‹ Documents sur les Juifs à Paris au XVIIIe siècleChapitre 98 sur 127 · On avait d"abord écrit : huit · texte numérisé non relu

On avait d"abord écrit : huit

AU XVII l'^ SIECLE 213

Roy, commissaire enquesteur examinateur au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes transporté rue de l'Hirondelle quartier Saint André des Arts, maison à porte cochère tenue par le S"" Marissal, sous le titre de l'hôtel du Saint Esprit, garni, et avant été introduit en une chambre au second étage du corps de logis donnant à l'entrée de la seconde cour, éclairée sur la première cour de lad. maison, nous y avons trouvé et par devant nous sont comparus S'' Jacob de Paul père, Juif, négociant, demeurant rue et paroisse Saint Séverin, et S"" Jacob Scaramella, Juif, négociant, logé en la maison où nous sommes, chez led. S'' Marissal, paroisse Saint André des Arts.

Lesquels nous ont dit que S'' Juda Lopes Laguna, Juit, négociant, âgé de soixante deux ans, est décéddé hier sur les huit heures du soir, à la suitte d'une maladie de poitrine dont il étoit attaqué depuis longtems,en la chambre où nous sommes, qui se tenoit à loyer garnie dud. S'' Marissal, dans les sentimens de la religion judaïque qu'il professoit et sous l'empire de laquelle il étoit né, et qu'ils ont requis notre transport à l'effet de constatter led. décès et de faire ordonner l'inhumation dud. S'' Juda Lopez Laguna conformément aux Déclarations (i/Vj de Sa Majesté rendues à ce sujet. Et ont signé à l'égard dud. Si^ de Paul père en caractères hébraïques, sa signature ordinaire :

Jacob dk Paul (Jh'hr), Jacob Escamaramela.

Sur quoy nous, commissaire susd., avons donné acte auxd. S"" de Paul et Scaramclla de leurs comparutions, dire et réquisitoire cy dessus, et de ce qu'il nous est apparu dans lad. chambre d'un corps mort masculin, qui nous a paru en effet de l'âge de soixante deux ans ou environ, étendu sur le carreau, enveloppé de linges et d'une couverture de laine blanche, lequel corps lesd. S''^ de Paul et Scraiîiella nous ont déclaré et affirmé en leurs âmes et consciences être celui dud. S'', Juda Lopes Laguna.

Et pour faire ordonner l'inhumation de ce dernier nous nous transporterons au plutôt es hôtels de Monsieur le Procureur du Roy aud. Châtelet et de Monsieur le Lieutenant général de police pour obtenir leurs conclusions et ordonnance à cet effet.

Dont et de ce que dessus nous avons rédigé le présent procès verbal pour servir et valoir ce que de raison. Et ont lesd. S« de Paul et Scaramella signé avec nous commissaire, à l'égard dud. S"" de Paul père, en caractères hébraïques, sa signature ordinaire :

Jacob de Paul (behr.), Jacob Escaramella, Formel.

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dud. Judan Lopes Laguna être inhumé sans bruit, scandale ni aparcil, au cimetière des Juifs, àla Villette, et être enjoint aux officiers du guet et de police d'y veiller et prêter main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce 17 janvier 1779.

MOREAU

Soit fait ainsi qu'il est requis. Fait ce 17 janvier 1779.

Lenoir.

(Au dos :) Rapporté en août 1781. Trois livres.

28 janvier 1779. — ■ Acte de décès d' Aarou , fils de Louis Moyse. Y 15287.

Du jeudy vingt huit janvier mil sept cent soixante dix neuf, du matin.

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commissaire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes transporté rue Beaubourg dans une maison appellée l'hôtel des Quatre Provinces, tenue garnie par le nommé Dessery, où étant monté au premier étage et introduit dans une chambre ayant vue sur lad. rue, pardevant nous sont comparus Mayer Bénédix, Juif de Pamberg ■ en Allemagne, demeurant susd. rue Beaubourg chez la nommée Buisson (?), fruitière, et Cerf Isaac, Juif d'Alsace, demeurant même rue Beaubourg chez le nommé La France.

Lesquels nous ont dit que Aaron Moyse, âgé d'environ sept mois, fils de Louis Moyse, Juif d'Armstadt -, et de Pecia sa femme. Juive de Padoue en Italie, est décédé hier cinq heures et demie après midy, dans laditte chambre, de suitte de maladie, et comme ses père et mère proffessent la religion judaïque, ils requièrent que led. enfant soit inhumé à la Villette, au cimetière des Juifs, en la manière accoutumée, déclarant que lesd. Louis Moyse et sa femme sont pauvres et hors d'état de pourvoir aux frais de l'inhumation dud. Aaron Moyse. Desquels comparution, dire, réquisition et déclaration nous avons donné acte. Et après qu'il nous est apparu du cadavre d'un enfant sexe masculin gissant sur de la paille étendu sur le plancher de lad. chambre, que les comparans nous ont

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