‹ Dogme et critique (volume 2)Chapitre 88 sur 113 · Etudes du 20 juillet 1905, pages · texte numérisé non relu

Etudes du 20 juillet 1905, pages

QU'EST-CE QU'UN DOGME i

malades, comme d'aucuns aiment trop à le redire. J'y verrais plutôt le résultat logique et l'aboutissant inéluctable d'une confusion dont les incrédules ne sont pas seuls responsables. Mais j'ai assez de confiance dans la doctrine révélée pour être convaincu de sa puissance à vaincre même des objections sérieuses: je n'ai aucune crainte à cet égard, je n'éprouve ni doute ni inquiétude. Au surplus j'estime que la conception pragmatique des dogmes suffit à écarter déjà plusieurs de ces objections dont la force me paraît liée au postulat intellectualiste sous-jacent. Et je soutiens que les antinomies très réelles enveloppées par ce postulat disparaissent ^vec lui. Assurément toutes les difficultés ne sont pas supprimées ainsi. Je n'irai pas jusqu'à parler avec Mgr* Turinaz (0 du « lourd fardeau de la morale chrétienne » (^). Je reconnais cependant que beaucoup regimbent surtout devant les devoirs qui découlent de la foi. Mais ne serait-ce point déjà quelque chose que de leur enlever le prétexte des difficultés intellectuelles ? Je n'ai visé que celles-ci. Mon ambition n'allait même qu'à en supprimer quelques-unes. Mais je persisterai à croire que j'en ai en effet supprimé quelques-imes, tant qu'on ne m'aura pas prouvé le contraire d'une façon un peu plus sérieuse que M. Portalié. Car ce dernier ne produit contre moi que des affirmations, non des preuves, et ses affirmations reposent sur des contre-sens.

Après avoir cité im passage où je présente le Christianisme comme une règle de vie, « qui ne \roit, dit M. Portalié (^) que cette règle de vie suppose une foule de vérités théoriques, connues et préalablement démontrées, sans lesquelles nul précepte ne se peut même concevoir? » — Qui? Mais tous ceux qui ont su comprendre le point de vue de la pensée-action I Pour l'intellectualiste qui part d'une dissociation de

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