sentiments de lad. religion, que led. S"" Massé sur le champ nous a instruit de son déceds, qu'il a été chargé de sa part, attendu qu'il avoit été nécessité de s'absenter, de nous faire la présente déclaration et de nous requérir de constater led. déceds survenu aud. Cardoso à la suitte de maladie, ce qu'il nous aflirmé.

comme aussy de faire procédder à l'inhumation de son cadavre. Et a signé :

Fallu.

Est aussi comparu S-- David Silveyra, agent des Juifs de la nation portugaise, lequel nous a pareillement affirmé que ledit S"" Cardoso proifessoit la religion judaïque et qu'il est déceddé ce jourd'huy en la maison où nous sommes. Et a signé :

D. Silveyra:

Sur quoy nous, conseiller du Rov, commissaire susdit, avons donné acte des comparutions, dires et réquisitions cy dessus et, en conséquence d'iceux, sommes montés au deuxième étage de lad. maison et, entrés dans une chambre éclairée, par une croisée sur le jardin, avons apperçu un cadavre du sexe masculin, qu'on nous a dit être celuy dud. S^ Cardoso, avons laissé ledit cadavre aud. S"" Fallu, qui s'en est chargé, jusqu'à ce qu'il ait été statué par Monsieur le lieutenant général de police sur son inhumation. Et a signé ;

Fallu.

23 mai-29 août 1787. — Scellé de Moyse Dalpugei. Y 14602.

Scellé de Moyse Dalpuget, marchand de soie breveté et Juif naturalisé, décédé le 23 mai vers 11 heures 1/4 du matin, dans un appartement de la maison appartenant à Orsel, bijoutier, au coin des rues Boucher et Etienne.

Commissaire : G. Lucotte, et, par remplacement, C. A. Ferrand.

Requérante : Marie Jandré, veuve Guillaume Berton, cuisinière du défunt.

Notaire chargé de l'inventaire : Dosfant.

L'inventaire est fait tant au domicile de Dalpuget qu'en une remise de la rue Betizy, où il avait son cabriolet, et au village de Massy où il possédait une maison louée à Jean-Marie Saulnier, vigneron, sauf un pavillon réservé à son usage personnel; il porte sur les meubles, papiers et particulièrement les marchandises dont le scellé même donne un état détaillé.

La famille du défunt comprend : son grand père, Jacob Dalpuget, négociant à Bordeaux, habile à se porter héritier des meubles et

acquêts en vertu de la coutume de Paris ', représente à la liquidation par Israël Vidal l'aîné, négociant privilégié du Roi, rue Neuve Saint Eustache, et huit frères ou sœurs, savoir : David Semac Dalpuget, négociant à Paris, rue Montmartre ; Paul-Athanazc- Charles Semac Dalpuget (ci-devant Jacob Dalpuget), âgé de 24 ans, employé dans les fermes du Roi ; Armand-Emmanuel- Antoine Dalpuget Belloni de Villeneuve, (ci-devant Benjamin Dalpugetj, négociant à Paris, rue Neuve des Petits Champs ; Raphaël Dalpuget, négociant à Paris, rue Montmartre, paroisse Saint Eustache ; Marthe-Jeanne (ci-devant Rebecca) Dalpuget, fille majeure, demeurant à Paris, rue Mouft'etard, au couvent des Hospitalières ; Rachel Dalpuget, mariée à Mardochée Dalpuget, (ou Dalpuget de Cassin) négociant à Avignon, domicilié de fait à Lyon, et logé successivement, au cours de la liquidation, rue Chariot, hôtel d'Artois, et rue d'Orléans-Saint-Honoré, hôtel de Nevers ; Sarah Dalpuget, résidant à Avignon, veuve de Élie Rouget, négociant à Lyon ; Françoise Dalpuget, veuve en premières noces de Grégoire Lafond, remariée à Jacques Romain Perrin {ou Perrens), bijoutier à Bordeaux, présentement logé rue et hôtel Ventadour.

Entre tant d'héritiers des difficultés devaient presque nécessairement s'élever, d'autant plus que l'inventaire fait découvrir deux testaments successifs : l'un daté de Bordeaux, 10 mai 1785, l'autre de Paris, 2 janvier 1787 ; en août, une instance est encore pendante au Parlement entre Perrens et Jacob.

Parmi les oppositions, signalons celles de Pierre Goret, architecte, et de Sainte-Barbe, couvreur, pour travaux exécutés en la maison du défunt rue Saint Denis, près Saint Sauveur ; celle de La Croix, logeur, ci-devant hôtel de la Paix, rue Chariot au Marais, pour loyers redûs par Marc {sic) Dalpuget, frère du défunt ; celle du commissaire Simonneau, peut-être pour ses honoraires de l'inhumation ?

Par référé du 28 août, le notaire Dosfant reste chargé du recouvrement des créances et du paiement des dettes, parmi lesquelles une somme de 600 1. pour frais d'enterrement. Le total des frais de ce scellé se monte à 3048 1., sur lesquelles le commissaire rapporte 504 1. 5 s.

I. Titre XV, art. 311 : «Les ascendans sont héritiers des meubles, acquêts et conquêts de leurs desccndans ». (L. de Laurière, Texte des Coutumes de la pnvôtè et viavutc de Paris, t. III (Paris, 1777, in-<So), p. 59.

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